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( 20 novembre, 2008 )

Nadi H Cas:La femme fleur au pollen magique!

Elle pourrait être une bonne mère pleine de grâce comme la fleur au pollen magique qu’elle incarne. Mais, le destin en a décidé autrement. Nadia Georget, plus connue sous le nom d’artiste de Nadi H Cas, est issu d’un milieu modeste. Cette situation qu’elle n’a pas choisie n’a jamais pesé sur sa détermination et sa volonté à se hisser dans une époque où l’homme n’avait pas encore inventé l’ordinateur et l’internet. 

Une époque où les Beaux-arts étaient encore un domaine inaccessible. Née dans les années 50, elle fut marquée par l’époque des grandes revendications féministes en France dont la figure de proue était Simone de Beauvoir. 

Son penchant pour le dessin qui constituait pour elle un refuge ne trahit pas sa vocation d’artiste plasticienne. Depuis toute petite, elle se caractérisa par sa passion pour le bricolage. Elle se saisissait de tout ce qui lui tombait entre les mains. »C’était une manière de m’évader », explique-t-elle. 

Cette autodidacte, même si cette appellation ne lui plaît pas (cela me gêne, se défend-elle, parce que ce serait irrespectueux pour tous les gens que j’ai connus dans ma vie), a réussi, en côtoyant des artistes plasticiens, à forger sa propre trajectoire. Son art, qui se réclame de l’art brut, est avant tout le reflet de ses émotions, de sa nature, de sa personnalité et surtout de son éducation. 

Native de Dreux à l’Ouest de Paris, Nadi H Cas a eu la chance d’avoir des parents qui ont très tôt fait germer en elle le génie créateur. Enfant gâtée, elle l’était. Rien ne lui manquait. Autant elle était comblée de bonheur, autant elle l’était en Amour. Elle grandit dans une atmosphère familiale où on ne lésinait pas sur les moyens pour se priver de la moindre fête. Loin des clichés du genre « marginaux du quartier », elle vivait l’insouciance qui caractérise la jeunesse.  

Elle vécut sa jeunesse avec beaucoup d’empreintes. Elle s’initia très tôt aux arts plastiques, à la lecture…Tout lui était permis même de rêver…Cette éducation libérale lui a permis de développer et de forger son intelligence et son tempérament. Déjà, à l’âge de 12 ans, elle paraissait mature. Sa mère y sera pour quelque chose. Elle grandira dans une époque fortement dominée par beaucoup de tabous. Mais, leur foyer faisait l’exception. Comme elle l’a dit, chez elle, tous les sujets étaient débattus. 

Adolescente, dit-elle, rien ne lui plaisait à part l’art. A cette époque, elle ne croyait pas trop aux études. Très peu de filles parvenaient à s’en sortir. Et celles qui réussissaient à tirer leur épingle du jeu étaient souvent destinées à des carrières subalternes. Elle comprît très tôt que sa vocation était ailleurs. Malheureusement pour elle, elle ne réalisera pas le rêve de son père qui a toujours voulu qu’une de ses progénitures devienne un jour un médecin.

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Entre elle et les études, ça n’a jamais été le parfait amour. D’ailleurs, elle va quitter les bancs en classe de 3ième année de Collège. A la même année, ses parents quitte Dreux en destination de Vierzion près de Bourges où elle va étudier pendant deux ans les céramiques industrielles. Mais, celles-ci sont un domaine qui ne l’ont jamais intéressé parce qu’elles ne correspondaient pas à son orientation : l’art. Elle quitte Vierzion et part à la recherche du temps perdu. Elle rencontre des céramistes, des sculpteurs, des potiers…Elle devient ouvrière pour gagner son bifteck et plus tard animatrice pour enfants maltraités et parallèlement à cela, elle continue à peindre et à dessiner. 

Peu motivée, elle abandonnera le métier d’animatrice et décide de revenir à ses premières amours : la peinture. Elle s’installe ainsi à l’Ile de Groix en face de Lorient dans le Morbihan où elle ouvre son atelier. Elle y séjournera 5 ans. Elle quitte cette île pour s’installer à Ariège avant de s’installer depuis janvier 2000 à Toulouse. 

