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( 15 septembre, 2010 )

Réunion du Conseil des ministres du 14 septembre 2010

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Le Conseil des ministres s’est réuni ce mardi matin, au palais présidentiel à Nouakchott, sous la présidence de Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République.

Le Conseil a examiné et approuvé le projet de loi autorisant ratification de l’accord de prêt signé le 5 septembre 2010 à Djeddah entre le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie et la Banque Islamique de Développement (BID), destiné au financement du programme d’alphabétisation et d’apprentissage des métiers pour la réduction de la pauvreté.

L’accord de prêt porte sur un montant de 7.740. 000 Dinars Islamiques (DIS), soit l’équivalent de 3.350.000.000 Ouguiyas; il doit permettre la création des opportunités d’accès à l’enseignement non formel pour tous et au financement des micro projets en vue de mieux lutter contre l’analphabétisme et d’améliorer les capacités nationales en général et productives en particulier.

Le Conseil a également examiné et adopté les projets de décrets suivants :

- Projet de décret portant nomination du Président et des membres du Conseil d’Administration de l’Institut Pédagogique National (IPN).

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°711 pour les substances du groupe 2 (Or) dans la zone de Karet Centre (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Managem.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1045 pour les substances du groupe 4 (Uranium) dans la zone Nord Agmamin (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société SMCRP.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1049 pour les substances du groupe 1 (Fer) dans la zone Ouest Freiou (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société SMCRP.

La Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Le Ministre du Pétrole et de l’Energie a présenté une communication relative à la situation de la Société Mauritanienne d’Electricité (SOMELEC). Cette communication présente un diagnostic de la situation de la SOMELEC.

Le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et des Nouvelles Technologies a présenté une communication relative au secteur des nouvelles technologies et l’évaluation d’une décennie de libéralisation du secteur des télécommunications. La communication met en exergue les perspectives de reformes pour aboutir à une véritable redynamisation et modernisation du secteur.

Le Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement et du Développement Durable a présenté une communication relative à la campagne nationale de protection des pâturages et de lutte contre les feux de brousse 2010-2011.

Cette communication fait le bilan de la campagne 2009- 2010 qui a enregistré des résultats relativement satisfaisants. Au titre de la campagne 2010-2011, l’objectif fixé est de diminuer de moitié le départ des feux et de 40% des superficies brulées par rapport à l’année 2009/2010.

Rappelant les reformes envisagées pour assainir le secteur de la justice, le Président de la République a instruit le Gouvernement pour appuyer toutes les mesures prises et susceptibles de renforcer l’indépendance de la justice et d’asseoir l’Etat de droit.

Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes:

Ministère de l’Enseignement Secondaire et Supérieur
Administration Centrale

Direction de l’Enseignement Supérieur
Directeur: Ali Ould Mohamed Salem, Professeur d’Enseignement Supérieur

Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports
Cabinet du Ministre

Chargé de mission: Mohamed Ould Taleb, Professeur, Poète.
Conseiller technique chargé des activités régionales: Sid’Ahmed Ould Houcein, précédemment conseiller chargé des Sports.

Conseiller technique chargé des Sports: Ba Alioun Gata, Professeur, précédemment cadre au Cabinet du Ministre.

Inspection Interne
Inspecteur chargé des Sports: Souleimane Ould Bouna Moctar, titulaire d’une Maîtrise en Lettres, précédemment Directeur Général de la Bibliothèque Nationale.

Administration Centrale

Direction des Etudes, de la Programmation et de la Coopération
Directeur: Had Maaloum Ould Baba, Professeur d’Enseignement Supérieur.

Direction de la Promotion de la Jeunesse
Directeur: Sidi Mohamed Ould Taleb, précédemment Délégué Régional au Hodh El Gharbi.
Directeur Adjoint: Djigo Mamadou Abdoul, Inspecteur principal Jeunesse et Sports.

Direction des Loisirs

Directeur: Ahmed Ould Beibeny, précédemment Directeur des Etudes, de la Programmation et de la Coopération.
Directeur Adjoint: Mohamed Ould Moustapha, précédemment Directeur Adjoint de la Jeunesse.

Direction du Sport Haute Compétition
Directeur : M’Bodj Amadou Ousmane, Professeur Education Physique et Sportive, précédemment cadre au Cabinet du Ministre.
Directeur Adjoint: Larabass Ould Malik, Professeur Education Physique et Sportive, précédemment Cadre au Cabinet.

Direction Education Physique et Sportive
Directeur: Zeidane Ould Sidati Ould Zein, Maître Education Physique et Spotive.

Etablissements publics

Institut Mauritanien de Recherche Scientifique
Directeur Général Adjoint: Bechiri Ould Mohamed, Professeur d’Enseignement Supérieur

Etablissement Bibliothèque Nationale

Directeur: Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, précédemment Directeur de la Fondation Nationale des Villes Anciennes.

Fondation Nationale de Sauvegarde des Villes Anciennes
Directeur: Mohamed Mahmoud Ould Sidi, Ingénieur Principal en Génie Civil.

Centre National de Formation des Cadres de la Jeunesse et des Sports
Directeur Général Adjoint: Sidi Mohamed Ould Elemine Vall, Inspecteur de la Jeunesse.

Office du Complexe Olympique
Directeur Général Adjoint: Mohamed Lemine Ould Bah, précédemment Directeur Adjoint du Centre Nationl de Formation des Cadres de la Jeunesse et des Sports.

