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( 28 février, 2009 )

Présidentielle de 2009:Ibrahima Moctar Sarr jauge sa cote de popularité

On l’annonçait comme l’un des meetings les plus importants de la vie politique de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (Ajd/mr) marquée ces derniers temps par des dissensions internes depuis le coup d’Etat du 6 août 2008.

Ibrahima Moctar Sarr a fait un faux bond à tous ceux qui attendaient qu’il déclare officiellement sa candidature à l’élection présidentielle du 6 juin 2009. Il a préféré maintenir le suspens sur sa candidature à l’échéance électorale de 2009.

Pour ce meeting attendu, l’Ajd/mr avait tout prévu pour plaire. Du monde, il y en avait. Ceux qui l’attendaient aussi sur le terrain du déballage et de la polémique sont restés sur leur faim. Les militants sont venus nombreux. On se croirait presque à une campagne électorale !

Ibrahima Moctar Sarr n’a pas pu cacher tout son contentement devant ses militants en délire. Ce meeting intervient à une période où l’Ajd/mr traverse des zones de turbulences. Pour le leader de l’Ajd/mr, la mobilisation du 31 janvier 2009 des militants est l’illustration que le parti tient toujours. »Cette mobilisation est une réponse excessivement importante à tout ce qui a été dit de mauvais sur notre parti », dit-il.

Au sujet de la crise actuelle, que vit la Mauritanie depuis le coup d’Etat du 6 août 2008, Ibrahima Moctar Sarr a laissé entendre que la responsabilité de trouver une solution à cette crise incombe à la classe politique mauritanienne. « Nous sommes dans une situation de crise dont les tenants et les boutissants ne sont pas connus mais nous devons chercher une porte de sortie. Celle-ci ne peut pas venir de la communauté internationale mais des mauritaniens d’eux-mêmes », explique-t-il en dénonçant les positions immobiles des uns et des autres qu’il accuse de prendre le peuple mauritanien en otage.

Par rapport à l’élection présidentielle du 6 juin 2009, M. Ibrahima Moctar Sarr a exigé des autorités militaires qu’elles l’organisent dans la ransparence et surtout de respecter la volonté populaire à l’issue de ce scrutin. C’est de cette condition seulement que dépendra sa candidature. « Au niveau de l’Ajd/mr, nous n’avons pas peur d’aller aux élections et si Mohamed Ould Abdel Aziz et son équipe veulent organiser des élections transparentes nous sommes convaincus que nous pouvons les battre », a-t-il déclaré devant une foule en liesse scandant son nom inlassablement.

Ibrahima Moctar Sarr a appelé aussi les partis politiques, regroupés autour du Front National pour la Défense de la Démocratie, de peser de tout leur poids afin que l’élection présidentielle se déroule correctement et sans contestation. « Les acteurs politiques (sans exception) doivent dépasser leurs contradictions et savoir que si la Mauritanie entre dans une situation de crise interminable, c’est le peuple qui va en souffrir », a-t-il affirmé.

Pour Ibrahima Moctar Sarr, le peuple mauritanien doit refuser de se laisser entraîner dans des théories fumeuses et dans des divisions stériles.

Babacar Baye Ndiaye 

( 28 février, 2009 )

Fortune du général, affaire Air Mauritanie, Riz avarié : Le Fndd livre ses secrets…

De l’affaire d’Air Mauritanie en passant par la fortune d’Aziz mais aussi du PSI, le Fndd publie une série de révélations en guise d’éclairage à l’intention de l’opinion publique dans une note d’information. Autant d’éléments qui viennent s’ajouter aux  récentes confessions du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour relancer la machine de la confrontation entre le pouvoir et le Fndd. Cette démarche du Front National pour la Défense de la Démocratie dénote d’une nouvelle stratégie de réplique. 

Et, dans ce sens, le Fnnd tient à tout prix à rétablir la vérité à l’intention  de  l’opinion publique nationale et internationale et prouver ainsi que le général Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas aussi blanc que  neige. Car, Mohamed Ould Abdel Aziz est devenu en peu de temps, sans pour autant donner des chiffres à l’appui pour  crédibiliser les allégations relatives à la fortune du général limogé comme il le surnomme, l’un des hommes les plus riches en Mauritanie. 

Le Fndd s’est limité à citer en exemple le ranch de Mohamed Ould Abdel Aziz qui se situe entre El Agar et Benichab. Dans ce ranch, on y élève des outardes, des autruches et autres gibiers rares. Ce ranch, toujours selon le Fndd, serait alimenté par un sondage d’eau réalisé par l’ONG (sans citer le nom de cette ONG, Ndlr) de l’actuel Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Le document du Front National pour la Défense de la Démocratie révèle que Mohamed Ould Abdel Aziz serait aussi détenteur d’un important lot d’immobiliers : au mois 6 maisons au Maroc, un bâtiment près de la fourrière d’Arafat, une maison au Ksar, une série de hammam éparpillés à Nouakchott et le marché du Ksar près de l’école II. 

Ainsi, donc, aux dires du Fndd, Mohamed Ould Abdel Aziz ne peut pas se prévaloir le titre de donneur de leçons en termes de lutte contre la gabegie et l’enrichissement illicite. 

Le Front National pour la Défense de la Démocratie est revenu aussi sur l’ «Affaire d’Air Mauritanie ». Dans le document publié, on y apprend que la faillite d’Air Mauritanie aurait commencé en 1997 et que les personnes (Sidi Mohamed Ould Biya, Isselmou Ould Khattry, Moustapha Ould Hamoud et Yahya Ould Ahmed Waghf) qui sont actuellement détenues ne sont pas responsables de la programmation de cette faillite, comme l’ont laissé entendre les nouvelles autorités du pays. 

En ce qui concerne la redynamisation d’Air Mauritanie, Yahya Ould Ahmed El Waghf, qui a pris les commandes de cette entreprise en pleine agonie, avait démontré que le seul moyen d’assurer la pérennité de la compagnie était de trouver un partenaire stratégique qui accepte de prendre une participation majoritaire dans la société. 

