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( 5 septembre, 2010 )

En Mauritanie, « plus d’un million de personnes demeurent soumis à l’esclavage », révèle Birame Ould Dah, président de l’I.r.a.

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Lors d’une allocution à l’occasion du forum-conseil général du Parti Radical non-violent transnational à Barcelone, qui s’est déroulé du 3 au 5 septembre, le président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste de Mauritanie (I.r.a.) a, une nouvelle fois, voué aux gémonies l’Etat mauritanien. Selon lui, l’actuel régime serait en train d’encourager la « gouvernance raciste et esclavagiste ».

Esclavage, exclusion, marginalisation systématique, injustice…Birame Ould Dah Ould Abeid n’y va pas de main morte pour discréditer les pouvoirs publics aux yeux des participants du forum en vue d’espérer qu’ils exercent, à leur tour, la pression sur leurs gouvernements respectifs. L’objectif étant de les pousser à être plus exigeants en matière de promotion et de respect des droits de l’Homme en Mauritanie.

Le président de l’I.r.a. n’a pas manqué d’attaquer, dans le même ordre d’idées, l’absence de volonté de la part des pouvoirs publics dans l’optique d’éradiquer le phénomène de l’esclavage. « Le racisme d’Etat s’érige en loi et en mentalité auxquelles les noirs sont opiniâtrement et aveuglément soumis pour défendre des privilèges indus au nom du chauvinisme, du fascisme et de l’ethnicité arabe aux relents d’un nazisme exacerbé », explique-t-il.

Puis, sur un ton teinté d’humour et goguenard, Birame Ould Dah Ould Abeid, comme pour balayer d’un revers de la main toute volonté de la part de l’Etat de combattre l’esclavage et le racisme d’Etat, il indique aux participants que  »
la République Islamique de Mauritanie est le pays qui détient le record des absolutions de l’esclavage à travers le monde ». Il ajoute, cette fois-ci, sur un air moins sarcastique et grave : « C’est aussi l’Etat qui possède l’arsenal juridique le plus impressionnant mais qui reste envers et contre tout, rangé dans les tiroirs au grand bonheur des esclavagistes qui pullulent ».

Pour couronner le tout, il avance des chiffres assez effarants et très révélateurs de l’ampleur du phénomène de l’esclavage en Mauritanie. « Plus d’un demi millions de personnes demeurent soumis à l’esclavage grâce à la diligence entre les maîtres arabo-berbères et les autorités publiques », révèle-t-il.

Ensuite, il se met à parler de « manœuvres pour maintenir l’esclavage à travers le ralentissement du rythme de l’émancipation »,  de « blocage pur et simple de l’application des lois existantes par le truchement du système judiciaire et ses auxiliaires », de « connivence entre les autorités judiciaires, sécuritaires et administratives avec les propriétaires d’esclaves » mais également « la nonchalance manifeste vis-à-vis du règlement des cas soumis » d’esclavage avant d’évoquer le racisme d’Etat.

Par rapport à ce point, il n’hésite pas à charger l’Etat. Et lui faire avaler toutes sortes de couleuvres. Tenez par exemple sur la discrimination qui frappe les Harratines et les Négro-africains. Les révélations deviennent de plus en plus appétissantes, au fil de son allocution, toutes tirées de la réalité quotidienne. Là, il n’hésite pas à tremper le doigt. Les nationalistes arabes, les féodaux, les médias publics et les islamistes esclavagistes sont brocardés et nul n’échappe à la tondeuse du président de l’I.r.a.

« Les quelques noirs vus çà et là en guise de coloration sont l’arbre qui cache la forêt. Sur les 30 ministres que compte aujourd’hui le gouvernement, 23 sont blancs. Les recrutements des fonctionnaires dans les corps civils et les officiers dans les corps militaires et paramilitaires sont soumis à des critères discriminatoires qui excluent de façon quasi-totale les Noirs. Ils sont en général arbitrairement  bloqués au tableau d’avancement de manière à justifier la prédominance des arabo-berbères aux hauts postes de responsabilité », commente Birame Ould Dah Ould Abeid.

Les parenthèses de sang en 1986 puis 1987, le cycle d’épuration raciale en 1989 sanctionné par la déportation des Négro-africains au Sénégal et au Mali et le génocide perpétré entre 1990 et 1991 traduisent, aux yeux du président de l’I.r.a., une « politique de vidage » et une « forte dynamique d’arabisation ».

« Dans ses stratégies soigneusement copiées aux régimes racistes de l’ex-Irak,
la Syrie et le Soudan, on assiste actuellement, comme par le passé, à une institutionnalisation systématique de la discrimination. Un racisme d’Etat est instauré. Et la situation, n’augure d’aucune volonté de changement ni dans le court, ni dans le long terme », met-il en garde.

Au bout du compte, Birame Ould Dah Ould Abeid repart du forum de Barcelone avec le sentiment d’avoir marqué des points dans le processus de création de véritables pôles de pression sur le régime en Mauritanie pour appliquer toutes les conventions et lois internationales ratifiées sur l’esclavage et la discrimination.