Institut Mauritanien de Musique
Directeur Général: Mreihba Ould Mohamed Ali.
Directrice Adjointe: Fatimetou Mint Hassenna Ould Ahmed Laebeyd, titulaire d’une Licence en Langues Etrangères

( 14 septembre, 2010 )

Aminétou Mint El Moctar juge la Télévision de Mauritanie

La Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.), Aminétou Mint El Moctar, qui a comparé la Télévision de Mauritanie (T.v.m.) à un décor, a affirmé que celle-ci ne répondait absolument pas aux aspirations et aux expectatives de la population.

« Les Mauritaniens s’attendent à être éduqués par la Télévision de Mauritanie à travers des émissions de sensibilisation, d’orientation et d’éducation. Sur ce plan, c’est zéro », a-t-elle indiquée tout en demandant le toilettage des programmes de cette chaîne d’Etat.

Aujourd’hui, de plus en plus, la Télévision de Mauritanie est critiquée pour ses grilles de programmes jugées d’une autre époque et notamment pour son manque d’ouverture. Tout le monde n’a pas accès à ce média public et d’Etat principalement la société civile qui doit faire preuve d’accointance, de soumission et d’allégeance avec le pouvoir en place pour qu’elle se voie accorder un temps d’antenne ou inviter à des émissions de débat.

L’image de la Télévision de Mauritanie n’a jamais été aussi écornée comme elle l’est aujourd’hui et suscité tant de désamour et de désintéressement de la part des Mauritaniens qui préfèrent regarder des chaînes de télévision étrangères comme France 24, TV5, Al Jazeera, la 2STV, l’ORTM, 2M…que leur propre chaine de télévision nationale.

Pour la présidente de l’A.f.c.f., la réponse est à chercher même dans les programmes de la Télévision de Mauritanie. « Le Président de la République est parti. Le Ministre est revenu. Celui-ci a rencontré ou reçu celui-là. Mais, cela n’intéresse véritablement pas les Mauritaniens. Les programmes de la TVM sont pauvres et complètement déconnectés de la réalité », explique-t-elle sur un ton narquois.

S’engager dans un processus de réforme et d’adaptation de ses grilles de programme par rapport aux questions qui interpellent les Mauritaniens comme celles relatives aux droits de l’Homme et à la bonne gouvernance, c’est là, selon Aminétou Mint El Moctar, l’effort à consentir par la TVM pour soigner son image auprès du public.

Puis, elle précise que si on critique la Télévision de Mauritanie, c’est pour que les choses s’améliorent et changent. « Nous ne cherchons pas le pouvoir. On est contre personne. Aussi, on est avec personne. On est là pour l’intérêt des populations pour changer les pratiques néfastes qui ne servent pas le peuple Mauritanien. Notre rôle, c’est d’attirer les pouvoirs publics sur ce qui ne va pas et cela, nous ne pouvons le faire qu’à travers les médias comme
la Télévision de Mauritanie« , dit-elle.

Aminétou Mint El Moctar ajoute enfin qu’on ne peut pas aspirer à changer les mentalités des Mauritaniens sans que la TVM n’y participe. « Mais, il faudra qu’elle s’ouvre à tous ceux qui sont prêts à aider dans le changement des mentalités », affirme-t-elle sous forme de plaidoyer et d’appel du pied.

Babacar Baye NDIAYE 

( 8 septembre, 2010 )

L’ambassade de France en Mauritanie s’explique sur le rejet des demandes de visa des étudiants

Ayant bien compris qu’il est du devoir des journalistes de se faire l’écho des interrogations des citoyens, l’ambassade de France en Mauritanie a tenu, dans l’après-midi du 7 septembre 2010, une réunion d’explications visant à justifier le rejet des demandes de visa des étudiants mauritaniens pour l’année universitaire 2010-2011.

Tour à tour, François Dall’Orso, Premier Conseiller, Daniel Jimenez, Consul, Sylvain Fourcassie, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, Julien Rouyat, Attaché de Coopération et Armand Marcarian, 2ème Conseiller, ont balayé d’un revers de la main les accusations des étudiants demandeurs de visa.

Non sans user de temps en temps de la langue de bois. Comme par exemple, lorsqu’il s’agit de dire s’il y’a bel et bien du favoritisme et de la discrimination dans le traitement des dossiers de demande de visa.

Dans leurs explications qu’ils ont fournies pour justifier le rejet des demandes de visa de certains étudiants mauritaniens, ils ont avancé une pluralité de conditions qui entrent en ligne de mire au moment de l’examen des dossiers de demandes de visa. A cet égard, ils ont soutenu que beaucoup d’étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne disposent suffisamment pas de ressources pour pouvoir poursuivre leurs études en France.

Il faut souligner également, dans ce sens, l’obtention du visa se joue souvent au niveau de ce qu’on appelle les épreuves de sélection. Là, aussi, il faut qu’il y’ait entre autres critères déterminants dans l’acceptation des demandes de visas des étudiants une connaissance suffisante de la langue française, une cohérence dans le parcours académique des intéressés. Et, c’est, à ce niveau-là, plus exactement que tout se joue et se décide. Mais, aussi, où beaucoup d’étudiants pêchent.

En un mot, la plupart des étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne remplissent pas ces critères. D’où leur rejet pour éviter, d’après leurs explications, de cautionner des échecs prévisibles tout en répétant qu’il n’y avait rien de discrétionnaire dans leurs critères de délivrance des visas.

Ce qu’ils n’ont pas manqué, d’ailleurs, de souligner en rappelant que le visa n’est pas un droit mais une décision souveraine de l’Etat. Sous-entendu que le dépôt de demande de visa ne vous donne pas illico presto, malgré que vous ayez obtenu une inscription de la part d’une université française, l’obtention du visa.