A Toulouse, elle va militer dans un collectif appelé « Mixart Myrys » qui réunit plus de 450 artistes plasticiens, musiciens, comédiens…Elle sera la vice-présidente de ce collectif. C’est dans ce collectif qu’elle fera la connaissance de Momar Kane d’Afrodream. 

Par l’intermédiaire donc de Momar Kane, elle vient en Mauritanie qu’elle découvre pour la première fois en juin 2008 à l’occasion de la quinzaine des Arts. Elle y fit la connaissance de tous les artistes plasticiens mauritaniens. Pendant 15 jours, elle fera des résidences avec eux et le résultat de leur travail sera exposé le 1ier juillet 2008 au musée national. Son étonnement fut grand lorsqu’elle découvrit qu’il y avait autant d’artistes plasticiens mauritaniens orientés vers l’art brut et surtout l’existence de l’art africain en Mauritanie. « Cela m’a fait une émotion. C’est comme si on me donnait un cadeau », avoue-t-elle. 

Son séjour en Mauritanie lui fit découvrir la culture et la diversité du peuple mauritanien. Jusqu’à aujourd’hui, elle garde de bonnes impressions sur la Mauritanie. Rentrée à Toulouse, elle prend son pinceau pour extérioriser cette riche expérience de deux semaines qu’elle a passées en terre mauritanienne. Au nombre d’une vingtaine, ses tableaux sont un clin d’œil à tous les artistes plasticiens mauritaniens qu’elle a côtoyé durant la quinzaine des Arts, qui ont changé sa vie et lui ont apporté de la richesse supplémentaire. 

La peinture est devenue pour elle un moyen d’oublier sa maladie. Depuis 3 ans, elle souffre d’un cancer du foie. Pour autant, elle reste forte et refuse toute culpabilisation. Elle l’accepte comme tel en se remettant en bonne croyante entre les mains de l’Eternel. « Je la vis. Je la sens mais je n’y pense pas. Lorsqu’on est en vie, il faut le vivre avec paix, bonheur et joie », dit-elle. Cet état d’esprit est omniprésent dans ses tableaux où domine la thématique de la famille. Une manière de se battre contre sa maladie en refusant qu’elle perturbe sa vie.

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Puisque la vie est un cadeau, tout ce qu’elle fait, elle le fait avec plaisir. Circonscrite et réservée, elle ne met pas en avant l’ambition ou la notoriété. Imbue de la philosophie de la rue, elle ne cherche pas à avoir une image. Sa devise : je fais ce que j’aime en dehors de toutes contraintes ! Condamnée à vivre avec sa maladie, elle n’en demeure pas moins accablée. Cela ne l’empêche pas de vivre sa vie et surtout de voyager lorsque l’envie lui traverse l’esprit. 

Tellement qu’elle se sent une mauritanienne à part entière, elle est revenue pour la deuxième fois à Nouakchott, avec en bagages, plus d’une vingtaine de tableaux. Et quand elle est en Mauritanie, elle se sent guérie. »Là où je suis bien, je me fais adopter », explique-t-elle.  

Par Babacar Baye Ndiaye

( 20 novembre, 2008 )

Ould Marcou : Le parquet refuse de lui accorder la liberté provisoire

L’avocat de l’Association des Femmes Chefs de Famille Me Ahmed Bezeid Ould El Mamy, commis pour défendre le couple Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji et Brahim Ould Mohamed Ould Marcou a dénoncé au cours d’un point de presse certaines « irrégularités » notées dans la procédure de détention de Ould Marcou.  

La situation se complique davantage pour Brahim Ould Mohamed Ould Marcou qui croupit toujours en prison alors que sa conjointe a été libérée depuis belle lurette, grâce à l’intervention de son oncle Ould Naji, Commissaire de la Police de l’aéroport. 

Ce « deux poids deux mesures » n’a pas été du goût de la Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Aminétou Mint Ely Moctar, qui accuse le Procureur de la République de Nouakchott, le Régisseur de la prison centrale, le juge d’instruction dans cette affaire ainsi que le Commissaire de l’Aéroport d’avoir été à l’origine du refus d’accorder à Brahim Ould Marcou la liberté provisoire. 

Ce refus a fait sortir Aminétou Mint Ely Moctar de ses gongs. L’appareil judiciaire, administratif et policier, fait-elle remarquer, est détenu par « une classe féodale qui empêche toute évolution de la société mauritanienne » connue surtout par sa propension à « violer les lois » de la République qu’elle est pourtant censée protéger. 

