( 26 août, 2008 )

Affaire Vatimétou Mint Vékou

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   L’arbre qui cache la forêt ou comble de l’aberration ?

 

Tout semblait aller dans le meilleur des mondes possibles entre Vatimétou Mint Vékou et Mohamdi Ould Messaoud. C’était vraiment le temps de l’amour. Mais, un jour, une dispute éclate entre eux.  N’en pouvant plus, Mohamed Ould Messaoud répudie Vatimétou Mint Vékou pour la quatrième fois. Au moment de cette répudiation, Vatimétou Mint Vékou était en état de grossesse de 8 mois.

 

Dans ce cas de figure, le mari, comme il est prévu dans le Code du Statut Personnel, doit assurer l’entretien et le logement de la femme. A l’alinéa 2 de l’article 91 du CSP, on peut lire : «La répudiation prononcée pour la 3ème fois de suite met fin au mariage et interdit un nouveau contrat avec la femme répudiée à moins que celle-ci n’ait accompli un délai de viduité légale suite à la dissolution d’un mariage avec un autre époux effectivement et légalement consommé ».

 

Cette affaire, aux yeux d’Aminétou Mint Ely Moctar, illustre une défaillance flagrante des négligences autoritaires de ce pays. «On lui prend son bébé qu’elle a porté pendant 9 mois et allaité. Elle est répudiée à huit mois de grossesse sans aucune indemnisation et prise en charge sociale de la part de son mari. Elle accouche sans que ce soi-disant monsieur (son mari) ne fournisse le moindre effort pour l’aider ou au moins accomplir son devoir de père. Il se présente un jour pour « voler’ l’enfant », raconte la présidente de l’AFCF qui considère cet enlèvement comme étant un kidnapping. Cet enfant est actuellement entre les mains de son père qui est allé se réfugier, après avoir pris l’enfant, à son village du nom de Mbidane dans la wilaya du Gorgol.

 

A la suite de cela, Vatimétou Mint Vékou a porté l’affaire devant le procureur de la République. Mais jusqu’à présent, rapporte Aminétou Mint Ely Moctar, les mesures qu’il a prises sont extrêmement lentes. Cela fait plus d’une semaine en effet que ce dossier traîne au niveau du Palais de Justice.

 

Non seulement, Mohamed Ould Messaoud n’a pas respecté le Code du Statut Personnel en son article 84 qui stipule qu’en tout état de cause, l’épouse répudiée peut agir en justice, pour exiger les droits découlant de la répudiation dont, entre autres, la subvention à l’entretien et le don de consolation, mais il a pris l’enfant né de leur union. Et, pourtant, dans son article 123, le CSP reconnaît, en cas de dissolution du mariage, la garde de l’enfant est confiée en priorité à la mère. Ce que ne respecte pas Mohamed Ould Messaoud par simple négligence de la loi.

 

Qualifiant cette affaire de cas très grave, Aminétou Mint Ely Moctar a dénoncé les lenteurs constatées dans le traitement de cette affaire qui a été portée devant le Procureur de la République. «C’est un laisser-aller », estime-t-elle. Cette affaire démontre, selon elle, que la Mauritanie est loin de connaître la fin de l’impunité. «Nous ne sommes pas dans un Etat de droit », confirme-t-elle en remarquant que les populations défavorisées et vulnérables sont le plus exposées et victimes de cette impunité.

 

 

Tout cela est dû, selon la présidente de l’association des femmes chefs de famille, aux insuffisances, au manque d’application et de sensibilisation du code du statut personnel. Cela dessert, à son avis, l’intérêt des femmes mauritaniennes. Comme par exemple, en cas de divorce, la femme n’est pas associée. Cela pose un problème crucial : celui de l’implication de la femme au divorce. La loi n° 2001-052 portant Code du Statut Personnel n’a pas prévu ce genre de disposition. «Nous faisons face à une justice qui date du 1er siècle, s’indigne-t-elle, une justice qui puise dans la préhistoire. Les procédures utilisées par les cadis sont archaïques et coutumières. Ces soi-disant justiciers sont issus de la féodalité. Ils sont contre l’émancipation et l’égalité des femmes et surtout pensent que la femme doit rester au foyer ».

 

L’affaire Vatimétou Mint Vékou  n’a pas manqué de dépiter Aminétou Mint Ely Moctar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille. «La femme (mauritanienne) est victime de beaucoup de discriminations et d’injustices. » Cet état de fait, explique-t-elle, n’a pas sa raison d’être dans un pays revendiquant les valeurs de démocratie, de justice et d’égalité. «Malheureusement, tel n’est pas le cas », regrette-t-elle amèrement.

 

Elle n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les injustices dont sont victimes les femmes mauritaniennes. Pour preuve, elle cite les interminables files indiennes qu’elles font devant le bureau des cadis pour obtenir leurs droits. La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a du mal à comprendre l’attitude des autorités qui continuent à fermer les yeux sur une telle situation.

 

Tout en s’insurgeant contre la vision qu’ont certains détracteurs sur la femme mauritanienne, Aminétou Mint Ely Moctar a soutenu que la  femme mauritanienne a son mot à dire en cette ère de démocratie que vit la Mauritanie. « La justice, c’est le pilier du pays. S’il n’y  a pas de justice, il n’y a pas d’Etat de droit. Si la justice boîte, l’Etat boite. »

 

 

Cette affaire Vatimétou Mint Vékou n’est que l’arbre qui cache la forêt en réalité. Car, nombreuses sont les femmes qui continuent à être victimes de viols, de violences sexuelles, de divorce abusif, de maltraitances physiques, de kidnapping… C’est dans ce cadre que la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a demandé la création d’une chambre des conflits, la révision du code du statut personnel et le droit à la femme mauritanienne d’accéder à la pension «La vérité finira par triompher un jour », lance-t-elle avec défi.

 

Aminétou Mint Ely Moctar n’a pas manqué de mots durs pour dénoncer l’attitude de certaines personnes qui utilisent la femme comme un instrument de collecte d’argent. «On est en train de cacher la vérité et de mystifier l’Occident en disant que c’est la pluie et le beau temps alors que ce n’est pas vrai. Il n’en est rien. Bien au contraire ! », lâche-t-elle, écœurée.

 

Babacar Baye Ndiaye

( 26 août, 2008 )

Nouakchott: La ruée vers l’immobilier s’accélère !