Babacar Baye NDIAYE

( 5 septembre, 2010 )

Après le refus de leur accorder le visa, des étudiants sortent dans la rue pour exprimer leur colère

Depuis quelques jours, plus d’une trentaine d’étudiants sortant de l’Université de Nouakchott occupe le périmètre qui fait face à l’ambassade de Nouakchott pour dénoncer le refus de celle-ci de leur accorder le visa. Alors que les universités françaises leur ont déjà assuré les inscriptions.

Les étudiants mauritaniens n’en sont pas à leur première manifestation de colère et de ras-le-bol contre les conditions humiliantes de demande de visa. On se rappelle que l’année dernière encore, c’était le même scénario.

Aujourd’hui, du fait de la qualité d’enseignement qu’offrent les universités françaises, celles-ci sont devenues, du coup, la destination privilégiée des jeunes étudiants africains. Ainsi, de nombreux jeunes étudiants mauritaniens, comme Soumaré El Hadj, ont envie de poursuivre leurs études post-maîtrise au pays de Victor Hugo et de Nicolas Sarkozy. Mais, leur optimisme n’est pas souvent au rendez-vous.

« Voilà, depuis, plus de deux semaines, que nous avons déposé nos demandes de visas. Tous nos dossiers sont complets. Mais, ils ont été tous rejetés par l’ambassade de France sans motif ni justification. Alors que nous avons payé les frais de demande de visa qui avoisine les 100″, indique cet étudiant qui vient de décrocher sa maîtrise en Géographie.

Et, pour faire entendre raison aux services de l’ambassade de France, ils ont exigé une entrevue avec le Consul qui n’a pas daigné pointer le nez dehors et les recevoir. Une attitude qui n’a pas été du tout à leur goût.

Babacar Baye NDIAYE  

( 5 septembre, 2010 )

MAMADOU SARR, secrétaire exécutif du FONADH à propos des réfugiés au Mali

« S’il y a retard dans leur retour, c’est essentiellement au niveau du gouvernement mauritanien qui doit prendre des mesures diligentes »sarrfonadh.jpg

Deux ans après le début des opérations de rapatriement des réfugiés mauritaniens vivant au Sénégal, celles concernant les réfugiés au Mali tardent à être démarrées. Du coup, on s’interroge déjà si leur retour aura lieu ou pas.

Parce que, jusqu’à présent, le gouvernement mauritanien n’a pas encore engagé des démarches diplomatiques visant à entamer le processus de rapatriement des réfugiés mauritaniens établis sur le territoire malien. Et aux yeux de Mamadou Sarr qui est le secrétaire exécutif du FONADH, l’Etat mauritanien doit prendre des mesures diligentes afin que nos compatriotes qui sont au Mali puissent rentrer et retrouver leurs droits dans le cadre d’un retour organisé.

Le Rénovateur Quotidien : Les opérations de rapatriement des réfugiés du Mali ne sont pas encore à l’ordre du jour. Qu’est-ce qui explique cette lenteur ?

Mamadou Sarr : Effectivement, au sujet des réfugiés qui sont restés au Mali, rien encore n’a été décidé. Il y a eu déjà un recensement qui a été fait. Mais, tant qu’il n’y a pas un accord triparti entre la Mauritanie, le Mali et le HCR, ces compatriotes ne peuvent pas revenir dans leur pays.

Toutefois, nous continuons à poser le problème pour que, réellement, le traitement qui a été donné aux réfugiés qui étaient au Sénégal, le soit avec ceux qui sont au Mali. C’est regrettable de constater que jusqu’à présent, rien n’a été fait par rapport à leur retour. Les réfugiés qui sont au Mali sont au nombre 15.000 et beaucoup d’entre eux veulent rentrer.

Le Rénovateur Quotidien : A quel niveau, la situation traine-t-elle ? Au niveau du gouvernement mauritanien ? Du HCR ? Ou du gouvernement malien ?

Mamadou Sarr : Elle traine au niveau du gouvernement mauritanien. Dans ce genre de problèmes, c’est le gouvernement mauritanien qui devrait mener les démarches nécessaires. Le HCR, c’est une institution des Nations Unies qui ne peut rien décider par rapport à cette question.

C’est le gouvernement, comme il l’a fait au niveau du Sénégal, qui devrait inciter à trouver une solution dans la mesure où toutes les autorités reconnaissent que ce problème a existé, que la déportation en 1989 a bien eu lieu dans des conditions que tout le monde connait.

Aujourd’hui, le premier pas qui a été fait au niveau du Sénégal devrait l’être au niveau du Mali. S’il y a retard dans leur retour, c’est essentiellement au niveau du gouvernement mauritanien qui doit prendre des mesures diligentes afin que nos compatriotes au Mali puissent retrouver leurs droits dans le cadre d’un retour organisé.