La cheville ouvrière dans cette affaire demeure le commissaire Ould Naji, accusé par Aminétou Mint Ely Moctar de vouloir « incriminer » sans fondement Brahim Ould Marcou. 

Boubakar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, venu témoigner sa solidarité à Ould Marcou, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Pour lui, Ould Marcou est victime d’une « injustice flagrante » et d’un « traitement discriminatoire ». 

Et, au niveau de l’Association des Femmes Chefs de Famille, on s’interroge toujours sur le refus de la part du Parquet d’accorder à Ould Marcou la liberté provisoire. Pire encore, le Procureur de la République semble, lui aussi, vouloir enfoncer Ould Marcou puisque, lorsque le dossier lui a été transmis, il l’a incriminé d’atteinte aux lois de Dieu.

Non seulement, il a déclaré le mariage de Ould Marcou et Vatimétou Ould Naji d’illégal, il a ordonné aussi le dépôt en prison de Ould Marcou. Une telle attitude a été jugée par Me Ahmed Bezeid Ould El Mamy comme un acte discriminatoire. 

Par ailleurs, le commissaire Ould Naji aurait torturé, selon les dires de l’avocat, sa nièce, Vatimétou Mint Boubacar Ould Naji afin de la forcer à se constituer en partie civile contre Ould Marcou, son mari. 

Par ses manœuvres et ses relations, le commissaire Ould Naji aurait réussi à obtenir la liberté provisoire pour sa nièce sans l’objection du Parquet alors que le dossier était en appel devant le procureur de la République. 

Quant aux avocats de Ould Marcou, leur demande de liberté provisoire pour leur client a été refusée malgré l’accord du juge d’instruction. Cette affaire est toujours en appel devant la chambre d’accusation, qui n’est pas habilitée à se saisir de ce genre de dossier. 

Dès l’instant qu’il y a des documents authentifiant le mariage de Brahim Ould Marcou et Vatimétou Mint Naji, estime Me Ahmed Bezeid Ould El Mamy, la procédure pénale ne doit pas avoir lieu puisque le juge civil ne s’est pas encore déclaré.  

Cette procédure pénale, pour lui, est une manière, pour le commissaire Ould Naji, de se venger de Ould Marcou dont le mariage avec sa nièce a été jugé contraire aux « lois de Dieu ».

Par Babacar Baye Ndiaye

( 7 novembre, 2008 )

Nicole Vignote, artiste peintre:Une amoureuse de la Mauritanie !

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«Je suis très attachée à ce pays, j’aime bien le désert, les cultures mauritaniennes et je trouve que les gens sont chaleureuses, respectueuses et fidèles en amitié.» Ces paroles pleines de sincérité et dites avec beaucoup d’émotion sont de Nicole Vignote, une française à la fois peintre, sculpteur, poète et artiste nomade, installée en Mauritanie depuis octobre 1998. Lorsqu’elle parle de la Mauritanie, c’est avec beaucoup d’affection.

Son dada : aller à la rencontre des autres, découvrir d’autres publics ! Tout comme Ulysse et le chevalier à la triste figure, elle part à la quête des autres, d’elle-même et de l’aventure. Animée par «un désir culturel» insatiable, elle voyage au Maroc, au Burkina Faso, au Cap Vert, en Espagne, en Suisse, au Canada, en Tchéquie et au Sénégal. Pas étonnant donc quand elle écrit : «voyage, voyage et fertilise ton regard car le soleil n’éclaire pas que la beauté».

Elle laissera son instinct l’a guidé. Là voilà qui découvre la Mauritanie, cette «autre planète» où elle parviendra à tisser et avoir de bonnes relations amicales. Bourlingueuse dans l’âme, elle multiplie ses expériences et fait beaucoup d’échanges avec des «gens, des enfants, des publics en difficultés, des enfants psychotiques».

L’art, laisse-t-elle entendre, doit être au service de toutes les causes puisqu’elle s’inscrit dans le développement. Très dynamique dans le milieu artistique mauritanien mais peu loquace, caractéristique des artistes, elle a eu à travailler avec beaucoup d’autres artistes de diverses origines comme elle.

