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( 17 octobre, 2008 )

Prolifération des marchés noirs: L’exemple du marché «Thieub-thieub » de 5ième

 

Les transformations sociales et économiques qui sévissent ailleurs frappent aussi de plein fouet notre pays. La rareté de la main-d’œuvre exacerbée par des crises financières sporadiques et le sous-emploi a contraint des milliers de jeunes personnes à se transformer en vendeurs à la sauvette, en manœuvres occasionnels… 

Les raisons d’un tel phénomène social sont à rechercher essentiellement dans l’exiguïté du marché de l’emploi qui n’offre pas une certaine perméabilité et possibilités de recrutement aux demandeurs d’emplois. Et, à certaine tranche d’âge, sans qualification professionnelle et sans emploi, le premier boulot est le bienvenu. L’essentiel que cela rapporte et puisse permettre de joindre les deux bouts.  

Disposant de peu de moyens pour loyer une boutique dans un marché ou dans un coin du quartier, refusant de tomber dans la marmite de la misère et de l’assistanat, ces personnes se ruent vers les marchés noirs tels que «Thieub-thieub » pour y trouver leur pitance.  En dehors de l’anarchie et de l’insécurité qui règnent dans de pareils marchés, les clients y trouvent leur compte. Ici, tout est proposé à bon marché et à des prix accessibles à la bourse du citoyen lamnda toujours porté vers la facilité. 

Thieub-thieub, c’est un marché de Nouakchott, un marché bien connu des populations. Un marché célèbre, un marché où le bon côtoie le moins bon. Ce marché qui s’étend sur une vaste zone, est un lieu où se rencontrent toutes les couches sociales de Nouakchott. 

A quelques minutes du centre ville, en plein cœur du 5ième  arrondissement qui jouxte le 6ième arrondissement, Thieub-thieub passe aussi pour l’un des plus grands centres d’approvisionnement pour les populations de Nouakchott. Le «Grand Magasin » en quelque sorte de ces populations. Ici, les tables, les cantines, les dépôts de bois, de ferraille, les boutiques, les étales, les machines à coudre ont pignon sur rue.  

Pour reprendre un slogan de publicité fort légendaire, on pourrait alléguer qu’ «on trouve tout à Thieub-thieub » : de la friperie pour les faibles et moyennes bourses, du poisson fraîchement amené du port artisanal de Nouakchott, et d’autres marchandises de consommation ou de décors intérieurs comme les moquettes ou les bols paraboliques entre autres à de moindres coûts. Sans parler des condiments, des fruits et légumes, des boucheries, des gargotes démesurées. Et bien sûr, de l’abus de confiance.  Car dans ce marché, il semblerait, comme partout d’ailleurs, qu’il y a des gens tricheurs, vicieux, fourbes et incroyablement retors.  

Thieub-thieub est avant tout un lieu où les populations peuvent trouver ce dont ils ont besoin à moindre prix avec l’assurance de n’avoir que l’embarras du choix. A vrai dire, Thieub-thieub est un marché exclusivement «destiné » aux pauvres qui n’ont que la misère, la détresse et la débine dans leurs sacs à main. Les clients comme les vendeurs viennent de partout : des zones périphériques, de Ksar mais aussi de Teyarett. Ce qui se vend dans ce marché à des prix bas, ailleurs, ça se vend à des prix élevés. D’où la raison qui explique la ruée des populations vers ce marché «noir » et «pas comme les autres ». 

Dans le périmètre du marché Thieub-thieub se sont installé plusieurs grossistes, fournisseurs et détaillants. Dans ce marché, les affaires fonctionnement merveilleusement à la grande joie de tout le monde. Malgré le commissariat qui se trouve à côté, n’empêche que ce marché est souvent considéré, à tort ou à raison, comme le «marché aux voleurs » voire «le bordel ». Il n y a pas de contrôle permanent dans cette zone. L’hygiène et les normes de sécurité, n’en parlons même pas. Ça empeste partout notamment dans la surface où sont installées de petites tables sur lesquelles sont disposés les poissons à vendre et au bord desquelles pullulent des bosses d’écaille. Des eaux usées déversées partout ! Un sol qui écœure !  

Ce marché, à l’image des autres marchés de Nouakchott, souffre d’un environnement impropre. Des tas d’immondices et d’ordures gisant par-ci et par-là dans cette zone oubliée des autorités locales et centrales qui laissent en sus cette situation pourrir sans s’engager dans la prise de décisions adéquates. Cette halle déjà, avec celles de 5ème et 6ème, s’étouffe et étouffe les riverains qui n’ont la paix que lorsqu’il se fait tard et que les vendeurs et acheteurs commencent à vider les lieux qui deviennent denses dans la journée, rendant ainsi les deux principales artères de cette zone impraticables. 

Les marchés eux aussi ont besoin  d’études prospectives afin que
la Mauritanie ait des marchés ultramodernes dignes de ce nom et non pas des marchés construits dans des conditions ne respectant pas souvent les normes de construction en matière de bâtiment et de travaux publics. Ces marchés noirs ne sont pas souvent à l’abri d’incendie. L’année dernière, c’est le marché des planchers qui en était victime. Et, ce sont des millions d’ouguiyas qui sont engloutis causant une perte sèche à notre économie nationale. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

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