Le Rénovateur Quotidien : Peut-on comprendre par là que le régime de Mohamed Ould Mohamed Ould Abdel Aziz est moins engagé que celui de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi par rapport à cette question ?

Mamadou Sarr : Ce qu’il faut comprendre, c’est que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a fait un grand pas en reconnaissant, de manière officielle, ce qui s’est passé durant les années de braise. Il faut reconnaitre cela et qu’en plus, il y a eu un processus qui a été commencé avec lui en 2008 pendant qu’il était Président de
la République.

Il a lancé le premier jalon. Mais en outre, il faut reconnaitre qu’avec l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz, les choses ont continué. A ce niveau, je pense que chacun a joué son rôle par rapport à cette question. Si après le coup d’Etat du 6 août 2008, il y avait eu arrêt du processus, c’est ce qui allait être dommageable.

Aujourd’hui, 19.000 de nos compatriotes qui étaient au Sénégal sont rentrés. On peut dire qu’il y a eu un effort par rapport à cela. Même s’il y a des insuffisances, on peut dire que le processus de retour, une fois amorcé, a continué.

Le Rénovateur Quotidien : Depuis le 31 décembre 2009, les opérations de rapatriement assisté du HCR ont pris fin. Le fait que cette institution se retire vous rassure-t-il par rapport aux opérations de rapatriement dont le chapitre semble clos ?

Mamadou Sarr : Non, le chapitre n’est pas clos ! Au niveau du HCR, il y a un processus. Le premier processus, c’était un processus assisté. Ce processus n’est pas définitivement arrêté. Seulement, il fallait que la commission tripartite se réunisse pour voir et éventuellement analyser la situation.

Mais, à ce niveau, jusqu’à présent, la commission ne s’est pas encore réunie. Donc, le processus en tant que tel n’est pas arrêté. Il est arrêté par rapport à la première approche. Nous pensons que, dans les meilleurs délais, la commission tripartite va se réunir.

Et d’autres processus vont être enclenchés. Tant que cette commission ne s’est pas encore réunie, on ne peut pas enclencher un autre processus. Aujourd’hui, ce qui est sûr, c’est qu’il y a une forte demande de la part de ceux qui sont restés au Sénégal notamment dans les grandes villes. On dénombre parmi eux des fonctionnaires qui veulent rentrer.

Le Rénovateur Quotidien : Au sujet de l’intégration effective de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat qui ont été illégalement radiés de la fonction publique, la manière dont elle est gérée par le pouvoir en place, vous semble-t-elle répondre à vos préoccupations et celles des victimes ?

Mamadou Sarr : L’approche qui a été utilisée pour les fonctionnaires de l’Etat me parait bonne. On peut dire que c’est une commission dirigée par le directeur de la fonction publique qui a été désignée au niveau du Conseil des ministres pour essayer de piloter ce dossier.

La manière dont les recensements ont été menés nous satisfait dans la mesure où on a essayé de faire des recensements aussi bien au niveau des agents et fonctionnaires qui sont en Mauritanie et au niveau de ceux qui sont à l’extérieur. On a quand même tenu en compte toutes nos préoccupations à savoir que toutes les victimes soient recensées. Maintenant, il s’agit de savoir comment le dossier va être traité au niveau de cette commission.

Il faut savoir aussi que ce n’est pas seulement les fonctionnaires et agents de l’Etat qui sont concernés. Il y a aussi d’autres travailleurs qui ont servi au sein de certaines entreprises nationales comme la SNIM, la SOMELEC ou comme d’autres sociétés. Ces personnes n’ont pas été prises en compte. Nous espérons qu’elles seront rétablies. Au niveau de cette action, il faut qu’on tienne en compte les autres catégories qui ont été victimes comme les paysans et les éleveurs. Quel est le sort qui leur sera-t-il réservé ?

Quand on parle de réconciliation nationale, il faut prendre en considération tous les facteurs, les problèmes  et essayer de façon consensuelle à trouver des solutions. Telle est notre démarche et nous allons continuer à appuyer cela pour que vraiment toutes les victimes puissent être rétablies dans leurs droits. On peut dire qu’il y a un pas qui a été déjà fait.

On sent une volonté politique de régler cette question. Nous ne pouvons qu’apporter notre appui. L’ensemble des problèmes des déportés doit être pris dans leur globalité et nous pousserons les autorités compétentes à prendre en considération toutes leurs préoccupations en vue de créer un déclic.

Le Rénovateur Quotidien : Parmi les questions en suspens dans le cadre du règlement du passif humanitaire, il y a celle relative à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de clarifier le sort des personnes portées disparues, d’identifier et de traduire en justice les auteurs. Croyez-vous que Mohamed Ould Abdel Aziz va oser franchir le rubicond en l’ordonnant par exemple ?

Mamadou Sarr : Quand un Président de la République reconnaît qu’il y a eu une situation, cela nous réconforte. Aujourd’hui, je crois qu’aucun mauritanien n’ignore ce qui s’est passé. La meilleure solution, c’est d’avoir le courage de poser le problème. C’est pourquoi nous disons que le passif humanitaire reste aujourd’hui un problème pendant.

