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( 5 septembre, 2010 )

Présidence du Fndd : L’Ufp passe le témoin à Tawassoul

La présidence tournante du Fndd a changé de main. Après avoir  été conduite par l’Ufp, c’est au tour du parti  Tawassoul de prendre le relais pour un mois. L’événement a donné lieu à un point de presse organisé hier mercredi 20 mai 2009  dans les locaux de Tawassoul en présence des responsables du front. 

Jémil Mansour, le nouveau président du Fndd, se chargera  de continuer l’œuvre de son prédécesseur Mohamed Ould Mouloud. Il s’agit essentiellement de poursuivre le programme  portant sur le combat mené en commun par le Fndd depuis le déclenchement de la crise politique consécutive au renversement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Le programme sera axé notamment sur la mise en place d’une permanence confiée à Moussa Fall qui travaillera en collaboration avec des commissions comprenant tous les représentants des partis regroupés au sein du front  dans le cadre d’un plan d’action suivi .

Le deuxième axe porte sur l’harmonisation des positions du front dans toutes les décisions prises par le Fndd dont désormais le RFD est partie prenante. Le troisième aspect du programme se rapporte au renoncement aux préalables à tout dialogue politique qui étaient jusque-là adoptés par le front depuis l’avènement de la crise. Le dernier axe est le maintien du rejet du calendrier unilatéral fixé par le camp des putschistes.    

Le président de l’Ufp a enfin appelé les pouvoirs publics, en vue de sortir de la crise actuelle d’entamer de nouvelles discussions, de suspendre la campagne électorale et la libération des détenus prisonniers politiques du Fndd, deux conditions que le front pose avant tout dialogue.

Pour lui, c’est la seule possibilité de pouvoir sortir de la crise. « Nous sommes déterminés à faire réussir toute médiation visant à sortir la Mauritanie de cette crise », a-t-il déclaré tout en laissant entendre que les portes du dialogue ne sont point closes.

Les leaders du Front National pour la Défense de la Démocratie n’ont pas manqué non plus de saluer la bravoure des femmes du Fndd qui ont organisé des marches de protestation, des sit-in, des nuits blanches dans le but d’exprimer leur désapprobation au sujet de l’agenda unilatéral que veut leur imposer Mohamed Ould Abdel Aziz

Babacar Baye N’Diaye

( 5 septembre, 2010 )

Affaire Hanna Mint Mariye : S.O.S. Esclaves résolu à renvoyer l’affaire devant le juge d’instruction

C’est désormais chose faite. Le procureur de la République du tribunal départemental de Teyarett vient de remettre, par une décision judiciaire, Hanna Mint Mariye à ses maîtres. Une telle décision a été aussitôt contestée par Boubacar Messaoud, président de S.O.S. Esclaves, au cours d’une conférence de presse organisée le 23 mai, dans les locaux du Fonadh.

Le sort de Hanna Mint Mariye, une fillette de 11 ans victime de travail servile, préoccupe davantage S.O.S. Esclaves. Ce cas continue de mobiliser cette organisation abolitionniste qui a tiré, au cours de cette conférence de presse, la sonnette d’alarme devant  la récurrence des pratiques esclavagistes en Mauritanie nonobstant la loi  n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

« Je tiens à vous sensibiliser sur la question du traitement de l’esclavage pour l’application juste et réelle de la loi. Si on n’applique pas la loi, on ne laisse rien aux militants et activistes que le choix d’aller à des extrémités que nous ne voulons pas », adresse-t-il aux journalistes.

Le président de S.O.S. Esclaves Boubacar Messaoud n’a pas non plus manqué de mettre en exergue l’attitude des autorités notamment policières dans l’affaire Hanna Mint Mariye. Il lâche furieux : « On blanchit les crimes dans les commissariats ».

D’après S.O.S. Esclaves, Hanna Mint Mariye a été remise à ses maîtres par le Procureur de la République sans la signature d’un procès verbal de l’enquête qui a été menée à son sujet pour déterminer ou non s’il s’agit bel et bien d’un cas d’esclavage. « On ne devait pas voir l’enfant. On ne devait pas non plus voir sa maîtresse. On ne devait pas voir quelqu’un d’autre tant que le procès verbal n’a pas été signé. C’est ce qui n’est pas normal et cela n’a pas été fait », dénonce-t-il.

Lui emboîtant le pas, Me Fatimata Mbaye a laissé entendre que le parquet n’a pas suffisamment approfondi l’affaire Hanna Mint Mariye pour pouvoir s’édifier réellement  sur cette situation.

Par ailleurs, toujours, selon Me Fatimata Mbaye, le parquet est passé outre mesure le  procès verbal transmis au tribunal par la Brigade des Mineurs qui a conclu au sujet Hanna Mint Mariye qu’il y avait « exploitation de mineur et refus d’accès à l’éducation ». « Le parquet devrait, ne serait-ce que par la qualification qui a été retenue par la brigade des mineurs, approfondir l’enquête.