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Le quartier de Tevragh-Zeina est sans doute un emblème de la frénésie immobilière qui a envahi la ville de Nouakchott depuis les années 80. Lorsqu’on fait un tour dans les différents quartiers chics de Nouakchott, on ne peut qu’être ébahi et admiratif face à ces maisons imposantes et modernes qui poussent comme des champignons. Ce qui de prime abord attire l’attention, ce sont des tas de sable, des tonnes de sacs de ciment et des ouvriers au travail pour faire sortir de terre leur énième ouvrage.

Pour avoir une idée plus claire de l’ampleur de ce phénomène, nous nous sommes rendus, avec les moyens du bord, à Tevragh-Zeina sur la route de Nouadhibou, à quelques mètres de l’auberge Sahara. Il fait chaud. Le soleil est au zénith. En cette période d’été, c’est une chaleur de plomb qui vous tape sur la tête. Et, souvent, on est contraint de mettre la main en visière devant les yeux pour se protéger de l’ardeur du soleil.

Sous un soleil insupportable, une vingtaine d’hommes participe à la construction de l’immeuble qui, désormais, prend de nouvelles formes. Juste en face, assis sur un amas de coquillages, portant des lunettes de soleil, Diallo Abdoulaye se présente comme étant le responsable des lieux. Notre interlocuteur nous parle sur les raisons de ce boom immobilier.

A son avis, l’aspect mercantiliste prévaut sur toutes les autres motivations. En effet, explique-t-il, la situation sociale et économique étant de plus en difficile et l’avenir incertain, certains mauritaniens pensent que l’immobilier est la seule voie de salut pour eux ! Ils ne voient d’autre investissement que le secteur immobilier pour s’enrichir davantage.

Une tendance qui fait le bonheur des ouvriers qui échappent ainsi aux affres du chômage technique. Venus le plus souvent d’horizons différents (principalement des sénégalais, des maliens, des mauritaniens…) ces ouvriers apprécient à sa juste valeur cette croissance dans l’immobilier tout en déplorant la modicité de leurs revenus, comparés à la difficulté de la tâche.

Direction, Las Palmas, non loin du 1er carrefour de la route de Nouadhibou à partir de l’hôpital national de Nouakchott. Là, aussi, le spectacle est le même. Au bord de la route, se dresse un immeuble où des ouvriers, plus d’une dizaine, s’affairent autour d’une œuvre en fer, ciment et béton.

Cheybani, maçon de son état, dans un français approximatif, avance le même argument que ses collègues: ce sont uniquement les aspects pécuniaires qui expliquent cette ruée vers le secteur immobilier. M. Cheybani n’a pas manqué de souligner les conditions précaires de ces bâtisseurs de maisons, acteurs d’un secteur qui rapporte, mais qui, malheureusement, en sont les parents pauvres. Certains jeunes mauritaniens ne sont pas insensibles à cette effervescence occasionnée par le boom immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott.

Notre reportage sur l’immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott serait inintéressant si nous n’avions pas pris le soin de faire un tour chez ceux qui assurent la gestion des immeubles : les agences immobilières.

Un tenancier de l’une de ces agences, très répandues au centre ville, constate comme tout le monde l’essor du secteur immobilier à Nouakchott. Pour ce monsieur qui n’a pas voulu décliner son identité, cette ruée n’est pas près de s’estomper car de plus en plus la population augmente et il y a une forte demande en termes de logements. Face à ce développement «fou » du secteur de l’immobilier, un marché lucratif s’est installé.

De plus en plus de mauritaniens provenant de l’extérieur investissent dans ce secteur en plein boom à Nouakchott. En plus, les populations font de plus en plus confiance à ces agences immobilières qui ont pignon sur rue dans les grandes artères du centre ville de Nouakchott. La demande est de plus en plus forte, nous explique-t-il.

Des immeubles de toutes hauteurs commencent à sortir de terre et surplombent les petites villas qui se trouvent à côté. Du Ksar à Tevragh-Zeina en passant par le centre-ville, la frénésie immobilière fait fureur.

Au Ksar, les nouvelles constructions pullulent. On casse, on reconstruit. Ce premier quartier de Nouakchott n’échappe pas à cette frénésie immobilière. Ces nouvelles bâtisses sont souvent propriétés d’hommes d’affaires ou de politiciens ayant d’importantes sommes d’argent qu’ils réinvestissent dans le secteur de l’immobilier qui rapporte beaucoup d’argent. En outre, ils rachètent encore à coup de millions certaines maisons délabrées pour reconstruire à la place d’imposants immeubles. Même les banlieues comme Teyarett n’échappent pas à cette folie immobilière.

Cependant, le développement du secteur immobilier dissimule une autre réalité plus impitoyable. Succombant à la tentation de ce business de l’immobilier, des familles cèdent leurs habitations à des personnes plus nanties qui ont opportunément investi le secteur. Ainsi donc, certaines familles se voient obligées de revendre leurs maisons à la suite du décès du père pour aller habiter dans la banlieue en achetant une autre maison moins chère. Ces familles, la mort dans l’âme, s’établissent dans d’autres quartiers périphériques.

Ces immeubles donnent un aspect de modernité à la ville de Nouakchott qui compte plus d’un million d’habitants. Au-delà de cet aspect décoratif et moderne, un véritable problème se pose : celui du respect des normes de construction. Ces nouvelles constructions sont en train de changer le visage de la ville de Nouakchott. Bien que modernes, elles sont confrontées au non respect des normes urbanistiques en vigueur.

Cette ruée vers l’immobilier explique sans nul doute que ce secteur est extrêmement rentable pour les promoteurs immobiliers. Il l’est également pour les banques, le fisc, les notaires et l’administration des droits de timbre et d’enregistrement. Grâce au développement que connait le secteur, les activités liées aux matériaux de construction suivent forcément le rythme et génèrent des profits importants : ce sont les professionnels du ciment, les tenanciers des quincailleries et autres activités annexes.

Certainement qu’un jour, à la place de ces kebbas, baraques ou taudis qui enlaidissent la ville de Nouakchott, d’imposants immeubles ou bâtisses y seront construits. La course à l’immobilier ne fait que commencer. Les collectivités locales doivent être vigilantes pour que la construction tous azimuts de ces immeubles ne se fasse pas au détriment des normes urbanistiques.