Ce que, malheureusement, ne comprennent pas souvent les étudiants mauritaniens. Ainsi, l’ambassade de France en Mauritanie qui a refusé, l’année dernière, 25 % des demandes de visa des étudiants mauritaniens, en attendant qu’elle délivre les statistiques de cette année, espère, à travers cette réunion d’explications, que ce scénario qui revient en épouvantail à chaque année ne se reproduise plus.

Babacar Baye NDIAYE

( 8 septembre, 2010 )

L’ambassade de France en Mauritanie s’explique sur le rejet des demandes de visa des étudiants

Ayant bien compris qu’il est du devoir des journalistes de se faire l’écho des interrogations des citoyens, l’ambassade de France en Mauritanie a tenu, dans l’après-midi du 7 septembre 2010, une réunion d’explications visant à justifier le rejet des demandes de visa des étudiants mauritaniens pour l’année universitaire 2010-2011.

 

Tour à tour, François Dall’Orso, Premier Conseiller, Daniel Jimenez, Consul, Sylvain Fourcassie, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, Julien Rouyat, Attaché de Coopération et Armand Marcarian, 2ème Conseiller, ont balayé d’un revers de la main les accusations des étudiants demandeurs de visa.

 

Non sans user de temps en temps de la langue de bois. Comme par exemple, lorsqu’il s’agit de dire s’il y’a bel et bien du favoritisme et de la discrimination dans le traitement des dossiers de demande de visa.

 

Dans leurs explications qu’ils ont fournies pour justifier le rejet des demandes de visa de certains étudiants mauritaniens, ils ont avancé une pluralité de conditions qui entrent en ligne de mire au moment de l’examen des dossiers de demandes de visa. A cet égard, ils ont soutenu que beaucoup d’étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne disposent suffisamment pas de ressources pour pouvoir poursuivre leurs études en France.

 

Il faut souligner également, dans ce sens, l’obtention du visa se joue souvent au niveau de ce qu’on appelle les épreuves de sélection. Là, aussi, il faut qu’il y’ait entre autres critères déterminants dans l’acceptation des demandes de visas des étudiants une connaissance suffisante de la langue française, une cohérence dans le parcours académique des intéressés. Et, c’est, à ce niveau-là, plus exactement que tout se joue et se décide. Mais, aussi, où beaucoup d’étudiants pêchent.

En un mot, la plupart des étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne remplissent pas ces critères. D’où leur rejet pour éviter, d’après leurs explications, de cautionner des échecs prévisibles tout en répétant qu’il n’y avait rien de discrétionnaire dans leurs critères de délivrance des visas.

 

Ce qu’ils n’ont pas manqué, d’ailleurs, de souligner en rappelant que le visa n’est pas un droit mais une décision souveraine de l’Etat. Sous-entendu que le dépôt de demande de visa ne vous donne pas illico presto, malgré que vous ayez obtenu une inscription de la part d’une université française, l’obtention du visa.

 

Ce que, malheureusement, ne comprennent pas souvent les étudiants mauritaniens. Ainsi, l’ambassade de France en Mauritanie qui a refusé, l’année dernière, 25 % des demandes de visa des étudiants mauritaniens, en attendant qu’elle délivre les statistiques de cette année, espère, à travers cette réunion d’explications, que ce scénario qui revient en épouvantail à chaque année ne se reproduise plus.

 

Babacar Baye NDIAYE

( 8 septembre, 2010 )

Après deux jours passés dans le coma, Le jeune Ramdane Ould Mohamed, âgé de 21 ans, s’est éteint

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Le jeune Ramdane Ould Mohamed, après avoir passé deux jours dans le coma, s’est éteint, à l’âge de 21 ans, dimanche matin, au Centre Hospitalier National (C.h.n.) de Nouakchott, a-t-on appris de source proche de la famille.

Pour rappel, ce jeune homme avait reçu une balle entre le nez et la pommette gauche. Cet incident a eu lieu dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 juillet, au quartier Pk 10 arrêt 7 de Riadh, à Livrick, une boite du coin très célèbre. Cet endroit accueille souvent des soirées et des cérémonies de mariages.

Cette nuit-là, il y’avait, une cérémonie d’Oscars des Vacances organisés par l’association Fass-Diom. Devant la porte de la boite, deux policiers qui n’appartiennent pas au commissariat de la Police de Riadh assurent l’ordre. Alors qu’ils sont en dehors de leurs temps de service.

Selon les témoins Haby Bâ et Brahim Boubou Niang, tout commence par une fouille suivie d’altercation verbale et d’un accrochage entre Ramdane Ould Mohamed et l’un des policiers. Le second policier intervient et donne des coups de gifle et de poings. La foule tente d’intervenir, puis subitement, on entend un coup de feu lâché par l’un des policiers.

Soudainement, Ramdane Ould Mohamed s’écroule. « Je l’ai trouvé gisant sur le sol. J’ai cru qu’il était mort. J’ai tâté son cœur. Je me suis rendu compte qu’il était encore en vie », raconte El Hadj Niang, un de ses amis.

Aussitôt, des éléments de la Garde Nationale, présents sur les lieux, le transportent, dans leur pick up. Direction : le Centre Hospitalier National de Nouakchott où il sera admis au Bloc Réanimation Polyvalente. Quelques heures plus tard, on annonce que les deux policiers sont arrêtés et gardés à vue à la Brigade Anti-drogue sis à Tévragh-Zéina.

On apprendra, aussi, que le brigadier en chef du commissariat de Police de Riadh est arrêté pour avoir accordé une pseudo-autorisation, à l’insu du commissaire de Police qui a dégagé sa responsabilité dans cette affaire, aux organisateurs de la cérémonie des Oscars des Vacances qui ont été, à leur tour également, appréhendés.