D’ailleurs, son CV, très éblouissant et bien fourni témoigne d’un parcours assez singulier et truffé de moments exceptionnels.

En Mauritanie, elle sera à l’origine des premiers «Ateliers pour enfants», de la première «Maison des artistes». Elle co-fondera la première «Association des Artistes Mauritaniens». Elle est aussi à l’origine du «Cercle des poètes». Bref, une femme impliquée et qui a beaucoup joué dans la mutation de l’espace artistique mauritanien.

Parce qu’un artiste, pense-t-elle, doit être impliqué dans la société. Et elle est encore plus optimiste qu’auparavant, elle qui a presque participer à l’éclosion de certains mauritaniens aujourd’hui.

«Je crois, dit-elle, que les choses vont bouger. J’ai déjà vu les choses bouger depuis que je suis là puisqu’il n y avait pratiquement rien quand je suis arrivée. Je pense que ça évolue mais les artistes mauritaniens doivent savoir qu’ils ont encore beaucoup à apprendre».

Autodidacte, elle abandonnera cette voie pour, dit-elle, «se concentrer à son travail d’artiste» qui avait pris place dans son cœur. Ce qui préoccupe Nicole Vignote ? Les enfants, leurs droits. Elle a été à l’origine en collaboration avec l’Ecole Diam-Ly et « Terre des Hommes » de nombreuses manifestations et expositions portant sur les droits des Enfants. Une vraie artiste !

C’est à partir de 1981 véritablement qu’il côtoie le milieu des artistes, des peintres, des sculpteurs et des musiciens dans le quartier de la Bastille à Paris où ses aptitudes artistiques qui dormaient se révélèrent en elle. L’art, pour elle, c’est une manière de s’ouvrir au monde, une façon de restaurer mais surtout d’aller vers les autres, d’appartenir «au regard des autres et à tous». Cette «envie de se confronter à d’autres cultures» reflète parfaitement sa personnalité, sa nature. Elle s’intéresse à tout : à la poésie, au théâtre, au patrimoine.

En un mot, tout ce qui est culturel. «La culture, dit-elle, c’est un facteur de développement. Un pays ne peut pas se développer sans culture. C’est impossible ! Il faut préserver d’une part son patrimoine car la création d’aujourd’hui est le patrimoine de demain. C’est aussi l’image d’un pays à l’extérieur.». Voilà presque 10 ans qu’elle est en Mauritanie ! Et c’est avec beaucoup de connaissance qu’elle parle de ce pays qui l’a adoptée, de la société mauritanienne dans laquelle elle se sent bien et à l’aise.  

 «La Mauritanie, affirme-t-elle, est en train de bouger. Et c’est bien parce qu’on assiste depuis août 2005 à l’émergence de beaucoup d’initiatives. Il y a vraiment beaucoup de gens qui veulent faire beaucoup de choses et c’est bien de les encourager.»

Cependant, «j’ai beaucoup de choses à apprendre encore en Mauritanie. J’en apprends tous les jours», avoue-t-elle. Très édifiant non ! La France son pays, sa famille et ses amis lui manquent beaucoup. Et ce n’est pas l’argent sans doute qui l’a retenue en Mauritanie. «Il y a très peu d’artistes qui gagnent beaucoup d’argent, précise-t-elle. Même en Europe, il y a beaucoup d’artistes en difficultés ».

Malgré certaines contraintes, des moments «de petits découragements», elle ne pense pas qu’elle va abandonner ce noble métier au profit d’un autre. La raison ? L’amour de la peinture et la création sont plus forts que tout !  Pour elle, la liberté est fondamentale dans la création, dans l’art et dans l’œuvre. «Un artiste doit être quelqu’un de libre, quelqu’un qui doit pouvoir exprimer tout ce qu’il pense». Même si elle est en Afrique, elle garde pour autant «sa manière de s’exprimer» dans le domaine artistique. Et là aussi, il n y a pas d’ordre précis. Tout est fait dans un engrenage. Les choses s’enchaînent les unes dans les autres. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 7 novembre, 2008 )

Récupération politique:Un député de l’Ufp dans les filets du HCE!!!