Babacar Baye Ndiaye

 

( 26 août, 2008 )

Fondation KB-Sénat:Maître Lô Gourmo demande la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale

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Les avocats de la fondation KB en l’occurrence maîtres Lô Gourmo et Moulaye Aly ont tenu une conférence de presse ce dimanche 24 août. A l’ordre du jour : porter à l’attention de l’opinion publique nationale et internationale un certain nombre d’éclaircissements relatifs à la fondation KB dirigée par l’épouse du Président déchu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Cette conférence de presse, rappelons-le, intervient au moment où le Parlement est en session extraordinaire pour, entre autres, mettre sur pied une commission d’enquête sénatoriale chargée de vérifier la provenance des fonds de la fondation KB. «C’est justement l’occasion rêvée de mettre toute la lumière sur la fondation KB », a estimé Lô Gourmo. «Nous demandons solennellement, poursuit-il, aux Nations Unies qui ont fait une déclaration sur la situation en Mauritanie de mettre sur pied, dans le cadre de l’examen de la situation, une commission d’enquête internationale en relation avec l’Union Africaine et avec d’autres institutions notamment l’Union Européenne pour faire toute la lumière sur les fonds dont disposerait la fondation KB et sur l’utilisation de ces fonds afin de nous dire concrètement où sont passés les fameux milliards que l’on reproche à la fondation, à ses responsables et notamment à sa principale responsable.(Khattou Mint El Boukhary, Ndlr) »

Ayant compris que l’épée de Damoclés est suspendue sur la tête de sa cliente(la fondation KB), maître Lô Gourmo a demandé le plus rapidement possible la constitution de cette commission d’enquête internationale.  «La transparence la plus totale pourrait à ce moment là être trouvée dans cette fameuse affaire qui alimente tellement de rumeurs et même de fantasmes », dit-il tout en fustigeant la destabilisation permanente dont la fondation KB et ses responsables sont victimes. «Il faut que l’on sache où sont les milliards de la fondation. Qui a utilisé ces milliards pour que l’honneur de cette fondation soit lavée ou alors pour que le peuple mauritanien sache qu’il y a eu détournements et abus de fonds sociaux », souligne-t-il. 

Oui, pour la commission d’enquête sénatoriale. Mais, prévient Lô Gourmo : «Nous voulons une instance authentiquement neutre et guidée par la seule volonté de clarifier les comptes de la fondation KB et de dire la vérité au peuple mauritanien afin qu’il ne reste pas le moindre doute sur la moindre ouguiya qui serait tombée dans les fonds de la fondation KB depuis sa constitution ». Autrement dit, une commission d’enquête internationale à qui on chargera la vérification de la provenance des comptes de la fondation KB. 

Comme l’a expliqué Lô Gourmo, seule cette commission d’enquête internationale permettra d’échapper à l’aspect unilatéral d’un contrôle par une des parties impliquées dans la crise politique mauritanienne à savoir le Sénat. En termes plus clairs, cela voudrait dire que les sénateurs pourraient se servir de la commission d’enquête sénatoriale  pour impliquer la fondation KB et partant de là s’en servir comme fondement d’un jugement pour haute trahison du Président de la République déchu. Dans ce cas de figure, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi risquerait la peine capitale. «Cette histoire de commission d’enquête internationale est une question qui est de bonne santé politique et de bonne gestion de la crise actuelle par la communauté internationale », a fait savoir maître Lô Gourmo. 

La situation semble être grave. Et, certains parlementaires de la majorité sont en train, avec la complicité du général Mohamed Ould Abdel Aziz, de dérouler sournoisement leur stratégie de mise à mort de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qu’on pourrait accuser de haute trahison pour avoir aidé la fondation de son épouse de tirer profit de l’argent de l’Etat mauritanien. 

Pour le moment, les avocats de la fondation KB croisent les bras et attendent la constitution de cette commission d’enquête sénatoriale. «Dores et déjà, elle ne représente pas la diversité sénatoriale », lance Lô Gourmo tout en dénonçant l’acharnement orchestré dont est victime, à ses yeux, la fondation KB qu’on accuse à tort et à travers sans preuve. «Nous sommes bien dans le registre des accusations non fondées», soutient-il et pense que l’affaire de la fondation KB est un dossier archivide. «Le coup d’Etat, révèle-t-il, a été justifié par le comportement, entre autres, de la fondation KB. On a vu les communiqués. On a vu les déclarations. On a entendu même de grosses pontes sénatoriales s’exprimer sur cela spécifiquement  devant les délégations internationales venues à Nouakchott pour comprendre le coup d’Etat.» 

Maître Lô Gourmo ne demande qu’une chose à la commission d’enquête sénatoriale qui sera bientôt mise sur place pour enquêter sur la provenance des fonds de la fondation de Khattou Mint El Boukhary : qu’elle aille jusqu’au bout de ces investigations pour dire s’il y a eu la moindre ouguiya venue de l’Etat mauritanien et tombée dans l’escarcelle de la fondation KB ! Parallèlement à la commission d’enquête sénatoriale, maître Lô Gourmo a demandé aussi la constitution d’une commission d’enquête internationale. «Ce serait très gentil de leur part, adresse-t-il aux sénateurs qui vont constituer la commission d’enquête, de prendre le ballon au vol et d’accepter cette commission d’enquête internationale. Mais, ils n’accepteront pas. Vous savez pourquoi. Parce qu’il n’y a rien », avertit-il.   

Babacar Baye Ndiaye   

( 26 août, 2008 )

Dj Khalzo crie au scandale après avoir été illégalement raflé par la Police !

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Vous qui avez toujours pensé ou soutenu que la police mauritanienne et ceux qui l’incarnent ont changé de fusil d’épaule, détrompez-vous ! Car, il n’en est rien. Mieux encore, elle est devenue pire qu’un frelon dans le pantalon. On croyait que notre police nationale, après le coup d’Etat du 3 Août 2005 qui a balayé le régime dictatorial de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, allait s’assagir. Mais non ! On semble revivre l’Etat policier et militaire auquel nous avait délivrés la nuit du 3 Août (Malheureusement que la Mauritanie ait retourné à cette période avec l’arrivée du Général Ould Abdel Aziz). C’est toujours le supplice de Tantale ! Les tracasseries et les intimidations de divers ordres de la part de nos policiers qui ne savent que roupiller comme des marmots et soutirer de l’argent aux pauvres continuent de plus belle au mépris des libertés individuelles. Les bêtises de nos policiers frisent parfois le dégoût et l’amertume.