Au matin du vendredi, au bloc opératoire, l’ambiance était lourde et triste. Amis et parents étaient tous là. Chacun priait pour que Ramdane Ould Mohamed se tire d’affaire. L’un d’entre eux ne put s’empêcher d’extérioriser sa colère et d’interpeller le Président de la République.

« Si, on pouvait voir le Président de la République, on allait le faire pour lui dire de prendre des mesures fermes au sujet des bavures policières. Sinon, ça risque de ternir l’image de son pouvoir. Pourquoi, les gens ont vomi Mâaouiya, c’est à cause de la Police. Une, deux, les policiers giflent les gens. Ils frappent. Ils bastonnent. Ils maltraitent. Ils ont la gâchette facile et se comportent de manière irresponsable. Dans les marchés, ils ridiculisent les femmes, renversent leurs bagages. Ils ne sont là pour personne ni pour l’Etat. Ils sont là juste pour leurs poches », affirme Mohamed Ould Boilil, grand-père de Ramdane Ould Mohamed dans un accès de colère.

Ce qui intrigue, aussi, ce vieux d’une soixante dizaine d’années, c’est de voir le pays replonger en arrière à cause de l’impunité et de l’inertie de la justice. « A chaque fois qu’un policier commette une bêtise, on cherche un argument. On dit que la victime était droguée ou était en état d’ivresse », s’indigne ce vieux.

Vers les coups de midi, Ramdane Ould Mohamed est admis au bloc opératoire. Une heure plus tard, on annonce qu’il sera impossible de l’opérer car sa tension a fortement chuté et a perdu beaucoup de sang. Le voilà qui est à nouveau réadmis au Bloc Réanimation Polyvalente car sa situation semble très critique. « On ne va pas laisser cette affaire comme ça. On va porter plainte », confie un membre de la famille du jeune homme.

Le lendemain, samedi, la situation de Ramdane Ould Mohamed ne s’est guère améliorée. Les supérieurs de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (D.g.s.n.) mise au parfum de cette affaire sont là. Ils promettent de s’occuper du cas de Ramdane Ould Mohamed en assurant les frais d’hospitalisation.

Dimanche matin, après deux jours passés dans le coma, le jeune Ramdane Ould Mohamed rend l’âme, à l’âge de 21 ans. Selon une source policière, le jeune policier qui a été, à l’origine du coup de feu qui coûtera plus tard la vie de Ramdane Ould Mohamed, est actuellement gardé à vue à la deuxième compagnie de la Brigade de Police qui se trouve sur la route de l’aéroport.

Le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation Mohamed Ould Boilil s’est rendu au domicile de la famille de la victime pour présenter ses condoléances. Reste maintenant à savoir quel sort sera-t-il réservé au jeune policier ?

Babacar Baye NDIAYE

( 6 septembre, 2010 )

Communiqué du Conseil des Ministres du 06/09/2010

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Le Conseil des Ministres s’est réuni le lundi 06 Septembre 2010 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République. Le Conseil a également examiné et adopté les projets de décrets suivants:

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1024 pour les substances du groupe 1 (Fer) dans la zone de Guelb Lehdej (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Tayssir Resources.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1044 pour les substances du groupe 2 (Or) dans la zone d’Agmamin (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société SMCRP.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1063 pour les substances du groupe 1 (Fer) dans la zone Sud Ouest Kedia D’jil (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Négoce International.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1064 pour les substances du groupe 4 (Uranium) dans la zone Nord Ouest Bir Nar (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Négoce International.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n°1074 pour les substances du groupe 2 (Or) dans la zone de Mbalou (Wilaya du Guidimagha) au profit de la société Shield Saboussiri Mining Mauritania S.A.

- Projet de décret portant nomination du Président et des membres du Conseil d’Administration de la Fondation Nationale pour la Sauvegarde des Villes Anciennes.

La Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Le Ministre de la santé, Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel par intérim a présenté une communication relative à l’Organisation du Pèlerinage pour l’Année 1431H -2010.

Cette communication présente le cadre organisationnel du Pèlerinage et statue sur l’ouverture de la période d’enregistrement des pèlerins du 12 au 30 septembre 2010. Elle indique également la charge du pèlerin qui est en baisse comparativement à la saison précédente.

Le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et des Nouvelles Technologies a présenté une communication relative à l’augmentation de la capacité d’accueil des établissements de la Formation Technique et Professionnelle.

Cette communication, outre les mesures d’accompagnement qu’elle préconise, informe que la prochaine rentrée scolaire verra la capacité d’accueil des établissements de formation professionnelle atteindre 1500 stagiaires soit 38% d’augmentation.

Rappelant le phénomène de la Gazra et son incidence de précarité sur la vie de nos populations, le Président de la République a engagé le Gouvernement de rapidement finaliser les opérations de recasement en cours et de circonscrire définitivement ce phénomène. Il a ensuite ordonné de réaliser des campagnes hardies de lutte contre le Paludisme notamment à travers des programmes réguliers et de distribution systématique et contrôlée des moustiquaires et actions nécessaires à cette campagne.

Et enfin le conseil a pris les deux mesures individuelles suivantes:

Ministère de la Justice
Cabinet du Ministre


Inspection Générale de l’Administration Judiciaire et Pénitentiaire

Inspecteur Général: Abderrahmane Ould Abdi, Magistrat hors cadre.

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération
Secrétariat Général

Secrétaire Général : Hasni Ould Fqih, Professeur de l’Enseignement Supérieur

( 5 septembre, 2010 )

En Mauritanie, « plus d’un million de personnes demeurent soumis à l’esclavage », révèle Birame Ould Dah, président de l’I.r.a.

