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( 28 septembre, 2008 )

Les Nouvelles du Jour

                            Candidat des militaires ?     

Depuis quelques jours, l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou déploie d’énormes efforts afin de convaincre les généraux de la pertinence d’un parrainage de la candidature de Sidi Mohamed Ould Boubacar à la prochaine présidentielle, à l’instar de ce qu’ils ont fait pour Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi lors de la présidentielle de 2007. Ould Boubacar, actuellement ambassadeur de la Mauritanie à Madrid est le sujet de louanges sans précédent, ces derniers temps à Nouakchott, de la part de Ould Bouamatou et de ses proches. Ould Bouamatou, dont les rapports avec Ely Ould Mohamed Vall se sont détériorés ces derniers temps fait tout ce qui est en son pouvoir afin de barrer la route de la présidence à l’ancien président démocratiquement élu. Ses rapports avec Ould Abdel Aziz sont, semble-t-il, au beau fixe. Il est par exemple le coordinateur d’un intense lobbying afin de faire accepter le coup d’état par les occidentaux. Rien, en revanche, ne permet de dire pour l’instant qu’il a réussi à convaincre Ould Abdel Aziz de parrainer la candidature de Ould Boubacar.

                                                  Népotisme  

Le Haut Conseil d’État (HCE) vient de nommer un nouveau consul pour la Mauritanie à Djeddah en Arabie Saoudite. Il s’agit de Eddou Ould Bebena, président de la chambre de commerce. Selon plusieurs observateurs du paysage politique, cette nomination est perçue comme une récompense de son frère, le député Mohamed Ould Bebana qui a joué un grand rôle dans la promotion du coup d’état du 6 août dernier. Une autre nomination a été accordée à un proche du député Sidi Mohamed Ould Maham en la personne de son proche Abdarahmane Ould Brahim Ould Banem, qui a remplacé Ahmed Ould Mohameden. De même, la nomination de Hamoud Ould Abdi à la tête de l’Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi des Jeunes (Anapej) ne peut pas être isolée du rôle joué par son épouse, la députée Ghleiwé Mint Ahdhana dans l’explication et la promotion du putsch.

                                                         Rfd-Tvm 

Le 24 septembre 2008, la TVM a diffusé dans ses journaux télévisés du soir une déclaration attribuée à un groupe d’individus présentés comme étant des militants du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD). Cette diffusion par la TVM a été relayée ensuite par radio Mauritanie ainsi que par les journaux Horizon et Chaab. Face à cette mascarade, le Parti a mandaté M. Yedali Ould Cheikh, Président de la Commission Communication, pour une mise au point au sujet de l’intervention de ce groupe d’imposteurs et protester auprès des médias publics concernés contre cette opération de désinformation malveillante à l’endroit du RFD et de ses instances officielles. La Direction de Communication du Parti devait prendre contact avec la TVM pour l’organisation de la diffusion de la mise au point projetée.  

                                                Position de l’Algérie  

Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a réaffirmé jeudi que la position de l’Algérie par rapport au coup d’Etat en Mauritanie est claire. M. Medelci qui était l’invité de l’émission de la Radio internationale(Rfi), a rappelé que la position de l’Algérie a été exprimée mercredi par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines à l’envoyé spécial mauritanien, le général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed. « La position de l’Algérie a été claire, notamment à travers le communiqué du ministère des Affaires étrangères qui est bâti sur des principes claires », a-t-il précisé. Le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, avait « réitéré la position constante de l’Algérie qui condamne les changements de pouvoir en violation des règles constitutionnelles ». Interrogé sur la position de l’Union du Maghreb arabe (UMA) au sujet du coup d’Etat, M. Medelci a rappelé que le guide libyen, le colonel Maamar El-Gueddafi, avait « immédiatement, en sa qualité du président de l’UMA, dépêché son secrétaire général qui a pris contact avec des responsables mauritaniens et a établi son rapport ». « Je crois que l’UMA va continuer à travailler dans le sens du raffermissement du dialogue et elle est extrêmement soucieuse de la préservation de la démocratie dans le pays (Mauritanie) », a-t-il ajouté. Interrogé sur la visite d’Etat du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le ministre a indiqué que les autorités des deux pays ont fait, au cours de cette visite, le tour d’horizon sur les relations bilatérales et examiné leur élargissement à d’autres domaines, notamment touristique et culturel. Au sujet du dossier du nucléaire iranien, M. Medelci a réitéré la position de l’Algérie qui soutient le développement nucléaire à des fins pacifiques, exprimant par ailleurs sa désapprobation quant à la politique de « deux poids deux mesures » qui fait, a-t-il dit, que « certains pays peuvent avoir des possibilités ou des degrés de liberté, alors qu’on les refuse à d’autres ». Pour le ministre, le dialogue autour du dossier, entre les pays 5+1 avec la présence d’un représentant du gouvernement américain, « est extrêmement important et constitue un élément d’espoir qu’il faut développer pour rétablir, dans les semaines qui viennent, les rapports de confiance de nouveau » afin de trouver, a-t-il dit, « une solution politique acceptable pour les différentes parties ».  