Surprise ou non, Zéine Ould El Bechir Ould Kebady a décidé de lâcher ses camarades de parti pour rejoindre le mouvement de rectification du 6 août 2008. Dans une déclaration rendue en la circonstance, Zéine Ould El Bechir Ould Kebady est revenu sur les raisons qui ont expliqué sa démission de l’Union des Forces de Progrès (UFP). 

« Après une analyse approfondie de la situation politique du pays et les positions de tous les acteurs politiques à la lumière du changement survenu le 6 août 2008, j’ai eu la ferme conviction que le changement opéré le 6 août 2008, sous la conduite du général Mohamed Ould Abdel Aziz chef du Haut Conseil d’Etat, chef de l’Eta, est le choix de la majorité écrasante du peuple mauritanien », dit-il dans sa déclaration. 

Séduit par « les orientations engagées par les pouvoirs publics en place », Zéine Ould El Bechir Ould Kebady n’y est pas allé par quatre chemins pour rejoindre la majorité parlementaire soutenant le mouvement de rectification du 6 août 2008. 

Au lendemain de l’annonce du député de Barkéol de rejoindre le camp du Haut Conseil d’Etat, l’Union des Forces de Progrès, coïncidence ou non, a tenu une réunion d’information, comme aussi pour resserrer les rangs. A la sortie de la réunion qui a duré un tour d’horloge, les parlementaires ont fait savoir que le départ de Zéine Ould El Bechir Ould Kebady ne les surprend pas. Mieux encore, ils ont qualifié son départ de non évènement. 

« Tout le monde savait qu’il allait quitter (l’Union des Forces de Progrès, Ndlr) », renseigne Soumaré Oumar qu’on a accroché à la fin de la réunion ». Depuis des mois, on savait qu’il était un point faible et qu’il partirait. On sait aussi pourquoi, il est parti », rajoute-t-il en laissant croire que Zéine Ould El Bechir Ould Kebady a été acheté par la junte militaire. 

« Tous les médias de la République ont été mobilisés à l’hôtel Halima pour couvrir cet évènement parce que tout simplement un individu dit qu’il rejoint la junte militaire », ironise-t-il tout en fustigeant l’instrumentalisation de l’Etat et du Parlement par la junte militaire au pouvoir pour atteindre ses ambitions. 

Zéine Ould El Bechir Ould Kebady, star de la nuit du 1er Novembre, était accompagné de Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar et de Mohcen Ould El Hadj, vice-président du Sénat et sénateur de Rosso. Ce dernier, très enthousiaste et tout sourires, n’a pas manqué, à la fin de la déclaration du nouvel allié, de tirer à boulets rouges sur les responsables politiques du Front National pour la Défense de la Démocratie.  

« C’est nous, les défenseurs de la démocratie. Et non, le fameux Fndd, composé en majeure partie de la voyoucratie qui a dirigé ce pays, qui l’a mis à sac pendant plus de 30 ans. Les véritables défenseurs de la démocratie, ce sont les élus et les personnes qui, pendant que l’ancien président (Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ndlr) était là en place et qu’il dirigeait ce pays avec son gouvernement et des moyens, s’étaient opposées à lui directement (…) en disant non à l’implication des forces obscures qui existent dans ce pays, non à la confusion des pouvoirs, non à la gabegie… », s’exclame-t-il. 

Cette hémorragie de l’Union des Forces de Progrès est, à n’en pas douter, un coup dur pour ce parti d’autant plus qu’elle intervient à un moment crucial de la vie politique nationale. Cependant, ce n’est pas la première fois que l’UFP connaît ce genre de départ. Mais, cela n’a jamais ébranlé ce parti.  

Comme pour se gausser de leurs adversaires, les parlementaires soutenant le mouvement de rectification du 6 août 2008, ont mobilisé la télévision nationale et Radio Mauritanie pour immortaliser cette adhésion du député de Barkéol qui croit en la « ferme volonté de redressement et d’amélioration des conditions de vie des couches les plus démunies » du Haut Conseil d’Etat. 

Du côté de l’Alliance Progressiste Populaire (APP) qui appartient au même titre que l’Union des Forces de Progrès au Front National pour la Défense de la Démocratie, on ne craint pas « l’effet Zéine Ould El Bechir Ould Kebady ». 

