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( 14 octobre, 2008 )

Mécontent de l’union de sa nièce avec Brahim Ould Mohamed Ould Marcou:Le comissaire Vadili Ould Naji s’y mêle en décidant de casser leur mariage!!!

Certains couples mauritaniens, notamment jeunes, continuent à souffrir de certains obstacles les empêchant de vivre pleinement leur amour du fait de leur appartenance à différentes castes ou communautés. C’est le cas du couple Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji et Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. La première (24 ans) est issue d’une famille chérifienne et le second (28 ans) du côté de sa mère d’une tribu guerrière du nom de Oulad Agchar. Son père n’est autre que le riche homme d’affaires mauritanien, Mohamed Ould Marcou.

—————————-Par Babacar Baye Ndiaye 

Voilà à peine 5 ans qu’ils se connaissent, qu’ils sont ensemble et qu’ils s’aiment à la folie. Leur amour était connu de tout le monde excepté que les parents de la jeune fille n’ont jamais dit qu’ils étaient contre cette union. Mais, lorsque Brahim Ould Mohamed Ould Marcou est parti voir la famille de sa dulcinée pour la demander en mariage, la famille de cette dernière a catégoriquement refusé. A chaque fois qu’il réitérait sa demande de mariage, la famille parvenait toujours et pendant cinq bonnes années à trouver un alibi pour empêcher le mariage qu’elle ne voulait pas. 

Dépitée par sa situation de célibataire et vu que sa sœur venait d’être mariée, Vatimetou décide de se marier contre la volonté de ses parents. Malgré les pressantes demandes en mariage de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou, le tuteur de la fille (Ould Naji) montre toujours sa réticence envers tout projet de mariage dont il ne veut pas entendre. 

Décidés à vivre leur amour et leur passion contre vents et marées, Brahim Ould Mohamed Marcou et Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji s’envolent à l’insu de tout le monde au Maroc pour y consommer leur mariage qu’ils attendent depuis 5 ans devant des autorités religieuses et des témoins. 

Montrant qu’elle ne veut lier son sort qu’avec celui de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou, Vatimetou fait une procuration témoignant de sa détermination et de son engagement à vivre avec celui qu’elle aime. Après ce mariage scellé en terre marocaine où ils firent leur lune de miel, ils y vécurent pendant 4 mois. Par l’intermédiaire de proches, ils sont mis au parfum qu’ils seront appréhendés une fois de retour à Nouakchott. Cette information ne tarda pas à se confirmer. 

Car, au 5ième jour de leur arrivée à Nouakchott, les deux tourtereaux délectant leur union sont cueillis par des éléments de la force de sécurité de l’aéroport de Nouakchott sur les ordres de Vadili Ould Naji, tuteur et oncle de Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji. Vadili Ould Naji fut impliqué dans l’affaire de la drogue. C’est lui actuellement qui chapeaute la sécurité au niveau de l’aéroport de Nouakchott. Ce dernier, pour des raisons d’appartenance de castes, s’est toujours opposé au mariage de sa nièce. 

La présidente de l’Afcf, Aminétou Mint Ely Moctar, n’y est pas allée par quatre chemins pour stigmatiser l’attitude de certains de nos hommes de loi, à l’image du commissaire Ould Naji, qui ignorent tout des conventions internationales ratifiées par
la Mauritanie dans le cadre du respect et de la défense des droits de l’Homme à travers le monde. 
 

Mamadou Sarr, le secrétaire exécutif du Fonadh, venu apporter sa contribution, lui aussi, dans cette affaire, a condamné cet acte du commissaire Ould Naji visant à désunir un couple qui s’aime par l’usage de la force au grand mépris des procédures judiciaires prévues dans ce sens. «En Mauritanie, on favorise malheureusement l’impunité », regrette Mamadou Sarr. «Nous allons continuer à nous mener le combat pour que jamais de telles pratiques ne se renouvellent dans l’intérêt de notre jeunesse et de notre pays », a-t-il promis. 

Le comble dans tout cela, c’est souvent de hauts fonctionnaires (en activité ou en retraite) de l’Etat qui sont mêlés à ce genre d’histoires, les premiers qui devaient faire observer scrupuleusement l’application de la loi.  

Sarr a appelé les autorités à se ressaisir et à combattre sur tous les plans l’impunité et la corruption. Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est la liberté des femmes souvent objet de marchandage et de chantage. 

Cette affaire vient d’être portée entre les mains du Procureur de
la République de Nouakchott qui est un ami même du commissaire Vadili Ould Naji. Aux dernières nouvelles, le dossier est en instruction. Actuellement, le couple est toujours gardé au commissariat de Police de Tévragh-Zéina I. Cela fait 3 jours qu’il y croupisse. Et, pourtant, la loi n’autorise que 24 heures de détention dans un commissariat. 
 

En plus, les parents de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou sont privés d’accéder au commissariat. Face à cette situation, la famille de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou et l’Afcf ont commis d’office deux avocats pour défendre Ould Marcou qui risque d’être transféré au parquet. Ces avocats sont Yarba Ould Saleh et Ahmed Bezéid Ould Mamy.  

La présidente de l’Afcf a dénoncé le trafic d’influence qu’exerce Ould Naji dans cette affaire  en tant que commissaire et ami du Procureur de

la République. Elle a aussi demandé la libération immédiate et sans condition du couple détenu depuis 3 jours au commissariat de Tévragh-Zéina I. Et, surtout, elle a exigé que le commissaire Vadili Ould Naji soit poursuivi en justice et puni pour abus de pouvoir, trafic d’influence et d’utilisation de biens publics… 

Le Procureur de
la République de Nouakchott a été mobilisé dans cette affaire par le commissaire Ould Naji pour enfoncer Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. Aminétou Mint Ely Moctar a demandé au commissaire Ould Naji de respecter la constitution et la loi criminalisant l’esclavage et toutes les formes de discrimination. «Ce problème est un problème de justice », a-t-elle laissé entendre. 
 

«Si, aujourd’hui, le commissaire (Ould Naji, Ndlr) veut casser ce mariage (entre Brahim Ould Mohamed Ould Marcou et Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji, Ndlr), c’est qu’il veut encourager la prostitution et la dépravation », soutient-elle tout en condamnant cette attitude de Ould Naji qu’elle juge immorale d’autant plus que sa nièce est consentante pour se marier avec Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. «L’essentiel dans un mariage, c’est d’avoir le consentement de deux êtres humains », a rappelé la présidente de l’Afcf, Aminétou Mint Ely Moctar. 

( 13 octobre, 2008 )

Le Bloc-notes du Ducdejoal

«La soif de dominer est celle qui s’éteint la dernière dans le cœur de l’homme » Nicolas Machiavel

Combien de délégations ont été dépêchées par la France, les Etats-Unis d’Amérique, les Nations-Unies, l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Unité Africaine à Nouakchott pour trouver une sortie de crise à la situation actuelle que traverse la Mauritanie ? C’est tristement malheureux ce qui est arrivé ou en train d’arriver à notre pays. Le responsable n’est autre que Mohamed Ould Abdel Aziz, le premier officier de l’armée mauritanienne à être promu au rang de général. 

