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( 22 septembre, 2010 )

Ridiculisé et maltraité par un douanier, Aboubakar Cissé raconte son calvaire

C’est le chemin de la croix pour certains voyageurs qui empruntent l’axe Nouadhibou-Nouakchott réputé par ces postes de Police, de Douanes ou de la Gendarmerie comme partout dans le pays.  Le plus irrespectueux, c’est quand les opérations de fouille qu’elles effectuent se font de manière sélective. Ce qui ne manque pas souvent de susciter l’ire de certains passagers mauritaniens. 

Aboubakar Cissé, qui a quitté la Mauritanie depuis mars 2008,  est un jeune Soninké d’origine mauritanienne. S’il s’était imaginé du calvaire et de l’humiliation qui l’attendaient dans son propre pays, il n’aurait certainement pas quitté l’Espagne où il y vit et travaille depuis une année pour se rendre dans son Guidimakha natal afin de rendre visite à ses parents.

Ainsi, pour dire, ce qui devait arriver arriva. Il décida de faire donc le voyage par voie terrestre, certainement plus confortable à ses yeux puisqu’il disposait d’un véhicule.

« J’ai quitté l’Espagne le 21 octobre, se souvient-il. De Maroc jusqu’au Sahara Occidental, je n’ai pas eu de problèmes. Mais, une fois, dans mon pays, en Mauritanie, grande a été ma surprise de me confronter à une dure réalité du pays. »

En effet, arrivé à Nouadhibou, sa voiture tombe en panne. Et le voilà obligé de s’embarquer à bord d’un bus de transport en destination de Nouakchott. Une heure, deux heures, trois heures plus tard…Rien ne vient interrompre le voyage qui, jusque-là, s’est effectué comme sur des roulettes.

Le temps filait vite aussi. Mais, à une cinquantaine de kilomètres de Nouakchott, le bus est immobilisé devant un poste de douanes. Un douanier monte dans le bus et commence à inspecter. Arrivé à son niveau, le douanier, après avoir effectué un tour dans le bus, le prie de descendre et de le suivre au poste de douanes, après avoir réclamé son passeport.

Aboubakar Cissé s’exécuta puisqu’il se disait qu’il n’avait rien à se reprocher. « Dans tout le bus qui contenait plus de 70 personnes, il n’y a que mes bagages qui ont été fouillés. C’est révulsant et irrespectueux ! », confie-t-il. Bagages aux mains, il se présenta devant le douanier. Nonobstant le fait qu’il disposait de sa quittance, on a voulu le déposséder de ses biens. Il sera soupçonné d’avoir introduit en Mauritanie de la drogue.

Ce qui a laissé perplexe Aboubakar Cissé. Il sera retenu et entendu au poste de douanes pratiquement pendant un tour d’horloge. Il sera ridiculisé, confie-t-il, avant d’être malmené par les douaniers qui l’ont fait avaler toutes sortes de paroles peu catholiques et d’injures à connotation raciale. Ce spectacle n’a pas laissé indifférent un passager qui ne fait pas partie de cette catégorie d’individus qui sont des témoins de l’injustice mais par crainte de représailles ont peur de réagir.

Venu jouer les bons offices, il sera éconduit par les douaniers lui aussi mais tenta de résister. Cela ne manquera pas de provoquer des passes d’armes entre lui et les douaniers. Du coup, les passagers, chacun à son niveau, y allaient de leurs compréhensions et de leurs commentaires sur l’attitude des douaniers.

Babacar Baye NDIAYE

( 22 septembre, 2010 )

Haye Es-Sakkine : La famille Hewel Weib réclame ses terrains dépossédés par des officiers de l’armée

Haye Es-Sakkine, jusqu’à une date récente, était un trou perdu. Mais, depuis que Mohamed Ould Abdel Aziz a décidé de viabiliser ce quartier, il est devenu l’objet de plusieurs convoitises notamment de la part de certains responsables politiques ou militaires du pays. Certaines familles qui y ont élu domicile, qui ne disposent pas de bras longs, se voient expropriées de leurs terrains.

Cette expropriation s’accompagne souvent avec la violence. La famille Hewel Weib en a fait les frais au mois d’octobre dernier. Celle-ci a toujours logé au secteur 6 de Haye Es-Sakkine. Un jour, à la grande surprise des membres de la famille, elle voit débarquer chez elle une horde de policiers pour venir les déguerpir.

