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( 11 octobre, 2008 )

Ultimatum de l’Union Africaine: Les mauritaniens divisés sur les sanctions à prendre à l’égard du HCE

Finalement, le Haut Conseil d’Etat (HCE) a refusé de se plier à l’ultimatum du 6 Octobre dernier lancé par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine (UA) demandant le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Conséquences de ce refus : les nouvelles autorités ne sont plus à l’abri de sanctions de la part de l’Union Africaine (UA) qui exigeait dans son ultimatum que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi soit rétabli dans ses fonctions de Président de la République.  

L’attitude à adopter vis-à-vis de la junte militaire divise le peuple mauritanien. Ils sont nombreux, ces mauritaniens qui demandent que l’Union Africaine bivouaque sur ses positions. C’est le cas de Youssouf Sylla qui pense que c’est la seule manière à adopter pour faire quitter les militaires du pouvoir. «Il faudrait que l’Union Africaine durcisse le ton. Il ne faudrait pas qu’elle lâche », demande-t-il. 

Pour lui, si l’Union Africaine n’adopte pas des sanctions à l’égard de la junte militaire, ce serait un signe d’encouragement que pourraient explorer tous ceux qui voudraient renverser un pouvoir démocratiquement élu en Afrique. Autrement dit, on s’acheminerait vers un précédent dangereux qui menacerait la stabilité politique et sociale de l’Afrique et de la sous-région en particulier.   

Prenant le contre-pied de ceux qui voudraient légitimer le coup d’Etat du 6 août dernier sur le fait que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi constituait une menace pour la stabilité du pays, il rappelle qu’il a été élu démocratiquement. Par conséquent, pense-t-il, il fallait attendre les prochaines élections présidentielles pour le sanctionner positivement ou négativement.  

Comme certains mauritaniens, il est favorable à la prise de sanctions à l’égard de la junte militaire. Toutefois, il a préconisé le dialogue entre les différents protagonistes de la crise actuelle à savoir le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) et le Haut Conseil d’Etat (HCE). 

Pour lui, face à un FNDD qui réclame le retour de Sidi et un HCE déterminé à assurer la période de transition (14 mois), il préconise une alternative : les militaires sous l’égide de la communauté internationale acceptent de partir, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi revient au pouvoir pour assurer la transition en mettant en place un gouvernement d’union nationale qui va regrouper tous les partis politiques pour aboutir à l’organisation d’une élection présidentielle à laquelle il ne participera pas. Cette élection se fera sous la supervision d’une commission électorale nationale indépendante.  

Quant à Lansana, il aurait aimé que l’Union Africaine n’adopte aucune sanction à l’égard de la Mauritanie. Il n’a pas manqué d’affliger Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qu’il accuse d’être à l’origine de plusieurs difficultés d’ordre économique, politique et social qu’a connu notre pays durant plusieurs mois. Il voit dans le coup d’Etat du 6 août 2006 comme une sorte de délivrance. «Si ce n’était pas le 6 août, croît-il, nous allions nous retrouver dans une situation plus critique que celle que nous sommes en train de vivre présentement. » A ses yeux, l’Union Africaine doit essayer d’accompagner la Mauritanie dans la recherche de solution de sortie de crise. 

Pour Abdallahi, les sanctions de l’Union Africaine seraient les bienvenues. Néanmoins, il demeure sceptique sur leur effectivité. «J’espère que l’Union Africaine ne va pas tomber encore dans la rhétorique des sanctions traditionnelles (gel des avoirs, interdiction de voyages…). Ça ne portera pas ses fruits », dit-il en citant l’exemple des autorités ivoiriennes qui ont été interdites de voyages.  

Quatre ans plus tard, ces sanctions n’ont pas servi à grand-chose. Il propose des sanctions plus fortes et plus dures pour pousser la junte militaire à la démission. Pourquoi pas, selon lui, une intervention militaire. Lui aussi, il préconise pour sortir de la crise actuelle, la formation d’un gouvernement d’union nationale. 

«La Mauritanie a rejeté l’ultimatum de l’Union Africaine parce que celle-ci ignore la réalité du pays où les 2/3 du Parlement, la quasi-totalité des maires élus et la majorité du peuple sont favorables au changement du 6 août 2008 », rappelle Souleymane qui ne veut pas entendre du retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions de Président de la République. Pour lui, l’Union Africaine a tort de vouloir s’ingérer dans les affaires intérieures mauritaniennes en demandant notamment le rétablissement de l’ordre constitutionnel.  

«Les mauritaniens se sont dotés d’une constitution. Ils ont élu un Président de la République. Quelques soient les griefs qu’on peut lui reprocher, cette question (la solution de la crise, Ndlr) relève essentiellement des civils, des partis politiques et non pas de l’armée », rappelle encore Hafedh en légitimant l’ultimatum de l’Union Africaine qui, selon lui, doit prendre des sanctions «opérationnelles » visant tous les membres du Haut Conseil d’Etat et tous les députés soutenant le mouvement du 6 août 2008. 