« Le nomadisme politique touche tous les partis politiques sauf à priori l’APP parce que nous ne prenons pas n’importe qui dans les choix des candidats. Un parti comme l’UFP a beaucoup souffert du nomadisme politique même en faveur de l’APP (…). Nous, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas peur des soi-disant vagues en faveur du HCE. La position de l’APP ne souffre d’aucune ambiguïté par rapport au coup d’Etat du 6 août 2008″, a expliqué Ladji Traoré, Secrétaire Général de l’Alliance Progressiste Populaire. 

Entre les soutiens du HCE et les partis politiques composant le Front National pour la Défense de la Démocratie, c’est de bonne guerre. Sur ce point, tous les coups sont permis pour faire couler l’embarcation de l’autre et surtout gagner la course. Alors, que le meilleur gagne !

Babacar Baye Ndiaye

( 7 novembre, 2008 )

Crise politique:Au-delà des sanctions, la communauté internationale peut-elle rétablir la démocratie en Mauritanie ?

Depuis le 6 août  2008,
la Mauritanie vit un isolement diplomatique sans précédent. L’Organisation Internationale de
la Francophonie (OIF) est la première organisation internationale à avoir suspendu
la Mauritanie de ses activités. S’en est suivi de son exclusion du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs. A leur tour, les américains publièrent leur liste noire dans laquelle certaines autorités militaires et civiles sont frappées de « restrictions de voyage » et d’éventuel « gel de leurs avoirs ». 
 

Quant à
la France qui préside actuellement l’Union Européenne souffle le froid et le chaud. Pour sa part, l’Union Européenne, après l’échec de Paris, a accordé à la junte militaire un délai supplémentaire à la suite duquel l’ordre constitutionnel doit être rétabli. Mais, au-delà des condamnations et des sanctions, la communauté internationale peut-elle rétablir la démocratie en Mauritanie ? Comment pourra-t-elle y parvenir ? Et, y’a-t-il des mécanismes prévus dans ce sens ?

———————–Par Babacar Baye Ndiaye

 

Jusqu’à présent, le Front National pour
la Défense de
la Démocratie et le Haut Conseil d’Etat ont du mal à mettre de côté leurs divergences et s’asseoir autour d’une table de négociations pour trouver une issue à la crise actuelle née du renversement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. 
 

Il n’y a aucun doute que le coup d’Etat qui est intervenu le 6 août 2008 est un « changement anticonstitutionnel ». Mais, concrètement, les auteurs de ce coup d’Etat savaient-ils pertinemment ce qui adviendrait après ? Certainement, ils ont pensé que leur « mouvement de rectification » serait vite avalisé par la communauté internationale. Ce qui ne fut pas le cas. Aussi, ignoraient-ils les différents instruments que la Mauritanie a souscrit et interdisant ce genre de changement.  

A y voir de près, on peut penser que le coup d’Etat du 6 août 2008 s’est déroulé dans la précipitation et par conséquent sans précaution particulière. Les auteurs ne s’imaginaient pas un seul instant que la suite du coup d’Etat allait faire couler beaucoup d’encre et notamment des réactions sans complaisance. D’habitude, les coups d’Etat ne faisaient pas grincher les dents de la communauté internationale. Cette fois-ci, les putschistes de Nouakchott n’ont pas tenu compte d’un certain nombre de considérations relatives à l’évolution de la sphère diplomatique.  

Dans la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, on peut lire au chapitre 2, à l’article 2, à l’alinéa 4 que la charte a pour objectif d’ »interdire, rejeter et condamner tout changement anticonstitutionnel de gouvernement dans tout Etat membre comme étant une menace grave à la stabilité, à la paix, à la sécurité et au développement ». En signant cette charte et en l’incluant dans son arsenal juridique,
la Mauritanie s’est engagée solennellement à mettre en œuvre : »l’accès au pouvoir et son exercice, conformément à la constitution et au principe de l’Etat de droit » et « le rejet et la condamnation des changements anticonstitutionnels de gouvernement ». Les auteurs du putsch auraient-ils agi en méconnaissance de ces dispositions contenues dans cette charte ?
 

Les Etats ne vivent plus en autarcie. Ils sont tenus de respecter les engagements qu’ils ont pris devant la communauté internationale. Ce ne fut donc pas une grande surprise si
la France, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations Unies, l’Organisation Internationale de
la Francophonie…ont condamné, au nom des valeurs et principes démocratiques, le coup d’Etat du 6 août 2008 sur toute la ligne sans avoir pris langue avec leurs auteurs.
 