« Nous sommes une grande famille composée de quatre familles qui vient d’être attaquée par des policiers de l’Etat qui nous ont arrachés notre terrain mais aussi le deuxième qui est en cours d’être pris par ces mêmes policiers que notre feu père a laissé pour sa famille », renseigne Saad Bouh Yahya Ould  Weib, un membre de la famille.

A l’en croire, c’est deux colonels de l’armée mauritanienne en la personne de Mohamed Ghelaye et Mohamed Ould Hadi qui auraient donné des instructions  pour les déloger de leur maison pour y loger les siens.

Cette opération remonte le 8 octobre 2009. Il y a eu ce jour-là des altercations entre la famille Hewel Weib et les forces de l’ordre qui ont usé, comme à l’accoutumée, de la brutalité. « Nous avons été frappés par la police et maltraités à la fois, se souvient toujours Saad Bouh Yhaya Ould Weib.  Même notre maman Toundou Mint Brahim âgée de 70 ans a été sévèrement blessée. »

A la suite de ces bourrades, la maison sera saccagée sous le regard impuissant des riverains et de leurs propriétaires. En quelques minutes, la maison était devenue un champ de ruines. Les sœurs de Saad Bouh Yahya Ould Weib qui tentaient de s’interposer à tour de bras seront rudement malmenées par les policiers.

« C’est à partir de ce même jour que le commissaire de Dar Naïm a ordonné à ses policiers de nous faire sortir de la maison. Ces derniers sont restés dans la maison toute la nuit jusqu’à ce que les maçons ont terminé de clôturer la maison », dit-il, hagard et confus.

Sur ordre d’un colonel, le préfet de Dar Naïm saisit à son tour le commissaire de cette moughataa pour les déloger de leur gazra qu’ils occupent depuis 1987. Après cette opération de démolition digne d’un film de Sylvester Stallone ou d’Arnold Schwarzenegger, on proposera à la famille de s’installer à El Khreib, vers Dar Naïm, sur une autre gazra. Ce que refusa la famille catégoriquement.

Aujourd’hui, le désarroi de cette famille est tel qu’elle a demandé à Mohamed Ould Abdel Aziz de venir rapidement à son secours afin qu’elle puisse reprendre son terrain. Le cas de cette famille n’est que l’arbre qui cache la forêt. Selon Saad Bouh Yahya Ould Weib, d’autres familles ont été victimes de l’abus de pouvoir des colonels susmentionnés.

Babacar Baye NDIAYE

( 22 septembre, 2010 )

Messaoud Ould Boulkheir : « Je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent semer le trouble au sein de l’APP et qui qu’il soit »

messaoudouldboulkheir1.jpgMessaoud Ould Boulkheir a montré qu’il est la seule constante au sein de l’Alliance Progressiste Populaire, qu’il reste et restera le chef incontesté voire incontournable de ce parti, le choix de la base des militants, l’incarnation des principes et objectifs du parti.

Autant de faits qui l’ont fait sortir, en vrai patron de parti, de ses gonds pour mettre en garde ceux qui voudraient annihiler l’Alliance Populaire Progressiste.

Il en a fait la démonstration de force, à l’occasion des journées de réflexion du parti qui ont eu lieu du 24 au 26 décembre 2009, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Devant plus de 400 cadres, Messaoud Ould Boulkheir a voulu sonner la fin de la récréation au sein de son parti.

La fin de la récréation

« Nous n’accepterons [plus que] des idées telles que répandues par les semeurs de doute, les pêcheurs en eaux troubles qui, malheureusement, existent dans ce parti et qui n’ont jamais cessé de critiquer pour critiquer tout simplement parce qu’ils ne se voient pas au devant de la scène s’agissant de l’APP. Et, là, où ils ne se voient pas au devant de la scène, c’est le chaos et on mobilise les gens, on fait ces petits groupes de pressions à Nouakchott ou ailleurs. On essaie de semer le doute et la zizanie voulant être la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », a-t-il indiqué.

Pour Messaoud Ould Boulkheir, cette situation n’a que trop duré. Et, il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre en garde ceux qu’il nomme « les chasseurs de prestige », « les pêcheurs en eaux troubles », « les chasseurs de leadership »…soupçonnés de vouloir comploter contre l’APP et du coup de le fragiliser.

« J’ai tu beaucoup de contradictions. J’ai évité de parler de beaucoup de choses  qui existent et qui sont là avec des preuves pensant bien faire, pensant sauvegarder l’unité du parti mais je crois que les gens ont interprété cela très mal », dit-il.

