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( 20 novembre, 2008 )

Session ordinaire de l’Assemblée Nationale:Les députés du Front National pour la Défense de la Démocratie s’expliquent sur les motivations de leur boycott

Deux jours, après l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, les députés appartenant au Front National pour la Défense de la Démocratie, ont organisé une conférence de presse, ce mercredi 12 Novembre, à l’Assemblée Nationale, pour expliquer les raisons de leur boycott.

Pour MOustapha Ould Bedreddine, numéro 2 de l’Union des Forces de Progrès (UFP) et député à l’Assemblée Nationale, « le pays vit sous un régime militaire, un régime exceptionnel, anti-constitutionnel et illégal » depuis le 6 août 2008 qui a vu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi renversé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Cette situation qu’il a qualifiée « d’extraordinaire » explique, selon lui, leur décision de ne pas participer à la session ordinaire du Parlement, ce lundi 10 novembre dernier. Autre explication donnée à leur boycott : l’emprisonnement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et de Yahya Ahmed Ould Waghf. Pour lui, leur libération conditionne préalablement leur participation à toute autre session au niveau de l’Assemblée Nationale.

Il a, par ailleurs, rappelé les deux rôles du Parlement qui consistent à légiférer et à contrôler l’action du gouvernement. Or, selon lui, ces deux rôles n’ont pas de raison d’être dans la situation actuelle. En plus, ils ne reconnaissent pas le Haut Conseil d’Etat et le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Sans compter la restriction des libertés publiques et l’usurpation des médias publics par le HCE. Autant de raisons qui expliquent qu’ils ont jugé « inutile de participer à cette session ordinaire ». « En tout cas, pas dans la situation actuelle », a précisé Mustapha Ould Bedreddine, en attendant que Mohamed Ould Abdel Aziz quitte, certainement, le pouvoir, comme ils l’ont toujours réclamé.

Par rapport à la présence des sénateurs appartenant au Front National pour la Défense de la Démocratie à la session ordinaire, Moustapha Ould Bedreddine a laissé entendre que cette décision a été faite dans la concertation. A ceux qui y voient, déjà, les prémices d’une cassure au sein du Fnnd, il les a rassurés en affirmant que « les deux attitudes, qui semblent contradictoires, ont été autorisées et acceptées au niveau du Front ». »Ils (les sénateurs, Ndlr) peuvent mener une action qui va dans le sens de la lutte et la restauration de la démocratie et de la légalité au niveau du Sénat », estime-t-il.

Dans un communiqué, publié en marge de la conférence de presse, le Front National pour la Défense de la Démocratie y affirme que « chacune des deux positions s’inscrit dans le cadre de sa stratégie visant à faire échouer le coup d’Etat et à rétablir la légalité constitutionnelle en collaboration avec toutes les forces vives, y compris les parlementaires du Fndd et ses sympathisants au sein des deux chambres ».

Prenant la parole, Jémil Ould Mansour, président de Tawassoul et député aussi à l’Assemblée Nationale, a fait savoir, lui aussi, que la session ordinaire du Parlement du 10 Novembre n’a aucune valeur du point de vue juridique, politique et moral. Il s’est basé sur le fait que l’institution présidentielle, incarnée par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, est aujourd’hui paralysée. D’où leur boycott, selon lui, de la session ordinaire. En outre, il a dénoncé l’attitude des putschistes qui persévèrent toujours dans leur entêtement à ne pas faire de concessions pour essayer de décrisper la crise actuelle.

Le président de l’Assemblée Nationale Messaoud Ould Boulkheir, qui n’a pas d’ailleurs présidé l’ouverture de la session ordinaire prévue par la Constitution, a expliqué dans une déclaration lue en la circonstance les raisons de sa non participation. Pour lui, « les règles du fonctionnement normal des institutions de la République ont été délibérément violées ». Par conséquent, « il est tout à fait dérisoire de prétendre, dans une telle situation, que tout se déroule normalement comme dans le meilleur des mondes ».

Cette conférence de presse n’a pas été sanctionnée par de grandes décisions. Rien de nouveau, peut-on dire, sous les cieux du Front National pour la Défense de la Démocratie ! Et, ceux qui attendaient que leurs députés annoncent leur démission en cascade de l’Assemblée Nationale en sont pour leurs frais. Il n’en est rien. A part des déclarations de principes, comme à l’accoutumée et la réaffirmation de leur position sur le coup d’Etat du 6 août que tout le monde connaît déjà, le Front National pour la Défense de la Démocratie tergiverse encore et tarde à entrer dans la deuxième phase de son combat.

Ils ont tout simplement estimé que leur boycott vise à montrer à l’opinion publique nationale et internationale leur refus du coup d’Etat du 6 août 2008. Mais, au-delà de cette réaffirmation de leur position par rapport à ce coup d’Etat, vont-ils oser franchir la deuxième étape de leur lutte, après leur campagne de dénonciation, à savoir leur démission de l’Assemblée Nationale ?

Par Babacar Baye Ndiaye

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