 

Nul aujourd’hui n’ignore les bavures qu’ils commettent sur de simples citoyens, comme vous et moi. On en a marre d’en parler à chaque fois. De telles bavures n’épargnent personne. Ce qu’il ne faudrait jamais souhaiter : c’est de croiser le fer avec eux. Car, ils sont capables, même si vous êtes dans la légalité, de vous traîner dans toutes sortes d’humiliations imaginables. C’est nos amis rappeurs qui pâtissent en premier lieu de cet état de fait digne vraiment de la préhistoire. Ces derniers, comme hier au temps de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, sont constamment surveillés comme du lait sur du feu. Leur engagement, leur détermination et leur prise de position courageuse sur certains  maux qui gangrènent la société et l’Etat mauritaniens leur valent souvent d’être régulièrement dans le rétroviseur des pourfendeurs de la liberté d’expression et artistique.

 

Dans la nuit du 2 Août dernier, c’était au tour de Dj Khalzo, connu de tout le monde, d’en faire les frais. En effet, après le concert de Diam Min Tekky à l’ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott au terrain de basket Ball où il assurait la présentation et l’animation du concert, comme à l’accoutumée, Dj Khalzo est appréhendé par des policiers qui maîtrisent tout sauf le langage de la civilité et du respect. Motif de son arrestation : boule de mystère ! Hélas, et c’est regrettable de le dire, le règne de la justice, de l’honneur et de la fraternité n’est pas pour demain !

 

L’uniforme que portent (nos) policiers ne leur confère pas le privilège de tarabuster les citoyens mais le devoir de veiller sur leur sécurité et leurs biens. Qui n’a pas souffert des erreurs, des négligences, des travers et des grossièretés de nos policiers ? Mieux vaut le dire : la police est un corps pourri de l’intérieur. Les exhalaisons qu’elle dégage n’épargnent personne. Sauf ceux qui ont un cache-nez, c’est-à-dire ceux qui ont des parents dans cette institution incapable de protéger ses propres citoyens contre certaines véhémences et viols. Un corps composé de véreux, d’implacables, de pervers et surtout de malhonnêtes peut-il prétendre se substituer à la force publique et servir de parangon ? Certainement pas, car ceux qui l’incarnent font penser à des grenouilles enturbannées.

 

Ce qui est arrivé à Dj Khalzo dans la nuit du 2 Août dernier n’est que l’arbre qui cache la forêt. Car, les exemples ne manquent pas et constituent de véritables cas de conscience. «Arrivé à la Médina R, au niveau de l’école 5, brusquement, un pick up de la police s’arrête devant moi. Un homme y descend et se dirige vers moi en courant. J’eus peur. Sans me demander mes papiers, il me demande de monter dans la voiture en hassanya. Je lui rétorquai pourquoi je monte », raconte Dj Khalzo.

 

La discussion s’engage. Et le policier de le traiter d’insolent parce qu’il a tout simplement osé lui dire pourquoi. Réprimandé, humilié, agressé et malmené par ce policier sous le regard complice de ses collègues, Dj Khalzo finit par abdiquer en dépit de sa protestation. Après avoir montré ses papiers au chef de la rafle, ce dernier, sans réfléchir, ordonna Dj Khalzo de monter dans le pick up. «Il y avait d’autres jeunes raflés : des maures. Une fois arrivés au niveau de la SOCIM, l’un d’entre eux appelle un de ses parents policiers pour lui dire de le venir en rescousse. On fait le tour entre la SOCIM et la Médina 3, on sort vers la clinique, le monsieur que le jeune avait appelé se présente pour libérer ce jeune et ses amis. Lorsqu’ils sont descendus, moi aussi, j’ai fait pareil. Quand je suis descendu, on m’a serré le collet en me disant : tu vas remonter ! J’ai répondu : si vous voulez, vous me tuez ! Je ne remonterai dans la voiture tant que ces jeunes que j’ai trouvés dans le pick up ne sont pas remontés », explique-t-il. «A force de brutaliser sa jeunesse, elle finit par s’adonner à la violence, à la délinquance…Je ne peux pas me sentir étranger en France ou ailleurs et encore me sentir étranger dans mon propre pays », fulmine-t-il. «La police ne doit pas être là pour semer la terreur », conclut-il en trouvant anormal que cette institution publique se transforme en agresseur au lieu de protéger ses propres citoyens.

 

Ces rafles sans limites et sans justifications écœurent tout le monde. Si ce n’est pour arrondir les fins de mois, ces rafles n’ont aucune utilité publique. En plus, la Mauritanie n’est pas dans une situation exceptionnelle pour légitimer de telles rafles. Dj Khalzo assimile son arrestation à une volonté manifeste de la part de la police d’étouffer les libertés notamment celles de la jeunesse. «Qu’on cesse d’opprimer la jeunesse mauritanienne et le peuple mauritanien! Qu’on nous laisse vivre dans la tranquillité ! Qu’on se sente que nous sommes chez nous ! », lance-t-il tout en déplorant ces rafles qu’il faut dénoncer à tout bout de champs.  

 

Babacar Baye NDiaye

 

 

 

 

 

( 26 août, 2008 )

Diallo Abdoulahi Tobal:Un homme, trois vies !

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Il est à la fois photographe, peintre et cameraman. Trois univers, trois environnements, trois vies dissemblables mais aussi faites de complémentarité. On pourrait dire, aussi, qu’il y a une sorte de passerelle qui les lie. Certes, Diallo Abdoulahi Tobal est encore à la recherche de la gloire, de la popularité et de la reconnaissance.

 

Mais, au fil du temps, il ne cesse de montrer qu’il a envie d’en arriver là. Sa rencontre avec Ba Djibril Ngawa, le manager du groupe Diddal Jaalal (peintre lui aussi), qu’il considère par ailleurs comme son maître, fut le véritable catalyseur de son éclosion dans l’art plastique.

 

Ba Djibril Ngawa a fait de Diallo Abdoulahi Tobal un véritable artiste plasticien en lui donnant le goût et l’envie de manier les pinceaux et en lui faisant découvrir tout le talent d’artiste enfoui en lui. L’admiration qu’ils se portent est sincère et réciproque.

