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( 6 octobre, 2008 )

Les Nouvelles du Jour

                                                       Arrêtés  

Les deux fils du président démocratiquement élu, Mohamed et Ahmed auraient été arrêtés hier au cours de la manifestation organisée par le Fndd pour le retour à l’ordre constitutionnel et durement reprimée par le dispositif de sécurité mobilisé par la junte militaire. D’autres personnes auraient été également arrêtés ou torturées.

                                             Pistolets incapacitants 

La police a passé une importante commande de pistolets incapacitants, auprès du fabriquant Taser, en vue de leur utilisation notamment lors des manifestations ou des courses poursuites. L’information a été révélée dans un  reportage réalisé par la chaîne française Canal+, diffusé dans le cadre de l’émission « Dimanche Plus » présentée par la journaliste Anne-Sophie Lapix. Selon la journaliste « des commandes relativement importantes  étaient passées par la Mauritanie et Le Congo de Kabila, des régimes pas vraiment démocratiques. Les polices de ces dictatures pourrons ainsi utiliser le Taser, loin des caméras, loin des Ong et surtout sans surveillance ». En France, la Police et la Gendarmerie sont les seuls en Europe à avoir doté leurs Taser d’une camera, permettant un enregistrement (image et son) dès la mise en fonction de l’appareil. Les pistolets à impulsion électronique, souvent appelés Taser, du nom du principal fabricant, sont des armes utilisées pour maîtriser une personne dangereuse, tout en évitant à l’utilisateur de trop s’approcher. Ces pistolets permettent aux régimes dictatoriaux de s’offrir la possibilité de neutraliser un individu plus facilement et moins dangereusement qu’en employant les méthodes conventionnelles, les Taser sont accusées de favoriser un recours plus fréquent à la force, radicalisant la confrontation entre les protagonistes, au détriment de la négociation ou du dialogue.  

                                                     Terrorisme

Un nouveau suspect, dans le meurtre des français tués à Aleg en décembre 2007 a été arrêté. Ce quatorzième dans cette tragédie a été arrêté cette semaine. Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine dit ‘Al Majlissi’ aurait été en contact avec les trois assassins présumés des touristes français avant l’attaque d’Aleg le 24 décembre. Deux des trois assassins présumés de ces touristes, tués à Aleg le 24 décembre, ont été arrêtés le 11 janvier à Bissau par la police bissau-guinéenne, en coopération avec les services de renseignement français. Les deux hommes, proches de la Branche d’Al-Qaeda au Maghreb (Baqmi), ont été extradés le 12 janvier vers la Mauritanie, jugés puis déférés en prison. « Al Majlissi » fait partie d’un groupe de salafistes jihadistes accusés de lien avec l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien devenu la Baqmi. Arrêté en 2006, il fut jugé et acquitté en juillet 2007 par la justice. Huit autres personnes soupçonnées d’avoir porté assistance aux trois auteurs de l’attaque ont également été arrêtées dans les premiers jours de l’enquête à Aleg. L’arrestation de Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine porte à quatorze le nombre de personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat des touristes français. 

                                                      Mutinerie 

Des islamistes en instance de jugement en Mauritanie se sont mutinés vendredi à la prison centrale de Nouakchott où ils sont détenus, y cassant des portes et y jetant des meubles. Les prisonniers réclamaient l’amélioration de leurs conditions de détention qu’ils jugent globalement « très difficiles », et en particulier de leur alimentation. Des détenus qui ont téléphoné de l’intérieur de la prison à des journalistes ont indiqué qu’ils demandaient également la possibilité d’organiser la prière du vendredi de façon collective et non par petits groupes ou individuellement comme ce serait le cas actuellement. « Les autorités pénitentiaires ont reçu leurs revendications et ont promis de les satisfaire à partir de dimanche », a affirmé la même source judiciaire sous couvert de l’anonymat. « Le mouvement est terminé, les prisonniers sont présentement calmes et attendent la satisfaction définitive de leurs doléances dimanche » a-t-elle conclu. Les prisonniers « salafistes » qui seraient une cinquantaine d’hommes au total sont regroupés dans un même établissement pénitentiaire rénové, au centre de la capitale, non loin du palais de justice où ils sont régulièrement entendus par des juges d’instruction. Ils s’y trouvent étroitement surveillés, en particulier depuis l’évasion en avril 2008 du palais de justice de Nouakchott de Sidi Ould Sidna, l’un des tueurs présumés de quatre touristes français le 24 décembre 2007. En juillet 2007, une mutinerie avait eu lieu dans une autre prison située à l’extérieur de Nouakchott, jusqu’à ce que la Garde nationale intervienne. Des sources judiciaires avaient alors expliqué que « des problèmes de commodité des lieux, mal aérés et exigus pour recevoir plus de 300 à 400 personnes, des repas peu satisfaisants et des coupures d’eau répétées » avaient notamment enclenché la vague de protestations.                                       

                                                       Trafic 

Les enquêteurs de l’antenne périgourdine de la Division interrégionale de la police judiciaire de Bordeaux (DIPJ) viennent d’interpeller douze personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste trafic de véhicules 4X4.  Cinq d’entre elles ont été déférées devant la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux. Quatre ont été mises en examen pour « vol et recel en bande organisée et association de malfaiteurs ». Deux hommes de 25 et 30 ans ont été placés en détention provisoire. La PJ de Périgueux travaillait sur cette bande depuis le début de l’année, au lendemain d’un casse commis chez un concessionnaire de Trélissac. Deux 4X4 de luxe avaient été dérobés pour un préjudice de 170 000 euros. Les enquêteurs, en étroite collaboration avec l’Office central de lutte contre le crime organisé, ont identifié les auteurs présumés d’une dizaine de vols commis également au pays basque, à Aurillac, Châteauroux, mais aussi en Catalogne et en Suisse. Les 4X4 volés étaient ensuite écoulés en Mauritanie via l’Espagne et le Maroc. Le préjudice se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’euros.

                                                 En danger 

Plus aucune manifestation publique. Plus de critique dans les médias publics. Voilà les deux recettes concoctées par la junte au pouvoir à Nouakchott pour faire face à une opposition grandissante. Les partis politiques et la société civile sont sur le pied de guerre et entendent manifester dimanche prochain, en dépit de l’interdiction. Branle-bas général dans les rangs de l’opposition mauritanienne.  Chefs de partis politiques et responsables de la société civile se disent déterminés à défendre les libertés publiques, menacées par la junte portée au pouvoir par le coup d’Etat du 6 août dernier.  Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) mardi, le Premier ministre intronisé par la junte avait annoncé que son gouvernement interdirait toutes les manifestations. « Je pense que le pays depuis le mois de mai ne fait que manifester, on va diminuer ça. D’ailleurs on va interdire toutes les manifestations (…) », avait déclaré Moulaye Ould Mohamed Leghdaf. Pour l’opposition réunie autour d’un front anti-putsch, le but de la manœuvre gouvernementale est clair : empêcher coûte que coûte une manifestation populaire prévue dimanche 05 octobre prochain, pour montrer que les Mauritaniens dans leur majorité rejettent le coup d’Etat.

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