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( 5 septembre, 2010 )

En Mauritanie, « plus d’un million de personnes demeurent soumis à l’esclavage », révèle Birame Ould Dah, président de l’I.r.a.

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Lors d’une allocution à l’occasion du forum-conseil général du Parti Radical non-violent transnational à Barcelone, qui s’est déroulé du 3 au 5 septembre, le président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste de Mauritanie (I.r.a.) a, une nouvelle fois, voué aux gémonies l’Etat mauritanien. Selon lui, l’actuel régime serait en train d’encourager la « gouvernance raciste et esclavagiste ».

Esclavage, exclusion, marginalisation systématique, injustice…Birame Ould Dah Ould Abeid n’y va pas de main morte pour discréditer les pouvoirs publics aux yeux des participants du forum en vue d’espérer qu’ils exercent, à leur tour, la pression sur leurs gouvernements respectifs. L’objectif étant de les pousser à être plus exigeants en matière de promotion et de respect des droits de l’Homme en Mauritanie.

Le président de l’I.r.a. n’a pas manqué d’attaquer, dans le même ordre d’idées, l’absence de volonté de la part des pouvoirs publics dans l’optique d’éradiquer le phénomène de l’esclavage. « Le racisme d’Etat s’érige en loi et en mentalité auxquelles les noirs sont opiniâtrement et aveuglément soumis pour défendre des privilèges indus au nom du chauvinisme, du fascisme et de l’ethnicité arabe aux relents d’un nazisme exacerbé », explique-t-il.

Puis, sur un ton teinté d’humour et goguenard, Birame Ould Dah Ould Abeid, comme pour balayer d’un revers de la main toute volonté de la part de l’Etat de combattre l’esclavage et le racisme d’Etat, il indique aux participants que « 
la République Islamique de Mauritanie est le pays qui détient le record des absolutions de l’esclavage à travers le monde ». Il ajoute, cette fois-ci, sur un air moins sarcastique et grave : « C’est aussi l’Etat qui possède l’arsenal juridique le plus impressionnant mais qui reste envers et contre tout, rangé dans les tiroirs au grand bonheur des esclavagistes qui pullulent ».

Pour couronner le tout, il avance des chiffres assez effarants et très révélateurs de l’ampleur du phénomène de l’esclavage en Mauritanie. « Plus d’un demi millions de personnes demeurent soumis à l’esclavage grâce à la diligence entre les maîtres arabo-berbères et les autorités publiques », révèle-t-il.

Ensuite, il se met à parler de « manœuvres pour maintenir l’esclavage à travers le ralentissement du rythme de l’émancipation »,  de « blocage pur et simple de l’application des lois existantes par le truchement du système judiciaire et ses auxiliaires », de « connivence entre les autorités judiciaires, sécuritaires et administratives avec les propriétaires d’esclaves » mais également « la nonchalance manifeste vis-à-vis du règlement des cas soumis » d’esclavage avant d’évoquer le racisme d’Etat.

Par rapport à ce point, il n’hésite pas à charger l’Etat. Et lui faire avaler toutes sortes de couleuvres. Tenez par exemple sur la discrimination qui frappe les Harratines et les Négro-africains. Les révélations deviennent de plus en plus appétissantes, au fil de son allocution, toutes tirées de la réalité quotidienne. Là, il n’hésite pas à tremper le doigt. Les nationalistes arabes, les féodaux, les médias publics et les islamistes esclavagistes sont brocardés et nul n’échappe à la tondeuse du président de l’I.r.a.

« Les quelques noirs vus çà et là en guise de coloration sont l’arbre qui cache la forêt. Sur les 30 ministres que compte aujourd’hui le gouvernement, 23 sont blancs. Les recrutements des fonctionnaires dans les corps civils et les officiers dans les corps militaires et paramilitaires sont soumis à des critères discriminatoires qui excluent de façon quasi-totale les Noirs. Ils sont en général arbitrairement  bloqués au tableau d’avancement de manière à justifier la prédominance des arabo-berbères aux hauts postes de responsabilité », commente Birame Ould Dah Ould Abeid.

Les parenthèses de sang en 1986 puis 1987, le cycle d’épuration raciale en 1989 sanctionné par la déportation des Négro-africains au Sénégal et au Mali et le génocide perpétré entre 1990 et 1991 traduisent, aux yeux du président de l’I.r.a., une « politique de vidage » et une « forte dynamique d’arabisation ».

« Dans ses stratégies soigneusement copiées aux régimes racistes de l’ex-Irak,
la Syrie et le Soudan, on assiste actuellement, comme par le passé, à une institutionnalisation systématique de la discrimination. Un racisme d’Etat est instauré. Et la situation, n’augure d’aucune volonté de changement ni dans le court, ni dans le long terme », met-il en garde.

Au bout du compte, Birame Ould Dah Ould Abeid repart du forum de Barcelone avec le sentiment d’avoir marqué des points dans le processus de création de véritables pôles de pression sur le régime en Mauritanie pour appliquer toutes les conventions et lois internationales ratifiées sur l’esclavage et la discrimination.

Babacar Baye NDIAYE

1 Commentaire à “ En Mauritanie, « plus d’un million de personnes demeurent soumis à l’esclavage », révèle Birame Ould Dah, président de l’I.r.a. ” »

  1. Diokel dit :

    La lutte continue cher Birame et persistez dans votre engagement qui ne manquera certainement pas de porter ses fruits!

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