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Lors d’une allocution à l’occasion du forum-conseil général du Parti Radical non-violent transnational à Barcelone, qui s’est déroulé du 3 au 5 septembre, le président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste de Mauritanie (I.r.a.) a, une nouvelle fois, voué aux gémonies l’Etat mauritanien. Selon lui, l’actuel régime serait en train d’encourager la « gouvernance raciste et esclavagiste ».

Esclavage, exclusion, marginalisation systématique, injustice…Birame Ould Dah Ould Abeid n’y va pas de main morte pour discréditer les pouvoirs publics aux yeux des participants du forum en vue d’espérer qu’ils exercent, à leur tour, la pression sur leurs gouvernements respectifs. L’objectif étant de les pousser à être plus exigeants en matière de promotion et de respect des droits de l’Homme en Mauritanie.

Le président de l’I.r.a. n’a pas manqué d’attaquer, dans le même ordre d’idées, l’absence de volonté de la part des pouvoirs publics dans l’optique d’éradiquer le phénomène de l’esclavage. « Le racisme d’Etat s’érige en loi et en mentalité auxquelles les noirs sont opiniâtrement et aveuglément soumis pour défendre des privilèges indus au nom du chauvinisme, du fascisme et de l’ethnicité arabe aux relents d’un nazisme exacerbé », explique-t-il.

Puis, sur un ton teinté d’humour et goguenard, Birame Ould Dah Ould Abeid, comme pour balayer d’un revers de la main toute volonté de la part de l’Etat de combattre l’esclavage et le racisme d’Etat, il indique aux participants que  »
la République Islamique de Mauritanie est le pays qui détient le record des absolutions de l’esclavage à travers le monde ». Il ajoute, cette fois-ci, sur un air moins sarcastique et grave : « C’est aussi l’Etat qui possède l’arsenal juridique le plus impressionnant mais qui reste envers et contre tout, rangé dans les tiroirs au grand bonheur des esclavagistes qui pullulent ».

Pour couronner le tout, il avance des chiffres assez effarants et très révélateurs de l’ampleur du phénomène de l’esclavage en Mauritanie. « Plus d’un demi millions de personnes demeurent soumis à l’esclavage grâce à la diligence entre les maîtres arabo-berbères et les autorités publiques », révèle-t-il.

Ensuite, il se met à parler de « manœuvres pour maintenir l’esclavage à travers le ralentissement du rythme de l’émancipation »,  de « blocage pur et simple de l’application des lois existantes par le truchement du système judiciaire et ses auxiliaires », de « connivence entre les autorités judiciaires, sécuritaires et administratives avec les propriétaires d’esclaves » mais également « la nonchalance manifeste vis-à-vis du règlement des cas soumis » d’esclavage avant d’évoquer le racisme d’Etat.

Par rapport à ce point, il n’hésite pas à charger l’Etat. Et lui faire avaler toutes sortes de couleuvres. Tenez par exemple sur la discrimination qui frappe les Harratines et les Négro-africains. Les révélations deviennent de plus en plus appétissantes, au fil de son allocution, toutes tirées de la réalité quotidienne. Là, il n’hésite pas à tremper le doigt. Les nationalistes arabes, les féodaux, les médias publics et les islamistes esclavagistes sont brocardés et nul n’échappe à la tondeuse du président de l’I.r.a.

« Les quelques noirs vus çà et là en guise de coloration sont l’arbre qui cache la forêt. Sur les 30 ministres que compte aujourd’hui le gouvernement, 23 sont blancs. Les recrutements des fonctionnaires dans les corps civils et les officiers dans les corps militaires et paramilitaires sont soumis à des critères discriminatoires qui excluent de façon quasi-totale les Noirs. Ils sont en général arbitrairement  bloqués au tableau d’avancement de manière à justifier la prédominance des arabo-berbères aux hauts postes de responsabilité », commente Birame Ould Dah Ould Abeid.

Les parenthèses de sang en 1986 puis 1987, le cycle d’épuration raciale en 1989 sanctionné par la déportation des Négro-africains au Sénégal et au Mali et le génocide perpétré entre 1990 et 1991 traduisent, aux yeux du président de l’I.r.a., une « politique de vidage » et une « forte dynamique d’arabisation ».

« Dans ses stratégies soigneusement copiées aux régimes racistes de l’ex-Irak,
la Syrie et le Soudan, on assiste actuellement, comme par le passé, à une institutionnalisation systématique de la discrimination. Un racisme d’Etat est instauré. Et la situation, n’augure d’aucune volonté de changement ni dans le court, ni dans le long terme », met-il en garde.

Au bout du compte, Birame Ould Dah Ould Abeid repart du forum de Barcelone avec le sentiment d’avoir marqué des points dans le processus de création de véritables pôles de pression sur le régime en Mauritanie pour appliquer toutes les conventions et lois internationales ratifiées sur l’esclavage et la discrimination.

Babacar Baye NDIAYE

( 5 septembre, 2010 )

Après le refus de leur accorder le visa, des étudiants sortent dans la rue pour exprimer leur colère

Depuis quelques jours, plus d’une trentaine d’étudiants sortant de l’Université de Nouakchott occupe le périmètre qui fait face à l’ambassade de Nouakchott pour dénoncer le refus de celle-ci de leur accorder le visa. Alors que les universités françaises leur ont déjà assuré les inscriptions.

Les étudiants mauritaniens n’en sont pas à leur première manifestation de colère et de ras-le-bol contre les conditions humiliantes de demande de visa. On se rappelle que l’année dernière encore, c’était le même scénario.