Nous estimons que la meilleure approche, c’est de mettre en place une commission d’enquête indépendante qui disposera de toutes ses prérogatives pour faire la lumière de ce qui s’est passé. Les coupables doivent être jugés. Quand nous demandons qu’ils soient jugés, cela ne veut pas dire qu’on demande à ce qu’on leur coupe la main. Tel n’est pas notre objectif. Notre objectif, c’est que plus jamais, de telles choses ne se passent en Mauritanie.

Le seul moyen de le faire, c’est que les victimes sentent que les bourreaux ont été jugés. C’est notre approche et nous continuons à le faire. On a donné « quelque chose » aux veuves et ayants droits mais nous estimons que ce n’est pas suffisant, en tout cas, pour régler le problème du passif humanitaire.

Même le Président de la République doit être conscient que cela ne règle pas fondamentalement le problème parce que si tel était le cas, la question serait réglée depuis très longtemps. Pour nous, le devoir de mémoire est très important, le devoir à la vérité c’est-à-dire mener des investigations. Cette commission doit être mise en place. Mais, essayer de rester dans le flou ne réglera pas fondamentalement cette question.

C’est pour cette raison que nous insistons sur la mise en place de cette commission indépendante pour que réellement ce problème du passif humanitaire comme le problème des victimes des évènements de 1989. Par rapport à ce dernier point, on a mis en place une commission chargée de statuer sur la situation des déportés. Pourquoi ne pas avoir la même approche par rapport au passif humanitaire ?

Aujourd’hui, le seul moyen de permettre aux mauritaniens de se réconcilier, c’est de mettre en place cette commission qui va faire toute la lumière et trouver une solution idoine à ce problème.

Le Rénovateur Quotidien : Concrètement, qu’est-ce qui retarde la mise en place de cette commission d’enquête indépendante ?

Mamadou Sarr : Je n’ai pas d’informations précises là-dessus. Bientôt, nous allons demander à rencontrer le Président de la République. Je tiens à rappeler que le jour de sa démission (pour se présenter à l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, Ndlr), il nous a reçus et nous lui avions expliqué l’ensemble de nos préoccupations par rapport au passif humanitaire, aux déportés, à l’esclavage, à l’impunité, à la corruption et surtout au problème des terres.

Cet aspect foncier pose un sérieux problème. Aujourd’hui, il est élu. Nous allons le rencontrer pour voir l’état d’avancement de ces dossiers. Il y a certains pas qui ont été accomplis au niveau de certains dossiers mais nous estimons que beaucoup de choses restent à faire. Donc, aujourd’hui, étant lu, il doit être en mesure, par rapport à nos préoccupations, de pouvoir donner des réponses. Nous pensons qu’il y va de l’avenir de la Mauritanie. Déjà, il y a une piste sur laquelle on est engagé, il faut aller jusqu’au bout.

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez tantôt évoqué le problème foncier. Il semblerait que les rapatriés seraient installés sur des terres appartenant à des autochtones comme la communauté Harratine. Une telle situation ne risque-t-elle pas de dégénérer ?

Mamadou Sarr : Dans l’accord triparti, il était clair que les rapatriés doivent disposer de leurs biens mobiliers et immobiliers dont les terres agricoles. Mais, ce que nous sentons aujourd’hui, que surtout, au niveau de l’autorité locale, il n’y a pas une volonté de régler ce problème. Quelqu’un qui avait un périmètre qu’il a aménagé, s’il revient, il n’y a pas de raison qu’on ne lui remette pas ses terres.

Je donne l’exemple de Médina Salam. Un cas flagrant. La personne est venue s’installer sur son terrain, au lieu que l’autorité locale l’aide à ce qu’elle puisse reprendre ses terres, on lui crée des problèmes. D’abord, on l’arrête, le défère et ensuite on autorise quelqu’un d’autre à exploiter ses terres. C’est cela qui crée la frustration.

Des gens se sont accaparés des terres des rapatriés. Ce n’est pas normal et il faudrait qu’au plus haut niveau qu’on se penche sur cette question foncière sinon elle peut être grosse de tensions. Cela peut pousser les populations à réagir. Je vous rappelle qu’il y a eu une circulaire sortie au mois de mai 2009 par rapport à cette question. On est au mois de février et jusqu’à présent, cette question n’est pas encore réglée.

En tout état de cause, les rapatriés ne demandent qu’à être rétablis dans leurs droits. Malheureusement, malgré leur patience, il n’y a pas de répondant. C’est là où le bât blesse par rapport à cette question foncière.

Propos recueillis par

Babacar Baye NDIAYE          

( 5 septembre, 2010 )

A moins de 4 jours de la campagne présidentielle : Le Fndd et le Rfd reprennent le combat de la rue

Le Fndd et le Rfd ont organisé, ce lundi 18 mai, une grande marche pour, disent-ils, sauver la Mauritanie des conséquences néfastes de l’agenda unilatéral du régime militaire issu du coup d’Etat du 6 août 2008.