Ces deux faits sont punissables par le code de protection pénale. En aucun cas, le parquet ne devait pas classer le dossier », dit-elle tout en laissant entendre que l’affaire Hanna Mint Mariye peut être poursuivie devant les juridictions.

S.O.S. Esclaves ne compte pas baisser les bras  dans l’affaire Hanna Mint Mariye. D’ailleurs, Me Fatimata Mbaye a révélé qu’elle va poursuivre  la procédure qui a été retenue par la brigade des mineurs et renvoyer le dossier devant le juge d’instruction du 4ième cabinet chargé des mineurs.

 » Le parquet ne peut pas classer un dossier quand il s’agit d’une exploitation de mineur sans demander un complément d’information. Le parquet aurait pu demander un complément d’information mais il ne l’a pas fait. Il l’a tout simplement classé pour « insuffisances de preuves ». Ce que nous ne comprenons pas », commente-t-elle.

Pour Me Fatimata Mbaye, tout un faisceau de faits (non accès à l’éducation, corvées domestiques…) concorde à dire que Toumène Mint Ahmedou Ould Dhunureiny exploitait Hanna Mint Mariye âgée seulement de 11 ans. Elle est formelle : « . C’est une infraction. La juridiction mauritanienne ne peut se débiner devant un cas pareil ». 

A en croire le président de S.O.S. Esclaves, la Mauritanie est actuellement assisse sur  une poudrière. Toutefois, il demeure optimiste : « Les mauritaniens peuvent tout régler par le dialogue et la concertation et que ce problème-là (affaire Hanna Mint Mariye), ils sont capables de le régler et s’ils le règlent, cela va cimenter leur unité. Par contre, on ne peut pas continuer à manipuler les gens et à se moquer d’eux sans qu’un jour l’un d’entre eux réagisse ».

« Nous, militants des droits de l’Homme et descendants d’esclaves, nous sommes choqués. Nous sommes frustrés. Nous sommes insultés », confie Boubacar Messaoud. A ceux qui déclarent qu’ils n’ont aucune preuve qui témoigne que Hanna Mint Mariye est une esclave, il lance : « Pourquoi ne nous poursuit-on pas pour dénonciation calomnieuse si cette fille n’est pas une esclave ? », s’interroge-t-il.

Babacar Baye Ndiaye

 

( 5 septembre, 2010 )

Conférence de presse de l’ONA : Le bras de fer avec les pouvoirs publics continue

Au cours d’une conférence de presse, organisée à l’hôtel Wissal, ce 24 mai 2008, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA), a fustigé la main mise du Ministère de la Justice et du parquet général sur certaines décisions de justice rendues par des magistrats.

Cette conférence de presse fait suite à l’avortement du sit-in que devait tenir, dans la matinée du 24 mai, l’Ordre National des Avocats. L’Ordre National des Avocats a dit son ras-le bol  de voir le Ministère de la Justice et le parquet général continuer à exercer une certaine main mise sur l’appareil judiciaire.  L’interdiction  de tenir  un sit-in pour dénoncer cette situation est venue créer un bras de fer   entre le Ministère de la Justice et l’Ordre National des Avocats qui se regardent maintenant en chiens de faïence.

Derrière cette animosité, la remise en cause de certaines décisions de justice rendues par des juges. « L’Ordre National des Avocats a constaté que certaines décisions de justice devenues définitives particulièrement en matière pénale où nous sommes concernés par les libertés des individus n’ont pas été exécutées alors que les juridictions ont dit leur dernier mot », explique Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

Ces décisions de justice sont relatives à des acquittements des cours criminelles, des condamnations avec sursis, des libertés provisoires. Face à cette situation, l’Ordre National des Avocats (ONA) a aussitôt saisi le procureur général de la République par écrit. « Nous avons également essayé de trouver une solution à ce problème sachant que, par ailleurs, on va lui donner une connotation politique mais déterminés que nous sommes à poser ce problème », a soutenu Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

La balle semble être donc, à l’en croire, dans le camp du parquet général pour trouver une solution à cet état de fait. Le Ministère de la Justice a aussi été informé dans ce sens. « Nous avons été frappés, dit-il, par l’interprétation que se font ceux-ci (le parquet général et le ministère de la justice, Ndlr) de leur acte (des magistrats, Ndlr). Effectivement, ils (les magistrats, Ndlr) voient dans leurs actions une certaine main mise de la tutelle sur la justice et sur certaines décisions de justice ».