En outre, le gouvernement de la transition selon le document du Fnnd, aurait aussi une grande responsabilité dans la faillite d’Air Mauritanie car il aurait attribué des droits de trafic à Mauritanie Airways. 

Dans la foulée des révélations, le Fndd n’a pas manqué de mots pour mettre en doute tout le montage politique qui entoure cette affaire et d’ironiser en s’adressant à Mohamed Ould Abdel Aziz en ces termes : «mangez donc de ce riz périmé et nous vous reconnaîtrons, mon général limogé… ». 

Dans le collimateur de la justice du Haut Conseil d’Etat (HCE), le document du Front National pour la Défense de la Démocratie a révélé qu’Ely Ould Mohamed Vall serait la prochaine cible. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 28 février, 2009 )

Accusé de vol d’enfants, Ould Victor nous écrit depuis le Togo pour nier les propos de son ex-compagne

Décidément, entre Semah Ould Victor et Kadia Ndiaye, c’est la guerre des nerfs. Après les récriminations de la deuxième accusant le premier d’avoir volé ses enfants en prenant la fuite pour aller rejoindre sa nouvelle campagne à Togo, chacun des deux côtés tente de légitimer sa position. Depuis le Togo, Semah Ould Victor nous a écrit pour apporter des éclaircissements sur sa vie de couple avec Kadia Ndiaye, son ex-compagne. 

C’est en réaction à la campagne d’intoxication et d’indélicatesse menée par son ex-campagne à son insu que Semah Ould Victor a décidé d’apporter un démenti contre les allégations de Kadia Ndiaye qui l’accuse de tous les péchés d’Israël, parce que tout simplement, il a amené avec lui leurs enfants à Togo. 

Semah Ould Victor a expliqué les motivations de son agissement en alléguant qu’il ne pouvait pas laisser ses enfants entre les mains de son ex-compagne qu’il a accusé d’avoir toujours «fui ses responsabilités de mère de famille ». 

Cette situation était aggravée par le fait que Kadia Ndiaye fréquentait, malgré ses nombreux avertissements, ses «copines divorcées » qui ne cessaient pas de mijoter dans ses oreilles des propos susceptibles de changer son comportement vis-à-vis de lui. D’ailleurs, à chaque fois, elle demandait le divorce parce que, dit-elle, elle en avait ras-le-bol. 

Il a révélé en outre que c’est lui qui s’est toujours préoccupé de l’éducation de ses enfants. Pendant ce temps-là, renseigne-t-il, son ex-compagne, Kadia Ndiaye, se comportait en irresponsable. Ce qui n’était pas de son goût. Il a aussi balayé d’un revers de la main les affirmations de son ex-compagne qui l’accable d’avoir kidnappé ses enfants. 

Et, ce n’est pas la première que Semah Ould Victor a maille avec Kadia Ndiaye ou qu’il en arrivait aux extrêmes. Son départ précipité cette fois-ci de son foyer traduit une certaine exaspération de sa part. En effet, Semah Ould Victor et Kadia Ndiaye se sont séparés à 3 reprises. Et, à chaque fois, elle a eu l’ingéniosité de faire disparaître leur certificat de divorce et de mariage. Selon lui, son ex-compagne souffrait de crise de jalousie. 

Les histoires de kidnapping colportées par son ex-compagne et le déballage calomnieux fait sur sa nouvelle compagne française avec qui il s’est marié légalement sont un chantage et un prétexte destinés à vouloir récupérer les enfants, a-t-il précisé. 

Semah Ould Victor reproche à son ex-compagne de vouloir exciser leurs deux filles. Et il est prêt, nous a-t-il confié, à donner son âme à Lucifer pour s’opposer à une telle pratique qu’il juge ignoble. D’ailleurs, il accuse la famille de son ex-compagne de complicité dans cette tentative d’exciser leurs filles au nom d’une prétendue tradition. 

Ce qui explique qu’il n’a pas voulu laisser la garde des enfants à leur maman. Et, ses déboires avec son ex-compagne étaient connus de ses amis qui sont intervenus à plusieurs reprises dans leurs chamailleries de couple. 

Semah Ould Victor est prêt à lâcher du lest si Kadia Ndiaye accepte, dans le but de trouver un compromis à leur différend, de retirer sa plainte introduite au niveau de l’afcf qui est en train de mobiliser ses lobbies pour l’appréhender.  

Soutenue par l’Association des Femmes Chefs de Famille (afcf), Kadia Ndiaye a mené, en début de cette semaine, d’importantes démarches pour pousser Semah Ould Victor à ramener les enfants à Nouakchott. 

La coordinatrice de l’afcf, Siniya Mohamed Saleck, vient de porter cette affaire au niveau du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération et au Ministère de la Condition Féminine. 

Toutes les structures pouvant agir dans ce sens ont été saisies par l’Association des Femmes Chefs de Famille : la Commission Nationale des Droits de l’Homme et «Terre des Hommes» pour qu’elle suive de près cette affaire au niveau de sa représentation de Lomé. 

Par Babacar Baye Ndiaye 

( 28 février, 2009 )

Petit Centre:Une vingtaine de professeurs vacataires renvoyés sans motif

Le torchon brûle entre Bonaventure le directeur de l’établissement scolaire privé «Petit Centre» et ses professeurs vacataires. Tout serait né d’une demande d’augmentation du taux d’horaires. Insatisfaits, ils ont décidé, pensant qu’ils vont obtenir gain de cause, de cesser volontairement et collectivement leurs cours.

A la suite de cette grève, Bonaventure prît la décision de congédier ces professeurs qui sont au nombre d’une vingtaine. «Le fait de demander son droit le plus absolu ne constitue point un mal », explique M. Wane Mamadou, professeur d’Histoire et Géographie et d’Instruction Civique.