Et, d’ajouter sur un ton d’énervement : « Ils croient que c’est par supplice que je me suis tu ou que je n’ai pas voulu étaler au devant de la scène nos problèmes internes ou que je ne le pourrais pas. Je le peux parce que tout monde sait qu’en Mauritanie et ailleurs, Messaoud Ould Boulkheir n’a peur de rien ! ».

Dans ce discours, le pouvoir, à qui on prête l’intention de vouloir phagocyter l’Alliance Progressiste Populaire, (APP) est également indexé de manière déguisée.

« APP est l’un des partis qui dérangent le plus le pouvoir en place et donc les conspirations du pouvoir visent le parti.APP est vaccinée contre tout cela mais il n’en demeurerait pas moins qu’il était très utile de faire la mise au point, d’attirer l’attention des militants et de les mettre en garde contre les semeurs de trouble qui pourraient venir d’autres côtés pour essayer de déstabiliser le part », explique Ahmed Samba Ould Abdallahi, président du mouvement des Jeunes de l’APP.

« APP n’est pas le parti des Harratines ni d’El Hor »

Par rapport à cette question, Messaoud Ould Boulkheir s’est voulu être très clair et partant prendre le contrepied de ceux qui considèrent que l’Alliance Populaire Progressiste doit rester le parti des Harratines ou d’El Hor.

« Je dis haut et fort que ma patience a pris fin, a-t-il déclaré. Je n’ai plus de patience et je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent souiller notre parti, à ceux qui veulent semer le trouble dans ce parti et qui qu’il soit ».

Ce discours de Messaoud Ould Boulkheir a surpris plus d’un. Et, selon Ladji Traoré, le secrétaire général du parti, l’Alliance Populaire Progressiste ne peut plus se permettre qu’El Hor constitue l’ossature qui doit diriger, comme le soutiennent certains membres fondateurs de ce mouvement, que les leaders naturels du parti soient issus de leur rang (El Hor, Ndlr). « C’est un point de vue dépassé maintenant dans notre parti », a-t-il assuré.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’Alliance Populaire Progressiste l’a bien compris, qu’en réunissant le maximum de force, elle pourrait avoir la chance de devenir un parti majoritaire. Pour ce faire, elle devra se départir, comme l’a expliqué Ladji Traoré, de son particularisme ethnique, social et identitaire.

Babacar Baye Ndiaye

( 22 septembre, 2010 )

Projet de loi sur le secteur pharmaceutique : Les professionnels interpellent les parlementaires

Depuis quelques années, le secteur pharmaceutique est, lui aussi, frappé par l’anarchie. Celle-ci a entraîné l’irrespect de la réglementation en vigueur, l’émergence de médicaments contrefaits et non enregistrés au niveau de la direction de la Pharmacie et des Laboratoires, la spéculation sur les produits pharmaceutiques et la recherche abusive du bénéfice au détriment du pouvoir d’achat des populations.

Aujourd’hui, pour mettre un terme à cette situation, le gouvernement a adopté un nouveau projet de loi sur le secteur pharmaceutique. Lors de sa présentation par le Ministère de la Santé, le samedi 26 décembre 2009, à l’Assemblée Nationale, l’Association des Pharmaciens Mauritaniens a tenu un sit-in pour pousser les parlementaires à voter ce projet de loi qui va permettre, aux yeux des pharmaciens, d’assainir le secteur.

« Un médicament, ce n’est pas un jus d’orange. Ce n’est pas non plus une omelette », a prévenu Elbou O. Mohamed Brahim Vall, pharmacien et directeur du Laboratoire Biomed 24.

« On a constaté récemment en Mauritanie que les cancers, les insuffisances rénales, les pathologies cardiaques et les maladies gastro-intestinales ont atteint des proportions inquiétantes à cause de l’automédication et de la contrefaçon », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, l’Association des Pharmaciens Mauritaniens a indiqué que les parlementaires, en votant cette loi, sauveront le secteur pharmaceutique et préserveront la santé publique. Cette fois-ci, les pharmaciens l’espèrent fort, le gouvernement va éviter au secteur pharmaceutique de sombrer davantage et de le sauver des mains d’opportunistes.

« Si la loi de 1987 a été bien appliquée et que le rôle du commercial soit bien défini, on n’en serait pas là ce stade », a indiqué Thierno Mamadou Bocar Guèye qui n’a pas manqué de dénoncer l’anarchie qui s’est emparée du secteur pharmaceutique. Le sort du secteur est donc entre les mains des parlementaires qui doivent se prononcer sur le texte soumis par le gouvernement et duquel dépendra la mise aux normes du secteur.

Babacar Baye Ndiaye

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