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( 29 septembre, 2010 )

La BM appelle la Mauritanie qui traîne les pieds à ratifier la Décision de Yamoussoukro

Ils sont au nombre de dix pays africains dont la Mauritanie à ne pas avoir signé ou formellement ratifié la Décision de Yamoussoukro. Celle-ci réclamait la libéralisation complète du transport aérien intra-africain en matière d’accès, de capacités, de fréquences et de tarifs, le libre exercice par les compagnies aériennes qualifiées des première, seconde, troisième, quatrième et cinquième libertés pour le transport aérien de passagers et de fret (ces libertés, reconnues par la plupart des accords de droit aérien international, permettent entre autres à une compagnie atterrissant dans un État étranger d’y embarquer des passagers ou du fret en provenance ou à destination d’un État tiers), la libéralisation des tarifs et la concurrence loyale, le respect des normes de sécurité établies et des pratiques recommandées par l’OACI…

A ce propos, la Banque Mondiale vient de recommander, dans une étude, aux pays africains la libéralisation du transport aérien. L’objectif étant de promouvoir leur sécurité et leur développement. D’ailleurs, dans un communiqué de presse publié à cette occasion, le 27 septembre, à Montréal, la Banque Mondiale a indiqué que « les pays africains peuvent stimuler leur propre croissance économique et leurs perspectives de développement en mettant en pratique les engagements qu’ils ont pris d’ouvrir les marchés locaux du transport aérien aux opérateurs extérieurs ».

Lors de la présentation de cette nouvelle étude de
la Banque mondiale dans la capitale québécoise, devant des experts du transport aérien qui assistaient à la conférence organisée conjointement par l’université Mc Gill (Institute of Air and Space Law) et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), Charles Schlumberger, spécialiste principal du transport aérien à
la Banque Mondiale, a regretté l’absence d’un régime adéquat de supervision de la sécurité et de la sûreté en Afrique.

Son constat est sans appel. « À l’heure actuelle, les normes de sécurité sont médiocres dans 31 pays d’Afrique, ce qui cause davantage d’accidents d’avion que dans toute autre région du monde », a-t-il indiqué.

 Aujourd’hui, force est de constater que la plupart des pays africains n’ont pas mis en œuvre tous les engagements auxquels ils avaient souscrit dans la déclaration de Yamoussoukro adoptée en 1999. A cette époque, les 44 pays signataires s’étaient engagés à déréglementer leurs liaisons aériennes et à promouvoir des marchés régionaux du transport aérien ouverts à la concurrence transnationale. 

Dix ans, après son adoption, rien n’indique que la Décision de Yamoussoukro soit en cours d’application à l’échelle du continent. L’étude de la Banque Mondiale sur l’état du transport aérien en Afrique a révélé dans ce sens qu’un tiers des Etats africains rebutent à libéraliser leur transport aérien du fait que cela pourrait exposer les compagnies aériennes non compétitives à des normes de fonctionnement qu’elles seraient incapables de respecter.

Mais, selon l’étude de la Banque Mondiale, outre l’amélioration de la qualité et des prix du transport aérien, la libéralisation du transport aérien permettrait aux pays africains de redéployer les ressources publiques ainsi économisées vers des investissements plus favorables au développement économique.

Babacar Baye NDIAYE

( 27 septembre, 2010 )

La Mauritel lance sa nouvelle identité visuelle

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L’entreprise téléphonique Mauritel a lancé, ce dimanche 26 septembre, sa nouvelle identité visuelle. La présentation a été faite au cours d’une rencontre avec la presse. Le directeur général de cette société a d’abord, dans sa présentation, brossé un tableau récapitulatif de leur part de marché, en révélant que 70% des mauritaniens font confiance à Mauritel.

Ce pourcentage a fait de cette entreprise l’opérateur leader du marché. D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus d’1,5 millions de mauritaniens utilisent Mauritel Mobiles, plus de 42.000 sont abonnés à Mauritel Fixe. Et, plus de 7.500 mauritaniens sont branchés au réseau Internet de Mauritel. A côté de cela, les mauritaniens qui utilisent l’Internet 3G+ tournent autour de 3.000.