A l’image de la Chine, de la Guinée, de la Tunisie, de la Birmanie, la Mauritanie peut être maintenant classée dans ces dictatures, après une éclaircie de 3 ans, où on n’a pas le droit de s’égosiller sa désapprobation, de manifester son ras-le-bol, de défendre ses opinions…  

La marche avortée du Front National pour la Défense de la Démocratie du 5 octobre et de celle des centrales syndicales deux jours après a remis à jour les vieux réflexes du pouvoir de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya où la répression était sa manie, la justification de l’existence de son pouvoir ! Il a révélé à n’en pas douter l’utilisation de la manière forte avec laquelle compte diriger ce pays Mohamed Ould Abdel Aziz. 

Museler les partis politiques qui ne l’applaudissent pas, terrifier les récalcitrants, bâillonner la presse qui voudrait se dresser en rempart contre lui, tel semble être la volonté de Mohamed Ould Abdel Aziz et de son gouvernement. Et de quoi ont peur les nouvelles autorités lorsqu’elles déclarent qu’elles vont interdire toutes sortes de manifestations ?  

Manifester est un droit reconnu par notre charte fondamentale. Sans doute, Mohamed Ould Abdel Aziz ne l’ignore pas. Il est en train malheureusement de s’inscrire dans la lignée des grandes dictatures que ce monde a enfantées. Sa police ne tergiverse pas à canarder des manifestants à coup de grenades lacrymogènes et à utiliser des matraques et des tasers.  

Tout ceci pour humilier, brutaliser qui est même l’essence de nos forces de l’ordre. La meilleure manière de demeurer au pouvoir, c’est d’intimider ses adversaires, les annihiler au néant. C’est de trucider dans l’œuf toute expression d’adversité ou désapprobation émanant de la population, des partis politiques, des travailleurs et de la société civile. Et, sur ce point, le général ne cesse de nous surprendre.   

De Pinochet à Robert Gueï, les régimes militaires n’ont jamais tenu face à l’épreuve du temps. Ne dit-on pas souvent qu’il faut savoir tirer les leçons de nos erreurs. Mohamed Ould Abdel Aziz semble en outrepasser pensant qu’il peut dribler tout le monde. Tous les militaires, excepté Thomas Sankara, ont échoué dans leur entreprise de former un nouvel ordre étatique et républicain.  

Mohamed Ould Abdel Aziz, même s’il est venu au pouvoir pour rectifier, il ne comprend rien de l’Etat, de l’administration, de la République et ne croit pas aux valeurs démocratiques. Avec une police nerveusement armée de matraques, de tasers et de grenades lacrymogènes, Mohamed Ould Abdel Aziz pense pouvoir avoir la main mise sur la situation actuelle qui prévaut dans le pays.

Les mauritaniens, ayant beaucoup souffert des excès de nos militaires, sont en train de payer un lourd tribut. Après avoir quitté en 2007, ils reviennent pour mettre le feu sur la paille. On n’aurait dû jamais se retrouver à cette situation. Et, bizarrement, nos hommes politiques n’ont jamais osé faire face à ce problème, fuyant ainsi leur responsabilité.  

Si les militaires décident de rester, c’est sûr qu’ils vont rester. Par contre, ceux qui pensent que le coup d’Etat du 6 août 2008 fut une bénédiction se gourent lourdement. Je serai le premier à applaudir si Mohamed Ould Abdel Aziz, en réussissant à rester au pouvoir, parvenait à améliorer les choses, à réduire les dépenses excessives de l’Etat, à lutter contre le favoritisme, à augmenter les salaires et à anéantir les contrecoups de la cherté de la vie.  

A l’image de la classe politique, de la société civile et des organisations des travailleurs, le peuple mauritanien est dubitatif et ne sait pas toujours de ce que demain sera fait. Il nous faut un Président de la République qui inspire la confiance. Or, Mohamed Ould Abdel Aziz, jusqu’à preuve du contraire, ne fait pas l’affaire pour parler prosaïquement.  

Le général semble intrépide et inamovible. Lui qui veut conserver toutes les commandes du pays, jusqu’où est-il prêt à aller ? Déjà, il a fini par installer ses sbires à tous les postes de nomination stratégiques. Hélas, nous risquons de nous acheminer vers l’établissement d’une dictature militaire où les libertés publiques seront restreintes. Notre général est prêt à tout même à sacrifier la Mauritanie, le peuple mauritanien pour rester au pouvoir.  

L’obstination est souvent scabreuse. Que Dieu nous en préserve. Ceux qui disent que Mohamed Ould Abdel Aziz est venu au pouvoir pour «rectifier» n’ont rien compris de ses intentions. Il les utilise comme on en fait avec une serpillère ou un «Kleenex ». 

On le sait : les militaires ne sont pas du genre à tenir leurs engagements. Maouiya, Mobutu, Castro, Saddam Hussein, Lansana Konté…en sont des illustrations. Comme Churchill qui déclarait à la fin de la seconde guerre mondiale : «nous avons tué le mauvais cochon » en parlant de l’Allemagne nasie, nous pouvons dire de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il a tué la démocratie à cause de son avidité pour le pouvoir.

Par Babacar Baye Ndiaye

( 13 octobre, 2008 )

Serigne MBaye Gueye alias Disiz la Peste: »Je peux mentir dans ma vie mais avec ma musique et le public, je n’y arriverai pas »

Il a sorti à son actif 4 albums dont le plus vendu demeure à ce jour «Le Poisson rouge » qui a remporté avec le single «J’pète les plombs » un très grand succès à la vente (200.000 albums vendus et 500.000 singles). Ce single est inspiré par le film de Joël Schumacher Chute libre ou Falling Down en Anglais. Il  a participé aussi à de nombreuses compliations et de mixtapes et fait de nombreux featiring avec des rappeurs très célèbres tels que La fouine, La boussole, Iron Sy, Diam’s, Akhenaton…Il était de passage à Nouakchott dans le cadre d’une tournée africaine. Durant son concert de ce 11 Octobre, il a foutu, lui son groupe, le bordel au Centre Culturel Français de Nouakchott. Avant le début de son show, il nous a accordé une interview dans laquelle, il est revenu, entre autres sujets évoqués avec lui, sur la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration et de son fameux discours du 26 juillet 2007 prononcé à Dakar.  

Le Rénovateur Quotidien : D’abord, que connaissez-vous du Rap mauritanien ? En avez-vous déjà entendu parler ? 

Disiz la Peste : Oui, je connais deux groupes : Diam Min Tekky et Military Underground. Je suppose qu’il y en a plein d’autres. Mais, je n’ai rencontré que ces deux-là à l’occasion d’un concert que j’étais venu faire par l’initiative de Moulaye Abass en hommage à son père par rapport au challenge Sidi Mohamed Ould Abass. Durant mon séjour à Nouakchott, j’avais demandé de rencontrer des groupes de Rap mauritanien et d’enregistrer un morceau avec eux. J’ai «rappé» avec eux et j’étais très content. 

Le Rénovateur Quotidien : Et comment les avez-vous trouvés ? 