Lui aussi, il fait parti des professeurs vacataires congédiés par Bonaventure. Depuis, les cours au «Petit Centre» sont au ralenti. Et ces professeurs d’accuser le directeur de l’établissement qui, au lieu de chercher à éviter cette grève, a envenimé la situation.

Selon leurs assertions, Bonaventure n’aurait pas toléré qu’ils se constituent en délégation pour défendre leurs intérêts. Du coup, il les a renvoyés illico presto de l’établissement sans motif. Cette manière forte utilisée par leur employeur n’a pas été du goût de ces professeurs qui ont aussitôt décidé de boycotter les cours jusqu’à ce que leur direction revienne à de meilleurs sentiments.

Cette vingtaine de professeurs vacataires, de toutes disciplines confondues, sont entre l’enclume et le marteau. D’ailleurs, l’un des professeurs, en l’occurrence M. Wane Mamadou, contacté à se sujet, n’a pas dissimulé leur crainte de perdre leur poste et du coup de se retrouver dans la rue comme chômeur.

Ils ont aussi laissé entendre que leurs mensualités ne sont pas des plus enviables comparées à celles de leurs collègues des autres établissements scolaires privés de Nouakchott. Au «Petit Centre», un professeur vacataire est payé 800 UM à l’heure. «On a demandé à notre directeur en la personne de Bonaventure s’il ne peut pas proposer mieux que les autres écoles privées, il n’a qu’à s’aligner sur les tarifs horaires », a rappelé Wane Mamadou.

Pour ces professeurs, M. Bonaventure ne veut pas entendre parler d’augmentation ou de rehaussement de leur niveau de vie et de leurs conditions de travail. Ils regrettent une telle attitude de la part de leur directeur qui n’a pas voulu satisfaire leur demande.

Tout ce que ces professeurs réclament, c’est l’augmentation du taux d’horaires à 200 UM. C’est ce point qui constitue la pomme de discorde entre la direction du «Petit Centre » et les professeurs vacataires. Car, sur ce point, M. Bonaventure a opposé son niet catégorique.

Autre décision ayant suscité l’ire de ces professeurs et leur mouvement de grève: la fusion des classes par M. Bonaventure. Cela n’arrange pas d’ailleurs l’affaire de ces professeurs qui se voient ainsi leurs horaires diminuer et par conséquent leurs salaires. Ils y voient un véritable manque à gagner. «C’est vraiment odieux », dit M. Wane Mamadou.

Du côté de ces mêmes professeurs, on ne comprend pas pourquoi leur direction campe sur sa position alors que dans d’autres établissements, c’est ce taux qui est en vigueur. Pour la plupart d’entre eux, ils ont servi plus de deux ans au «Petit Centre».

Blessés dans leur conscience professionnelle, ces professeurs vacataires semblent suspendus à la rencontre entre la présidente des parents d’élèves et la direction du «Petit Centre » qui décidera de leur sort. Ces professeurs risquent aujourd’hui leur emploi pour avoir demandé leurs droits ! Dans quel pays sommes-nous ?

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Salene Fishing Limited:Le MPEM tente de rassurer les armateurs nationaux

Suite à la déclaration du Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime (MPEM) à l’issue de sa mission en Afrique du sud, qui avait été sanctionnée par la signature d’une convention pour la mise en œuvre d’un important programme d’investissement dans les domaines des pêches des captures et de l’aquaculture entre la Mauritanie et la société sud africaine « Salene Fishing Limited », certains armateurs, à travers quelques organes de presse, ont qualifié cette société de fictive, et la mission d’échec. 

Le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière au Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye, a déclaré que le « Projet Salene Fishing Limited » aidera à surmonter les contraintes du secteur des Pêches, pour démentir certaines allégations qualifiant cette mission de « voyage touristique ».

Plus de 120 millions US$ seront investis dans le projet « Salene Fishing Limited »

Cette mission est consécutive à la signature, le 24 septembre 2008, d’un « Mémorandum pour l’instauration d’un partenariat en matière d’investissement dans la pêche et l’aquaculture entre notre pays et le groupe sud africain : Salene Technology ». Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a rappelé que ce groupe Sud africain est disposé à entreprendre, aussitôt que possible, les travaux de réalisation du projet d’investissement dans la pêche et l’aquaculture en Mauritanie, dès l’attribution par les autorités portuaires du Port Autonome de Nouakchott de la parcelle de terrain devant arbitrer la composante de base de ce projet.

Pour matérialiser le « projet de programme d’investissement dans la pêche en Mauritanie », le Ministre des Pêches a effectué en Afrique du Sud une visite officielle du 18 au 22 janvier 2009. Le montant de ce projet avoisine les 120 millions d’US$. Ce programme d’investissement sera exécuté, selon le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière, par une société privée de droit mauritanien dénommée « Salene Fishing Limited ».

Cette société va générer plus de 1.500 emplois directs et une production annuelle de 45.000 tonnes d’espèces pélagiques. Il est prévu, dans ce programme d’investissement, la construction, à Nouakchott, d’un complexe industriel d’infrastructures de débarquement, de transformation et de stockage des produits de la mer, d’une superficie de 50 hectares.

Ce programme va inclure aussi l’activité de production d’environ une quarantaine d’unités de navires de pêches artisanale, côtière et pélagique industrielle pour alimenter la composante de base et en plus, en cas de besoin, l’activité de production des navires de pêche pourra être complétée par l’achat des espèces de fonds et/ou par la production des projets d’élevage de fruits de mer notamment les crustacés et les céphalopodes.

La création de « Salene Fishing Limited » suscite beaucoup d’appréhensions du côté des armateurs mauritaniens qui ont laissé entendre que cette société est « fictive ». Ce qui a été balayé d’un revers de la main par le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière qui a réfuté toutes les accusations portées contre « Salene Fishing Limited ».

Cette société est une filiale du groupe sud-africain « Salene Technology ». « Elle a été créée exclusivement pour gérer le projet d’investissement des pêches en Mauritanie », renseigne Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye.