Ainsi, des milliers de personnes, hommes, femmes et principalement des jeunes, tous opposés au coup d’Etat, ont à nouveau investi les artères de la capitale. A moins de 4 jours du début de la campagne présidentielle, la pression du côté du Fndd et du Rfd semble ne pas faiblir. Cette marche intervient en pleine médiation sénégalaise qui en est à son ultime round…

« Les mauritaniens se dresseront contre Mohamed Ould Abdel Aziz pour faire échouer le coup d’Etat du 6 août 2008. On n’acceptera pas non plus les élections du 6 juin prochain », a déclaré le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkhéir. « On est déterminé à aller au bout de notre objectif qui est celui de faire échouer l’agenda unilatéral du général », a-t-il poursuivi.

En outre, Messaoud Ould Boulkhéir a vigoureusement fustigé l’attitude des parlementaires de la majorité parlementaire qu’il accuse de torpiller tout processus de dialogue visant à dénouer la crise politique actuelle. D’ailleurs, il les a qualifiés d’hypocrites à la solde de Mohamed Ould Abdel Aziz. « C’est des gens sans conviction », dit-il.

« Non au coup d’Etat ! Non au coup d’Etat », a martelé Ahmed Ould Daddah, au cours de son intervention. « Non ! Non ! Non à l’agenda unilatéral de Mohamed Ould Abdel Aziz », dénonce-t-il.

Quant à Mohamed Ould Maouloud, il a fait part de son inquiétude, face à l’obstination de Mohamed Ould Abdel Aziz, que la Mauritanie s’enlise davantage dans l’isolement international. « Mohamed Ould Abdel Aziz est en train de nous mener vers le chaos », dit-il. « Ce qu’il est en train de nous proposer n’est rien d’autre que des élections à trouble, à problème. Nous n’en voulons pas de ces élections », a-t-il conclu.

Cette imposante marche des forces anti putsch intervient à un moment ultime de la médiation sénégalaise qui suit son bonhomme de chemin.

Les derniers développements de cette valse diplomatique dirigée de mains de maître par le ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tijane Gadio, poussent de plus en plus à l’optimisme si on s’en réfère aux déclarations du haut responsable sénégalais qui était de nouveau à Nouakchott hier et qui est attendu aujourd’hui en même temps que le président Abdoulaye Wade.

Dès lors, pourquoi le Fndd et le Rfd qui avaient suspendu provisoirement le calendrier de leur marche ont repris de nouveau le rythme des manifestations ? Est-ce à dire que le chemin de la réconciliation est en encore très long pour rapprocher les acteurs de la crise politique mauritanienne ?  

Babacar Baye Ndiaye

( 5 septembre, 2010 )

Présidence du Fndd : L’Ufp passe le témoin à Tawassoul

La présidence tournante du Fndd a changé de main. Après avoir  été conduite par l’Ufp, c’est au tour du parti  Tawassoul de prendre le relais pour un mois. L’événement a donné lieu à un point de presse organisé hier mercredi 20 mai 2009  dans les locaux de Tawassoul en présence des responsables du front. 

Jémil Mansour, le nouveau président du Fndd, se chargera  de continuer l’œuvre de son prédécesseur Mohamed Ould Mouloud. Il s’agit essentiellement de poursuivre le programme  portant sur le combat mené en commun par le Fndd depuis le déclenchement de la crise politique consécutive au renversement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Le programme sera axé notamment sur la mise en place d’une permanence confiée à Moussa Fall qui travaillera en collaboration avec des commissions comprenant tous les représentants des partis regroupés au sein du front  dans le cadre d’un plan d’action suivi .

Le deuxième axe porte sur l’harmonisation des positions du front dans toutes les décisions prises par le Fndd dont désormais le RFD est partie prenante. Le troisième aspect du programme se rapporte au renoncement aux préalables à tout dialogue politique qui étaient jusque-là adoptés par le front depuis l’avènement de la crise. Le dernier axe est le maintien du rejet du calendrier unilatéral fixé par le camp des putschistes.    

Le président de l’Ufp a enfin appelé les pouvoirs publics, en vue de sortir de la crise actuelle d’entamer de nouvelles discussions, de suspendre la campagne électorale et la libération des détenus prisonniers politiques du Fndd, deux conditions que le front pose avant tout dialogue.

Pour lui, c’est la seule possibilité de pouvoir sortir de la crise. « Nous sommes déterminés à faire réussir toute médiation visant à sortir la Mauritanie de cette crise », a-t-il déclaré tout en laissant entendre que les portes du dialogue ne sont point closes.