Disiz la Peste : Sincèrement, très bons! Military Underground avait un côté beaucoup plus revendicatif et conscient. Diam Min Tekky était plus dans le flow même s’il dénonçait certaines choses. J’ai aimé cette diversité dans le Rap. Cela prouve qu’il y a une richesse et une ouverture d’esprit contrairement en France où on a un peu perdu ce côté-là. Les rappeurs hardcore ne se mélangent pas avec les rappeurs conscients et vice versa. 

Le Rénovateur Quotidien : C’est votre deuxième fois de venir en Mauritanie en l’espace d’une année. Qu’est-ce que cela signifie pour vous de venir y jouer ? 

Disiz la Peste : Vous savez : j’adore l’Afrique. Elle m’inspire énormément ! Ce n’est pas de belles paroles. C’est sincère. Le fait de revenir encore en l’espace d’un an en Afrique et plus articulièrement en Mauritanie pour y jouer, c’est très important pour moi. Cette fois-ci, je suis ici dans le cadre d’une tournée. Je viens de découvrir des pays comme le Niger, le Burkina Faso, que je ne connaissais pas. Je ne connaissais que le Sénégal et un petit peu la Mauritanie. Je suis vraiment content d’être là encore en Mauritanie. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous disiez tantôt que vous aimez l’Afrique. Par rapport aux difficultés qu’elle rencontre, par rapport à sa jeunesse qui manque de perspectives, quel regard en faites-vous ? 

Disiz la Peste : L’Afrique porte sa croix depuis des siècles. Je vois des choses qui changent, qui s’empirent. Cela fait dix ans que je viens en Afrique. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontre, je n’ai jamais perdu d’espoir. Ce n’est pas de ma nature. Moi qui viens d’Occident, si je viens en Afrique et que je baisse les bras, quel message je vais envoyer à la jeunesse. En Afrique, il y a beaucoup de jeunesses. Il y a énormément de talents. Quel continent aurait pu résister à tous ces vols des occidentaux ? Quel continent aurait la force et la dignité de subir tout cela et de garder espoir comme l’Afrique et sa jeunesse ? Je ne le pense pas. 

Le Rénovateur Quotidien : Est-ce que vous revendiquez votre négritude ? 

Disiz la Peste : Ah! Oui, tout le temps. Tout ce que je peux dénoncer, je le fais. Quand j’ai fait mon album intitulé «Itinéraire d’un enfant bronzé », j’ai parlé de certains problèmes que j’ai pu rencontrer en France par rapport à ma couleur de peau, par rapport à ceux qui voudraient venir en France. A ces derniers, je leur fais savoir qu’il y a des foyers d’immigrés qui brûlent, des gens qui meurent ou qui se retrouvent à
la Seine parce qu’ils ont peur d’être retrouvés par la police, qu’il y a énormément de racisme, de discrimination. Il y a des choses bien aussi. Voilà, c’est des choses que je parle dans ma musique. 

Le Rénovateur Quotidien : Si je ne m’abuse pas, vous aviez annoncé votre retrait du Rap. N’allez-vous pas laisser un goût amer ou frustrer vos milliers de fans que vous avez habitué à donner du plaisir depuis presque 10 ans ?  

Disiz la Peste : Je suis quelqu’un de libre. Le Seul à qui je dois rendre compte, pour moi, c’est Dieu. Et, à mon avis, continuer à faire de la musique pour mes fans juste pour des raisons d’argent, ce serait me perdre en quelque sorte. De toute façon, je continuerai à faire de la musique. Aux Etats Unis d’Amérique où le public est beaucoup plus ouvert, je n’aurai jamais dit cela. Mais, en France, à partir du moment où on met une guitare sur sa musique (Rap, Ndlr), les gens considèrent qu’on ne fait plus du Rap. Ces gens-là, ils ont l’esprit fermé. Plutôt qu’on me dise Disiz ne rappe plus, je préfère le dire moi-même. Je reste authentique dans ma musique sauf que je change un peu de formes. 

Le Rénovateur Quotidien : En 2007, durant la campagne présidentielle, vous avez soutenu Ségolène Royal. Par la suite, Nicolas Sarkozy est devenu Président de
la République. Quelle appréciation faites-vous de sa politique générale notamment en matière d’immigration ?
 

Disiz la Peste : En fait, je rectifie. Je n’étais pas aux côtés de Ségolène Royal. C’était à l’occasion de son dernier meeting (1ier mai 2007, au stade Charléty, Ndlr) où c’était clairement elle ou Sarkozy. Vu que j’étais contre Nicolas Sarkozy, je suis allé assister son meeting. Maintenant, par rapport à sa politique en matière d’immigration, rien ne m’étonne. Les Français s’étonnent et disent oui ce n’est pas normal. Eh ! bien, il ne fallait pas voter pour lui. Maintenant, c’est trop facile de se lever et dire qu’il y a plein de choses qui ne va pas. On a vu comment son prédécesseur (Jacques Chirac) avait joué sur l’insécurité. Qui dit insécurité en France fait allusion aux gens bronzés qui viennent souvent  d’Afrique. Par rapport à sa politique d’immigration, Sarkozy l’avait bien définit dans son programme de campagne présidentielle. Il a réussi à récupérer des voix à Jean Marie Le Pen. Et, il a été au bout de sa démarche en plaçant Brice Hortefeux (actuelle ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, Ndlr). Parallèlement à sa politique de répression, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a renforcé ses contrôles dans la lutte contre l’immigration. Tout cela ne m’étonne pas. En plus, le Président Sarkozy vient à Dakar faire un discours (le 26 juillet 2007, Ndlr) où il parle de l’ancienne aura de l’Afrique. Quand, du haut de son complexe de supériorité, il dit que le paysan africain doit «se motoriser » et rentrer dans le grand concert du monde, il montre tout son mépris envers les Africains. 

Le Rénovateur Quotidien : De «Poisson Rouge » aux «Histoires extraordinaires d’un jeune de banlieue » en passant par «Jeu de société », «Itinéraire d’un enfant bronzé » et «Disiz The End », vous avez réussi à vous imposer dans le milieu du Rap français. Comment en êtes-vous arrivé là et quel est votre petit secret ? 

Disiz la Peste : Vous savez, mon premier album (Le Poisson Rouge sorti en 2000, Ndlr), il a eu un grand succès. Il a énormément vendu. Le second (Jeu de Société sorti en 2003, Ndlr) beaucoup moins. J’ai fait deux albums au Sénégal (Sant Yalla et Sama Adjana, Ndlr) qui m’ont beaucoup rapporté. J’ai eu la chance de faire un film (Dans tes rêves de Denis Thybaud sorti en 2005, Ndlr). Après, j’ai sorti un album qui a un peu mieux marché. Là, je m’apprête à faire autre chose. Cela fait 12 ans que je fais de la musique. Je remercie simplement Dieu. Mon secret à moi, c’est l’authenticité. Je peux mentir dans ma vie mais avec ma musique et le public, je n’y arriverai pas. J’ai l’impression d’avoir un miroir en face de moi. C’est pour cela, chaque parole est mesurée. Dès fois, je suis énervé, j’ai envie de dire des choses vraiment violentes. Mais, je fais attention aux plus jeunes qui m’écoutent. Mon secret, c’est d’être plus sincère que possible dans ma musique. 