Pour autant, les responsables de cette entreprise leader du marché ne comptent pas dormir sur leurs lauriers. « Mauritel est une entreprise très ambitieuse. Nous allons offrir à nos clients plus de services orientés vers leurs besoins et leurs préoccupations », a déclaré en substance le directeur général de Mauritel.

Aujourd’hui, Mauritel Mobiles et Mauritel Fixes ont fusionné pour donner naissance à Mauritel ™. En plus de son statut de leader dans le marché, Mauritel qui a la plus grande couverture réseau en Mauritanie apporte à l’Etat mauritanien plus de 90 milliards d’ouguiyas  sans compter les investissements, les emplois directs et indirects qu’elle génère.

Lors de la présentation de la nouvelle identité visuelle de Mauritel, le directeur de cette entreprise a indiqué qu’ils vont revoir à la hausse leurs engagements relatifs à la qualité, à la diversification de leurs offres, à l’écoute de leurs clients, à l’introduction de nouvelles technologies et à l’accompagnement du développement du pays.

Et, pour concrétiser cet ambitieux programme, Mauritel a décidé de définir une nouvelle identité visuelle à travers un nouveau slogan (« Un monde nouveau vous appartient ») et un nouveau logo qui incarne les couleurs de la vie, une forme suggestive et un contenu démonstratif. Ainsi, avec cette nouvelle identité visuelle, Mauritel se met à l’aube d’une nouvelle ère prometteuse.

Babacar Baye NDIAYE

( 26 septembre, 2010 )

La Police disperse un sit-in des exclus du recensement de l’ADU

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Des centaines de personnes venues des Kebbas Mendèz d’El Mina se sont rassemblées, dans la matinée du 26 septembre, près de la Primature pour dénoncer leur exclusion du récent recensement effectué par l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.). La Police a fait usage de matraques pour disperser très rapidement la manifestation.

Sidi Mohamed Ould Brahim, un des manifestants, a dénoncé cette attitude de la police, estimant que leur manifestation visait uniquement à informer le Premier ministre de leur situation. Aujourd’hui, on estime entre 5.000 et 6.000 personnes ayant fait les frais du recensement de l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.).

A titre de rappel, ce n’est pas la première fois qu’une opération de recensement est effectuée au niveau des Kebbas Mendèz d’El Mina par les services du Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. Le premier recensement remonte en 2000.

A cette époque, la Banque Mondiale avait financé, à la suite d’une étude, la construction de nouveaux logements destinés aux pauvres des Kebbas Mendèz d’El Mina. Puis, il y’eût un recensement complémentaire piloté par la préfecture d’El Mina. Celui-ci visant à combler les insuffisances du premier recensement.

Ce recensement sera remis en cause par l’Agence de Développement Urbain qui mettra en place un nouveau programme de relogement en ignorant ceux qui ont été déjà inscrits. D’où toute la polémique qui a entouré les opérations de recensement de l’Agence de Développement Urbain.

Les populations des Kebbas Mendèz d’El mina affirment qu’ils ont battu le macadam pour protester contre « les pressions » dont elles sont victimes et « les manipulations de gens puissants » qui tirent les ficelles de cette affaire.

Composées de 18 secteurs, les Kebbas Mendèz d’El Mina couvrent une superficie de plus en plus convoitisée. « Il y’a eu une mise à l’écart délibérée au sujet du recensement effectué par l’Agence de Développement Urbain », a affirmé Maouloud Ould Boubi, ajoutant que cette exclusion n’a concerné que les Harratines et les Négro-mauritaniens. « Aujourd’hui, les Kebbas Mendèz d’El Mina sont en train de s’écrouler sous le poids de l’explosision démographique. Du coup, le besoin foncier devient de plus en plus important « , a-t-il ajouté.

Depuis mi-septembre, les opérations de recensement de l’Agence de Développement Urbain ont déclenché l’ire d’une bonne partie des populations des Kebbas Mendèz d’El Mina, un quartier très précaire et caractérisé par l’extrême pauvreté. Avant la dispersion de la manifestation par les forces de l’ordre, les protestataires ont appelé « le gouvernement, le Hakem, le Ministre de l’Urbanisme et de l’habitat et le Président de
la République à prendre leurs responsabilités » dans cette affaire en les rétablissant dans leurs droits.

