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( 25 juillet, 2008 )

Pratiques esclavagistes: Ça suffit, la coupe est pleine !!!

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Tout est parti de l’affaire de «La Saline d’Igil » dans la wilaya de Tiris-Zemmour, lorsque le 07 mai dernier, les chambres réunies de la cour suprême ont rendu la décision n° 21 08 reconnaissant aux suzerains Kunta Ehel Choumad, Ehel Sidaty,  Ehel Lahah, Ehel Mohamed Lemine et Ehel Cheikh de s’arroger le droit de percevoir 24 % du revenu du travail dans l’extraction des barres de sel de leurs tributaires ou affranchis Aghzazir.

Cette décision a provoqué l’ire de ces derniers qui ont qualifié ce jugement d’arbitraire. Pire encore, les 23 magistrats qui ont pris cette décision sont issus sans exception des lignages dominants et esclavagistes du pays. 

Cette situation d’injustice a mobilisé ainsi certaines Organisations de Défense des Droits de l’Homme et certains partis politiques comme Conscience et Résistance(CR) et Rassemblement pour l’Egalité et la Justice(REJ) qui viennent de lancer une motion de pétition contre la légitimation et la perpétuation de rapports esclavagistes.

Au cours d’une conférence de presse, tenue hier, au siège du Forum des Organisations de Défense des Droits Humains, ils ont affirmé leur détermination à se battre jusqu’au bout afin de bouter hors de la Mauritanie l’injustice visiblement édifiée en système. 

Ces organisations de défense des droits de l’Homme semblent être déçues par l’attitude des autorités actuelles qui feignent d’appliquer la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage. Et pourtant, beaucoup d’esclaves continuent  à être victimes d’expropriation de terre ou de mauvais traitements corporels.

La loi criminalisant l’esclavage n’a jamais été appliquée par les magistrats. Cela engendre forcément l’injustice et l’impunité. Cette situation a exacerbé les Organisations de Défense des Droits de l’Homme. Elles ont appelé l’Etat à revoir la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes dont l’effectivité pose problème. 

Elles ont profité de cette occasion pour décocher des flèches en direction de l’administration judiciaire composée souvent de maîtres esclaves.  Ceci, évidemment, constitue un obstacle à l’application de la loi criminalisant l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.

Autre fait qui annihile cette loi : rares, aujourd’hui,  sont les juridictions qui ne sont pas dirigées par des maîtres esclaves. La preuve, les plaintes qui leur sont souvent soumises ou transmises traînent à longueur d’année et finissent par être rangées sans suite. Au détriment des esclaves.

Pour autant, cela ne va pas désarmer ces organisations et partis politiques. Cette situation laisse dubitatifs ces derniers qui ne croient pas à l’application de la loi criminalisant l’esclavage considéré comme une normalité en Mauritanie. Aux yeux d’Aminétou Mint Ely Moctar, pour avoir une administration judiciaire composée d’hommes probes, il faut systématiquement procéder à son assainissement. 

Autrement dit, mettre des fonctionnaires capables d’appliquer la loi, de juger dans l’équité et donner à chaque citoyen mauritanien son droit le plus absolu. La systématisation de la société mauritanienne en féodaux, en chefs, en nobles y est pour quelque chose et selon la présidente de l’Afcf, il faut d’abord ébranler cette stratification de la société mauritanienne qui privilégie le noble et assujettit l’esclave.   

S.O.S. Esclaves, l’Association des Femmes Chefs de Famille, Conscience et Résistance, Rassemblement pour l’Egalité et la Justice, le COPECO…veulent à travers cette pétition amener les autorités de ce pays à mieux reconsidérer la question de l’esclavage qui est une grave atteinte aux droits de l’Homme. Déjà, à la sortie de la salle, il y avait plus d’une trentaine de signature contre la légitimation et la perpétuation des rapports esclavagistes. 

Cheikh Saad Bouh Camara, lui aussi présent, a appelé les bonnes volontés éprises de vérité et de justice à appuyer cette pétition initiée par Birame Ould Dah Ould Dah, membre de S.O.S. Esclaves et de la Commission Nationale des Droits de l’Homme(CNDH).

«Il y a des mafias, des réseaux et ceux qui nous oppriment. Nous devons, nous aussi,  constituer des réseaux de résistance. Ce sont ces réseaux de résistance qui vont être les vecteurs de notre combat. Mais, il ne faut pas se tromper. Ça va être encore très difficile. Certains parmi nous vont nous abandonner. Mais ceux qui vont rester doivent continuer à résister et aller de l’avant pour que chaque mauritanien puisse jouir de tous ses droits », dit-il. 

Babacar Baye Ndiaye 

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