« Salene Technology » possède parallèlement plusieurs groupes spécialisés dans divers domaines : exploitations minières, énergies, industries, bâtiments, pêche…présents dans plus d’une douzaine de pays notamment en Europe et en Afrique- y compris en Mauritanie où il compte à travers sa filiale « TransAfrika » investir plus de 2 milliards de dollars dans l’exploitation du fer.

Une aubaine pour la Mauritanie en termes de création d’emplois

Les opportunités que vont engendrer la création de « Salene Fishing Limited » ne semblent pas épater les armateurs mauritaniens déjà éprouvés par les flottilles européenne et sénégalaise. Mais, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a tenu à les rassurer.

« En plus des centaines d’emplois qui seront générés, d’importants avantages sont attendus de ce projet. Outre la formation de la main d’œuvre, le paiement des impôts, taxes et redevances de droit d’accès d’une quarantaine de navires ainsi que le loyer annuel du domaine public où sera construite la composante de base (complexe industriel et infrastructures de débarquement), il y a aussi le pourcentage annuel de bénéfices hors impôts (à hauteur de 10% du bénéfice pour financer des activités à caractère social », explique-t-il.

Au sujet de la concurrence avec les armateurs nationaux, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a affirmé que « la nouvelle société va aider à surmonter les contraintes de l’armement actuel en termes de débarquement des captures (approvisionnement des usines et du marché), de renouvellement de la flotte devenue vétuste, d’écoulement des produits de pêche qui connaissent une mévente en raison de l’unicité de leur acheteur (japonais) et d’accroissement des capacités nationales de stockage ».

Toutefois, a-t-il précisé,  » Salene Fishing Limited » ne sera pas autorisée à exploiter les espèces de fond, mais seulement à les acheter, car ces ressources restent exclusivement destinées à la flotte nationale.

Ce projet, à l’en croire, il y aura une forte capacité d’absorption de main d’œuvre. Sur les 40 navires environ, il y aura en moyenne 12 mauritaniens par navire. Il y aura aussi une mauritanisation graduelle des équipages. L’usine de conserve qui sera créée pourra fournir entre 600 et 700 opportunités d’emplois sans compter qu’il y aura d’autres unités ainsi que le personnel administratif qui sera mauritanien, dans son ensemble, à l’exception des postes de directeurs.

Le démarrage du projet n’attend que l’attribution par les autorités compétentes de la parcelle devant abriter la composante de base du projet. Le processus de disponibilisation de cette parcelle est en cours ainsi que l’examen des autres composantes de ce programme d’investissement.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Etats Généraux de la Démocratie:Conscience Harratine s’insurge contre leur exclusion

Conscience Harratine, qui regroupe des cadres et initiatives participants aux Etats Généraux de la Démocratie a publié, au cours d’une rencontre, un communiqué dans lequel le mouvement met en garde les pouvoirs publics contre le non règlement de certains problèmes qui peuvent menacer la stabilité du pays.

«La Mauritanie se trouve aujourd’hui dans une crise politique et sociale marquée par la pauvreté et l’inégalité sociale. Cette crise se manifeste en grande partie par la marginalisation de la majorité de la population dont la couche Harratine », explique Conscience Harratine.

Pour cette association, une telle situation a créé une communauté nationale fracturée et peu homogène. «Par carence d’une politique d’intégration et de nivellement, les mêmes inégalités se sont perpétuées », constate l’organisation, amèrement.

Cette carence de politique qui touche tous les échelons de la vie nationale exclue par conséquent la communauté Harratine de tous les centres de décision notamment du gouvernement, des Secrétaires Généraux, des Conseillers à la Présidence de la République, des Conseillers à la Primature, de l’Administration Centrale et Territoriale (Walis, Hakems), de la Diplomatie.

Conscience Harratine a insisté sur la nécessité d’instaurer une politique de discrimination positive au sein des Forces armées et de sécurité, du parlement où la communauté Harratine est quasi sous représentée et enfin du pouvoir judiciaire. «Malgré la place centrale de la Justice en tant que pilier principal d’un Etat de Droit il y a absence totale des Harratines  au niveau de la présidence des Cours et Tribunaux », fait remarquer Conscience Harratine qui estime, par ailleurs, que c’est le laxisme de la justice qui fait que les pratiques esclavagistes et leurs séquelles perdurent impunément.

Le document évoque aussi le volet socio-économique mettant en exergue l’insuffisance de la loi incriminant l’esclavage et l’absence de mesures d’accompagnement , ainsi que la carence de facteurs essentiels du Développement Humain à savoir l’Education, la Formation et la Santé.

Il y a aussi la pauvreté et la dépendance de la communauté Harratine composée dans sa majorité d’analphabètes et d’illettrés du fait de leur statut d’esclaves qui ne leur offre pas la possibilité ou l’opportunité de suivre un cursus scolaire normal. A cela, s’ajoute l’absence d’une Politique Agraire, Foncière, d’Elevage et de pêche au profit des Harratines.

Cette organisation, qui lutte pour la reconnaissance des droits de la communauté Harratine, s’est aussi prononcée sur le manque de Promotion et d’Insertion des Harratines dans la vie active ; ce qui a engendré une orientation sélective vers les tâches serviles et dures, (domestique, gardiennage, manœuvres) du fait d’une discrimination négative et en raison d’une main d’œuvre travaillant dans des conditions serviles.

L’exclusion des Harratines n’a pas été du goût de Conscience Harratine. Pour elle, le fait qu’aucun Harratine ne préside un atelier des Etats Généraux de la Démocratie n’est que la suite naturelle de leur condition de défavorisés par rapport à la gestion de la chose publique. Pour venir à bout de cette exclusion, l’organisation estime qu’une telle situation demande une solution de fond grâce à une politique de représentation juste comprenant toutes les composantes du pays pour contribuer à une sortie de crise.