Babacar Baye NDIAYE 

( 22 septembre, 2010 )

Ridiculisé et maltraité par un douanier, Aboubakar Cissé raconte son calvaire

C’est le chemin de la croix pour certains voyageurs qui empruntent l’axe Nouadhibou-Nouakchott réputé par ces postes de Police, de Douanes ou de la Gendarmerie comme partout dans le pays.  Le plus irrespectueux, c’est quand les opérations de fouille qu’elles effectuent se font de manière sélective. Ce qui ne manque pas souvent de susciter l’ire de certains passagers mauritaniens. 

Aboubakar Cissé, qui a quitté la Mauritanie depuis mars 2008,  est un jeune Soninké d’origine mauritanienne. S’il s’était imaginé du calvaire et de l’humiliation qui l’attendaient dans son propre pays, il n’aurait certainement pas quitté l’Espagne où il y vit et travaille depuis une année pour se rendre dans son Guidimakha natal afin de rendre visite à ses parents.

Ainsi, pour dire, ce qui devait arriver arriva. Il décida de faire donc le voyage par voie terrestre, certainement plus confortable à ses yeux puisqu’il disposait d’un véhicule.

« J’ai quitté l’Espagne le 21 octobre, se souvient-il. De Maroc jusqu’au Sahara Occidental, je n’ai pas eu de problèmes. Mais, une fois, dans mon pays, en Mauritanie, grande a été ma surprise de me confronter à une dure réalité du pays. »

En effet, arrivé à Nouadhibou, sa voiture tombe en panne. Et le voilà obligé de s’embarquer à bord d’un bus de transport en destination de Nouakchott. Une heure, deux heures, trois heures plus tard…Rien ne vient interrompre le voyage qui, jusque-là, s’est effectué comme sur des roulettes.

Le temps filait vite aussi. Mais, à une cinquantaine de kilomètres de Nouakchott, le bus est immobilisé devant un poste de douanes. Un douanier monte dans le bus et commence à inspecter. Arrivé à son niveau, le douanier, après avoir effectué un tour dans le bus, le prie de descendre et de le suivre au poste de douanes, après avoir réclamé son passeport.

Aboubakar Cissé s’exécuta puisqu’il se disait qu’il n’avait rien à se reprocher. « Dans tout le bus qui contenait plus de 70 personnes, il n’y a que mes bagages qui ont été fouillés. C’est révulsant et irrespectueux ! », confie-t-il. Bagages aux mains, il se présenta devant le douanier. Nonobstant le fait qu’il disposait de sa quittance, on a voulu le déposséder de ses biens. Il sera soupçonné d’avoir introduit en Mauritanie de la drogue.

Ce qui a laissé perplexe Aboubakar Cissé. Il sera retenu et entendu au poste de douanes pratiquement pendant un tour d’horloge. Il sera ridiculisé, confie-t-il, avant d’être malmené par les douaniers qui l’ont fait avaler toutes sortes de paroles peu catholiques et d’injures à connotation raciale. Ce spectacle n’a pas laissé indifférent un passager qui ne fait pas partie de cette catégorie d’individus qui sont des témoins de l’injustice mais par crainte de représailles ont peur de réagir.

Venu jouer les bons offices, il sera éconduit par les douaniers lui aussi mais tenta de résister. Cela ne manquera pas de provoquer des passes d’armes entre lui et les douaniers. Du coup, les passagers, chacun à son niveau, y allaient de leurs compréhensions et de leurs commentaires sur l’attitude des douaniers.

Babacar Baye NDIAYE

( 22 septembre, 2010 )

Haye Es-Sakkine : La famille Hewel Weib réclame ses terrains dépossédés par des officiers de l’armée

Haye Es-Sakkine, jusqu’à une date récente, était un trou perdu. Mais, depuis que Mohamed Ould Abdel Aziz a décidé de viabiliser ce quartier, il est devenu l’objet de plusieurs convoitises notamment de la part de certains responsables politiques ou militaires du pays. Certaines familles qui y ont élu domicile, qui ne disposent pas de bras longs, se voient expropriées de leurs terrains.

Cette expropriation s’accompagne souvent avec la violence. La famille Hewel Weib en a fait les frais au mois d’octobre dernier. Celle-ci a toujours logé au secteur 6 de Haye Es-Sakkine. Un jour, à la grande surprise des membres de la famille, elle voit débarquer chez elle une horde de policiers pour venir les déguerpir.

