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( 20 novembre, 2008 )

Mensonges, populisme, démagogie…:Le Fndd sort la grosse artillerie pour accabler le HCE

Les responsables du Front National pour la Défense de la Démocratie (Fndd) ont organisé, ce jeudi 6 Novembre 2008, un meeting à l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott. A défaut d’obtenir une autorisation de manifester leur ras-le-bol en marchant dans les artères du centre ville de Nouakchott ! 

Après une accalmie de plus d’une semaine, le Front National pour la Défense de la Démocratie semble se revigorer et veut faire le plein ces jours à venir dans l’optique de discréditer les thèses du HCE qui est en train de mener, avec tambour battant et caméras à l’appui, des campagnes d’explication à l’intérieur du pays pour faire comprendre aux populations les tenants et les aboutissants du mouvement de rectification du 6 Août 2008.   

Tour à tour, au cours de ce rassemblement qui a réuni des centaines de contre-putchistes, les responsables du Fndd ont une nouvelle fois affiché leur détermination à faire partir Aziz du pouvoir. Décidemment, le Fndd n’est pas prêt à lâcher du lest.

Bâ Mamadou Alassane, président du Plej, n’y est pas allé, lui aussi, avec le dos de la cuillère. « Nous ne faisons pas confiance à la junte militaire, aux généraux putschistes. Parce qu’ils n’ont pas respecté l’engagement qu’ils avaient pris à Bruxelles », s’insurge-t-il. »Ils avaient promis de retourner à leurs casernes. Ils ont ramené la dictature dans le pays en privant les gens de liberté. Ils ont mis en prison et arbitrairement un président démocratiquement élu (Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ndlr) « , rappelle-t-il. 

A tour de rôle, les responsables politiques du Fndd ont dénoncé les mensonges, les méthodes et le populisme utilisé par la junte militaire pour s’éterniser au pouvoir. Ils ont appelé les militaires à s’inspirer de la démocratie américaine qui vient de nous donner une leçon à méditer et pourquoi pas à imiter en Mauritanie. « Il n’y a qu’avec la démocratie et le respect des institutions qu’un pays peut avancer et qu’une société peut se développer », souligne Mohamed Ould Khoulane, vice-président de Tawassoul. « Cela devrait être aussi une leçon pour les usurpateurs qui, aujourd’hui, au 21ième siècle, veulent encore s’arroger un pouvoir de manière arbitraire par la force des armes alors que c’est une méthode qui est anachronique et que nous n’allons jamais accepter », conclut-il. 

Ladji Traoré, secrétaire général de l’Alliance Progressiste Populaire (APP), toujours en verve, a réitéré dans ses propos leur attachement au retour à l’ordre constitutionnel incarné par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. « Seul le peuple a le droit d’élire ses représentants et de les changer », adresse-t-il à la junte militaire au pouvoir. »Le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui est un contexte d’arbitraire, de mensonges, de populisme et de démagogie », dit-il. « On ne peut pas faire croire au peuple mauritanien qu’on va transformer en 3 semaines ou 6 semaines El Haye Essaken. Non ! Ou bien, on va donner des habitats à l’ensemble des populations du 6ième. Ou bien, on va instrumentaliser l’image et le nom de l’ancien président de la Mauritanie en disant : on va lui donner enfin une avenue », ironise-t-il en assimilant cela à de la démagogie facile. 

L’humoriste du Front National pour la Défense de la Démocratie, Boïdiel Ould Homeïd, en outre vice-président du Parti Adil, a gratifié le public d’un cours magistral sur les fondements de la démocratie et les différentes péripéties qu’a connu la Mauritanie dans son processus politique. Pour lui, notre pays vit aujourd’hui une situation d’exception comparable à l’époque où la Mauritanie était caractérisé par le système du parti unique. Pour étayer ses propos, il cite les médias publics qui sont aujourd’hui entre les mains du HCE et ses laudateurs. 