Le Rénovateur Quotidien : Votre album «Poisson Rouge » a été double disque d’or et «Les Histoires extraordinaires d’un jeune de banlieue » meilleur album de l’année aux Victoires de la musique 2006. Seriez-vous en mesure de rééditer cet exploit ? 

Disiz la Peste : Ah ! Je ne sais pas. Peut-être, c’est possible. Mais, ce n’est pas moi qui décide. C’est Dieu. Je sais que la façon dont j’entreprends ma musique est la même que celle que je faisais à l’époque. C’est juste que je donne tout de moi. Si cela marche, tant mieux ! J’ai écrit une phrase qui dit : «Moi, je suis auteur de mes albums/Le public est auteur de mes succès ». 

Le Rénovateur Quotidien : Au nom de l’ouverture musicale, le Rap est aujourd’hui mêlé à toutes sortes de sauces musicales. Quelle appréciation en faites-vous ? 

Disiz la Peste : Ah ! Oui, je suis parmi les premiers à le faire en France. Maintenant, j’ai une orientation un peu plus Rock. J’aurai dû commencer depuis longtemps avec une orientation beaucoup plus africaine. Je suis pour l’ouverture du Rap à d’autres styles de musique. L’essence du Rap au départ, c’était de se mélanger. Le Hip Hop, c’est un entonnoir. Et, je ne pense pas que cela puisse tuer le Rap. Le Rap, c’est le fond. La forme, c’est un outil. Le Rap, c’est la parole des pauvres. C’est la musique qu’on n’a pas besoin d’apprendre. C’est de la musique instinctive. Le Rap ne mourra jamais, jamais. Il s’adaptera toujours. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes aussi un acteur. D’ailleurs, vous avez participé à de nombreux (Dans tes rêves, Petits meurtres en famille…) qui ont connu du succès en France. Y êtes-vous venu pour gagner de l’argent ou pour vous faire plaisir ? 

Disiz la Peste : Non, c’est le cinéma qui est venu me chercher. Je ne suis pas allé chercher le cinéma. C’était par rapport à un clip que j’avais fait qui s’appelle «J’pète les plombs » (inspiré du film de Joël Schumacher, Ndlr). Et là, des gens ont vu dans ce clip que je pourrai faire du cinéma. On m’a proposé un rôle, cela m’a plu et je l’ai accepté (Il s’agit du film «dans tes rêves » où il incarne le rôle d’un jeune rappeur qui veut accomplir son rêve, un film réalisé par Denis Thybaud, Ndlr). Ce n’est pas pour l’argent que je suis venu au cinéma. On m’a proposé d’autres rôles après. Je ne les ai pas acceptés parce que cela ne correspondait pas à mon état d’esprit. C’était des rôles qui montraient une mauvaise image des noirs ou des jeunes de la banlieue. Et, pourtant, il y avait beaucoup d’argent. 

Le Rénovateur Quotidien : Pensez-vous que ce que le Rap n’a pas réussi à vous donner, le cinéma vous le donnera ?  

Disiz la Peste : Ah, non ! Le cinéma, c’est très compliqué. Surtout, en France. Comme je disais tantôt, les rôles qu’on propose à des jeunes comme moi sont souvent stéréotypés. Par contre, j’ai écrit un livre qui s’appelle «Les Derniers de
la Rue Pontiers » qui va sortir le 7 janvier en France. J’ai demandé à mon éditeur de faire une édition spéciale pour l’Afrique afin que le livre soit à la portée des bourses africaines. C’est un roman qui se passe en Afrique notamment à Dakar au Sénégal. Si à 40 ou à 50 ans, on pouvait se rappeler de moi comme un écrivain, quitte à ce qu’on oublie que j’ai fait de la musique même si j’adore ça, je serai très fier. 

Le Rénovateur Quotidien : Dans votre album «Les histoires extraordinaires d’un jeune de banlieue », il y a un morceau intitulé «Ultrabogosse ». Que voulez-vous insinuer par-là ? 

Disiz la Peste : En fait, c’était juste pour me moquer un peu de tout ce superflu qu’on a en France qui entoure la nouvelle génération. Je voyais plein de garçons qui faisaient énormément attention à eux. C’est un morceau qui voulait se moquer de tout cela. Il y a souvent du second sens dans mes propos. 

Propos recueillis par 

Babacar Baye Ndiaye 

( 13 octobre, 2008 )

Les Nouvelles du Jour

                                    Sanctions économiques

Dans un pays qui importe environ 70 pour cent de ses denrées alimentaires et où, selon les estimations des Nations Unies, plus d’un million de personnes souffrent de malnutrition chronique, certains bailleurs craignent qu’un embargo de longue durée sur l’aide au développement ne pénalise pas seulement l’armée, qui s’est emparée du pouvoir, mais aussi les civils. L’Union européenne (UE), le gouvernement américain et la Banque mondiale ont suspendu, ou menacé d’annuler, le versement de plus de 500 millions de dollars d’aide non-humanitaire, selon des statistiques compilées par IRIN, pour condamner la prise de pouvoir de l’armée, le 6 août, et la séquestration continue du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Ces fonds devaient servir à soutenir, entre autres projets, des opérations de développement rural, des activités sanitaires et éducatives, des opérations de déminage, de maintien de la paix, des opérations anti-terroristes, des entraînements militaires et des opérations de construction routière, selon les listes publiques de financement de projets de l’UE, du gouvernement américain et de la Banque mondiale.

                   Des répercussions limitées dans l’immédiat

Hormis neuf millions de dollars, gelés par la Banque mondiale, aucune de ces suspensions ne concerne l’aide humanitaire ou alimentaire. L’Agence française de développement (AFD), premier bailleur bilatéral de la Mauritanie, a suspendu tout nouveau financement hors urgence jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit établi, selon Marc Flattot, chargé d’affaires de l’ambassade de France à Nouakchott. M. Flattot a expliqué à IRIN que les programmes pour lesquels les financements avaient déjà été déboursés continueraient à être gérés. « Comme les projets de l’AFD sont des projets lourds qui s’étalent parfois sur plusieurs années, les répercussions des sanctions ne vont pas forcément se faire sentir tout de suite. Malgré tout, pour la junte [militaire], il sera difficile de résister à ces sanctions ; 100 millions d’euros (142 millions de dollars) sur trois ans, ce n’est pas rien ». Il n’a pas précisé, néanmoins, la somme en jeu, ni le montant déjà déboursé, sur cette somme.

