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( 27 février, 2009 )

Thierno Athié : Du rêve à la caresse de la guitare !!!

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Il chante en poular avec des messages limpides et est si calme qu’on le croirait presque timide. Il évolue, depuis quelques années, en solo. Ça ne l’empêche pas pour autant d’accompagner régulièrement l’orchestre de la famille, « Les frères Athié ». De donner un coup de main à certains artistes de la place ou de venir chanter à certains spectacles. Grandi à Kaédi sur les rives du fleuve Sénégal, sous l’ombre de son grand-père, Thierno (« marabout » en poular, ndlr) Athié a commencé à gratouiller la guitare à l’âge de 14-15 ans. Grâce à ses deux frères, Vieux (bassiste) et Alpha (soliste), il s’initie vite à la guitare. Ce fut une véritable révélation !

Sa musique, à la fois authentique et savoureuse, reflète ses racines poular. Gardien d’une tradition musicale, parolière et historique, Thierno Athié joue aussi bien du reggae que du rock.  « Mais, je préfère jouer quelque chose qui provient au fond de moi », révèle-t-il. La musique qu’il joue- l’acoustique- est une musique encore nouvelle dans l’oreille des mauritaniens. Alors que dans d’autres pays, c’est presque à la mode.

Populariser l’acoustique en Mauritanie 

La musique acoustique n’est pas encore bien ancrée en Mauritanie. Thierno Athié est actuellement un des rares musiciens qui la promeut, mais avec toutes les peines du monde. Aujourd’hui, son seul souci : c’est d’imposer ce genre musical au pays d’un million de poètes. En Mauritanie, rien ne s’obtient gratuitement et en plus… »J’ai les ailes mouillées », avoue-t-il comme pour dire qu’il ne suffit pas d’être volontariste.

De Kaédi- véritable carrefour musical-, où il a passé une bonne partie de son adolescence, il rapporta des notes musicales exotiques. Cette période va germer dans son esprit l’envie de devenir un jour un musicien, un grand guitariste. C’est à partir de là qu’il a commencé à s’attacher à la musique- l’acoustique- que jouaient, tous les après-midi, chez eux,  les amis de ses oncles, autour du thé. Depuis, il ne s’est plus éloigné de la musique ! La plupart de ses chansons, à la fois personnelles et spirituelles, sont empreintes de nostalgie, du temps qui passe sans que l’on s’en aperçoit. Nombre d’entre elles ont été composées à l’extérieur, durant son aventure.

Sa musique lui sert de piquet pour percer les barrières sociales. Thierno Athié a très tôt connu l’expatriation. Après l’obtention de son baccalauréat, le voici successivement aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, au Tchad, en Lybie, en Espagne, en Tunisie… Rattrapé par le virus de la musique, il revient au pays dans l’espoir, cette fois-ci, de faire triompher la musique acoustique en Mauritanie. Il ne perd pas de vue qu’il ne devra son salut qu’à lui-même, en attendant que le jour se lève…

Aujourd’hui, sa seule ambition est de populariser sa musique en Mauritanie. Il n’est pas pressé de sortir son premier opus. A 31 ans, Thierno Athié ambitionne d’exporter sa musique. Aussi, il ne voudrait pas manquer la première occasion qui s’offrirait à lui. Parallèlement à la musique, il poursuit ses études. « Néanmoins, je reste musicien », souligne-t-il.  

Prouver son talent 

Thierno Athié est un fan de Baba Maal qu’il écoute depuis son adolescence. Tout au long de sa vie aussi, il s’est inspiré de Bob Marley, d’Alpha Blondy et de Dire Straits. Il puise souvent dans leur répertoire pour développer son sens musical. Jamais, dans ses morceaux, il n’offusque ou s’affiche. « Je ne parle pas de ce qui ne me concerne pas », précise-t-il. Il préfère surtout porter un regard pénétrant sur la vie de manière brossée en abordant des thèmes conformes à l’air du temps. « Il y a des gens qui sont prêts à trahir une personne à cause de l’argent, tuer une personne à cause de l’argent… », explique-t-il. En plus d’être musicien, il devra montrer qu’il a de la moelle dans l’os.

Déçu par la classe dirigeante du pays et agacé par le sort réservé aux artistes mauritaniens, Thierno Athié est frustré de voir les artistes abandonnés à leur sort. « On ne fait rien pour eux. On ne les aide pas. Encore moins les motiver », se désole-t-il.

Il fait partie de ces rares musiciens qu’on voit rarement. De ce fait, ses sorties sont peu fréquentes à cause de ses études… Le peu de temps qu’il dispose, il le consacre aux répétions et à l’écriture de ses chansons.

Parallèlement aux difficultés qu’il rencontre dans la musique, il doit faire face aussi aux réticences de sa mère. « Elle refuse que je joue de la musique », affirme-t-il. Ce qui n’est pas le cas avec son père. « Lui, il n’a pas de problème. Il me comprend. Il est formidable », confie-t-il.

Descendant de Souleymane Baal –celui-ci dirigea le renversement du dernier satigui Souley Ndiaye Togosso-, il doit aussi faire face à certains stéréotypes du fait de ses origines Torodo. Mais, à ceux qui voudraient le claquemurer dans des idées préfabriquées, il lance : « Le fait d’être le petit-fils d’un grand marabout religieux ne veut rien dire pour moi car la musique est un don de Dieu ».

Même issu de famille maraboutique, sa carrière musicale ne sera pas de tout repos lui qui a tronqué son chapelet à une guitare devra se montrer à la hauteur de ce qui l’attend, des attentes du public. Pour ce faire, il devra se battre d’abord contre certaines idées féodales fortement ancrées dans les mentalités des mauritaniens et qui voudraient maintenir les hommes dans une stratification sociale en hautes et basses classes, fruit d’idées préconçues et séculaires.

A tort, on cantonne les artistes facilement aux rôles de laudateurs. « Je ne joue pas pour demander ni pour me faire de l’argent. Je veux montrer ce que j’ai. Je veux vraiment prouver ce que je vaux, ce que Dieu m’a donné, ce que je peux offrir aux spectateurs et au public », explique-t-il.

Babacar Baye Ndiaye 

1 Commentaire à “ Thierno Athié : Du rêve à la caresse de la guitare !!! ” »

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