 

Diallo Abdoulahi Tobal considère Ba Djibril Ngawa comme une idole, une icône, un inspirateur, un chef qui mérite le respect et l’estime. Ce dernier, comme un devin, a vu en Diallo Abdoulahi Tobal un futur grand artiste plasticien ! Avec humilité et modestie, il reconnaît devoir tout à Ba Djibril Ngawa et surtout dans le domaine de la photographie où il constitue avec lui les deux seuls artistes mauritaniens à utiliser la photographie comme forme d’expression artistique.

 

1987 : de retour de Bagdad en Irak, Ba Djibril Ngawa ramène un appareil photographique dans ses bagages. Cette date est encore gravée dans sa mémoire. C’est comme si c’était hier. Ebloui et découvrant cet objet qui l’a toujours façonné, il se résolut à se payer, lui aussi, après quelques démarches fructueuses, un appareil photographique à 3.000 UM.

 

Depuis cette date, une sensation très forte s’est emparée de son esprit. Ainsi, sous l’œil vigilant de son maître, il se lance dans la photographie à partir de la fin des années 90. Ainsi naquit le début de son aventure dans la photographie.

 

Son penchant pour l’art de manière générale l’a emporté sur le reste de sa vie, de ses activités et de ses études. Diallo Abdoulahi Tobal est à la fois surprenant et déroutant. Il aurait pu être ingénieur, professeur, technicien, cadre supérieur dans une entreprise de la place. Ayant une Maîtrise en Géologie à l’Université de Nouakchott option arabe, il voue à l’art une passion indescriptible.

 

D’ailleurs, il n’a pas de vie privée. Il est tout le temps partagé entre la photographie, la peinture et son activité de cameraman sans perdre de vue les incessantes pérégrinations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays de Diddal Jaalal dont il est le gestionnaire inamovible.

 

Avec sa physionomie, il donne l’air d’avoir plus que son âge. Cependant, détrompez-vous : il est né en 1978 à Ould Yenge. Son adolescence, il l’a passée entre Ould Yenge, Kiffa, Kankossa et Sani où il a fait son cycle fondamental. A l’école, il se faisait déjà remarquer par ses dessins de forme animale. D’ailleurs, il a toujours obtenu de bonnes notes dans cette matière. Même au Collège, son professeur de Sciences Naturelles était admiratif devant ses croquis. Bon élève, il l’a toujours été !

 

En 1998, il décroche son baccalauréat. Destination : Nouakchott pour y poursuivre ses études supérieures. Sa découverte de Nouakchott lui ouvre de nouvelles perspectives. Depuis 2003, année à laquelle il a obtenu sa maîtrise en géologie à l’Université de Nouakchott, il est devenu le gestionnaire de l’association musicale Diddal Jaalal.

 

Entre une carrière administrative et une carrière artistique, il a porté son choix sur cette dernière. Pour autant, il n’a pas rangé au second plan ses connaissances en géologie puisque dans certaines de ses photographies, il y a une forte imprégnation des structures et formes géologiques (minerais, montagnes…).

 

A son actif, entre 2000 et 3000 photographies prises à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Toutes ces photos sont jalousement conservées et archivées et constitueront sans nul doute un riche témoignage de notre époque. Son premier tableau porte sur l’unité nationale. C’était à l’occasion des journées culturelles de Nouakchott au musée national en 2007 où il a exposé en compagnie d’autres artistes mauritaniens.

 

Ba Djibril Ngawa peut dormir à tête reposée puisque son disciple, Diallo Abdoulahi Tobal, est digne d’être son vrai successeur. Et si vous vous hasardez à lui poser la question de savoir s’il a d’autres maîtres à penser à part Ba Djibril Ngawa, il s’empresse de vous répondre : «Non, non ! C’est Ba Djibril seulement !»

 

Diallo Abdoulahi Tobal ne connaît pas le répit. C’est une véritable machine à travailler. S’il n’est pas en train de dessiner, il prend des photographies ou participe au briefing de l’association musicale Diddal Jaalal. Le peu de temps qu’il lui reste, il le consacre à sa douce moitié et à son enfant.

 

La quinzaine des arts du 18 juin au 2 juillet dernier, fut une grande et riche découverte pour lui. Il fera la connaissance de grands artistes étrangers notamment Nadia H. Cas avec qui il a fait un tableau commun intitulé «Amitié » avec, aussi, la participation de son maître (décidément, il ne le quitte jamais de la semelle), Ba Djibril Ngawa. Artiste depuis une bonne décennie, il s’indigne du sort réservé aujourd’hui aux activités artistiques qui ne nourrissent pas leurs hommes sous nos tropiques.

 

Dans sa famille, il est le seul à être artiste. Issu d’un monde de culture nomade et pastorale, Diallo Abdoulahi Tobal fut aussi un petit berger, comme il est de coutume chez les peulhs. Aujourd’hui, il ne rêve que d’une seule chose : que l’art plastique s’impose en Mauritanie.

 

Depuis 2005, date de son mariage, les choses semblent aller de mieux en mieux, même s’il reconnaît avoir du mal à supporter les tracas de la vie conjugale et quotidienne. Les temps et les époques ont vraiment changé pour lui. La preuve, c’est que ceux qui devaient être derrière les vaches, les chèvres et les moutons font aujourd’hui la photographie et de la peinture. Diallo Abdoulahi Tobal en est une parfaite illustration. C’est seulement en 2002, donc il n’y a pas longtemps, qu’il a arrêté de suivre les troupeaux.

 

Présentement, il est en train de préparer sa nouvelle collection de tableaux. Cet homme à la chevelure bien fournie et toujours souriant, en vrai peulh, pourrait bien aller à l’extérieur y poursuivre son 3ème cycle. Mais, il aurait préféré qu’il y’en ait un à l’Université de Nouakchott. Ça lui épargnerait certainement le mal du pays. Son seul handicap, c’est qu’il ne maîtrise pas assez bien le français. Cependant, il compte remettre les pendules à l’heure !

 

Babacar Baye Ndiaye

 

( 26 août, 2008 )

Hakima Dria, artiste peintre: Une Enfant du Monde pas comme les autres !