                                                        Ultimatum  

L’ultimatum fixé pour le 6 octobre prochain par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS), lequel a exigé le retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie “par le rétablissement inconditionnel de M. Sidi Ould Cheikh Abdallahi, président de la République, dans ses fonctions”, n’a pas été du goût de Nouakchott, qui a rejeté cette injonction par la voix de députés favorables au coup d’État. En effet, ces derniers, majoritaires au Parlement, ont rejeté l’ultimatum de l’Union africaine (UA). Par la voix du député Sidi Mohamed Ould Maham, porte-parole des députés pro-putsch, il ont rétorqué : “Nous rejetons cet ultimatum parce qu’il ignore tout simplement la réalité dans le pays où les deux-tiers du Parlement, la quasi-totalité des maires élus et la majorité du peuple sont favorables au changement du 6 août.”  Ne s’arrêtant pas là, il a déclaré que ses amis sont scandalisés par cet ultimatum qui “émane d’une institution censée servir la paix en Afrique et qui s’emploie au contraire à susciter la guerre civile et attiser les contradictions dans notre pays”. Pour étayer cette position, favorable aux putschistes, il a ajouté : “Nous avons l’exemple des solutions à l’africaine, au Zimbabwe et au Kenya, on aurait pu aller dans ce sens en Mauritanie mais, apparemment, notre pays est vu comme le maillon le plus faible.”Selon lui : “Le retour de l’ex-président au pouvoir est une ligne rouge à ne pas franchir.” Sidi Mohamed Ould Maham ira jusqu’à affirmer : “L’UA et le reste du monde doivent savoir que ce projet (du retour du président déchu) serait fatal pour la Mauritanie, l’ancien président étant une partie du problème. Son retour n’est pas négociable, tout le reste par contre peut être discuté.” Il recommandera à l’UA de tenir compte de la feuille de route initiée par le Parlement et prévoyant une élection présidentielle dans 12 à 14 mois, précédée de journées de concertations ouvertes à toutes les forces politiques du pays et aux partenaires étrangers de la Mauritanie. Pour ce groupe de parlementaires, l’UA “doit reconsidérer ses injonctions et ses menaces”. Reste à savoir qu’elle sera la réaction de l’UA, qui avait à l’issue de sa réunion tenue à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, demandé instamment “aux États membres de l’Union africaine et à la communauté internationale dans son ensemble de considérer comme illégitimes et illégales toutes les actions et initiatives des auteurs du coup d’État destinées à faire échec à la restauration de l’ordre constitutionnel”. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a déclaré “nulles et de nul effet toutes les mesures de nature constitutionnelle, institutionnelle et législative prises par les autorités militaires et découlant du coup d’État du 6 août 2008”. Jusque-là, seul le Maroc s’est solidarisé avec le nouveau régime militaire en place à Nouakchott, à travers un message de soutien du roi Mohammed VI, au général Mohamed Abdel Aziz, chef de la junte.Quant à l’Algérie, elle a réitéré récemment, par la voix d’Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, son souhait que les auteurs du coup d’État en Mauritanie “acceptent d’aller à la rencontre de la seule solution viable et juste, celle du retour à l’ordre constitutionnel”. 

                                                       Pêche 

Le commissaire européen à la pêche, Joe Borg, a déclaré vendredi que l’Union européenne avait trois semaines pour mettre en œuvre l’accord sur la pêche conclu avec la Mauritanie et qu’elle ne verserait les sommes prévues que si elle est certaine de leur bonne utilisation par la junte militaire. « Nous utilisons le temps dont nous disposons pour nous assurer que les termes du contrat concernant l’utilisation de l’argent que nous donnons à la Mauritanie seront  respectés », a-t-il annoncé. « Si nous avons la confirmation que la Mauritanie respecte les termes de l’accord, le paiement sera effectué dans les délais », a-t-il ajouté. Les ministres de la Pêche des Vingt-sept ont signé en juillet un accord aux termes duquel l’UE devait verser 86 millions d’euros à la Mauritanie avant le 31 août pour obtenir l’autorisation de pêcher dans ses eaux territoriales. 

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