« Nous sommes une grande famille composée de quatre familles qui vient d’être attaquée par des policiers de l’Etat qui nous ont arrachés notre terrain mais aussi le deuxième qui est en cours d’être pris par ces mêmes policiers que notre feu père a laissé pour sa famille », renseigne Saad Bouh Yahya Ould  Weib, un membre de la famille.

A l’en croire, c’est deux colonels de l’armée mauritanienne en la personne de Mohamed Ghelaye et Mohamed Ould Hadi qui auraient donné des instructions  pour les déloger de leur maison pour y loger les siens.

Cette opération remonte le 8 octobre 2009. Il y a eu ce jour-là des altercations entre la famille Hewel Weib et les forces de l’ordre qui ont usé, comme à l’accoutumée, de la brutalité. « Nous avons été frappés par la police et maltraités à la fois, se souvient toujours Saad Bouh Yhaya Ould Weib.  Même notre maman Toundou Mint Brahim âgée de 70 ans a été sévèrement blessée. »

A la suite de ces bourrades, la maison sera saccagée sous le regard impuissant des riverains et de leurs propriétaires. En quelques minutes, la maison était devenue un champ de ruines. Les sœurs de Saad Bouh Yahya Ould Weib qui tentaient de s’interposer à tour de bras seront rudement malmenées par les policiers.

« C’est à partir de ce même jour que le commissaire de Dar Naïm a ordonné à ses policiers de nous faire sortir de la maison. Ces derniers sont restés dans la maison toute la nuit jusqu’à ce que les maçons ont terminé de clôturer la maison », dit-il, hagard et confus.

Sur ordre d’un colonel, le préfet de Dar Naïm saisit à son tour le commissaire de cette moughataa pour les déloger de leur gazra qu’ils occupent depuis 1987. Après cette opération de démolition digne d’un film de Sylvester Stallone ou d’Arnold Schwarzenegger, on proposera à la famille de s’installer à El Khreib, vers Dar Naïm, sur une autre gazra. Ce que refusa la famille catégoriquement.

Aujourd’hui, le désarroi de cette famille est tel qu’elle a demandé à Mohamed Ould Abdel Aziz de venir rapidement à son secours afin qu’elle puisse reprendre son terrain. Le cas de cette famille n’est que l’arbre qui cache la forêt. Selon Saad Bouh Yahya Ould Weib, d’autres familles ont été victimes de l’abus de pouvoir des colonels susmentionnés.

Babacar Baye NDIAYE

( 22 septembre, 2010 )

Messaoud Ould Boulkheir : « Je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent semer le trouble au sein de l’APP et qui qu’il soit »

messaoudouldboulkheir1.jpgMessaoud Ould Boulkheir a montré qu’il est la seule constante au sein de l’Alliance Progressiste Populaire, qu’il reste et restera le chef incontesté voire incontournable de ce parti, le choix de la base des militants, l’incarnation des principes et objectifs du parti.

Autant de faits qui l’ont fait sortir, en vrai patron de parti, de ses gonds pour mettre en garde ceux qui voudraient annihiler l’Alliance Populaire Progressiste.

Il en a fait la démonstration de force, à l’occasion des journées de réflexion du parti qui ont eu lieu du 24 au 26 décembre 2009, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Devant plus de 400 cadres, Messaoud Ould Boulkheir a voulu sonner la fin de la récréation au sein de son parti.

La fin de la récréation

« Nous n’accepterons [plus que] des idées telles que répandues par les semeurs de doute, les pêcheurs en eaux troubles qui, malheureusement, existent dans ce parti et qui n’ont jamais cessé de critiquer pour critiquer tout simplement parce qu’ils ne se voient pas au devant de la scène s’agissant de l’APP. Et, là, où ils ne se voient pas au devant de la scène, c’est le chaos et on mobilise les gens, on fait ces petits groupes de pressions à Nouakchott ou ailleurs. On essaie de semer le doute et la zizanie voulant être la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », a-t-il indiqué.

Pour Messaoud Ould Boulkheir, cette situation n’a que trop duré. Et, il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre en garde ceux qu’il nomme « les chasseurs de prestige », « les pêcheurs en eaux troubles », « les chasseurs de leadership »…soupçonnés de vouloir comploter contre l’APP et du coup de le fragiliser.