                                Propositions de gel à l’UE

L’Union européenne (UE) avait négocié de payer 300 millions d’euros (426 millions de dollars) sur les quatre prochaines années pour obtenir l’autorisation de pêcher dans les eaux mauritaniennes à compter du 31 août 2008. Quelques semaines après la date de démarrage prévue, pourtant, pas un centime n’a été versé dans le cadre de cet accord de pêche, selon Geza Strammer, chef de la délégation de l’UE à Nouakchott. Louis Michel, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, a en effet recommandé le gel total du contrat de pêche. Les responsables de l’UE ont également menacé de geler une partie des 230 millions de dollars d’aide promis à la Mauritanie jusqu’en 2013. M. Strammer de l’UE a indiqué à IRIN que la proposition d’embargo financier décrété par l’UE ne concernerait ni l’aide d’urgence ni l’aide humanitaire. En revanche, les projets infrastructurels dans lesquels l’UE envisageait d’investir, notamment la rénovation des 200 kilomètres de route qui séparent la ville de Rosso, dans le sud de la Mauritanie, et Nouakchott, ont été suspendus. Selon M. Strammer, si les projets de l’UE ne font pas travailler des milliers de personnes, l’embargo européen sur les investissements pénalisera tout de même les entreprises locales. « Évidemment, lorsqu’un chantier est gelé, c’est autant de ressources en moins pour les ouvriers et cela représente un manque à gagner pour les entreprises locales », a-t-il noté. D’après lui, toutefois, si l’embargo se fait sentir, dans l’immédiat, son impact pour l’Etat ou ses citoyens sera minime. « Il faudra six mois à un an pour que ces limitations de l’aide au développement puissent réellement gêner le fonctionnement de l’Etat [aux mains des meneurs du putsch]. Et cela est d’autant plus vrai que l’on s’attend à une production pétrolière nationale accrue pour les prochains mois. Je pense donc que les militaires peuvent malgré tout survivre à ce choc en se serrant la ceinture, sans pour autant toucher aux fondamentaux de la vie quotidienne des Mauritaniens ». La production pétrolière a commencé en février 2006, mais le rendement est inférieur aux prévisions. Les réserves de pétrole brut, avérées et potentielles, de
la Mauritanie sont estimées à environ 600 millions de barils, et le secteur devrait se développer, selon Extractive Industries Transparency Initiative, un organisme britannique qui plaide en faveur de la transparence des transactions dans le secteur des industries extractives.

                   La Banque mondiale interrompt ses opérations

La Banque mondiale a quant à elle annoncé un gel des prêts accordés à la Mauritanie et n’a pas débloqué les 175 millions de dollars qui auraient permis de financer 17 programmes d’aide et d’investissement dans le pays. Ces fonds représentent une partie des plus de 400 millions de dollars que la Banque s’était engagée à verser dans les secteurs du développement rural, de la santé, de l’éducation et des infrastructures, notamment de la construction routière. En Mauritanie, le personnel, en congé administratif, a été renvoyé chez lui, et aucun contact officiel n’a été établi entre le bureau de la Banque mondiale à Nouakchott et les putschistes, selon un cadre de la Banque mondiale, qui a souhaité conserver l’anonymat. Selon celui-ci, l’institution « [devait] débloquer neuf millions de dollars pour la sécurité alimentaire, mais le feu vert est conditionné à l’avancée des négociations entre la communauté internationale et le nouveau pouvoir [les putschistes militaires] ». Le cadre a également ajouté que les responsables de
la Banque mondiale devaient se réunir à Washington le 25 septembre pour aborder la question.

                         Un impact incertain à long terme

Maria Ribeiro, coordinatrice résidente du système des Nations Unies en Mauritanie, a déclaré à IRIN qu’un embargo prolongé risquait de créer des difficultés pour les Mauritaniens : « à moyen [et] long termes, ces réductions potentielles [des fonds accordés à la Mauritanie] risquent d’engendrer des difficultés plus graves et une plus grande vulnérabilité [des Mauritaniens] aux crises humanitaires ». Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net, en anglais), un organisme à but non-lucratif de surveillance de la sécurité alimentaire, a fait état de récentes améliorations de la sécurité alimentaire dans les régions rurales de
la Mauritanie où les populations cultivent leurs propres vivres, mais l’organisme a noté dans un rapport récent sur la sécurité alimentaire que la situation n’était pas stable.
Ici, « la sécurité alimentaire est fragile […] parce qu’une bonne récolte sèche ne permet pas de combler le déficit de production accumulé au cours des années précédentes ». Au sein de l’armée, les appels des bailleurs à un retour au régime constitutionnel sont restés lettre morte. Le président Abdallahi reste en détention, et le 1er septembre, les leaders militaires ont formé un gouvernement transitoire composé de 22 membres, sans préciser la durée de ses pouvoirs transitoires. Les putschistes envisagent toujours d’organiser des élections déjà contestées.

( 11 octobre, 2008 )

Ultimatum de l’Union Africaine: Les mauritaniens divisés sur les sanctions à prendre à l’égard du HCE

Finalement, le Haut Conseil d’Etat (HCE) a refusé de se plier à l’ultimatum du 6 Octobre dernier lancé par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine (UA) demandant le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Conséquences de ce refus : les nouvelles autorités ne sont plus à l’abri de sanctions de la part de l’Union Africaine (UA) qui exigeait dans son ultimatum que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi soit rétabli dans ses fonctions de Président de la République.  

L’attitude à adopter vis-à-vis de la junte militaire divise le peuple mauritanien. Ils sont nombreux, ces mauritaniens qui demandent que l’Union Africaine bivouaque sur ses positions. C’est le cas de Youssouf Sylla qui pense que c’est la seule manière à adopter pour faire quitter les militaires du pouvoir. «Il faudrait que l’Union Africaine durcisse le ton. Il ne faudrait pas qu’elle lâche », demande-t-il. 

Pour lui, si l’Union Africaine n’adopte pas des sanctions à l’égard de la junte militaire, ce serait un signe d’encouragement que pourraient explorer tous ceux qui voudraient renverser un pouvoir démocratiquement élu en Afrique. Autrement dit, on s’acheminerait vers un précédent dangereux qui menacerait la stabilité politique et sociale de l’Afrique et de la sous-région en particulier.   

Prenant le contre-pied de ceux qui voudraient légitimer le coup d’Etat du 6 août dernier sur le fait que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi constituait une menace pour la stabilité du pays, il rappelle qu’il a été élu démocratiquement. Par conséquent, pense-t-il, il fallait attendre les prochaines élections présidentielles pour le sanctionner positivement ou négativement.  

Comme certains mauritaniens, il est favorable à la prise de sanctions à l’égard de la junte militaire. Toutefois, il a préconisé le dialogue entre les différents protagonistes de la crise actuelle à savoir le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) et le Haut Conseil d’Etat (HCE). 

Pour lui, face à un FNDD qui réclame le retour de Sidi et un HCE déterminé à assurer la période de transition (14 mois), il préconise une alternative : les militaires sous l’égide de la communauté internationale acceptent de partir, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi revient au pouvoir pour assurer la transition en mettant en place un gouvernement d’union nationale qui va regrouper tous les partis politiques pour aboutir à l’organisation d’une élection présidentielle à laquelle il ne participera pas. Cette élection se fera sous la supervision d’une commission électorale nationale indépendante.  

Quant à Lansana, il aurait aimé que l’Union Africaine n’adopte aucune sanction à l’égard de la Mauritanie. Il n’a pas manqué d’affliger Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qu’il accuse d’être à l’origine de plusieurs difficultés d’ordre économique, politique et social qu’a connu notre pays durant plusieurs mois. Il voit dans le coup d’Etat du 6 août 2006 comme une sorte de délivrance. «Si ce n’était pas le 6 août, croît-il, nous allions nous retrouver dans une situation plus critique que celle que nous sommes en train de vivre présentement. » A ses yeux, l’Union Africaine doit essayer d’accompagner la Mauritanie dans la recherche de solution de sortie de crise. 

