( 26 août, 2008 )

Nouakchott: La ruée vers l’immobilier s’accélère !

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Le quartier de Tevragh-Zeina est sans doute un emblème de la frénésie immobilière qui a envahi la ville de Nouakchott depuis les années 80. Lorsqu’on fait un tour dans les différents quartiers chics de Nouakchott, on ne peut qu’être ébahi et admiratif face à ces maisons imposantes et modernes qui poussent comme des champignons. Ce qui de prime abord attire l’attention, ce sont des tas de sable, des tonnes de sacs de ciment et des ouvriers au travail pour faire sortir de terre leur énième ouvrage.

Pour avoir une idée plus claire de l’ampleur de ce phénomène, nous nous sommes rendus, avec les moyens du bord, à Tevragh-Zeina sur la route de Nouadhibou, à quelques mètres de l’auberge Sahara. Il fait chaud. Le soleil est au zénith. En cette période d’été, c’est une chaleur de plomb qui vous tape sur la tête. Et, souvent, on est contraint de mettre la main en visière devant les yeux pour se protéger de l’ardeur du soleil.

Sous un soleil insupportable, une vingtaine d’hommes participe à la construction de l’immeuble qui, désormais, prend de nouvelles formes. Juste en face, assis sur un amas de coquillages, portant des lunettes de soleil, Diallo Abdoulaye se présente comme étant le responsable des lieux. Notre interlocuteur nous parle sur les raisons de ce boom immobilier.

A son avis, l’aspect mercantiliste prévaut sur toutes les autres motivations. En effet, explique-t-il, la situation sociale et économique étant de plus en difficile et l’avenir incertain, certains mauritaniens pensent que l’immobilier est la seule voie de salut pour eux ! Ils ne voient d’autre investissement que le secteur immobilier pour s’enrichir davantage.

Une tendance qui fait le bonheur des ouvriers qui échappent ainsi aux affres du chômage technique. Venus le plus souvent d’horizons différents (principalement des sénégalais, des maliens, des mauritaniens…) ces ouvriers apprécient à sa juste valeur cette croissance dans l’immobilier tout en déplorant la modicité de leurs revenus, comparés à la difficulté de la tâche.

Direction, Las Palmas, non loin du 1er carrefour de la route de Nouadhibou à partir de l’hôpital national de Nouakchott. Là, aussi, le spectacle est le même. Au bord de la route, se dresse un immeuble où des ouvriers, plus d’une dizaine, s’affairent autour d’une œuvre en fer, ciment et béton.

Cheybani, maçon de son état, dans un français approximatif, avance le même argument que ses collègues: ce sont uniquement les aspects pécuniaires qui expliquent cette ruée vers le secteur immobilier. M. Cheybani n’a pas manqué de souligner les conditions précaires de ces bâtisseurs de maisons, acteurs d’un secteur qui rapporte, mais qui, malheureusement, en sont les parents pauvres. Certains jeunes mauritaniens ne sont pas insensibles à cette effervescence occasionnée par le boom immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott.

Notre reportage sur l’immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott serait inintéressant si nous n’avions pas pris le soin de faire un tour chez ceux qui assurent la gestion des immeubles : les agences immobilières.

Un tenancier de l’une de ces agences, très répandues au centre ville, constate comme tout le monde l’essor du secteur immobilier à Nouakchott. Pour ce monsieur qui n’a pas voulu décliner son identité, cette ruée n’est pas près de s’estomper car de plus en plus la population augmente et il y a une forte demande en termes de logements. Face à ce développement «fou » du secteur de l’immobilier, un marché lucratif s’est installé.

De plus en plus de mauritaniens provenant de l’extérieur investissent dans ce secteur en plein boom à Nouakchott. En plus, les populations font de plus en plus confiance à ces agences immobilières qui ont pignon sur rue dans les grandes artères du centre ville de Nouakchott. La demande est de plus en plus forte, nous explique-t-il.

Des immeubles de toutes hauteurs commencent à sortir de terre et surplombent les petites villas qui se trouvent à côté. Du Ksar à Tevragh-Zeina en passant par le centre-ville, la frénésie immobilière fait fureur.

Au Ksar, les nouvelles constructions pullulent. On casse, on reconstruit. Ce premier quartier de Nouakchott n’échappe pas à cette frénésie immobilière. Ces nouvelles bâtisses sont souvent propriétés d’hommes d’affaires ou de politiciens ayant d’importantes sommes d’argent qu’ils réinvestissent dans le secteur de l’immobilier qui rapporte beaucoup d’argent. En outre, ils rachètent encore à coup de millions certaines maisons délabrées pour reconstruire à la place d’imposants immeubles. Même les banlieues comme Teyarett n’échappent pas à cette folie immobilière.

Cependant, le développement du secteur immobilier dissimule une autre réalité plus impitoyable. Succombant à la tentation de ce business de l’immobilier, des familles cèdent leurs habitations à des personnes plus nanties qui ont opportunément investi le secteur. Ainsi donc, certaines familles se voient obligées de revendre leurs maisons à la suite du décès du père pour aller habiter dans la banlieue en achetant une autre maison moins chère. Ces familles, la mort dans l’âme, s’établissent dans d’autres quartiers périphériques.

Ces immeubles donnent un aspect de modernité à la ville de Nouakchott qui compte plus d’un million d’habitants. Au-delà de cet aspect décoratif et moderne, un véritable problème se pose : celui du respect des normes de construction. Ces nouvelles constructions sont en train de changer le visage de la ville de Nouakchott. Bien que modernes, elles sont confrontées au non respect des normes urbanistiques en vigueur.

Cette ruée vers l’immobilier explique sans nul doute que ce secteur est extrêmement rentable pour les promoteurs immobiliers. Il l’est également pour les banques, le fisc, les notaires et l’administration des droits de timbre et d’enregistrement. Grâce au développement que connait le secteur, les activités liées aux matériaux de construction suivent forcément le rythme et génèrent des profits importants : ce sont les professionnels du ciment, les tenanciers des quincailleries et autres activités annexes.

Certainement qu’un jour, à la place de ces kebbas, baraques ou taudis qui enlaidissent la ville de Nouakchott, d’imposants immeubles ou bâtisses y seront construits. La course à l’immobilier ne fait que commencer. Les collectivités locales doivent être vigilantes pour que la construction tous azimuts de ces immeubles ne se fasse pas au détriment des normes urbanistiques.

Babacar Baye Ndiaye

 

4 Commentaires à “ Nouakchott: La ruée vers l’immobilier s’accélère ! ” »

  1. permis pour construire caen dit :

    merci pour cet article, votre blog est tres interessant et change de la soupe en mode m6 deco..

  2. constructeur de maison 78 dit :

    incidence sur la fiscalit

  3. permis construire rouen dit :

    quoi d autres……la france a battu en 2013,grace a duflot,le record de la non construction…Encore un flop pr

  4. construction yvelines dit :

    +++ ;)

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