La résolution du problème Harratine, aux yeux de Conscience Harratine, qui devrait passer au préalable par l’institutionnalisation d’une politique de discrimination positive au sein de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie serait la plus pertinente. Aussi, cette organisation regrette-t-elle que le problème incontournable des Harratines ne soit pas introduit comme thème de réflexion dans les différents ateliers des Etats Généraux de la Démocratie.                                                              

De plus en plus de cadres appartenant à la communauté Harratine expriment leur mécontentement et leur ras-le-bol. Ainsi donc, des voix s’élèvent pour dénoncer cette «politique de domination et de discrimination sournoise et sciemment orchestrée par tous les systèmes politiques ayant dirigé la Mauritanie depuis l’indépendance à nos jours».

Conscience Harratine estime que, pour la consolidation de l’unité nationale, il appartient à tous les mauritaniens de régler les problèmes de l’esclavage, du passif humanitaire, de la gabegie, du tribalisme, du régionalisme, du népotisme et d’instaurer une bonne gouvernance…

Cette organisation recommande aussi le droit à la représentation légitime des Harratines au sein de toutes les institutions de la République Islamique de Mauritanie par un quota permanent au moins égal à un tiers et ce au niveau notamment du gouvernement, de l’administration centrale, de l’administration territoriale, de la diplomatie, de la hiérarchie des forces armées et de sécurité, du Parlement, des Collectivités, des sociétés d’Etat, de la présidence des Cours et Tribunaux…

Dans le même ordre d’idées, Conscience Harratine préconise la création de décrets d’application de la loi incriminant les pratiques esclavagistes, la création d’une Agence chargée d’une politique de promotion des Harratines dont les fonds doivent être dûment budgétisés de même que la création de Zones d’Education Prioritaire (ZEP) avec pour vocation une éducation primaire et secondaire assistée à la base.

Cette organisation ne s’arrête pas là uniquement. Elle a demandé que soit mise sur pied une nouvelle politique de santé destinée aux couches les plus démunies par la création de postes de santé et de pharmacie communautaires, l’engagement dans les meilleurs délais d’une réforme agraire et foncière juste en plus d’une réorganisation plus équitable du secteur de la Pêche artisanale et de l’Elevage.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Affaire Ould Marcou : A défaut d’être fixées sur son sort, l’Afcf et SOS Esclaves demandent sa libération immédiate

Brahim Ould Marco croupit toujours en prison et son jugement est toujours renvoyé aux calendes grecques. Cette situation n’en finit pas d’exaspérer la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Aminétou Mint El Moctar qui suit ce dossier de près depuis le début. «Brahim Ould Marco est écroué en prison, sans toute forme de procès », déplore-t-elle.

Pour elle, ce dernier est tout simplement victime d’une injustice. Puisque la liberté provisoire que lui avait accordée le juge d’instruction a été refusée par le procureur de la République. Rappelons qu’à cet effet, sa conjointe, qui a été simultanément appréhendée par la police de l’aéroport à leur retour de Maroc où ils avaient convolé en noces, a été relâchée, grâce à son oncle Vadhili Ould Nagi, à l’époque commissaire de l’aéroport de Nouakchott.

Pour la présidente de l’Afcf, le cas d’Ould Marco est une illustration parfaite du manque de justice en Mauritanie. «Nous condamnons le comportement de la justice envers une tranche de la société. Nous demandons que la justice soit à la portée de tous et qu’il n’y ait pas de discrimination entre les différentes communautés du pays », dit-elle.

Cette affaire doit, selon elle, trouver une solution très rapidement. Elle n’a pas épargné dans ses critiques l’ex-procureur de la République qui a été démis de ses fonctions et principalement le commissaire Vadhili qu’elle accuse tous deux d’être derrière cette affaire. «Ce n’est pas le commissaire Vadhili qui peut bouleverser toute une justice », précise-t-elle.

La présidente de l’Afcf a affirmé qu’elle va éclairer la lanterne des mauritaniens au sujet de l’affaire Ould Marco, derrière laquelle se trouverait la main de Vadhili Ould Nagi.

Selon la présidente de l’Afcf, il y aurait aussi derrière cette affaire la main de Cheiyakh Ould Ely, actuellement conseiller à la présidence de la République qui aurait fait pression sur le ministre de la justice.

Aminétou Mint El Moctar semble avoir la coupe pleine et d’ailleurs elle l’a fait savoir en tirant à boulets rouges sur ce qu’elle appelle la féodalité mafieuse. «Ils sont en train de bafouer la justice mauritanienne et font tout ce qu’ils veulent. Ils utilisent leurs postes pour faire régner la terreur au sein des populations mauritaniens », a-t-elle dénoncé. «On ne peut pas continuer à violer allègrement les droits des citoyens », conclut-elle sur un ton de dépit.

Aminétou Mint El Moctar demande à ce qu’Ould Marco soit libéré. «Il n’a rien fait et il est innocent », soutient-elle puisque Brahim Ould Marco s’est marié avec Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi dans la légalité au royaume chérifien. Aussi, elle a demandé sa libération immédiate, à défaut de procès.

Boubacar Messaouad, président de SOS Esclaves, venu prêter main forte à la présidente de l’Afcf, n’y est pas allé de main morte en qualifiant l’affaire Ould Marco comme étant un crime. «La situation d’Ould Marco et de Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi est une situation de déni de droit », dit-il. «C’est l’expression d’une discrimination très flagrante et compréhensible dans un Etat féodal où les hommes et les femmes ne sont pas égaux », explique-t-il.

Pour Boubacar Messaoud comme pour Aminétou Mint El Moctar, l’affaire Ould Marco est la preuve que les autorités du pays ne veulent point instaurer un nouvel ordre social, basé sur la justice et l’égalité des chances entre les différents citoyens.

La famille de Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi, qui exerce un chantage sur Ould Marco, est en train de tout faire pour que le mariage de ce dernier avec Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi soit cassé et surtout qu’Ould Marco se sépare de son épouse, pour sortir de prison. «Nous voulons savoir pourquoi Ould Marco ne peut pas épouser Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi ? Pourquoi veut-on que leur mariage soit rompu ? Pourquoi est-on en train de punir Ould Marco ? », s’interroge Boubacar Messaoud.