Pour Abdallahi, les sanctions de l’Union Africaine seraient les bienvenues. Néanmoins, il demeure sceptique sur leur effectivité. «J’espère que l’Union Africaine ne va pas tomber encore dans la rhétorique des sanctions traditionnelles (gel des avoirs, interdiction de voyages…). Ça ne portera pas ses fruits », dit-il en citant l’exemple des autorités ivoiriennes qui ont été interdites de voyages.  

Quatre ans plus tard, ces sanctions n’ont pas servi à grand-chose. Il propose des sanctions plus fortes et plus dures pour pousser la junte militaire à la démission. Pourquoi pas, selon lui, une intervention militaire. Lui aussi, il préconise pour sortir de la crise actuelle, la formation d’un gouvernement d’union nationale. 

«La Mauritanie a rejeté l’ultimatum de l’Union Africaine parce que celle-ci ignore la réalité du pays où les 2/3 du Parlement, la quasi-totalité des maires élus et la majorité du peuple sont favorables au changement du 6 août 2008 », rappelle Souleymane qui ne veut pas entendre du retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions de Président de la République. Pour lui, l’Union Africaine a tort de vouloir s’ingérer dans les affaires intérieures mauritaniennes en demandant notamment le rétablissement de l’ordre constitutionnel.  

«Les mauritaniens se sont dotés d’une constitution. Ils ont élu un Président de la République. Quelques soient les griefs qu’on peut lui reprocher, cette question (la solution de la crise, Ndlr) relève essentiellement des civils, des partis politiques et non pas de l’armée », rappelle encore Hafedh en légitimant l’ultimatum de l’Union Africaine qui, selon lui, doit prendre des sanctions «opérationnelles » visant tous les membres du Haut Conseil d’Etat et tous les députés soutenant le mouvement du 6 août 2008. 

Comme on peut le constater, par rapport aux sanctions à adopter vis-à-vis de la junte militaire, les avis sont partagés. Il appartient maintenant à la classe politique de trouver les solutions pour sortir la Mauritanie de la crise actuelle du fait du coup d’Etat du 6 août dernier.

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 11 octobre, 2008 )

Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone 2008: Des comédiens de la troupe théâtrale de l’Alliance Franco-mauritanienne nominés

C’est une grande victoire que vient d’enregistrer le théâtre mauritanien aux Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone 2008. Le comité d’organisation de ce grand évènement culturel vient de publier la liste des nominés. Y figurent dans cette liste des comédiens de la troupe théâtrale de l’Alliance Franco-mauritanienne.  

Plus d’une vingtaine de comédiens venus de 12 pays différents seront présents aux Grands Prix du Théâtre Francophone d’Afrique 2008 qui auront lieu du 11 au 14 décembre 2008. Parmi les personnalités invités, le comité d’organisation prévoit la participation, entre autres, de Mme Wéré Wéré Liking d’origine camerounaise et établit en Cote d’Ivoire où elle est chercheuse à l’Institut de Littérature et d’Esthétique africaine et fondatrice du Centre Panafricain de Ki-Yi, un lieu de formation d’artistes venus de toute la sous-région ouest africaine. 

La participation de la Mauritanie aux Grands Prix du Théâtre Francophone d’Afrique est beaucoup attendue par le Comité d’Organisation. Sur 12 catégories de nominations, notre pays a été représenté sur les cinq à savoir meilleur metteur en scène(Gérard Tolohin), meilleure comédienne(Salem Mint Ahmed), meilleur décorateur(Gérard Tolohin), meilleur comédien(Camara Agali) et meilleur scénographe(Gérard Tolohin). 

Durant 4 jours, la capitale béninoise, Cotonou, sera le lieu de rendez-vous du théâtre francophone africain. Ce sera une occasion pour nos comédiens de faire découvrir les multiples facettes de la Culture mauritanienne car, durant la soirée de gala qui aura lieu le 13 décembre, chaque pays exhibera ses spécificités et ses traditions en arborant des tenues traditionnelles.   

Les Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone qui en sont à leur première édition ont pour but d’encourager l’expression dramatique francophone dans les pays d’Afrique et de la promouvoir sur le plan international. Les lauréats de chacune des catégories au nombre de 12 bénéficieront d’une promotion internationale, une enveloppe financière et, entre autres, des bourses, des stages, des participations à des festivals et autres rencontres internationales. 

Au départ, ils étaient 27 pays à compétir. Seulement, 12 pays ont été finalement retenus par le jury dont la Mauritanie qui a réussi à tirer son épingle du jeu d’autant plus que les critères de sélection furent rigoureux. Cela témoigne tout simplement d’une consécration jouissive du théâtre mauritanienne qui a besoin d’être soutenu pour pouvoir véritablement rivaliser avec les autres pays très en avance dans le domaine théâtral. 

Notre Ministère de la Culture pourrait s’inspirer des Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone pour développer le théâtre en Mauritanie. Il existe des talents. Ils n’ont besoin que d’être soutenus. 

Les « Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone » sont initiés et organisés par la Compagnie de théâtre et de rituels vodun BEO AGUIAR (C.BEO.A), une compagnie béninoise de théâtre créée en 1990 par Euloge BEO AGUIAR dont les activités sont étroitement liées à celle de la CBEOA.

Euloge BEO AGUIAR est né à Cotonou et a grandi à Parakou dans le Nord-Est du Bénin où il a passé 25 ans. Après ses débuts en tant qu’humoriste sous le pseudonyme de Masta Cool, il a réalisé depuis, de nombreuses créations et dirigé plusieurs ateliers de formations théâtrales.  

Les saisons théâtrales et artistiques 2000 à 2008 ont été particulièrement riches en expériences pour Euloge BEO AGUIAR et sa Compagnie, avec plusieurs créations, ateliers de formation en dramaturgie. La CBEOA s’est spécialisée dans le théâtre rituel et le spectacle déambulatoire. C’est un label connu dans les milieux du théâtre africain et international. Sa dernière création « Sans commentaire » remonte à la 9è édition du festival International de Théâtre du Bénin (Fitheb 2008).  

Capitalisant les riches expériences dans le secteur du théâtre, cette compagnie a décidé avec le concours de ses partenaires de donner un nouveau souffle au théâtre africain par la reconnaissance et la récompense des talents de l’excellence. D’où la naissance des « Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone » avec sa première édition en 2008. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 11 octobre, 2008 )

Lutte contre le paludisme:Une quarantaine de journalistes mise à contribution

Le Syndicat des Journalistes Indépendants de Mauritanie dirigé par Ahmed Ould Yali a organisé ce mercredi 8 dans un hôtel de la place, en partenariat avec l’Unesco, une journée de sensibilisation de 40 journalistes sur le rôle des médias dans la prévention du paludisme. 

La lutte contre le paludisme est inscrite dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement auxquels la Mauritanie a souscrit en 2000. L’objectif visé est de réduire à 50% le nombre de décès et de cas d’ici 2015. En Mauritanie, on enregistre en moyenne 250.000 cas par an dans les consultations médicales. Il constitue la troisième cause de consultation au niveau de la wilaya de Nouakchott.  