Les leaders du Front National pour la Défense de la Démocratie n’ont pas manqué non plus de saluer la bravoure des femmes du Fndd qui ont organisé des marches de protestation, des sit-in, des nuits blanches dans le but d’exprimer leur désapprobation au sujet de l’agenda unilatéral que veut leur imposer Mohamed Ould Abdel Aziz

Babacar Baye N’Diaye

( 5 septembre, 2010 )

Affaire Hanna Mint Mariye : S.O.S. Esclaves résolu à renvoyer l’affaire devant le juge d’instruction

C’est désormais chose faite. Le procureur de la République du tribunal départemental de Teyarett vient de remettre, par une décision judiciaire, Hanna Mint Mariye à ses maîtres. Une telle décision a été aussitôt contestée par Boubacar Messaoud, président de S.O.S. Esclaves, au cours d’une conférence de presse organisée le 23 mai, dans les locaux du Fonadh.

Le sort de Hanna Mint Mariye, une fillette de 11 ans victime de travail servile, préoccupe davantage S.O.S. Esclaves. Ce cas continue de mobiliser cette organisation abolitionniste qui a tiré, au cours de cette conférence de presse, la sonnette d’alarme devant  la récurrence des pratiques esclavagistes en Mauritanie nonobstant la loi  n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

« Je tiens à vous sensibiliser sur la question du traitement de l’esclavage pour l’application juste et réelle de la loi. Si on n’applique pas la loi, on ne laisse rien aux militants et activistes que le choix d’aller à des extrémités que nous ne voulons pas », adresse-t-il aux journalistes.

Le président de S.O.S. Esclaves Boubacar Messaoud n’a pas non plus manqué de mettre en exergue l’attitude des autorités notamment policières dans l’affaire Hanna Mint Mariye. Il lâche furieux : « On blanchit les crimes dans les commissariats ».

D’après S.O.S. Esclaves, Hanna Mint Mariye a été remise à ses maîtres par le Procureur de la République sans la signature d’un procès verbal de l’enquête qui a été menée à son sujet pour déterminer ou non s’il s’agit bel et bien d’un cas d’esclavage. « On ne devait pas voir l’enfant. On ne devait pas non plus voir sa maîtresse. On ne devait pas voir quelqu’un d’autre tant que le procès verbal n’a pas été signé. C’est ce qui n’est pas normal et cela n’a pas été fait », dénonce-t-il.

Lui emboîtant le pas, Me Fatimata Mbaye a laissé entendre que le parquet n’a pas suffisamment approfondi l’affaire Hanna Mint Mariye pour pouvoir s’édifier réellement  sur cette situation.

Par ailleurs, toujours, selon Me Fatimata Mbaye, le parquet est passé outre mesure le  procès verbal transmis au tribunal par la Brigade des Mineurs qui a conclu au sujet Hanna Mint Mariye qu’il y avait « exploitation de mineur et refus d’accès à l’éducation ». « Le parquet devrait, ne serait-ce que par la qualification qui a été retenue par la brigade des mineurs, approfondir l’enquête.

Ces deux faits sont punissables par le code de protection pénale. En aucun cas, le parquet ne devait pas classer le dossier », dit-elle tout en laissant entendre que l’affaire Hanna Mint Mariye peut être poursuivie devant les juridictions.

S.O.S. Esclaves ne compte pas baisser les bras  dans l’affaire Hanna Mint Mariye. D’ailleurs, Me Fatimata Mbaye a révélé qu’elle va poursuivre  la procédure qui a été retenue par la brigade des mineurs et renvoyer le dossier devant le juge d’instruction du 4ième cabinet chargé des mineurs.

 » Le parquet ne peut pas classer un dossier quand il s’agit d’une exploitation de mineur sans demander un complément d’information. Le parquet aurait pu demander un complément d’information mais il ne l’a pas fait. Il l’a tout simplement classé pour « insuffisances de preuves ». Ce que nous ne comprenons pas », commente-t-elle.

Pour Me Fatimata Mbaye, tout un faisceau de faits (non accès à l’éducation, corvées domestiques…) concorde à dire que Toumène Mint Ahmedou Ould Dhunureiny exploitait Hanna Mint Mariye âgée seulement de 11 ans. Elle est formelle : « . C’est une infraction. La juridiction mauritanienne ne peut se débiner devant un cas pareil ». 

A en croire le président de S.O.S. Esclaves, la Mauritanie est actuellement assisse sur  une poudrière. Toutefois, il demeure optimiste : « Les mauritaniens peuvent tout régler par le dialogue et la concertation et que ce problème-là (affaire Hanna Mint Mariye), ils sont capables de le régler et s’ils le règlent, cela va cimenter leur unité. Par contre, on ne peut pas continuer à manipuler les gens et à se moquer d’eux sans qu’un jour l’un d’entre eux réagisse ».

« Nous, militants des droits de l’Homme et descendants d’esclaves, nous sommes choqués. Nous sommes frustrés. Nous sommes insultés », confie Boubacar Messaoud. A ceux qui déclarent qu’ils n’ont aucune preuve qui témoigne que Hanna Mint Mariye est une esclave, il lance : « Pourquoi ne nous poursuit-on pas pour dénonciation calomnieuse si cette fille n’est pas une esclave ? », s’interroge-t-il.