Aujourd’hui, du fait de la qualité d’enseignement qu’offrent les universités françaises, celles-ci sont devenues, du coup, la destination privilégiée des jeunes étudiants africains. Ainsi, de nombreux jeunes étudiants mauritaniens, comme Soumaré El Hadj, ont envie de poursuivre leurs études post-maîtrise au pays de Victor Hugo et de Nicolas Sarkozy. Mais, leur optimisme n’est pas souvent au rendez-vous.

« Voilà, depuis, plus de deux semaines, que nous avons déposé nos demandes de visas. Tous nos dossiers sont complets. Mais, ils ont été tous rejetés par l’ambassade de France sans motif ni justification. Alors que nous avons payé les frais de demande de visa qui avoisine les 100″, indique cet étudiant qui vient de décrocher sa maîtrise en Géographie.

Et, pour faire entendre raison aux services de l’ambassade de France, ils ont exigé une entrevue avec le Consul qui n’a pas daigné pointer le nez dehors et les recevoir. Une attitude qui n’a pas été du tout à leur goût.

Babacar Baye NDIAYE  

( 5 septembre, 2010 )

MAMADOU SARR, secrétaire exécutif du FONADH à propos des réfugiés au Mali

« S’il y a retard dans leur retour, c’est essentiellement au niveau du gouvernement mauritanien qui doit prendre des mesures diligentes »sarrfonadh.jpg

Deux ans après le début des opérations de rapatriement des réfugiés mauritaniens vivant au Sénégal, celles concernant les réfugiés au Mali tardent à être démarrées. Du coup, on s’interroge déjà si leur retour aura lieu ou pas.

Parce que, jusqu’à présent, le gouvernement mauritanien n’a pas encore engagé des démarches diplomatiques visant à entamer le processus de rapatriement des réfugiés mauritaniens établis sur le territoire malien. Et aux yeux de Mamadou Sarr qui est le secrétaire exécutif du FONADH, l’Etat mauritanien doit prendre des mesures diligentes afin que nos compatriotes qui sont au Mali puissent rentrer et retrouver leurs droits dans le cadre d’un retour organisé.

Le Rénovateur Quotidien : Les opérations de rapatriement des réfugiés du Mali ne sont pas encore à l’ordre du jour. Qu’est-ce qui explique cette lenteur ?

Mamadou Sarr : Effectivement, au sujet des réfugiés qui sont restés au Mali, rien encore n’a été décidé. Il y a eu déjà un recensement qui a été fait. Mais, tant qu’il n’y a pas un accord triparti entre la Mauritanie, le Mali et le HCR, ces compatriotes ne peuvent pas revenir dans leur pays.

Toutefois, nous continuons à poser le problème pour que, réellement, le traitement qui a été donné aux réfugiés qui étaient au Sénégal, le soit avec ceux qui sont au Mali. C’est regrettable de constater que jusqu’à présent, rien n’a été fait par rapport à leur retour. Les réfugiés qui sont au Mali sont au nombre 15.000 et beaucoup d’entre eux veulent rentrer.

Le Rénovateur Quotidien : A quel niveau, la situation traine-t-elle ? Au niveau du gouvernement mauritanien ? Du HCR ? Ou du gouvernement malien ?

Mamadou Sarr : Elle traine au niveau du gouvernement mauritanien. Dans ce genre de problèmes, c’est le gouvernement mauritanien qui devrait mener les démarches nécessaires. Le HCR, c’est une institution des Nations Unies qui ne peut rien décider par rapport à cette question.

C’est le gouvernement, comme il l’a fait au niveau du Sénégal, qui devrait inciter à trouver une solution dans la mesure où toutes les autorités reconnaissent que ce problème a existé, que la déportation en 1989 a bien eu lieu dans des conditions que tout le monde connait.

Aujourd’hui, le premier pas qui a été fait au niveau du Sénégal devrait l’être au niveau du Mali. S’il y a retard dans leur retour, c’est essentiellement au niveau du gouvernement mauritanien qui doit prendre des mesures diligentes afin que nos compatriotes au Mali puissent retrouver leurs droits dans le cadre d’un retour organisé.

Le Rénovateur Quotidien : Peut-on comprendre par là que le régime de Mohamed Ould Mohamed Ould Abdel Aziz est moins engagé que celui de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi par rapport à cette question ?

Mamadou Sarr : Ce qu’il faut comprendre, c’est que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a fait un grand pas en reconnaissant, de manière officielle, ce qui s’est passé durant les années de braise. Il faut reconnaitre cela et qu’en plus, il y a eu un processus qui a été commencé avec lui en 2008 pendant qu’il était Président de
la République.

Il a lancé le premier jalon. Mais en outre, il faut reconnaitre qu’avec l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz, les choses ont continué. A ce niveau, je pense que chacun a joué son rôle par rapport à cette question. Si après le coup d’Etat du 6 août 2008, il y avait eu arrêt du processus, c’est ce qui allait être dommageable.

Aujourd’hui, 19.000 de nos compatriotes qui étaient au Sénégal sont rentrés. On peut dire qu’il y a eu un effort par rapport à cela. Même s’il y a des insuffisances, on peut dire que le processus de retour, une fois amorcé, a continué.

Le Rénovateur Quotidien : Depuis le 31 décembre 2009, les opérations de rapatriement assisté du HCR ont pris fin. Le fait que cette institution se retire vous rassure-t-il par rapport aux opérations de rapatriement dont le chapitre semble clos ?