En 1996, on avait enregistré 214.478 cas de paludisme. En 2005, au dernier recensement, plus de 224.040 cas. En 2000, le paludisme a atteint son paroxysme avec 330.185 cas de paludisme enregistrés. Trarza, les 2 Hodhs, Brakna, Gorgol, Guidimakha, Assaba constituent les zones les plus touchées par le paludisme qui tue par an, en Afrique subsaharienne, plus de 500.000 personnes, soit un pourcentage de 10 du taux de morbidité.  

Au cours de cette journée, des spécialistes ont apporté des éclaircissements sur les mesures préventives à adopter dans le cadre de la lutte contre le paludisme en Mauritanie. De nos jours, les chercheurs n’ont pas encore trouvé un vaccin contre cette endémie. Le seul remède de s’en protéger demeure l’utilisation de moustiquaires imprégnées et l’assainissement des zones insalubres qui peuvent constituer des gîtes pour les moustiques. L’imprégnation des moustiquaires se fait généralement dans les centres de santé. 

Ce n’est pas un secret de polichinelle : le paludisme tue plus que le sida. Et, en Mauritanie, cette endémie qui était jusque là inconnue des mauritaniens ne cesse de faire des ravages notamment à l’intérieur du pays. C’est dans ce cadre qu’une quarantaine de journalistes a été mise à contribution afin de sensibiliser les populations dans la prévention du paludisme, de ses signes et de ses conséquences. 

Il a été relevé que le paludisme se développe essentiellement dans les zones à forte pluviométrie. Cependant, dans certaines wilayas du pays comme par exemple celle de l’Adrar, on a noté qu’il y avait une forte prévalence du taux de paludisme. Certains experts avancent la présence des oasis. En outre, d’ordinaire dans les autres wilayas du pays, ce sont les agriculteurs qui sont en majorité les plus touchés par le paludisme. Conséquence : la production diminue empêchant ainsi ces populations d’assurer leur propre autosuffisance alimentaire. 

Par an, plus de 12 milliards de dollars sont investis dans le cadre de la lutte contre le paludisme. En Mauritanie, les autorités ont très tôt pris à bras-le-corps cette endémie. La lutte contre le paludisme pour qu’elle soit efficace nécessite la levée de certains paramètres comme la diminution du coût des médicaments, l’implication des élus locaux dans le domaine de l’assainissement et la mise en place d’un système d’informations performant et efficace. Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, beaucoup d’argent a été investi et dépensé pour réduire le taux de morbidité. 

Faire connaître le paludisme aux populations et faire un plaidoyer au niveau des leaders afin qu’ils puissent prendre en charge cette endémie, tel a été l’objectif assigné aux 40 journalistes ayant participé à cette journée de sensibilisation dans la prévention du paludisme dont les plus exposés sont les femmes en état de grossesse et les enfants de –5 ans. Chez les premières, il peut occasionner l’avortement, l’accouchement prématuré, la mort. D’où la nécessité de mettre l’accent sur cette couche sociale.  

Concernant les femmes en état de grossesse et les enfants de –5, il a été préconisé leur prise en charge à 100%. Cela a été expérimenté au Mali et porte actuellement ses fruits. Le gouvernement mauritanien pourrait s’en inspirer comme l’ont recommandé certains spécialistes. 

Aux termes de cette journée de sensibilisation, les journalistes participants ont recommandé une coordination accrue entre eux et le Ministère de la Santé (le Programme National de Lutte contre le Paludisme) dans le cadre d’une lutte réelle contre le paludisme, la création de journées de sensibilisation périodiques sur le danger du paludisme en période hivernale. Ils ont en outre incité les médias à faire des enquêtes sur la lutte contre le paludisme, demandé au Ministère de la Santé une plus grande collaboration avec les journalistes désireux de s’intéresser au fléau en offrant l’appui nécessaire à cet effet et enfin la création d’un prix de la meilleure production journalistique dans le domaine de la lutte contre le paludisme. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 7 octobre, 2008 )

Tensions au marché Lihmoum:Les ouvriers mauritaniens s’en prennent aux ouvriers étrangers

La xénophobie serait-elle en train de gagner le cœur de certains mauritaniens ? Au matin du 7 octobre, une bagarre entre un malien et un mauritanien a failli dégénérer en affrontement général entre les étrangers et les mauritaniens. Finalement, tout est revenu à l’ordre.  

Au marché Lihmoum (charbon en hassanya), on y retrouve des étrangers de nationalité malienne, sénégalaise et guinéenne. Ils sont venus en Mauritanie pour monnayer leur force de travail. Pas moins d’une centaine de personnes afflue tous les jours vers ce marché à la recherche d’un emploi. On y retrouve aussi des mauritaniens. Ils sont, pour la plupart du temps, des plombiers, des maçons, des carreleurs, des menuisiers, des manœuvres… 

Aboubakar Sidik Farro, 23 ans, est de ceux-là. Voilà à peine 3 mois qu’il est en Mauritanie. Originaire de la Guinée Conakry, il a d’abord séjourné en Gambie où il est resté 7 mois avant de venir en Mauritanie pour gagner de l’argent afin de survivre. Sac au dos et visage émacié, il nous explique les raisons qui ont poussé les ouvriers mauritaniens à agir de la sorte. «Nous sommes des étrangers, des aventuriers. Si, nous sommes là, c’est pour chercher de l’argent. Nous n’avons pas de parents ici. Cela fait 3 jours que les ouvriers mauritaniens nous mettent les bâtons dans les roues. Ils n’arrêtent pas de penser que les ouvriers étrangers se sont accaparés de toutes les manœuvres » 

Depuis deux jours, les ouvriers étrangers sont empêchés de traîner aux alentours du marché Lihmoum. Les mauritaniens leur reprochent de casser les prix de la main d’œuvre. Là où les ouvriers étrangers proposent 1000 UM, les ouvriers mauritaniens demandent 3000 UM. En plus, la main d’œuvre étrangère est plus sollicitée que la main d’œuvre locale, créant ainsi une jalousie dans l’esprit des ouvriers mauritaniens. 

Ce n’est pas la première fois, que cette situation est survenue. Face à une main d’œuvre étrangère de plus en plus sollicitée par les patrons de la place, les ouvriers mauritaniens ont fini par péter les plombs. Pour certains, comme Boubacar Coulibaly de nationalité mauritanienne, ce qui s’est passé hier, au marché Lihmoum de la capitale, entre ces travailleurs de l’informel est à classer dans le registre des actes récurrents. 

Pour lui, il n’y a pas lieu d’envenimer les choses et d’ébranler les liens existant entre la Mauritanie et les pays de la sous-région comme le Sénégal, le Mali, la Guinée Conakry d’où sont issus la plupart des ouvriers étrangers. «C’est des choses qui ne sont pas importantes, juge-t-il. Ça arrive souvent entre les ouvriers étrangers et les ouvriers mauritaniens. C’est des petits problèmes entre ouvriers. » 

Au fil des ans, le marché de Lihmoum, devenu un marché noir, engendre de plus en plus de convoitise et de jalousie entre la main-d’œuvre étrangère et celle mauritanienne. Ils sont nombreux ceux qui pensent comme Boubacar Coulibaly que l’incident qui a eu lieu entre un ouvrier malien et un autre mauritanien est «un petit problème ».  