Babacar Baye Ndiaye

 

( 5 septembre, 2010 )

Conférence de presse de l’ONA : Le bras de fer avec les pouvoirs publics continue

Au cours d’une conférence de presse, organisée à l’hôtel Wissal, ce 24 mai 2008, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA), a fustigé la main mise du Ministère de la Justice et du parquet général sur certaines décisions de justice rendues par des magistrats.

Cette conférence de presse fait suite à l’avortement du sit-in que devait tenir, dans la matinée du 24 mai, l’Ordre National des Avocats. L’Ordre National des Avocats a dit son ras-le bol  de voir le Ministère de la Justice et le parquet général continuer à exercer une certaine main mise sur l’appareil judiciaire.  L’interdiction  de tenir  un sit-in pour dénoncer cette situation est venue créer un bras de fer   entre le Ministère de la Justice et l’Ordre National des Avocats qui se regardent maintenant en chiens de faïence.

Derrière cette animosité, la remise en cause de certaines décisions de justice rendues par des juges. « L’Ordre National des Avocats a constaté que certaines décisions de justice devenues définitives particulièrement en matière pénale où nous sommes concernés par les libertés des individus n’ont pas été exécutées alors que les juridictions ont dit leur dernier mot », explique Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

Ces décisions de justice sont relatives à des acquittements des cours criminelles, des condamnations avec sursis, des libertés provisoires. Face à cette situation, l’Ordre National des Avocats (ONA) a aussitôt saisi le procureur général de la République par écrit. « Nous avons également essayé de trouver une solution à ce problème sachant que, par ailleurs, on va lui donner une connotation politique mais déterminés que nous sommes à poser ce problème », a soutenu Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

La balle semble être donc, à l’en croire, dans le camp du parquet général pour trouver une solution à cet état de fait. Le Ministère de la Justice a aussi été informé dans ce sens. « Nous avons été frappés, dit-il, par l’interprétation que se font ceux-ci (le parquet général et le ministère de la justice, Ndlr) de leur acte (des magistrats, Ndlr). Effectivement, ils (les magistrats, Ndlr) voient dans leurs actions une certaine main mise de la tutelle sur la justice et sur certaines décisions de justice ».

Pour lui, c’est grave et inadmissible. « Il ne faut pas compter sur nous pour le soutenir », dit-il. Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny considère que le parquet général et le Ministère de la Justice n’ont pas le droit de s’immiscer dans certaines décisions de justice rendues par les magistrats. « Il y a des textes qui organisent la justice. En matière pénale, ils sont partie. Et, en tant que partie, ils n’ont que les recours qui sont ouverts à toutes les parties. Sur le reste, ils ont leur devoir qui consiste à appliquer la loi », explique-t-il.

Par ailleurs, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a fustigé l’attitude du parquet général et du Ministère de la Justice qui ne cessent, depuis quelques temps, de contester certaines décisions rendues par les magistrats. « Si les juges sont laxistes ou si leurs décisions ne sont pas bonnes, il y a des solutions qui sont prévues par la loi. Mais, substituer à tout cela une autorité ou une tutelle du Ministère de
la Justice, nous disons non car ce n’est pas prévu par la loi », affirme Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny qui explique que cela est contradictoire aux principes de l’indépendance de la Justice et de la séparation des pouvoirs.

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a réaffirmé enfin que leur action contre l’immixtion du Ministère de la Justice et du parquet général dans certaines décisions de justice n’a aucun caractère politique. « Ce qu’on défend, c’est l’indépendance de la justice, l’autorité des décisions de justice et l’absence de tutelle du parquet, du ministère public, du pouvoir exécutif sur les juges et les décisions des juges », dit-il. « Nous allons continuer à œuvrer par tous les moyens que nous confère le droit pour dénoncer ce genre de choses et pour que les personnes actuellement en détention arbitraire et abusive soit libérées, pour que telles pratiques cessent et pour à l’avenir qu’on sache que cette tutelle ne peut pas être acceptée », conclut-il.

La mise en garde du Ministère Public

Dans un communiqué rendu au lendemain de la conférence de presse de l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public a mis en garde ce dernier contre d’éventuels « actes nuisibles à la bonne marche de la justice et de son impartialité ».

En réaction à la tentative d’organiser un sit-in par l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public considère que c’est « une dérive flagrante aux statuts, et au fonctionnement de l’Ordre, ainsi qu’aux moeurs et à la déontologie de la profession d’Avocat ».

Du côté du Ministère Public, on soutient, contrairement aux assertions du bâtonnier de l’Ordre National des Avocats, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, que leur sit-in de la matinée du 24 mai finalement dispersé par les forces de l’ordre « reflète leur désir d’impliquer l’Ordre national des avocats dans la lutte politique qui n’a rien à voir avec son rôle juridique tel quel est fixé par la loi ».