« J’ai tu beaucoup de contradictions. J’ai évité de parler de beaucoup de choses  qui existent et qui sont là avec des preuves pensant bien faire, pensant sauvegarder l’unité du parti mais je crois que les gens ont interprété cela très mal », dit-il.

Et, d’ajouter sur un ton d’énervement : « Ils croient que c’est par supplice que je me suis tu ou que je n’ai pas voulu étaler au devant de la scène nos problèmes internes ou que je ne le pourrais pas. Je le peux parce que tout monde sait qu’en Mauritanie et ailleurs, Messaoud Ould Boulkheir n’a peur de rien ! ».

Dans ce discours, le pouvoir, à qui on prête l’intention de vouloir phagocyter l’Alliance Progressiste Populaire, (APP) est également indexé de manière déguisée.

« APP est l’un des partis qui dérangent le plus le pouvoir en place et donc les conspirations du pouvoir visent le parti.APP est vaccinée contre tout cela mais il n’en demeurerait pas moins qu’il était très utile de faire la mise au point, d’attirer l’attention des militants et de les mettre en garde contre les semeurs de trouble qui pourraient venir d’autres côtés pour essayer de déstabiliser le part », explique Ahmed Samba Ould Abdallahi, président du mouvement des Jeunes de l’APP.

« APP n’est pas le parti des Harratines ni d’El Hor »

Par rapport à cette question, Messaoud Ould Boulkheir s’est voulu être très clair et partant prendre le contrepied de ceux qui considèrent que l’Alliance Populaire Progressiste doit rester le parti des Harratines ou d’El Hor.

« Je dis haut et fort que ma patience a pris fin, a-t-il déclaré. Je n’ai plus de patience et je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent souiller notre parti, à ceux qui veulent semer le trouble dans ce parti et qui qu’il soit ».

Ce discours de Messaoud Ould Boulkheir a surpris plus d’un. Et, selon Ladji Traoré, le secrétaire général du parti, l’Alliance Populaire Progressiste ne peut plus se permettre qu’El Hor constitue l’ossature qui doit diriger, comme le soutiennent certains membres fondateurs de ce mouvement, que les leaders naturels du parti soient issus de leur rang (El Hor, Ndlr). « C’est un point de vue dépassé maintenant dans notre parti », a-t-il assuré.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’Alliance Populaire Progressiste l’a bien compris, qu’en réunissant le maximum de force, elle pourrait avoir la chance de devenir un parti majoritaire. Pour ce faire, elle devra se départir, comme l’a expliqué Ladji Traoré, de son particularisme ethnique, social et identitaire.

Babacar Baye Ndiaye

( 22 septembre, 2010 )

Projet de loi sur le secteur pharmaceutique : Les professionnels interpellent les parlementaires

Depuis quelques années, le secteur pharmaceutique est, lui aussi, frappé par l’anarchie. Celle-ci a entraîné l’irrespect de la réglementation en vigueur, l’émergence de médicaments contrefaits et non enregistrés au niveau de la direction de la Pharmacie et des Laboratoires, la spéculation sur les produits pharmaceutiques et la recherche abusive du bénéfice au détriment du pouvoir d’achat des populations.

Aujourd’hui, pour mettre un terme à cette situation, le gouvernement a adopté un nouveau projet de loi sur le secteur pharmaceutique. Lors de sa présentation par le Ministère de la Santé, le samedi 26 décembre 2009, à l’Assemblée Nationale, l’Association des Pharmaciens Mauritaniens a tenu un sit-in pour pousser les parlementaires à voter ce projet de loi qui va permettre, aux yeux des pharmaciens, d’assainir le secteur.

« Un médicament, ce n’est pas un jus d’orange. Ce n’est pas non plus une omelette », a prévenu Elbou O. Mohamed Brahim Vall, pharmacien et directeur du Laboratoire Biomed 24.