Toutefois, du côté des ouvriers étrangers, c’est la peur et l’inquiétude. Ils commencent déjà à s’interroger sur leur sécurité. Avant-hier, par exemple, un ouvrier étranger a été tabassé par des ouvriers mauritaniens. Actuellement, il est admis à l’Hôpital National où il a été interné depuis 3 jours. La police, mise au parfum, est intervenue pour disperser la foule qui s’était formée autour de la dispute. Aucun blessé n’a été constaté.  

Pendant quelques heures, les esprits se sont échauffés. On ne sait pas qui, du malien ou du mauritanien, a provoqué le premier la bagarre. Non plus les raisons. Chacun y est allé de sa propre interprétation et de sa propre version des faits.  

Aussitôt alertée, l’ambassade du Mali a réagi en apaisant l’esprit de ses ressortissants. Ces «petits problèmes » peuvent être tout de même sources d’incidents diplomatiques.

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2008 )

Marche du FNDD violemment réprimée par la POLICE

Comme la guerre de Troie, la manifestation tant attendue du 5 Octobre du Front National pour la Défense de la Démocratie n’a pas finalement eu lieu. Cependant quelques partisans de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ont tenu à marcher pour exprimer toute leur désapprobation au coup d’Etat du 6 août 2008. La junte militaire au pouvoir dirigée par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz a ressuscité les vieilles méthodes de la répression dignes d’un Etat policier. Un dispositif sécuritaire très important a été déployé au centre ville de Nouakchott pour faire capoter toute tentative de marche de protestation du Front National pour la Défense de la Démocratie. Dès 16 heures, une poignée de manifestants composée d’une centaine de personnes annonçait les couleurs en scandant le nom de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en prenant d’assaut le carrefour de l’hôpital National de Nouakchott, sous le regard intrépide des policiers nerveusement armés de matraques et de grenades lacrymogènes. Les policiers ne mirent pas assez de temps pour éparpiller ces manifestants à coups de grenades lacrymogènes. Devant ce spectacle désolant, des pick up remplis de policiers, au moins cinq, ont été appelés pour renforcer le dispositif sécuritaire.  A 16h 15, il n’y avait pas encore l’ombre d’un responsable du Front National pour la Défense de la Démocratie. «C’était en quelque sorte prévisible, souligne un manifestant du nom de Mohamed Abdallahi Ould Baba. C’était prévisible que les leaders du FNDD ne s’exposent pas à une police plus soucieuse de violer les libertés fondamentales que de protéger les citoyens. » 

Hier, Nouakchott a vécu une chaude journée entre d’une part des manifestants qui réclamaient le retour à l’ordre constitutionnel et d’autre part des policiers déchaînés comme il est de coutume dans ce genre de manifestations. Des disputes se sont engagées entre les éléments de la police et certains manifestants. Certains manifestants furent brutalisés même certains journalistes, venus faire leur métier, n’ont pas échappé à la «lessive » légendaire de nos policiers. Face à la persistance des manifestants qui occupaient l’axe reliant le carrefour BMD et l’Hôpital National de Nouakchott, les policiers ont fini par perdre leur sang-froid. Et lorsque nos policiers se déchaînent, bonjour les bavures.  Des scènes choquantes se sont produites durant cette répression. On a vu certains manifestants, sous l’effet des matraques, marcher à quatre pattes. Accéder à l’Hôpital National de Nouakchott, c’était presque faire le chemin de la Croix. Pendant presque une heure d’horloge, ce fut une véritable chasse aux manifestants que se sont livrés les policiers. Cela n’a pas manqué d’écœurer certains manifestants. «Cette junte est là pour la répression, dit Abdallahi Moctar Fall. Ils sont en train de fatiguer le peuple qui est là pour manifester sa désapprobation à la junte. Le peuple mauritanien n’a pas besoin de cette junte. Il veut le retour à la légalité. C’est cela qui fait exactement bouger la junte. Ce qu’est en train de faire la police dénote de la pure répression. » 

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 7 octobre, 2008 )

Retour de Sidi:Les responsables du FNDD ne démordent pas !

Les responsables du Front National pour la Défense de la Défense mis en place au lendemain du coup d’Etat militaire dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz ont dressé un bilan positif de leur marche de protestation violemment réprimée par les forces de l’ordre, dimanche dernier. Tour à tour, dans leurs interventions, de Amar Ould Yali(APP) à Ba Mamadou Alassane(PLEJ) en passant par Mohamed Ould Maouloud(UFP), Boïdiel Ould Homeïd(Adil) et Jémil Ould Mansour(Tawassoul), les responsables du Front National pour la Défense de la Démocratie, devant des militants venus leur apporter confort moral, ont rappelé leur détermination à poursuivre leur lutte visant le rétablissement de l’ordre constitutionnel et le retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions de Président de la République de Mauritanie. Cela fait deux mois qu’il est toujours en détention surveillée. Et, depuis quelques temps, ses proches n’ont pas eu de ses nouvelles. A part, celles fournies par les émissaires de l’Union Africaine, durant leur dernier passage à Nouakchott. Cette situation «est une anomalie », selon Boïdiel Ould Homeïd qui a demandé ipso facto la libération de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. 

La sortie massive des populations de Nouakchott à l’occasion de la marche du 5 octobre dans diverses zones de la capitale traduit, selon les responsables du FNDD, un refus de leur part de dire non au coup d’Etat du 6 août 2008 et à la junte militaire, au pouvoir depuis exactement 2 mois. Ils ont appelé la communauté internationale à exercer davantage de  pressions sur la junte militaire jusqu’au retour à la légalité constitutionnelle. Sur ce point, Mohamed Ould Maouloud a demandé à l’Union Européenne de faire respecter les 24 engagements pris par les militaires durant la période de transition. Tout en se désolant des actes de provocations et d’humiliations dont furent victimes leurs militants, à l’occasion de la marche du 5 octobre dernier, les leaders réunis autour du Front National pour la Défense de la Démocratie se sont réjouis du fait que la marche n’ait pas connu de dérapages grâce à  leur sang-froid et de leur retenue vis-à-vis de la police qui a utilisé à profusion des grenades lacrymogènes et des tasers. Ils ont appelé également les forces armées à s’abstenir de toute ingérence dans le bras de fer qui leur oppose au HCE et surtout de ne pas accepter d’être instrumentalisées par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. 

Durant cette conférence de presse, il a été annoncé que les avocats de la fondation KB, objet d’enquête d’une commission sénatoriale, qui devaient se rendre hier à Dakar, ont été empêchés de sortir du territoire national. Leurs passeports furent confisqués. Les raisons de ce refus n’ont pas été avancées par les responsables du Front National pour la Défense de la Démocratie qui ont donné cette nouvelle qui, si elle est avérée, vient de confirmer les velléités du Haut Conseil d’Etat de restreindre les libertés publiques. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

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