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( 14 octobre, 2008 )

Mécontent de l’union de sa nièce avec Brahim Ould Mohamed Ould Marcou:Le comissaire Vadili Ould Naji s’y mêle en décidant de casser leur mariage!!!

Certains couples mauritaniens, notamment jeunes, continuent à souffrir de certains obstacles les empêchant de vivre pleinement leur amour du fait de leur appartenance à différentes castes ou communautés. C’est le cas du couple Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji et Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. La première (24 ans) est issue d’une famille chérifienne et le second (28 ans) du côté de sa mère d’une tribu guerrière du nom de Oulad Agchar. Son père n’est autre que le riche homme d’affaires mauritanien, Mohamed Ould Marcou.

—————————-Par Babacar Baye Ndiaye 

Voilà à peine 5 ans qu’ils se connaissent, qu’ils sont ensemble et qu’ils s’aiment à la folie. Leur amour était connu de tout le monde excepté que les parents de la jeune fille n’ont jamais dit qu’ils étaient contre cette union. Mais, lorsque Brahim Ould Mohamed Ould Marcou est parti voir la famille de sa dulcinée pour la demander en mariage, la famille de cette dernière a catégoriquement refusé. A chaque fois qu’il réitérait sa demande de mariage, la famille parvenait toujours et pendant cinq bonnes années à trouver un alibi pour empêcher le mariage qu’elle ne voulait pas. 

Dépitée par sa situation de célibataire et vu que sa sœur venait d’être mariée, Vatimetou décide de se marier contre la volonté de ses parents. Malgré les pressantes demandes en mariage de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou, le tuteur de la fille (Ould Naji) montre toujours sa réticence envers tout projet de mariage dont il ne veut pas entendre. 

Décidés à vivre leur amour et leur passion contre vents et marées, Brahim Ould Mohamed Marcou et Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji s’envolent à l’insu de tout le monde au Maroc pour y consommer leur mariage qu’ils attendent depuis 5 ans devant des autorités religieuses et des témoins. 

Montrant qu’elle ne veut lier son sort qu’avec celui de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou, Vatimetou fait une procuration témoignant de sa détermination et de son engagement à vivre avec celui qu’elle aime. Après ce mariage scellé en terre marocaine où ils firent leur lune de miel, ils y vécurent pendant 4 mois. Par l’intermédiaire de proches, ils sont mis au parfum qu’ils seront appréhendés une fois de retour à Nouakchott. Cette information ne tarda pas à se confirmer. 

Car, au 5ième jour de leur arrivée à Nouakchott, les deux tourtereaux délectant leur union sont cueillis par des éléments de la force de sécurité de l’aéroport de Nouakchott sur les ordres de Vadili Ould Naji, tuteur et oncle de Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji. Vadili Ould Naji fut impliqué dans l’affaire de la drogue. C’est lui actuellement qui chapeaute la sécurité au niveau de l’aéroport de Nouakchott. Ce dernier, pour des raisons d’appartenance de castes, s’est toujours opposé au mariage de sa nièce. 

La présidente de l’Afcf, Aminétou Mint Ely Moctar, n’y est pas allée par quatre chemins pour stigmatiser l’attitude de certains de nos hommes de loi, à l’image du commissaire Ould Naji, qui ignorent tout des conventions internationales ratifiées par
la Mauritanie dans le cadre du respect et de la défense des droits de l’Homme à travers le monde. 
 

Mamadou Sarr, le secrétaire exécutif du Fonadh, venu apporter sa contribution, lui aussi, dans cette affaire, a condamné cet acte du commissaire Ould Naji visant à désunir un couple qui s’aime par l’usage de la force au grand mépris des procédures judiciaires prévues dans ce sens. «En Mauritanie, on favorise malheureusement l’impunité », regrette Mamadou Sarr. «Nous allons continuer à nous mener le combat pour que jamais de telles pratiques ne se renouvellent dans l’intérêt de notre jeunesse et de notre pays », a-t-il promis. 

Le comble dans tout cela, c’est souvent de hauts fonctionnaires (en activité ou en retraite) de l’Etat qui sont mêlés à ce genre d’histoires, les premiers qui devaient faire observer scrupuleusement l’application de la loi.  

Sarr a appelé les autorités à se ressaisir et à combattre sur tous les plans l’impunité et la corruption. Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est la liberté des femmes souvent objet de marchandage et de chantage. 

Cette affaire vient d’être portée entre les mains du Procureur de
la République de Nouakchott qui est un ami même du commissaire Vadili Ould Naji. Aux dernières nouvelles, le dossier est en instruction. Actuellement, le couple est toujours gardé au commissariat de Police de Tévragh-Zéina I. Cela fait 3 jours qu’il y croupisse. Et, pourtant, la loi n’autorise que 24 heures de détention dans un commissariat. 
 

En plus, les parents de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou sont privés d’accéder au commissariat. Face à cette situation, la famille de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou et l’Afcf ont commis d’office deux avocats pour défendre Ould Marcou qui risque d’être transféré au parquet. Ces avocats sont Yarba Ould Saleh et Ahmed Bezéid Ould Mamy.  

La présidente de l’Afcf a dénoncé le trafic d’influence qu’exerce Ould Naji dans cette affaire  en tant que commissaire et ami du Procureur de

la République. Elle a aussi demandé la libération immédiate et sans condition du couple détenu depuis 3 jours au commissariat de Tévragh-Zéina I. Et, surtout, elle a exigé que le commissaire Vadili Ould Naji soit poursuivi en justice et puni pour abus de pouvoir, trafic d’influence et d’utilisation de biens publics… 

Le Procureur de
la République de Nouakchott a été mobilisé dans cette affaire par le commissaire Ould Naji pour enfoncer Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. Aminétou Mint Ely Moctar a demandé au commissaire Ould Naji de respecter la constitution et la loi criminalisant l’esclavage et toutes les formes de discrimination. «Ce problème est un problème de justice », a-t-elle laissé entendre. 
 

«Si, aujourd’hui, le commissaire (Ould Naji, Ndlr) veut casser ce mariage (entre Brahim Ould Mohamed Ould Marcou et Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji, Ndlr), c’est qu’il veut encourager la prostitution et la dépravation », soutient-elle tout en condamnant cette attitude de Ould Naji qu’elle juge immorale d’autant plus que sa nièce est consentante pour se marier avec Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. «L’essentiel dans un mariage, c’est d’avoir le consentement de deux êtres humains », a rappelé la présidente de l’Afcf, Aminétou Mint Ely Moctar. 

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