Comme on peut le constater, par rapport aux sanctions à adopter vis-à-vis de la junte militaire, les avis sont partagés. Il appartient maintenant à la classe politique de trouver les solutions pour sortir la Mauritanie de la crise actuelle du fait du coup d’Etat du 6 août dernier.

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 11 octobre, 2008 )

Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone 2008: Des comédiens de la troupe théâtrale de l’Alliance Franco-mauritanienne nominés

C’est une grande victoire que vient d’enregistrer le théâtre mauritanien aux Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone 2008. Le comité d’organisation de ce grand évènement culturel vient de publier la liste des nominés. Y figurent dans cette liste des comédiens de la troupe théâtrale de l’Alliance Franco-mauritanienne.  

Plus d’une vingtaine de comédiens venus de 12 pays différents seront présents aux Grands Prix du Théâtre Francophone d’Afrique 2008 qui auront lieu du 11 au 14 décembre 2008. Parmi les personnalités invités, le comité d’organisation prévoit la participation, entre autres, de Mme Wéré Wéré Liking d’origine camerounaise et établit en Cote d’Ivoire où elle est chercheuse à l’Institut de Littérature et d’Esthétique africaine et fondatrice du Centre Panafricain de Ki-Yi, un lieu de formation d’artistes venus de toute la sous-région ouest africaine. 

La participation de la Mauritanie aux Grands Prix du Théâtre Francophone d’Afrique est beaucoup attendue par le Comité d’Organisation. Sur 12 catégories de nominations, notre pays a été représenté sur les cinq à savoir meilleur metteur en scène(Gérard Tolohin), meilleure comédienne(Salem Mint Ahmed), meilleur décorateur(Gérard Tolohin), meilleur comédien(Camara Agali) et meilleur scénographe(Gérard Tolohin). 

Durant 4 jours, la capitale béninoise, Cotonou, sera le lieu de rendez-vous du théâtre francophone africain. Ce sera une occasion pour nos comédiens de faire découvrir les multiples facettes de la Culture mauritanienne car, durant la soirée de gala qui aura lieu le 13 décembre, chaque pays exhibera ses spécificités et ses traditions en arborant des tenues traditionnelles.   

Les Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone qui en sont à leur première édition ont pour but d’encourager l’expression dramatique francophone dans les pays d’Afrique et de la promouvoir sur le plan international. Les lauréats de chacune des catégories au nombre de 12 bénéficieront d’une promotion internationale, une enveloppe financière et, entre autres, des bourses, des stages, des participations à des festivals et autres rencontres internationales. 

Au départ, ils étaient 27 pays à compétir. Seulement, 12 pays ont été finalement retenus par le jury dont la Mauritanie qui a réussi à tirer son épingle du jeu d’autant plus que les critères de sélection furent rigoureux. Cela témoigne tout simplement d’une consécration jouissive du théâtre mauritanienne qui a besoin d’être soutenu pour pouvoir véritablement rivaliser avec les autres pays très en avance dans le domaine théâtral. 

Notre Ministère de la Culture pourrait s’inspirer des Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone pour développer le théâtre en Mauritanie. Il existe des talents. Ils n’ont besoin que d’être soutenus. 

Les « Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone » sont initiés et organisés par la Compagnie de théâtre et de rituels vodun BEO AGUIAR (C.BEO.A), une compagnie béninoise de théâtre créée en 1990 par Euloge BEO AGUIAR dont les activités sont étroitement liées à celle de la CBEOA.

Euloge BEO AGUIAR est né à Cotonou et a grandi à Parakou dans le Nord-Est du Bénin où il a passé 25 ans. Après ses débuts en tant qu’humoriste sous le pseudonyme de Masta Cool, il a réalisé depuis, de nombreuses créations et dirigé plusieurs ateliers de formations théâtrales.  

Les saisons théâtrales et artistiques 2000 à 2008 ont été particulièrement riches en expériences pour Euloge BEO AGUIAR et sa Compagnie, avec plusieurs créations, ateliers de formation en dramaturgie. La CBEOA s’est spécialisée dans le théâtre rituel et le spectacle déambulatoire. C’est un label connu dans les milieux du théâtre africain et international. Sa dernière création « Sans commentaire » remonte à la 9è édition du festival International de Théâtre du Bénin (Fitheb 2008).  