Sur un ton ferme, il a dénoncé la répression qu’utilise Mohamed Ould Abdel Aziz. A ses yeux, cela est une mauvaise manière de procéder et en a profité pour appeler la junte militaire au pouvoir de s’inspirer de l’exemple de la démocratie américaine tout en demandant la libération immédiate du président déchu. « On doit laisser le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi achever son mandat. Le droit de sanctionner appartient au peuple et non aux militaires », souligne-t-il. 

Il a appelé Mohamed Ould Abdel Aziz à respecter les dispositions de la Constitution qui a prévu les conditions dans lesquelles on peut être président ou accéder au pouvoir. Dans sa conclusion, il a balayé d’un revers de la main les accusations portées par Aziz qui les reproche d’avoir fait appel à la Communauté Internationale pour régler la crise actuelle. Une infirmation pour dire que le Front National pour la Défense de la Démocratie ne fait pas les yeux doux à la Communauté Internationale. 

Pour le leader de l’Union des Forces de Progrès, Mohamed Ould Maouloud, et par ailleurs président en exercice du Fndd, avec la survenue du coup d’Etat du 6 août 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz a ramené la Mauritanie et les mauritaniens en arrière. Ayant tiré les leçons de 2005, Ould Maouloud a fait savoir que cette fois-ci, ils ne se laisseront pas duper pour la deuxième fois par les militaires qui semblent ne pas vouloir quitter le pouvoir. 

Il est revenu sur les marchés de gré à gré qui inaugurent, selon lui, une nouvelle ère de corruption et de mauvaise gestion économique. De même que fustigé l’attitude de la majorité parlementaire qui est en train de fermer les yeux sur cet état de fait. Suffisant pour lui pour dire que le Parlement n’a pas un droit de regard sur ce que fait le HCE. 

Il a révélé aussi que l’argent destiné aux financements du Programme Spécial d’Intervention mis en place par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est en train d’être détourné à d’autres fins dans le but de distraire l’opinion publique nationale. Cela démontre, dit-il, que le HCE est en train de promouvoir la gabegie au sein de l’administration. Pire encore, toujours selon lui, le Haut Conseil d’Etat est en train de puiser dans les fonds de la SNIM pour financer ses propres activités. 

Par rapport aux nominations du HCE, il a analysé cela comme une volonté de la part de Mohamed Ould Abdel Aziz de ne pas quitter le pouvoir. Ce qui est inadmissible à ses yeux. Et sur les élections promises par les militaires, Ould Maouloud semble suspicieux et n’y accorde aucune crédibilité. Pour lui, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. « Toutes les balles ont été utilisées », lance Mohamed Ould Maouloud à l’endroit d’Aziz qui semble s’agripper sur la machine populaire après avoir essuyé, selon lui, un cuisant revers sur le plan international. D’où les campagnes d’explication à l’intérieur du pays. 

Au cours de son intervention qui a duré plus de 25 minutes, il s’est expliqué sur les raisons qui expliquent sa désapprobation du coup d’Etat du 6 août 2008 qui a été fait, à l’en croire, par des intérêts purement personnels et non par des objectifs bien clairs. 

Il n’a pas manqué de dévoiler ses appréhensions de voir la crise actuelle faire basculer la Mauritanie dans un cycle infernal dont on ne saura pas les conséquences. A ses yeux, il est temps que les militaires arrêtent leur campagne de dénigrement dirigé contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi accablé de toutes parts aujourd’hui par la junte militaire qui l’accuse d’avoir failli à sa mission. 

Sur une note d’espoir et qui pourrait constituer un signe de décrispation de la situation politique actuelle du pays, Mohamed Ould Maouloud, après avoir copieusement chargé le HCE, a laissé entendre que le Fndd pourrait participer aux prochaines journées de concertation ou Etats Généraux de la Démocratie. Sauf si, a-t-il précisé, elles ne se déroulaient pas sous la tutelle des militaires. 

Babacar Baye Ndiaye   

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