 

Toujours, dans la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance à l’article 25, à l’alinéa 4, il est stipulé que : »Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer au élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur Etat ».  

Par rapport à ce point, Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas encore livré son secret. Il préfère pour le moment laisser les commentaires et les supputations aller bon train. En outre, la résolution de l’assemblée nationale en date du 14 septembre 2008 que le Front National pour
la Défense de
la Démocratie avait rejeté interdisait aux militaires de se porter candidat à une quelconque élection présidentielle et à « tous ceux qui, pendant cette période (de transition, ndlr), exercent des responsabilités exécutives susceptibles d’influencer les électeurs ».
 

En plus, cette résolution proposait en gage de transparence de l’élection présidentielle, la « réactivation de la Commission électorale nationale indépendante « . En Mauritanie, les élections présidentielles n’ont jamais été transparentes mais en février 2007, il y a eu mieux. Peut-on espérer cela en 2009 ? 

Encore, dans la résolution de l’Assemblée Nationale, un certain nombre de mesures ont été proposées pour que cette élection ne soit pas entachée d’irrégularités…Ces mesures peuvent-elles ne pas influencer les électeurs ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus qu’on prête au Haut Conseil d’Etat de chercher « son » candidat pour l’élection présidentielle de 2009. C’est dire que la Mauritanie n’est pas encore sortie de la prééminence et du diktat des militaires sur le pouvoir. 

Mais, pour le moment, il s’agit d’abord de sortir de cette crise actuelle. Mais comment ? En l’absence de compromis, de consensus, quels sont les mécanismes qui sont prévus dans ce sens ? Ne serait-elle pas mieux pour la classe politique d’accepter cette résolution de l’Assemblée Nationale en date du 14 Septembre qui prévoit une transition de 12 à 14 mois à l’issue de laquelle une élection présidentielle sera organisée ? A défaut de cela, la communauté internationale peut-elle rétablir la démocratie en Mauritanie comme le réclament  corps et à âme le Front National pour
la Défense de
la Démocratie pour qui le retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’est pas négociable ? 
 

Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces des Progrès (UFP), dans un entretien avec un quotidien sénégalais Walfadjri se réjouissait du fait que « c’est la première fois qu’un coup d’Etat (en Mauritanie, Ndlr) rencontre une résistance politique aussi farouche, ouverte et populaire ». Cependant, pour décrisper la crise, il a préconisé qu’on se réfère à
la Constitution : « Les divergences politiques qui existent doivent être résolus par les moyens constitutionnels existants ».
 

Au début de la crise, l’Union Africaine avait ébauché des initiatives diplomatiques dans le but de rétablir la démocratie. Mais, elles ont toutes échoué. Et, pourtant,
la Mauritanie n’a pas été suspendue, par le Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine, aux activités de l’Union en vertu des dispositions des articles 30 de l’acte constitutif et 7(g) du protocole. Mohamed Ould Abdel Aziz et sa bande peuvent-ils échapper à l’alinéa 5 de l’article 25 qui stipule que : »Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement peuvent être traduits devant la juridiction compétente de l’Union ». 
 

La communauté internationale, au lieu de jouer un rôle d’arbitre ou d’intermédiaire, semble pencher du côté de ceux qui réclament le retour à l’ordre constitutionnel. Cette attitude ne fait qu’exacerber la situation actuelle qui peut déboucher, si ce n’est pas le cas déjà, sur une instabilité politique à cause des tiraillements entre le HCE et les partis politiques, les organisations syndicales et la société civile…Sans user d’une intervention militaire (improbable), on ne voit pas comment la Communauté internationale pourrait-elle rétablir la démocratie en démocratie ? 

Tout ce qu’elle peut faire, à défaut de pouvoir faire partir Mohamed Ould Abdel Aziz, est d’imposer un embargo à la Mauritanie ou de procéder à des sanctions qui peuvent aller de l’interruption complète ou partielle des relations économiques à la rupture des relations diplomatiques, comme le prévoit l’article 41 de la charte du Conseil de Sécurité et de Paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui peut aussi entreprendre toute action qu’il juge nécessaire au maintien et au rétablissement de la paix.

 

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