Capitalisant les riches expériences dans le secteur du théâtre, cette compagnie a décidé avec le concours de ses partenaires de donner un nouveau souffle au théâtre africain par la reconnaissance et la récompense des talents de l’excellence. D’où la naissance des « Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone » avec sa première édition en 2008. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 11 octobre, 2008 )

Lutte contre le paludisme:Une quarantaine de journalistes mise à contribution

Le Syndicat des Journalistes Indépendants de Mauritanie dirigé par Ahmed Ould Yali a organisé ce mercredi 8 dans un hôtel de la place, en partenariat avec l’Unesco, une journée de sensibilisation de 40 journalistes sur le rôle des médias dans la prévention du paludisme. 

La lutte contre le paludisme est inscrite dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement auxquels la Mauritanie a souscrit en 2000. L’objectif visé est de réduire à 50% le nombre de décès et de cas d’ici 2015. En Mauritanie, on enregistre en moyenne 250.000 cas par an dans les consultations médicales. Il constitue la troisième cause de consultation au niveau de la wilaya de Nouakchott.  

En 1996, on avait enregistré 214.478 cas de paludisme. En 2005, au dernier recensement, plus de 224.040 cas. En 2000, le paludisme a atteint son paroxysme avec 330.185 cas de paludisme enregistrés. Trarza, les 2 Hodhs, Brakna, Gorgol, Guidimakha, Assaba constituent les zones les plus touchées par le paludisme qui tue par an, en Afrique subsaharienne, plus de 500.000 personnes, soit un pourcentage de 10 du taux de morbidité.  

Au cours de cette journée, des spécialistes ont apporté des éclaircissements sur les mesures préventives à adopter dans le cadre de la lutte contre le paludisme en Mauritanie. De nos jours, les chercheurs n’ont pas encore trouvé un vaccin contre cette endémie. Le seul remède de s’en protéger demeure l’utilisation de moustiquaires imprégnées et l’assainissement des zones insalubres qui peuvent constituer des gîtes pour les moustiques. L’imprégnation des moustiquaires se fait généralement dans les centres de santé. 

Ce n’est pas un secret de polichinelle : le paludisme tue plus que le sida. Et, en Mauritanie, cette endémie qui était jusque là inconnue des mauritaniens ne cesse de faire des ravages notamment à l’intérieur du pays. C’est dans ce cadre qu’une quarantaine de journalistes a été mise à contribution afin de sensibiliser les populations dans la prévention du paludisme, de ses signes et de ses conséquences. 

Il a été relevé que le paludisme se développe essentiellement dans les zones à forte pluviométrie. Cependant, dans certaines wilayas du pays comme par exemple celle de l’Adrar, on a noté qu’il y avait une forte prévalence du taux de paludisme. Certains experts avancent la présence des oasis. En outre, d’ordinaire dans les autres wilayas du pays, ce sont les agriculteurs qui sont en majorité les plus touchés par le paludisme. Conséquence : la production diminue empêchant ainsi ces populations d’assurer leur propre autosuffisance alimentaire. 

Par an, plus de 12 milliards de dollars sont investis dans le cadre de la lutte contre le paludisme. En Mauritanie, les autorités ont très tôt pris à bras-le-corps cette endémie. La lutte contre le paludisme pour qu’elle soit efficace nécessite la levée de certains paramètres comme la diminution du coût des médicaments, l’implication des élus locaux dans le domaine de l’assainissement et la mise en place d’un système d’informations performant et efficace. Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, beaucoup d’argent a été investi et dépensé pour réduire le taux de morbidité. 

Faire connaître le paludisme aux populations et faire un plaidoyer au niveau des leaders afin qu’ils puissent prendre en charge cette endémie, tel a été l’objectif assigné aux 40 journalistes ayant participé à cette journée de sensibilisation dans la prévention du paludisme dont les plus exposés sont les femmes en état de grossesse et les enfants de –5 ans. Chez les premières, il peut occasionner l’avortement, l’accouchement prématuré, la mort. D’où la nécessité de mettre l’accent sur cette couche sociale.  

Concernant les femmes en état de grossesse et les enfants de –5, il a été préconisé leur prise en charge à 100%. Cela a été expérimenté au Mali et porte actuellement ses fruits. Le gouvernement mauritanien pourrait s’en inspirer comme l’ont recommandé certains spécialistes. 

Aux termes de cette journée de sensibilisation, les journalistes participants ont recommandé une coordination accrue entre eux et le Ministère de la Santé (le Programme National de Lutte contre le Paludisme) dans le cadre d’une lutte réelle contre le paludisme, la création de journées de sensibilisation périodiques sur le danger du paludisme en période hivernale. Ils ont en outre incité les médias à faire des enquêtes sur la lutte contre le paludisme, demandé au Ministère de la Santé une plus grande collaboration avec les journalistes désireux de s’intéresser au fléau en offrant l’appui nécessaire à cet effet et enfin la création d’un prix de la meilleure production journalistique dans le domaine de la lutte contre le paludisme. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

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