« On a constaté récemment en Mauritanie que les cancers, les insuffisances rénales, les pathologies cardiaques et les maladies gastro-intestinales ont atteint des proportions inquiétantes à cause de l’automédication et de la contrefaçon », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, l’Association des Pharmaciens Mauritaniens a indiqué que les parlementaires, en votant cette loi, sauveront le secteur pharmaceutique et préserveront la santé publique. Cette fois-ci, les pharmaciens l’espèrent fort, le gouvernement va éviter au secteur pharmaceutique de sombrer davantage et de le sauver des mains d’opportunistes.

« Si la loi de 1987 a été bien appliquée et que le rôle du commercial soit bien défini, on n’en serait pas là ce stade », a indiqué Thierno Mamadou Bocar Guèye qui n’a pas manqué de dénoncer l’anarchie qui s’est emparée du secteur pharmaceutique. Le sort du secteur est donc entre les mains des parlementaires qui doivent se prononcer sur le texte soumis par le gouvernement et duquel dépendra la mise aux normes du secteur.

Babacar Baye Ndiaye

( 20 septembre, 2010 )

Gratuité de l’aide au logement, de l’assurance-maladie… : Les avantages qui expliqueraient la difficulté pour les étudiants à obtenir le visa français

Les étudiants mauritaniens ne sont pas les seuls à se voir refuser le visa dans le cadre de leurs études par les ambassades françaises implantées un peu partout en Afrique. Comme la plupart des étudiants des autres pays africains notamment francophones, les étudiants mauritaniens effectuent un véritable parcours du combattant avant d’obtenir le précieux visa français.

Aujourd’hui, de plus en plus, la France de Nicolas Sarkozy restreint le nombre de visas délivrés aux étudiants africains. Mais, qu’est-ce-qui dicterait cette politique d’austérité pour limier le nombre de visas octroyés aux étudiants africains ?

Lors de leur rencontre avec la presse, le 7 septembre 2010, François Dall’Orso, Daniel Jimenèz, Sylvain Fourcassié, Julien Rouyat  et Armand Marcarian de l’ambassade de France en Mauritanie avaient défendu leur refus d’octroi du visa français aux étudiants mauritaniens par le fait que la plupart d’entre eux ne disposent suffisamment pas de ressources pour vivre en France d’une part et d’une connaissance suffisante de la langue française d’autre part. En réalité, ces formalités ne sont que les parties visibles de l’iceberg.

A elles seules, elles ne pourraient justifier ce refus. Car, la réalité est beaucoup plus profonde que cela. En effet, depuis, quelques années, la France fait face à une sollicitation de plus en plus accrue de la part des étudiants africains. Soumise à une forte pression et assaillie de toute part par les ressortissants des pays africains,
la France n’admet plus dans ses universités réputées pour leur qualité d’enseignement que des étudiants triés à la volée.

En engageant une politique très sélective, la France qui est le troisième pays d’accueil d’étudiants étrangers veut préserver sa sécurité sociale. Les raisons de cette politique de rigueur sont à rechercher aussi dans la crise financière que traverse actuellement ce pays comme du reste les autres pays de l’Europe. Du coup, tout est fait pour imposer des conditions d’octroi très contraignant du visa aux étudiants africains.

Ce système, unique en son genre, est très généreux et a pour fonction de protéger les individus des conséquences de divers évènements ou situations généralement qualifiés de risques sociaux comme les soins de santé, la maladie (y compris maternité, invalidité, décès), les accidents du travail, les maladies professionnelles, la vieillesse, le veuvage (retraite), le chômage.

Au même titre que les français, les étudiants africains bénéficient gratuitement de nombreux avantages sociaux tels que l’aide au logement, la réduction des frais du transport, l’assurance maladie…Tout ceci est supporté par l’Etat français.

Du coup, les Français commencent à penser qu’ils supportent trop les africains. D’ailleurs, le président Nicolas Sarkozy veut casser ce système social qui fait que c’est l’Etat qui doit tout supporter. Et, pour faire dans le politiquement correct, l’Etat français applique une politique très sélective en matière d’obtention du visa. Cette politique cadre parfaitement avec la vision des français dans leur globalité.

Mais, du côté des gouvernements africains, on ne semble pas presser le pas pour mettre en place une politique éducative de qualité en vue de contenir le flux de leurs étudiants vers la France.