Babacar Baye Ndiaye   

( 5 septembre, 2010 )

Conférence de presse de l’ONA : Le bras de fer avec les pouvoirs publics continue

Au cours d’une conférence de presse, organisée à l’hôtel Wissal, ce 24 mai 2008, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA), a fustigé la main mise du Ministère de
la Justice et du parquet général sur certaines décisions de justice rendues par des magistrats. Cette conférence de presse fait suite à l’avortement du sit-in que devait tenir, dans la matinée du 24 mai, l’Ordre National des Avocats.

 

L’Ordre National des Avocats a dit son ras-le bol  de voir le Ministère de
la Justice et le parquet général continuer à exercer une certaine main mise sur l’appareil judiciaire.  L’interdiction  de tenir  un sit-in pour dénoncer cette situation est venue créer un bras de fer   entre le Ministère de
la Justice et l’Ordre National des Avocats qui se regardent maintenant en chiens de faïence.

 

Derrière cette animosité, la remise en cause de certaines décisions de justice rendues par des juges. « L’Ordre National des Avocats a constaté que certaines décisions de justice devenues définitives particulièrement en matière pénale où nous sommes concernés par les libertés des individus n’ont pas été exécutées alors que les juridictions ont dit leur dernier mot », explique Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

 

Ces décisions de justice sont relatives à des acquittements des cours criminelles, des condamnations avec sursis, des libertés provisoires. Face à cette situation, l’Ordre National des Avocats (ONA) a aussitôt saisi le procureur général de
la République par écrit. « Nous avons également essayé de trouver une solution à ce problème sachant que, par ailleurs, on va lui donner une connotation politique mais déterminés que nous sommes à poser ce problème », a soutenu Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

 

La balle semble être donc, à l’en croire, dans le camp du parquet général pour trouver une solution à cet état de fait. Le Ministère de
la Justice a aussi été informé dans ce sens. « Nous avons été frappés, dit-il, par l’interprétation que se font ceux-ci (le parquet général et le ministère de la justice, Ndlr) de leur acte (des magistrats, Ndlr). Effectivement, ils (les magistrats, Ndlr) voient dans leurs actions une certaine main mise de la tutelle sur la justice et sur certaines décisions de justice ».

 

Pour lui, c’est grave et inadmissible. « Il ne faut pas compter sur nous pour le soutenir », dit-il. Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny considère que le parquet général et le Ministère de
la Justice n’ont pas le droit de s’immiscer dans certaines décisions de justice rendues par les magistrats. « Il y a des textes qui organisent la justice. En matière pénale, ils sont partie. Et, en tant que partie, ils n’ont que les recours qui sont ouverts à toutes les parties. Sur le reste, ils ont leur devoir qui consiste à appliquer la loi », explique-t-il.

 

Par ailleurs, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a fustigé l’attitude du parquet général et du Ministère de
la Justice qui ne cessent, depuis quelques temps, de contester certaines décisions rendues par les magistrats. « Si les juges sont laxistes ou si leurs décisions ne sont pas bonnes, il y a des solutions qui sont prévues par la loi. Mais, substituer à tout cela une autorité ou une tutelle du Ministère de
la Justice, nous disons non car ce n’est pas prévu par la loi », affirme Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny qui explique que cela est contradictoire aux principes de l’indépendance de
la Justice et de la séparation des pouvoirs.

 

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a réaffirmé enfin que leur action contre l’immixtion du Ministère de
la Justice et du parquet général dans certaines décisions de justice n’a aucun caractère politique. « Ce qu’on défend, c’est l’indépendance de la justice, l’autorité des décisions de justice et l’absence de tutelle du parquet, du ministère public, du pouvoir exécutif sur les juges et les décisions des juges », dit-il. « Nous allons continuer à œuvrer par tous les moyens que nous confère le droit pour dénoncer ce genre de choses et pour que les personnes actuellement en détention arbitraire et abusive soit libérées, pour que telles pratiques cessent et pour à l’avenir qu’on sache que cette tutelle ne peut pas être acceptée », conclut-il.

 

La mise en garde du Ministère Public

 

Dans un communiqué rendu au lendemain de la conférence de presse de l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public a mis en garde ce dernier contre d’éventuels « actes nuisibles à la bonne marche de la justice et de son impartialité ».

 

En réaction à la tentative d’organiser un sit-in par l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public considère que c’est « une dérive flagrante aux statuts, et au fonctionnement de l’Ordre, ainsi qu’aux moeurs et à la déontologie de la profession d’Avocat ».

 

Du côté du Ministère Public, on soutient, contrairement aux assertions du bâtonnier de l’Ordre National des Avocats, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, que leur sit-in de la matinée du 24 mai finalement dispersé par les forces de l’ordre « reflète leur désir d’impliquer l’Ordre national des avocats dans la lutte politique qui n’a rien à voir avec son rôle juridique tel quel est fixé par la loi ».

  

Babacar Baye Ndiaye   

 

 

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