A ses yeux, on est en train d’assister à un «divorce forcé » entre Brahim Ould Marco et Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi. Il n’a pas non plus manqué de dénoncer la prise en otage de la justice mauritanienne par une famille, une tribu ou une communauté. «C’est à cause de cela, explique-t-il, que la Mauritanie continue d’être la Mauritanie des Kwars, la Mauritanie des Bidhanes, la Mauritanie des Harratines… »

Ainsi donc, il estime que, tant que cela continuera, la situation du pays ne va jamais changer. «On n’oblige pas une femme à épouser quelqu’un. Mais non plus, on ne l’oblige pas à divorcer », dit-il.

Boubacar Messaoud va plus loin. Il  assimile l’affaire d’Ould Marco à certains cas relatifs à l’esclavage. «Les esclaves ne peuvent pas épouser des femmes qui ne sont pas esclaves. Les Harratines ne peuvent pas épouser des femmes qui ne sont pas Harratines. Les forgerons ne peuvent pas se marier en dehors de leurs castes, de même que les griots. Par contre, certains peuvent épouser qui ils veulent », souligne Boubacar Messaoud. 

Aux dernières nouvelles, Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi serait en état de grossesse. Et du côté de sa famille, on tente, par tous les moyens, de la faire avorter. A ce sujet, la mère de Brahim Ould Nagi, Fatimétou Mint Hameydane, qui était présente à cette conférence de presse, a laissé entendre que si la famille de sa belle fille s’aventurait à le faire, son fils les poursuivrait en justice.

Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi qui est majeure a consenti à se lier librement à Brahim Ould Marco. Mais ses parents continuent de soutenir que son mariage est nul. Ce qui n’est pas de l’avis de Boubacar Messaoud qui a déclaré que la justice devait avoir la même attitude vis-à-vis de Brahim Ould Marco et de Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi.

Les détracteurs d’Ould Marco se fondent principalement, pour casser ce mariage, sur le fait qu’il aurait des origines chrétiennes. «C’est une manière de faire la pression sur lui afin qu’il cède », a expliqué Aminétou Mint El Moctar.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Abderrahmane Ould Ahmed Salem: »Notre jeunesse souffre de marginalisation et du manque de possibilités de parvenir à ses aspirations »

Le cinéma, c’est sa passion. « Cette passion a grandi et s’est développée en moi, et m’a conduit à considérer « l’autre » et de me rapprocher de lui », révèle-t-il dans un entretien accordé à « Magharebia ». Dans cette interview, Abderrahmane Ould Ahmed Salem explique comment il a pu entrer dans le monde du cinéma en particulier dans une société traditionnelle et conservatrice. 

« A cette époque, j’allais à la campagne pour montrer à mes amis un spectacle sous la forme de photos intermittentes, un peu à la manière de ce que l’on appelait « le théâtre des ombres » dans le théâtre ancien, se souvient-il. Les problèmes auxquels j’étais confronté dans cette société bédouine, prise entre l’attitude de la sharia vis-à-vis du cinéma et l’appréhension toute bédouine de tout ce qui est statique, étaient énormes. »

A l’en croire, la société mauritanienne n’avait pas en face d’elle une véritable entité créative et stable. Pourtant, cela n’a pas empêché que les mauritaniens réagissent au cinéma lorsqu’ils commencèrent à s’y identifier. « Dans l’un des spectacles itinérants organisés par la Maison des Cinéastes à Oualata, l’une des villes historiques de la partie orientale de la Mauritanie, un film tourné dans la ville avait été projeté. Les habitants de Oualata ne l’avaient jamais vu depuis son tournage en 1952. Nous avons remarqué l’intensité et l’émotion suscitée par ce film », explique-t-il.

Interrogé sur l’extrémisme chez les jeunes mauritaniens, Abderrahmane Ould Ahmed Salem lie ce phénomène au fait que la jeunesse souffre de marginalisation et du manque de possibilités de parvenir à ses aspirations. En outre, il appuie son argument sur le fait que « les jeunes ne connaissent pas « l’autre » parce qu’ils n’en ont jamais eu ». « Ils reçoivent seulement des images importées, sans disposer des capacités nécessaires pour discerner le bien du mal », dit-il.

Puisque le cinéma à lui seul ne peut pas constituer une solution pour ces jeunes, que faire alors dans une telle situation ? Il préconise dans ce sens des programmes, parmi tant d’autres, destinés à la jeunesse mauritanienne comme par exemple : former les jeunes à utiliser une machine à travers laquelle ils pourront présenter un film reflétant leurs opinions sans avoir besoin d’un forum politique pour ce faire, et les former à lire les images.

Toujours, au sujet de l’extrémisme chez les jeunes, il a laissé entendre que les érudits et les prêcheurs n’ont pas su nous donner une vraie image de la religion. « La religion a jusqu’à présent était projetée… sous forme d’interdits et de tabous qui n’ont rien à avoir avec la vie de tous les jours, pas même avec la religion elle-même parfois », fait-il remarquer. « La religion n’est pas là pour asservir les gens, mais pour les servir. Ces gens n’ont pas été capables de nous présenter la religion sous sa forme brillante, spirituelle et ouverte. Ils se limitent à véhiculer jusqu’à présent des interdits, des takfirs, du désordre… », poursuit-il.

Pour Abderrahmane Ould Ahmed Salem, ceux qui présentent la religion n’ont pas été capables de passer de l’étape de la pratique religieuse purement rituelle à celle du vécu quotidien. « La religion nous a été présentée sous la forme de la prière uniquement, et non sous la forme d’un style de vie, comme les bonnes manières, un sourire face à des invités, l’attention aux pauvres, etc », affirme-t-il, déplorant que cette image ne soit pas celle du monde musulman.