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Bien que née à Fès au Maroc, le 27 avril 1975, elle se considère comme étant «Une Enfant du Monde ». Elle vit en Mauritanie depuis une bonne douzaine d’années et c’est par hasard qu’elle s’est retrouvée un jour au pays d’un million de poètes. Son père, Kassem Dria, est un architecte. A la suite d’un déplacement de travail de ce dernier, toute la famille déménage avec lui pour s’installer en Mauritanie.

Pour la première fois de sa vie, Hakima Dria venait de découvrir un pays qu’elle n’avait jamais connu que par le nom. «Au début, se souvient-elle, c’était un peu difficile parce que l’environnement et l’ambiance ne sont pas les mêmes. Les habitudes, les coutumes et les traditions non plus. »

Dès ses premiers jours à Nouakchott, elle vécut une sorte de dépaysement. Son adaptation fut pathologique et difficile. «J’ai vécu, souligne-t-elle, toute seule pendant une bonne période. Je ne fréquentais personne. »

Mais un jour, en se promenant, dans l’espoir de rencontrer des artistes peintres mauritaniens, dans les artères du centre ville, elle aperçut, à l’hôtel Halima, des tableaux accrochés au mur et appartenant à un artiste du nom de Sorel. Malheureusement, pour elle, elle ne fera jamais sa connaissance malgré une volonté affichée de le rencontrer.

Toutefois, ne dit-on pas souvent que certaines rencontres ou événements constituent un catalyseur dans la suite de la vie d’une personne ? Ainsi donc, elle fit la connaissance de Mokhis alors qu’elle était réceptionniste à l’hôtel Halima. «Monsieur, lui a-t-elle dit contente enfin de rencontrer un artiste peintre mauritanien, je crois qu’à partir d’aujourd’hui, on ne va plus se séparer. »

Lorsque vous lui parlez du Maroc, son cœur bouillonne de joie et d’émotion. Même si elle ne s’y rend pas fréquemment. Du Maroc, son pays natal, elle garde toujours de vivants souvenirs que l’éloignement n’a pas pu dissimuler. C’est dans son pays que son histoire et son contact avec l’art ont véritablement commencé. A l’âge de 3 ans, avant même de pouvoir lire et écrire, elle dessinait déjà, en imitant son père qui est dessinateur puisque le métier d’architecte consiste tout le temps à tracer et à dessiner des plans.

Pour faire plaisir à sa fille et l’occuper en stimulant son imagination, Kassem Dria lui paye un matériel de dessin et de coloration. Elle ne tarda pas à dessiner, à reproduire et à illustrer tout ce qu’elle voyait sur les bandes dessinées que lui avait achetées papa. Ce dernier, peut être sans le savoir, traçait la voie que devait passer sa fille.

Très rapidement, elle subit l’influence de son père qu’elle voyait tout le temps dessiner. Profitant de son matériel, elle faisait des illustrations ou gribouillait sur un papier blanc.

Cet amour pour le dessin ne la quittera jamais. A l’école, elle illustrait tous ses cahiers de cours. Ce qui provoquait une certaine admiration de la part de ses professeurs. Elle se permettait parfois de les caricaturer. C’est elle aussi qui illustrait les cahiers de ses camarades de classe nuls en dessins. Une véritable artiste !

Après l’obtention de son brevet, toujours au Maroc, elle voulut faire des études en Arts plastiques. Mais son père s’y opposa catégoriquement en lui disant pour la dissuader. «Ce n’est pas un métier qui pourrait te nourrir. »

L’autorité parentale l’emporta sur la volonté de la fille. Mais, pour autant, elle ne jeta pas l’éponge puisque, à l’université, elle continuait de dessiner. «Un jour, je me suis dit que je ne peux pas en rester là. Il faudrait que j’évolue puisque j’aime les arts plastiques. Ça me tient à cœur. Il faut que je trouve une solution ! »

La solution, elle l’aura par hasard, en suivant un reportage à la télévision sur Mohamed Migri, un artiste marocain à la fois peintre, musicien et écrivain. Elle qui a toujours rêvé de rencontrer de grands artistes peintres, elle va en rencontrer un.

D’abord, pour voir ce monsieur, il fallait qu’elle prenne rendez-vous. Ce qui se fera sans difficulté. Et, ensuite, prendre le train puisque Mohamed Migri n’habite pas dans la même localité qu’elle. Accompagnée d’une de ses amies, elle se rend aux Oudayas à Rabat (site historique et touristique où logent uniquement de grandes personnalités).

«Il nous a bien accueillies et fait visiter sa maison. Et, puis, il nous a invitées à boire du thé dans une cafétéria traditionnelle. On a bien discuté. Je lui ai montré tout ce que j’avais fait sur papier. C’était pour moi quelque chose d’extraordinaire », lâche-t-elle en pensant que le Ciel avait déjà décidé qu’elle serait une future artiste peintre.

Elle voit à travers cette rencontre qu’elle raconte aujourd’hui avec beaucoup d’émotion comme étant un signe du Destin. Pour être artiste peintre, lui dira Mahmoud Migri, il faudra beaucoup de travail et surtout d’apprentissage.

Cette leçon, elle l’a bien assimilée puisque depuis cette rencontre, elle n’a cessé de faire des cours notamment avec Mokhis et d’autres artistes plasticiens mauritaniens ou étrangers. Son outil d’expression demeure son pinceau qu’elle considère comme étant son unique compagnon de route.

Salvador Dali, un peintre espagnol, l’inspire beaucoup. «Je suis une daliste », s’enorgueillit-elle. Elle admire chez ce surréaliste espagnol sa méthode et sa façon de peindre. «C’est un monsieur qui a une très grande imagination. Il fait des compositions extraordinaires », commente-t-elle. Il y a aussi les grands peintres classiques comme Vincent Van Gogh, Léonard De Vinci, Pablo Picasso, qui l’influencent énormément aussi.

Ses parents vivent toujours en Mauritanie. Mais jusqu’à quand ? «Pour le moment, répond-elle, on est là. Nous ne savons pas ce que le Destin fera de nous après. » Idéaliste, elle aimerait voir l’humanité vivre dans un monde de paix où toute personne aura sa place à revendiquer.

