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( 5 septembre, 2010 )

Affaire Hanna Mint Mariye : S.O.S. Esclaves résolu à renvoyer l’affaire devant le juge d’instruction

C’est désormais chose faite. Le procureur de la République du tribunal départemental de Teyarett vient de remettre, par une décision judiciaire, Hanna Mint Mariye à ses maîtres. Une telle décision a été aussitôt contestée par Boubacar Messaoud, président de S.O.S. Esclaves, au cours d’une conférence de presse organisée le 23 mai, dans les locaux du Fonadh.

Le sort de Hanna Mint Mariye, une fillette de 11 ans victime de travail servile, préoccupe davantage S.O.S. Esclaves. Ce cas continue de mobiliser cette organisation abolitionniste qui a tiré, au cours de cette conférence de presse, la sonnette d’alarme devant  la récurrence des pratiques esclavagistes en Mauritanie nonobstant la loi  n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

« Je tiens à vous sensibiliser sur la question du traitement de l’esclavage pour l’application juste et réelle de la loi. Si on n’applique pas la loi, on ne laisse rien aux militants et activistes que le choix d’aller à des extrémités que nous ne voulons pas », adresse-t-il aux journalistes.

Le président de S.O.S. Esclaves Boubacar Messaoud n’a pas non plus manqué de mettre en exergue l’attitude des autorités notamment policières dans l’affaire Hanna Mint Mariye. Il lâche furieux : « On blanchit les crimes dans les commissariats ».

D’après S.O.S. Esclaves, Hanna Mint Mariye a été remise à ses maîtres par le Procureur de la République sans la signature d’un procès verbal de l’enquête qui a été menée à son sujet pour déterminer ou non s’il s’agit bel et bien d’un cas d’esclavage. « On ne devait pas voir l’enfant. On ne devait pas non plus voir sa maîtresse. On ne devait pas voir quelqu’un d’autre tant que le procès verbal n’a pas été signé. C’est ce qui n’est pas normal et cela n’a pas été fait », dénonce-t-il.

Lui emboîtant le pas, Me Fatimata Mbaye a laissé entendre que le parquet n’a pas suffisamment approfondi l’affaire Hanna Mint Mariye pour pouvoir s’édifier réellement  sur cette situation.

Par ailleurs, toujours, selon Me Fatimata Mbaye, le parquet est passé outre mesure le  procès verbal transmis au tribunal par la Brigade des Mineurs qui a conclu au sujet Hanna Mint Mariye qu’il y avait « exploitation de mineur et refus d’accès à l’éducation ». « Le parquet devrait, ne serait-ce que par la qualification qui a été retenue par la brigade des mineurs, approfondir l’enquête.

Ces deux faits sont punissables par le code de protection pénale. En aucun cas, le parquet ne devait pas classer le dossier », dit-elle tout en laissant entendre que l’affaire Hanna Mint Mariye peut être poursuivie devant les juridictions.

S.O.S. Esclaves ne compte pas baisser les bras  dans l’affaire Hanna Mint Mariye. D’ailleurs, Me Fatimata Mbaye a révélé qu’elle va poursuivre  la procédure qui a été retenue par la brigade des mineurs et renvoyer le dossier devant le juge d’instruction du 4ième cabinet chargé des mineurs.

 » Le parquet ne peut pas classer un dossier quand il s’agit d’une exploitation de mineur sans demander un complément d’information. Le parquet aurait pu demander un complément d’information mais il ne l’a pas fait. Il l’a tout simplement classé pour « insuffisances de preuves ». Ce que nous ne comprenons pas », commente-t-elle.

Pour Me Fatimata Mbaye, tout un faisceau de faits (non accès à l’éducation, corvées domestiques…) concorde à dire que Toumène Mint Ahmedou Ould Dhunureiny exploitait Hanna Mint Mariye âgée seulement de 11 ans. Elle est formelle : « . C’est une infraction. La juridiction mauritanienne ne peut se débiner devant un cas pareil ». 

A en croire le président de S.O.S. Esclaves, la Mauritanie est actuellement assisse sur  une poudrière. Toutefois, il demeure optimiste : « Les mauritaniens peuvent tout régler par le dialogue et la concertation et que ce problème-là (affaire Hanna Mint Mariye), ils sont capables de le régler et s’ils le règlent, cela va cimenter leur unité. Par contre, on ne peut pas continuer à manipuler les gens et à se moquer d’eux sans qu’un jour l’un d’entre eux réagisse ».

« Nous, militants des droits de l’Homme et descendants d’esclaves, nous sommes choqués. Nous sommes frustrés. Nous sommes insultés », confie Boubacar Messaoud. A ceux qui déclarent qu’ils n’ont aucune preuve qui témoigne que Hanna Mint Mariye est une esclave, il lance : « Pourquoi ne nous poursuit-on pas pour dénonciation calomnieuse si cette fille n’est pas une esclave ? », s’interroge-t-il.

Babacar Baye Ndiaye

 

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