Il s’inscrit en faux contre ceux qui pensent que le cinéma peut être un moyen de changement. « L’art en général n’est pas fait pour changer, mais pour poser des questions et soulever des problèmes, affirme-t-il. Les peintres, les musiciens, les dramaturges et les réalisateurs se doivent de poser les problèmes, ce qui en soi peut soulever un débat, et c’est ce débat qui peut induire le changement ».

L’avenir du cinéma en Mauritanie a été aussi abordé dans l’interview qu’Abderrahmane Ould Ahmed Salem a accordée à « Magharebia ». Pour lui, cet avenir repose sur deux choses : la présence d’une véritable volonté politique permanente et l’exigence que les gens puissent repenser les choses au lieu de ne s’intéresser qu’aux intérêts immédiats. « Un travail créatif qui ne trouve pas la liberté ne verra pas le jour. S’il nait, ce sera par le biais d’une césarienne, et s’il réussit à vivre, il sera handicapé. L’art créatif doit être libre », a-t-il conclu.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Raids israéliens sur Gaza:Indignation des élus et exigence de rupture des relations diplomatiques

Pendant qu’Israël intensifie ses opérations militaires sur la bande de Gaza, où vivent plus d’un million de palestiniens, les parlementaires et maires du pays, excepté ceux du Front National pour la Défense de la Démocratie, se sont donné rendez-vous, ce lundi 5 janvier, à l’hémicycle, pour exprimer leur indignation au sujet des massacres que l’Etat hébreu est en train de commettre sur des civils palestiniens, sans la moindre impunité sous le regard impuissant de la communauté internationale.

Les raids israéliens sur la bande de Gaza en Palestine continuent de susciter des réactions à travers le monde. La Mauritanie, par le biais de ses élus, vient de se joindre à la liste des pays condamnant l’attaque militaire d’Israël sur la bande de Gaza. A l’unanimité, les élus du peuple mauritanien ont fustigé l’attitude belliqueuse d’Israël qui continue de poursuivre ses offensives militaires sur la bande de Gaza. Ils n’ont pas manqué de verve pour assimiler l’Etat d’Israël à un Etat criminel qui ne respecte pas les droits de l’Homme.

Les élus, qui viennent d’emboîter le pas au peuple mauritanien qui est sorti dans la rue pour demander la rupture des relations diplomatiques avec Israël, commencent à perdre patience face à l’attitude de l’Etat hébreu. Ils ont d’ailleurs fait savoir qu’ils allaient rédiger une résolution demandant au Chef de l’Etat de rompre définitivement avec Israël dès l’instant que ce dernier n’œuvre pas pour l’instauration de la paix au Moyen-Orient.

Pour sa part, Ould Hanenna a dénoncé le comportement de la communauté internationale et notamment du monde arabe qui laisse Israël faire ce qui lui semble bon. Se fondant sur la position du peuple mauritanien, il a soutenu que nos relations diplomatiques avec Israël ne se justifient pas, ni politiquement, ni moralement.

La Mauritanie demeure, avec la Jordanie et l’Egypte, l’un des pays dans le monde arabe à entretenir des relations diplomatiques avec Israël. Aux yeux de Hanenna, les relations diplomatiques qu’entretient la Mauritanie avec Israël sont humiliantes et inopportunes étant donné que le peuple mauritanien a montré toute sa désapprobation par rapport à ces relations.

D’autres élus sont allés plus loin dans leurs condamnations. Le député Ould Abdallahi, par exemple, en a appelé à la résistance du monde arabe face à l’oppression d’Israël sur le peuple palestinien qui vit l’injustice du fait de la passivité et de l’inaction de la communauté internationale.

«Le silence de la communauté internationale a favorisé le massacre qui est en train de se faire sur Gaza », a soutenu Camara Ali Guéladio en demandant au gouvernement mauritanien de ne ménager aucun effort, à travers les Nations Unies, la Ligue Arabe, l’Union Africaine, pour que ce ses collègues considèrent comme étant un «crime contre l’humanité » le massacre de Gaza.

Les élus du peuple ont appelé le Chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz à franchir le Rubicon en faisant sienne la volonté du peuple mauritanien qui s’est élevé contre les attaques israéliennes sur la bande de Gaza et rompre les relations diplomatiques avec Israël. Ils ont en outre demandé à ce que l’Etat mauritanien rappelle son ambassadeur à Tel-Aviv. Aux dernières nouvelles, on a appris la confirmation de cette information qui confortera certainement les élus du peuple.

———-Encadré

Deux questions à….

Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini, S.G du PRDR

« Notre relation avec Israël doit servir la paix »

Le Rénovateur Quotidien: Au-delà des condamnations de principe, allez-vous emboîter le pas au peuple mauritanien qui est sorti dans la rue pour demander la rupture définitive des relations diplomatiques entre la Mauritanie et Israël ?

Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini : Nous n’emboîtons le pas à personne. Notre parti a une position de principe sur cette question depuis qu’il est redevenu Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau. Nous l’avons fait savoir en marge de notre 3ème congrès, tenu en octobre 2005. D’ailleurs, la déclaration de politique générale de notre parti comportait parfaitement cette question des relations diplomatiques entre la Mauritanie et Israël. Nous avions précisé et répété, de façon constante, que la relation de notre pays avec Israël doit servir la paix. Autrement dit, servir la cause juste du peuple palestinien sur la base de la reconnaissance du principe de la paix contre la terre.

Ce principe qui fonde notre position est aujourd’hui consacré par la communauté internationale et qui fait partie ipso facto du droit international. Tant qu’Israël n’exploite pas notre relation dans l’intérêt de la paix et de la sécurité dans le monde, tant que cette relation entre la Mauritanie et Israël ne sert ni la paix ni la justice, nous demanderons toujours la rupture des relations diplomatiques avec Israël. Nous réitérons notre demande à l’Etat mauritanien de rompre ses relations diplomatiques avec Israël car elles n’ont aucune influence sur la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Le Rénovateur Quotidien : On a toujours demandé cette rupture, mais jamais l’Etat mauritanien ne s’est aventuré à prendre une telle décision. Comment pouvez-vous expliquer cela ?