Perfectionniste, elle aurait aimé voir un autre monde beaucoup plus humain et dépouillé de tout racisme, toute hypocrisie et toute véhémence dans un esprit de fraternité. «Je me dis que l’homme est capable de faire énormément de choses. Et, si tout un chacun d’entre nous commence par lui-même, à essayer de changer les mentalités, de faire comprendre aux autres qu’on peut tous vivre ensemble, coexister sans pour autant se faire du mal. »

Ses sujets de prédilection : la paix dans le monde, la situation des enfants et le sort réservé aux femmes. Mère d’un enfant, elle ne digère pas dans son âme et conscience l’oppression et la négligence dont sont victimes ces deux catégories vulnérables de la société. «L’avenir de ce monde, pense-t-elle, dépend d’elles. Si on sème de bonnes graines en elles, on récoltera de bons fruits plus tard.»

Elle rêve qu’un jour que toute l’humanité puisse vivre et coexister, sans conflit, sans problème et sans violence dans la paix et l’amour. «J’ai vécu une expérience un peu difficile. J’étais malade et hospitalisée pendant une année. Je ne marchais plus. Je ne bougeais plus. J’avais maigri jusqu’au point de descendre à 40 kg. Par cette expérience, j’ai compris qu’on perd beaucoup de temps en se focalisant sur des choses inutiles. La vie est très courte. Il faut en profiter et semer le bonheur autour de soi. »

Aujourd’hui, elle essaye de partager son bonheur avec sa famille et ses amis. Et, non seulement, elle est tombée sur un mari compréhensif mais elle a eu la baraka que ce dernier soit un métis.

«Quand on dit métis, cela implique beaucoup de choses (…). C’est une ouverture d’esprit et une richesse à la fois. » Elle semble jouir de la compréhension de son mari. «Tout au moins à 90%, sinon, ce serait trop parfait pour être vrai », rajoute-t-elle. Et lorsqu’on a un père dessinateur (architecte), un frère infographiste et une sœur artiste plasticienne, on doit certainement être heureux. Toute sa famille a un rapport avec tout ce qui est art. «Peut-être que, tente-t-elle d’expliquer, c’est un don dans la famille. »

Avec de nombreuses participations à des expositions à l’étranger et plusieurs expériences avec des artistes européens, elle n’a pas de quoi se plaindre. Mais précise-t-elle : «Le jour où un artiste dira qu’il est satisfait de lui-même, il va arrêter de créer. Tant qu’on n’est pas satisfait, on continue à créer, à réfléchir, à penser. Je ne crois pas qu’il y ait un artiste satisfait à cent pour cent de ce qu’il fait. »

Epanouie et heureuse comme une princesse, la vie à Nouakchott ne semble guère l’ennuyer. «Le monde n’a pas de frontières, explique-t-elle. Là où on est, on sera avec des gens. Nous avons nos différences, notre manière de percevoir ce qui se passe autour de nous et c’est toujours enrichissant d’être avec les gens. Là où que je puisse être, je m’adapterai parce que je suis un être humain et tout ce qui est humain est universel. »

Ayant vécu en Mauritanie depuis 1996, elle pense déjà à prendre la nationalité mauritanienne. «Aujourd’hui, je me sens quelque part mauritanienne. Si j’ai la nationalité mauritanienne, je défendrai bien les couleurs de la Mauritanie », lance-t-elle avec défi.

Babacar Baye Ndiaye

( 26 août, 2008 )

Putsch du 6 août 2008:L’AJD/MR prend le contrepied des Hommes de treillis

Ce vendredi 22 août 2008, l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) célébrait sa première année d’existence. Ce fut une occasion pour ce parti  novice du jeu politique mauritanien de démontrer qu’il n’est pas un parti «cartable» et communautariste comme l’affirment certaines langues déliées. Mais, surtout, d’exhiber qu’il est en mesure de remplir jusqu’à déborder la gigantesque salle de spectacles de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott.

Lorsque le tonitruant Ciré Kane, le chargé de la communication de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR), annonce l’arrivée de Ibrahima Moctar Sarr dans la salle de spectacles, ce fut des cris de joie et des salves d’ovations qui l’accueillirent. Comme un roi d’Arabie Saoudite, on le salue, on l’accole, on le complimente, on le glorifie. Il est aux anges. Pendant ce temps-là, il est 19 heures passées dans la salle de spectacles de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott.

Les militants et sympathisants de l’AJD/MR venus des quatre  coins de la ville de Nouakchott accueillent leur Président, leur Héros : Ibrahima Moctar Sarr bien nippé dans un boubou traditionnel, en vrai peulh, comme à l’accoutumée. Tous les responsables politiques, hommes, femmes et jeunes du parti, sans exception, sont tous présents à ce grand rassemblement marquant la première année d’existence de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR).

Item certains partis politiques de l’opposition notamment le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) dont on a noté la présence de son vice-président Kane Hamidou Baba et de son président Ahmed Ould Daddah en chair et en os venu témoigner sa marque de fidélité politique à Ibrahima Moctar Sarr illuminant de joie et savourant son triomphe. Sans oublier certains de nos artistes qui étaient aussi de la partie. Le tout dans une atmosphère de chaleur insupportable !

Les leaders de Tawassoul, de l’Alliance Progressiste et Populaire (APP) et l’Union des Forces de Progrès (UFP) qui viennent de créer le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) avec ADIL, PLEJ, SAWAB…n’ont pas répondu à l’invitation de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR). Cette absence de leur part pourrait être analysée comme une sorte de distanciation. Et, cela montre que ce n’est pas pour demain les retrouvailles de l’ancienne opposition d’avant l’élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays. Le fait que des partis comme l’UFP et Tawassoul aient participé à la mise sur pied du Front National  pour la Défense de la Démocratie(FNDD) en refusant de rejoindre le RFD, HATEM, l’AJD/MR…témoigne d’une ébauche de bipolarisation au sein de l’opposition. 

Ibrahima Moctar Sarr a montré ses qualités d’orateur devant une foule en délire et exprimant toute sa sympathie envers celui qu’ils considèrent comme étant  «  le symbole de l’unité, de la diversité et de la confiance retrouvée. » Ce fut l’occasion pour les responsables de l’Alliance pour la Démocratie et la Justice/ Mouvement pour la Rénovation(AJD/MR) de passer en revue  dans les différentes langues nationales du pays les implications de leur parti danssss certains faits marquant de l’actualité politique, économique et sociale ayant caractérisé le pays comme la question de l’esclavage, du retour des déportés, de l’éducation nationale, du pouvoir d’achat, du blocage institutionnel qui a abouti au coup d’Etat du 6 août 2008.