Mamadou Sarr : Non, le chapitre n’est pas clos ! Au niveau du HCR, il y a un processus. Le premier processus, c’était un processus assisté. Ce processus n’est pas définitivement arrêté. Seulement, il fallait que la commission tripartite se réunisse pour voir et éventuellement analyser la situation.

Mais, à ce niveau, jusqu’à présent, la commission ne s’est pas encore réunie. Donc, le processus en tant que tel n’est pas arrêté. Il est arrêté par rapport à la première approche. Nous pensons que, dans les meilleurs délais, la commission tripartite va se réunir.

Et d’autres processus vont être enclenchés. Tant que cette commission ne s’est pas encore réunie, on ne peut pas enclencher un autre processus. Aujourd’hui, ce qui est sûr, c’est qu’il y a une forte demande de la part de ceux qui sont restés au Sénégal notamment dans les grandes villes. On dénombre parmi eux des fonctionnaires qui veulent rentrer.

Le Rénovateur Quotidien : Au sujet de l’intégration effective de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat qui ont été illégalement radiés de la fonction publique, la manière dont elle est gérée par le pouvoir en place, vous semble-t-elle répondre à vos préoccupations et celles des victimes ?

Mamadou Sarr : L’approche qui a été utilisée pour les fonctionnaires de l’Etat me parait bonne. On peut dire que c’est une commission dirigée par le directeur de la fonction publique qui a été désignée au niveau du Conseil des ministres pour essayer de piloter ce dossier.

La manière dont les recensements ont été menés nous satisfait dans la mesure où on a essayé de faire des recensements aussi bien au niveau des agents et fonctionnaires qui sont en Mauritanie et au niveau de ceux qui sont à l’extérieur. On a quand même tenu en compte toutes nos préoccupations à savoir que toutes les victimes soient recensées. Maintenant, il s’agit de savoir comment le dossier va être traité au niveau de cette commission.

Il faut savoir aussi que ce n’est pas seulement les fonctionnaires et agents de l’Etat qui sont concernés. Il y a aussi d’autres travailleurs qui ont servi au sein de certaines entreprises nationales comme la SNIM, la SOMELEC ou comme d’autres sociétés. Ces personnes n’ont pas été prises en compte. Nous espérons qu’elles seront rétablies. Au niveau de cette action, il faut qu’on tienne en compte les autres catégories qui ont été victimes comme les paysans et les éleveurs. Quel est le sort qui leur sera-t-il réservé ?

Quand on parle de réconciliation nationale, il faut prendre en considération tous les facteurs, les problèmes  et essayer de façon consensuelle à trouver des solutions. Telle est notre démarche et nous allons continuer à appuyer cela pour que vraiment toutes les victimes puissent être rétablies dans leurs droits. On peut dire qu’il y a un pas qui a été déjà fait.

On sent une volonté politique de régler cette question. Nous ne pouvons qu’apporter notre appui. L’ensemble des problèmes des déportés doit être pris dans leur globalité et nous pousserons les autorités compétentes à prendre en considération toutes leurs préoccupations en vue de créer un déclic.

Le Rénovateur Quotidien : Parmi les questions en suspens dans le cadre du règlement du passif humanitaire, il y a celle relative à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de clarifier le sort des personnes portées disparues, d’identifier et de traduire en justice les auteurs. Croyez-vous que Mohamed Ould Abdel Aziz va oser franchir le rubicond en l’ordonnant par exemple ?

Mamadou Sarr : Quand un Président de la République reconnaît qu’il y a eu une situation, cela nous réconforte. Aujourd’hui, je crois qu’aucun mauritanien n’ignore ce qui s’est passé. La meilleure solution, c’est d’avoir le courage de poser le problème. C’est pourquoi nous disons que le passif humanitaire reste aujourd’hui un problème pendant.

Nous estimons que la meilleure approche, c’est de mettre en place une commission d’enquête indépendante qui disposera de toutes ses prérogatives pour faire la lumière de ce qui s’est passé. Les coupables doivent être jugés. Quand nous demandons qu’ils soient jugés, cela ne veut pas dire qu’on demande à ce qu’on leur coupe la main. Tel n’est pas notre objectif. Notre objectif, c’est que plus jamais, de telles choses ne se passent en Mauritanie.

Le seul moyen de le faire, c’est que les victimes sentent que les bourreaux ont été jugés. C’est notre approche et nous continuons à le faire. On a donné « quelque chose » aux veuves et ayants droits mais nous estimons que ce n’est pas suffisant, en tout cas, pour régler le problème du passif humanitaire.

Même le Président de la République doit être conscient que cela ne règle pas fondamentalement le problème parce que si tel était le cas, la question serait réglée depuis très longtemps. Pour nous, le devoir de mémoire est très important, le devoir à la vérité c’est-à-dire mener des investigations. Cette commission doit être mise en place. Mais, essayer de rester dans le flou ne réglera pas fondamentalement cette question.

C’est pour cette raison que nous insistons sur la mise en place de cette commission indépendante pour que réellement ce problème du passif humanitaire comme le problème des victimes des évènements de 1989. Par rapport à ce dernier point, on a mis en place une commission chargée de statuer sur la situation des déportés. Pourquoi ne pas avoir la même approche par rapport au passif humanitaire ?

Aujourd’hui, le seul moyen de permettre aux mauritaniens de se réconcilier, c’est de mettre en place cette commission qui va faire toute la lumière et trouver une solution idoine à ce problème.

Le Rénovateur Quotidien : Concrètement, qu’est-ce qui retarde la mise en place de cette commission d’enquête indépendante ?