Babacar Baye NDIAYE 

( 20 septembre, 2010 )

Birame Ould Dah s’attaque à Sidi Mahmoud Ould Sidi Amar

Venu témoigner sa solidarité aux familles qui ont été déguerpies de leur lot de terrain dans le cadre du recensement de l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.), ce 20 septembre 2010, dans les Kebbas Mendèz d’El Mina, Birame Ould Dah Ould Abeid en a profité pour vouer aux gémonies Sidi Mahmoud Ould Sidi Amar, directeur de la cellule chargée de la réhabilitation des quartiers précaires à l’A.d.u.

Le président de l’I.r.a. ne s’est pas privé de le tancer et surtout de le sermonner, à la suite des opérations de démolition et de déguerpissement, en estimant qu’ »il ne devait pas faire cela » car « il est lui-même issu des pratiques esclavagistes et du droit de cuissage sacralisé par le code musulman arabo-berbère ».

Birame Ould Dah Ould Abeid, dans une déclaration volumétrique, n’a pas manqué de dénoncer l’accaparement des terres viables, habitables et cultivables dans le milieu rural comme dans les centres urbains.

Dans le même ordre d’idées, il a également fustigé la connivence de l’Etat mauritanien avec ceux qui qualifient les groupes dominants qui continuent les expropriations massives et systématiques des Harratines et des négro-mauritaniens au profit des lignages tribaux que des hommes d’affaires de l’agro-business, des marabouts, des officiers supérieurs de l’armée et de la Gendarmerie.

Babacar Baye NDIAYE

( 20 septembre, 2010 )

Des dizaines de familles jetées en pâture dans la rue aux Kebbas Mendèz d’El Mina

Les opérations de recensement engagées par l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.) dans les Kebbas Mendèz d’El Mina ont plongé les habitants de ce quartier dans le désarroi et suscité des réactions d’indignation.

Après le passage des équipes de recensement de l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.), des dizaines de familles ont été jetées en pâture dans la rue. Le spectacle est désolant : des dizaines de baraques en fortunes démolies ainsi que leurs biens accumulés pendant de longue période complètement détruits. Ce bric-à-brac montre la manière avec laquelle les opérations de déguerpissement et de démolition se sont déroulées. Sous l’œil vigilant des éléments de la Garde Nationale.

Les habitants n’y sont pas allés de main morte pour dénoncer vivement le recensement de l’Agence de Développement Urbain qui s’est déroulé, selon eux, dans des conditions peu transparentes. « La majorité des gens n’ont pas été recensés. Ce n’est pas sérieux. Depuis 2000, je vis ici. On a attribué des terrains à certains alors qu’ils n’ont jamais vécu dans la zone. Mon travail connait un coup d’arrêt à cause de cette situation », confie Fodé Seck. « On nous a dit d’attendre. Mais, attendre qui ? On attend quoi », fulmine-t-il.

Comme Fodé Seck, de nombreux pères de famille se sont retrouvés dans la même situation que lui. Ici, dans les Kebbas Mendèz d’El Mina, la plupart des habitants vivent dans l’extrême pauvreté. C’est avec beaucoup de difficulté qu’ils sont parvenus à acheter leurs baraques aujourd’hui complètement démolies.

En attendant d’être édifiés sur leur sort, ils ont commencé à trinquer au supplice de l’errance et de l’expropriation. Et, pour le moment, ils ne savent pas dans quel autre endroit ils seront relogés.

Face à ce désespoir des populations des Kebbas Mendèz d’El Mina, des organisations de défense des droits de l’Homme comme l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste sont montées au créneau pour se solidariser des familles abandonnées dans la rue et victimes d’expropriation foncière, de destruction de leurs demeures, de leurs baraques par les services de l’Agence de Developement Urbain (A.d.u.).

Le président de cette organisation, Birame Ould Dah, a dénoncé le manque de soutien de ces habitants de la part de certains érudits comme Mohamed Hacen Ould Dedew qui avait fait un geste à l’endroit des populations de Palestine en leur donnant deux millions d’ouguiyas.

Mais, il a surtout attaqué le directeur de la cellule de l’A.d.u. chargée de la réhabilitation des quartiers précaires Sidi Mohamed Ould Sidi Amar qu’il accuse d’user les « services et autorité de l’Etat » pour déguerpir injustement les habitants de ce quartier précaire situé à El Mina.

Babacar Baye NDIAYE 

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