( 4 octobre, 2008 )

Le Bloc-notes du Ducdejoal

«Je sais que tu peux te battre, mais c’est ton esprit qui fait de toi un homme ». Mel Gibson 

Quel est l’Etat d’esprit de Mohamed Ould Abdel Aziz à 48 heures seulement de la date d’expiration de l’ultimatum du Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine  adressé à la junte militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel ?  

La crise actuelle est loin de s’effilocher. En dépit de cela, du côté du Front National pour la Défense de la Démocratie comme de celui de ceux qui soutiennent le Haut Conseil d’Etat (HCE), il a été implicitement reconnu que l’intérêt de la Mauritanie, c’est de sortir de cette crise. Cependant, chaque camp continue à bivouaquer sur ses positions, refusant de faire ou d’accorder la moindre concession à l’autre partie. Dans ces conditions-là, peut-on sortir de l’impasse actuelle en refusant de discuter d’égal à égal, sans fioritures, autour d’une table ? 

Au rythme où vont les choses, personne n’a intérêt à jouer la carte du refus du dialogue politique. A partir de là, tout devient possible pour paraphraser le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Le temps presse et joue en défaveur du Haut Conseil d’Etat. Allons, cher Mohamed Ould Abdel Aziz. C’est le moment et maintenant ou jamais. Et, puis, il ne faut pas penser que négocier ou bien dialoguer avec le Front National pour la Défense de la Démocratie et la Communauté Internationale vous aplatira. Dans la circonstance actuelle, n’écoutez pas votre superbe. Elle risque de vous trahir. Et, le Diable aura raison sur vous ! Il est de votre devoir d’accepter de discuter avec le FNDD dans l’optique de sortir de cette crise qui n’a que trop durer.  

De ce dialogue, pourrait naître, comme préconisé dans la résolution du Parlement, la formation d’un gouvernement de large consensus impliquant toutes les parties impliquées de prés ou de loin à cette crise, le temps de gérer cette période de transition. On esquiverait ainsi à la Mauritanie le pire.  

Les raisons ayant amené, nous dit-on, Mohamed Ould Abdel Aziz à pousser à la porte Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi élu démocratiquement, c’est pour sauver la Mauritanie de la gabegie, des pratiques de corruption, du clientélisme, de l’exclusion, du blocage des institutions démocratiques et de l’appareil d’Etat dans son ensemble.  

Les partisans de Ould Abdel Aziz ne cessent de s’égosiller depuis le 6 août dernier : la Mauritanie aurait pu frôler la catastrophe si Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’était pas éjecté de son fauteuil de Président de la République. Au fil des jours et des récents développements de l’actualité politique, on aura compris que c’est un fallacieux prétexte que nous ont servi ce que le Front National de la Défense de la Démocratie appelle les «députés supplétifs des militaires putschistes ».  

Leur plat a refroidi sous l’effet des pressions de la Communauté Internationale. L’ultimatum du Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine expire ce 6 Octobre 2006. Et, jusqu’à présent, le Haut Conseil d’Etat n’a pas manifesté une quelconque expression de sa bonne disposition à rétablir l’Ordre Constitutionnel. Le Haut Conseil d’Etat semble jouer la carte de la défiance. Une manière pour lui de voir jusqu’où le Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine est prêt à aller dans sa démarche visant à sanctionner la Mauritanie. 

L’obstination et l’entêtement des initiateurs du «mouvement de rectification » du 6 août 2008 ont fini par exacerber la Communauté Internationale. Le HCE est en train d’échafauder sa propre sépulture. Pensant qu’il agit dans le bon sens, le HCE est en train de s’acheminer vers une situation dont il aura du mal à s’en tirer. Il fourbit ses armes estimant aussi que l’affrontement ne sera que de courte période.  

Face à l’ultimatum du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africain, deux options se présentent devant le Haut Conseil d’Etat : le CSP de l’Union Africaine peut réviser son ultimatum et revenir à de meilleurs sentiments en laissant le Général Mohamed Ould Abdel Aziz mener à terme la période de transition actuelle. En contrepartie, si et seulement si, par exemple, le Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine obtient des garanties de la part de la junte militaire comme par exemple, comme il a été toujours demandé, la libération de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi assigné à résidence surveillée depuis le 6 août 2008.  

Maintenant, au cas où le Haut Conseil d’Etat ferait les sourdes oreilles, le Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine serait obligé avec l’accompagnement de la Communauté Internationale sous le couvert des Nations Unies de sanctionner la Mauritanie en procédant à un embargo.  

Les autorités savent mieux que quiconque les contrecoups d’un embargo sur la Mauritanie avec tout ce que cela implique comme conséquences. Peu de pays ont pu tenir. Irak, Cuba…constituent des exemples L’autre alternative serait d’intervenir militairement comme cela a été le cas aux Iles Comores. Cette option est moins évidente. Toutefois, rien n’est à écarter. Au cas où ce cas de figure se présenterait, Mohamed Ould Abdel Aziz serait-il tenté de faire la résistance pour faire face à une intervention militaire ? Que Dieu préserve la Mauritanie…

Babacar Baye Ndiaye

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