Mamadou Sarr : Je n’ai pas d’informations précises là-dessus. Bientôt, nous allons demander à rencontrer le Président de la République. Je tiens à rappeler que le jour de sa démission (pour se présenter à l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, Ndlr), il nous a reçus et nous lui avions expliqué l’ensemble de nos préoccupations par rapport au passif humanitaire, aux déportés, à l’esclavage, à l’impunité, à la corruption et surtout au problème des terres.

Cet aspect foncier pose un sérieux problème. Aujourd’hui, il est élu. Nous allons le rencontrer pour voir l’état d’avancement de ces dossiers. Il y a certains pas qui ont été accomplis au niveau de certains dossiers mais nous estimons que beaucoup de choses restent à faire. Donc, aujourd’hui, étant lu, il doit être en mesure, par rapport à nos préoccupations, de pouvoir donner des réponses. Nous pensons qu’il y va de l’avenir de la Mauritanie. Déjà, il y a une piste sur laquelle on est engagé, il faut aller jusqu’au bout.

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez tantôt évoqué le problème foncier. Il semblerait que les rapatriés seraient installés sur des terres appartenant à des autochtones comme la communauté Harratine. Une telle situation ne risque-t-elle pas de dégénérer ?

Mamadou Sarr : Dans l’accord triparti, il était clair que les rapatriés doivent disposer de leurs biens mobiliers et immobiliers dont les terres agricoles. Mais, ce que nous sentons aujourd’hui, que surtout, au niveau de l’autorité locale, il n’y a pas une volonté de régler ce problème. Quelqu’un qui avait un périmètre qu’il a aménagé, s’il revient, il n’y a pas de raison qu’on ne lui remette pas ses terres.

Je donne l’exemple de Médina Salam. Un cas flagrant. La personne est venue s’installer sur son terrain, au lieu que l’autorité locale l’aide à ce qu’elle puisse reprendre ses terres, on lui crée des problèmes. D’abord, on l’arrête, le défère et ensuite on autorise quelqu’un d’autre à exploiter ses terres. C’est cela qui crée la frustration.

Des gens se sont accaparés des terres des rapatriés. Ce n’est pas normal et il faudrait qu’au plus haut niveau qu’on se penche sur cette question foncière sinon elle peut être grosse de tensions. Cela peut pousser les populations à réagir. Je vous rappelle qu’il y a eu une circulaire sortie au mois de mai 2009 par rapport à cette question. On est au mois de février et jusqu’à présent, cette question n’est pas encore réglée.

En tout état de cause, les rapatriés ne demandent qu’à être rétablis dans leurs droits. Malheureusement, malgré leur patience, il n’y a pas de répondant. C’est là où le bât blesse par rapport à cette question foncière.

Propos recueillis par

Babacar Baye NDIAYE          

( 5 septembre, 2010 )

A moins de 4 jours de la campagne présidentielle : Le Fndd et le Rfd reprennent le combat de la rue

Le Fndd et le Rfd ont organisé, ce lundi 18 mai, une grande marche pour, disent-ils, sauver la Mauritanie des conséquences néfastes de l’agenda unilatéral du régime militaire issu du coup d’Etat du 6 août 2008.

Ainsi, des milliers de personnes, hommes, femmes et principalement des jeunes, tous opposés au coup d’Etat, ont à nouveau investi les artères de la capitale. A moins de 4 jours du début de la campagne présidentielle, la pression du côté du Fndd et du Rfd semble ne pas faiblir. Cette marche intervient en pleine médiation sénégalaise qui en est à son ultime round…

« Les mauritaniens se dresseront contre Mohamed Ould Abdel Aziz pour faire échouer le coup d’Etat du 6 août 2008. On n’acceptera pas non plus les élections du 6 juin prochain », a déclaré le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkhéir. « On est déterminé à aller au bout de notre objectif qui est celui de faire échouer l’agenda unilatéral du général », a-t-il poursuivi.

En outre, Messaoud Ould Boulkhéir a vigoureusement fustigé l’attitude des parlementaires de la majorité parlementaire qu’il accuse de torpiller tout processus de dialogue visant à dénouer la crise politique actuelle. D’ailleurs, il les a qualifiés d’hypocrites à la solde de Mohamed Ould Abdel Aziz. « C’est des gens sans conviction », dit-il.

« Non au coup d’Etat ! Non au coup d’Etat », a martelé Ahmed Ould Daddah, au cours de son intervention. « Non ! Non ! Non à l’agenda unilatéral de Mohamed Ould Abdel Aziz », dénonce-t-il.

Quant à Mohamed Ould Maouloud, il a fait part de son inquiétude, face à l’obstination de Mohamed Ould Abdel Aziz, que la Mauritanie s’enlise davantage dans l’isolement international. « Mohamed Ould Abdel Aziz est en train de nous mener vers le chaos », dit-il. « Ce qu’il est en train de nous proposer n’est rien d’autre que des élections à trouble, à problème. Nous n’en voulons pas de ces élections », a-t-il conclu.

Cette imposante marche des forces anti putsch intervient à un moment ultime de la médiation sénégalaise qui suit son bonhomme de chemin.

Les derniers développements de cette valse diplomatique dirigée de mains de maître par le ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tijane Gadio, poussent de plus en plus à l’optimisme si on s’en réfère aux déclarations du haut responsable sénégalais qui était de nouveau à Nouakchott hier et qui est attendu aujourd’hui en même temps que le président Abdoulaye Wade.

Dès lors, pourquoi le Fndd et le Rfd qui avaient suspendu provisoirement le calendrier de leur marche ont repris de nouveau le rythme des manifestations ? Est-ce à dire que le chemin de la réconciliation est en encore très long pour rapprocher les acteurs de la crise politique mauritanienne ?  

Babacar Baye Ndiaye

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