SMOMV dit Ghrini : Nous ne sommes pas à la tête de l’Etat. Nous ne sommes pas, non plus, au sein du Gouvernement. Nous sommes des parlementaires, des partis politiques. Nous avons des positions et nous les avons librement exprimées dans les colonnes de la presse, comme dans l’hémicycle du Parlement. C’est tout ce que nous pouvons faire et c’est un bon début. Cette question pèse beaucoup sur la scène politique nationale.

L’année dernière, j’étais parmi les cinq chefs de partis à demander au président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, à la suite d’une marche, de rompre nos relations diplomatiques avec l’Etat hébreu. Nous lui avions d’ailleurs transmis une doléance de tous les partis politiques pour rompre avec Israël ou au moins permettre l’ouverture d’un débat à ce sujet entre l’exécutif et le Parlement. L’ancien président n’avait pas donné de suite à notre requête. Et pourtant, il en avait fait la promesse pendant sa campagne électorale. Avant hier (4 janvier, Ndlr), j’étais avec d’autres groupes de partis politiques qui ont posé les mêmes problèmes au Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Nous attendons la suite et nous sommes sûrs que l’Etat mauritanien sera influencé peu ou prou par la position de ses parlementaires.

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye

( 27 février, 2009 )

Détenus présumés salafistes : Une grâce présidentielle est-elle possible ?

Mohamed Ould Abdel Aziz, après avoir consacré une avenue à feu Moctar Ould Daddah, puis gelé contre toute attente les relations diplomatiques avec l’Etat d’Israél, va-t-il franchir le Rubicon dans le dossier des détenus présumés salafistes qui sont toujours incarcérés sans jugement ?

Le désespoir ne cesse de grandir de jour en jour dans le cœur des proches des détenus présumés salafistes incriminés dans l’attaque d’Aleg ayant occasionné la mort de 4 touristes français à la veille de Noël de l’année 2007 et autres attaques terroristes.

A ce goût d’amertume s’ajoute celui de la déception et de la colère. Parmi les dossiers les plus brûlants hérités de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi par Mohamed Ould Abdel Aziz, le dossier des détenus présumés salafistes est le plus complexe et le plus sensible. Les familles avaient cru que l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz allait donner un coup d’accélérateur dans le traitement de ce dossier. Aujourd’hui, elles ne cachent pas leur déception. Elles ont très vite déchanté.

Tout ce qu’il leur reste aujourd’hui, c’est leurs chapelets pour prier. Ainsi, chaque lundi, les familles des détenus présumés salafistes investissent les abords immédiats de la prison centrale pour demander la libération des leurs, emprisonnés voilà presqu’un an. Au nombre d’une quarantaine, ces détenus présumés salafistes sont accusés par l’Etat d’appartenir à des réseaux terroristes liés à la branche d’Al-Qaeda au Maghreb Islamique (Baqmi) et d’être impliqués dans l’attaque d’Aleg, de la fusillade de Tévragh-Zéina ainsi que de l’attaque contre l’ambassade d’Israél à Nouakchott.

Ce dossier risque de prendre beaucoup de temps. Car, selon le gouvernement, ces détenus présumés salafistes constituent des menaces sérieuses et réelles pour la stabilité du pays. On s’en souvient encore, à cette époque, l’impressionnante cache d’armes et d’explosifs saisie par les forces de sécurité, après de nombreuses traques et fouilles des cellules terroristes à Nouakchott.

Pour toutes ces raisons, y a-t-il lieu de penser que les nouvelles autorités vont s’aventurer dans ce dossier explosif en procédant à la libération, comme le réclament les parents, les détenus présumés salafistes ? Même sous la pression, Mohamed Ould Abdel Aziz s’aventurerait-il à accorder une grâce présidentielle ? Difficile à croire, sachant que ces détenus seraient présumés avoir des liens avec Al-Qaeda.

En plus, ce serait aller en contradiction par rapport à sa démarche visant à traquer les terroristes en Mauritanie -d’ailleurs, la question de la sécurité est l’une de ses priorités. En outre, dans la conjoncture actuelle caractérisée par l’instabilité et la précarité, il ne se risquerait pas à prendre une telle décision. L’attaque de Tourine est encore fraîche dans nos esprits pour nous rappeler que la Mauritanie pourrait abriter des groupes terroristes toujours prêts à taper fort, à des moments inattendus.

Inculpés par la justice mauritanienne qui les accuse d’actes de violence ou de terrorisme, les détenus présumés salafistes attendent ainsi que leurs familles que leur sort soit fixé. Dans l’espoir que leur procès se tienne un jour, les familles continuent de s’accrocher fortement à la libération future des leurs. Car, affirment-elles, avec beaucoup de conviction en laissant entendre qu’ils sont innocents. « Jusqu’à preuve du contraire », soutient une mère des détenus présumés salafistes, venue apporter de quoi manger à son fils.

Parmi ces détenus présumés salafistes, il y a Khadim Ould Semman, chef présumé et auteur probable de l’attaque contre l’ambassade d’Israél à Nouakchott, le 1er février 2008, ainsi que Sidi Ould Sidna et Marouf Ould Haiba, deux des trois assassins présumés des quatre touristes français. Leur troisième complice demeure toujours en fuite.

Jusqu’à présent, la justice mauritanienne n’a pas prouvé encore la culpabilité des détenus présumés salafistes soupçonnés d’être à l’origine de plusieurs attaques et surtout d’appartenir à la Branche d’Al-Qaeda au Maghreb Islamique. Aujourd’hui, en cas d’inculpation avérée, ils risquent la peine de mort ou 15 ans d’emprisonnement. Cela explique en grande partie la lenteur de ce dossier.

En attendant, les familles espèrent de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il gracie les leurs. Va-t-il le faire, lui qui est si imprévisible ?

Babacar Baye Ndiaye 

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