Sur ce point, l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation a enfin lâché le morceau concernant sa position sur le coup d’Etat du 6 août dernier orchestré par le général Mohamed Ould Abdel Aziz : pas de caution pour ce qui s’est passé dans la matinée du 6 août. Pour Ibrahima Moctar Sarr, la place des hommes de treillis est dans les casernes. Le suspens aura duré 16 jours. Les militants et sympathisants de l’AJD/MR attendaient religieusement la déclaration de leur président sur la situation actuelle que traverse le pays.

Ibrahima Moctar Sarr, muré dans un silence depuis le coup d’Etat du 6 août, devait des explications à ses partisans d’autant plus qu’il a été récemment reçu en audience en compagnie d’Ahmed Ould Daddah et de Saleh Ould Hanana entre autres par le Chef de la junte militaire Mohamed Ould Abdel Aziz. Depuis  cette audience, certaines langues commençaient à se délier et à laisser entendre qu’Ibrahima Moctar Sarr et son parti cautionnaient eux aussi «le mouvement de rectification du 6 août ». D’autres, plus sceptiques, y voyaient déjà la formalisation du pacte avec les hommes de treillis.

Ce grand rassemblement marquant la première année d’existence de l’Alliance pour la Démocratie et la Justice/Mouvement pour la Rénovation est intervenu dans un contexte assez particulier à savoir la reprise des hommes de treillis des destinées du pays, de l’Etat et de la République. Ainsi donc, dans un premier temps, ce rassemblement devait permettre de lever l’équivoque en mettant fin aux rumeurs et incompréhensions des uns et des autres sur la position de l’AJD/MR par rapport au putsch du 6 août 2008. Dans un second temps, apporter des éclaircissements par rapport aux motivations qui expliquent la position de neutralité ou de non-alignement de l’AJD/MR sur la crise politique qui secouait il y a quelques semaines le sommet de l’Etat d’une part entre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et «sa» majorité et d’autre part entre le Président de la République et les deux généraux de l’armée nationale (Mohamed Ould Abdel Aziz et Ghazouani).

Ce rassemblement s’est déroulé dans une atmosphère de début de campagne électorale. Et, quoiqu’il en soit, l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation a déjà attelé son cheval de bataille et semble être prête à se lancer à la conquête de la Présidence de la République, du Parlement et des collectivités locales. 

Par Babacar Baye Ndiaye

( 26 août, 2008 )

Droits de l’Homme:Le Rassemblement pour l’Egalité et la Justice est à l’avant-garde !

Dans une déclaration remise à l’occasion de sa conférence débat portant sur l’unité nationale et les droits humains en Mauritanie avec la collaboration de l’Initiative pour Tous(IPT), le Rassemblement pour l’Egalité et la Justice (REJ), un parti de l’opposition, a demandé au gouvernement de Ould Waghf d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie des mauritaniens et le contrôle des prix des denrées de première nécessité.

Le REJ n’y est pas allé de main morte pour dénoncer la situation des droits humains en Mauritanie, caractérisée par les pratiques courantes de l’esclavage, la non application de la loi n° 2007-048 dans toute sa vigueur, les récurrentes expropriations de terres, l’unité nationale étriquée, l’appauvrissement des pauvres.

En outre, le monopole des richesses, l’enrichissement illicite, la paralysie des institutions ont été rudement stigmatisés par ce parti qui considère que cette situation est inquiétante et alarmante.

Toutefois, ce parti a salué la formation du dernier gouvernement né du dépôt de la motion de censure comme étant une avancée nettement démocratique. De même qu’il a salué les mesures prises par le gouvernement pour la présente campagne agricole et autres programmes initiés dans le but d’amoindrir les coûts de la vie.

Cependant, le REJ a fustigé la manipulation politique qui a abouti à une prise en otage des institutions de la République pendant deux semaines après la formation du deuxième gouvernement.

Au cours de cette conférence débat, Cheikh Sid’Ahmed Dieng, président du REJ, a réclamé la dissolution de l’Assemblée Nationale et l’organisation d’élections anticipées. Il fonde son argument sur le fait que ceux qui composent aujourd’hui l’Assemblée Nationale ne représentent pas le peuple et ne reflètent point la vraie géopolitique du pays.

«Par conséquent, pense-t-il, pour une meilleure prise en charge des préoccupations des populations, il faut organiser de nouvelles élections anticipées le plus rapidement possible afin de mettre les gens qu’il faut pour représenter le peuple avec une bonne expression. »

Cette question de la dissolution de l’Assemblée Nationale a été soulevée, on s’en souvient, par le Président de la République, dans son discours du 2 juillet dernier lorsque des députés du parti ADIL avaient menacé de déposer une motion de censure contre le gouvernement de Ould Waghf.

Pour sa part, le Rassemblement pour l’Egalité et la Justice considère que sa revendication est légitime. «Cependant, affirme-t-il, cette responsabilité incombe à ceux qui ont les mallettes (charges officielles, Ndlr). »

Le président du REJ ne croit pas aux assertions du Président de la République qui affirmait que la Mauritanie ne peut pas se payer le luxe d’organiser en l’espace d’un an de nouvelles élections avec tout ce que cela implique comme dépenses.

«Pour organiser de nouvelles élections, dit-il, notre pays n’a pas besoin de l’assistance de partenaires. Notre pays est l’un des pays les plus riches au monde. Seulement, cette richesse est orientée vers un groupe très restreint. Il suffit de fermer les robinets et investir cet argent dans des élections ».

Le Rassemblement pour l’Egalité et la Justice a remis, en guise de reconnaissance, des diplômes d’honneur à Birame Ould Dah Ould Abeid, Aminétou Mint Ely Moctar Ely et Médoune Diop pour leur engagement sans faille pour le triomphe des droits de l’Homme en Mauritanie.

Pour couronner le tout, un film sur l’esclavage en Mauritanie intitulé «Chasseurs d’esclaves » a été projeté. Ce film a été réalisé par la télévision franco-allemande Arte. Emouvant, ce film est une preuve vivante de l’engagement de certains militants des Droits de l’Homme mauritaniens qui se battent pour l’avènement d’une Mauritanie nouvelle, débarrassée de toutes formes d’injustices.

Babacar Baye Ndiaye

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