Pour lui, c’est grave et inadmissible. « Il ne faut pas compter sur nous pour le soutenir », dit-il. Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny considère que le parquet général et le Ministère de la Justice n’ont pas le droit de s’immiscer dans certaines décisions de justice rendues par les magistrats. « Il y a des textes qui organisent la justice. En matière pénale, ils sont partie. Et, en tant que partie, ils n’ont que les recours qui sont ouverts à toutes les parties. Sur le reste, ils ont leur devoir qui consiste à appliquer la loi », explique-t-il.

Par ailleurs, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a fustigé l’attitude du parquet général et du Ministère de la Justice qui ne cessent, depuis quelques temps, de contester certaines décisions rendues par les magistrats. « Si les juges sont laxistes ou si leurs décisions ne sont pas bonnes, il y a des solutions qui sont prévues par la loi. Mais, substituer à tout cela une autorité ou une tutelle du Ministère de
la Justice, nous disons non car ce n’est pas prévu par la loi », affirme Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny qui explique que cela est contradictoire aux principes de l’indépendance de la Justice et de la séparation des pouvoirs.

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a réaffirmé enfin que leur action contre l’immixtion du Ministère de la Justice et du parquet général dans certaines décisions de justice n’a aucun caractère politique. « Ce qu’on défend, c’est l’indépendance de la justice, l’autorité des décisions de justice et l’absence de tutelle du parquet, du ministère public, du pouvoir exécutif sur les juges et les décisions des juges », dit-il. « Nous allons continuer à œuvrer par tous les moyens que nous confère le droit pour dénoncer ce genre de choses et pour que les personnes actuellement en détention arbitraire et abusive soit libérées, pour que telles pratiques cessent et pour à l’avenir qu’on sache que cette tutelle ne peut pas être acceptée », conclut-il.

La mise en garde du Ministère Public

Dans un communiqué rendu au lendemain de la conférence de presse de l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public a mis en garde ce dernier contre d’éventuels « actes nuisibles à la bonne marche de la justice et de son impartialité ».

En réaction à la tentative d’organiser un sit-in par l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public considère que c’est « une dérive flagrante aux statuts, et au fonctionnement de l’Ordre, ainsi qu’aux moeurs et à la déontologie de la profession d’Avocat ».

Du côté du Ministère Public, on soutient, contrairement aux assertions du bâtonnier de l’Ordre National des Avocats, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, que leur sit-in de la matinée du 24 mai finalement dispersé par les forces de l’ordre « reflète leur désir d’impliquer l’Ordre national des avocats dans la lutte politique qui n’a rien à voir avec son rôle juridique tel quel est fixé par la loi ».

Babacar Baye Ndiaye   

( 5 septembre, 2010 )

Conférence de presse de l’ONA : Le bras de fer avec les pouvoirs publics continue

Au cours d’une conférence de presse, organisée à l’hôtel Wissal, ce 24 mai 2008, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA), a fustigé la main mise du Ministère de
la Justice et du parquet général sur certaines décisions de justice rendues par des magistrats. Cette conférence de presse fait suite à l’avortement du sit-in que devait tenir, dans la matinée du 24 mai, l’Ordre National des Avocats.

 

L’Ordre National des Avocats a dit son ras-le bol  de voir le Ministère de
la Justice et le parquet général continuer à exercer une certaine main mise sur l’appareil judiciaire.  L’interdiction  de tenir  un sit-in pour dénoncer cette situation est venue créer un bras de fer   entre le Ministère de
la Justice et l’Ordre National des Avocats qui se regardent maintenant en chiens de faïence.

 

Derrière cette animosité, la remise en cause de certaines décisions de justice rendues par des juges. « L’Ordre National des Avocats a constaté que certaines décisions de justice devenues définitives particulièrement en matière pénale où nous sommes concernés par les libertés des individus n’ont pas été exécutées alors que les juridictions ont dit leur dernier mot », explique Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

 

Ces décisions de justice sont relatives à des acquittements des cours criminelles, des condamnations avec sursis, des libertés provisoires. Face à cette situation, l’Ordre National des Avocats (ONA) a aussitôt saisi le procureur général de
la République par écrit. « Nous avons également essayé de trouver une solution à ce problème sachant que, par ailleurs, on va lui donner une connotation politique mais déterminés que nous sommes à poser ce problème », a soutenu Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

 

La balle semble être donc, à l’en croire, dans le camp du parquet général pour trouver une solution à cet état de fait. Le Ministère de
la Justice a aussi été informé dans ce sens. « Nous avons été frappés, dit-il, par l’interprétation que se font ceux-ci (le parquet général et le ministère de la justice, Ndlr) de leur acte (des magistrats, Ndlr). Effectivement, ils (les magistrats, Ndlr) voient dans leurs actions une certaine main mise de la tutelle sur la justice et sur certaines décisions de justice ».

 

Pour lui, c’est grave et inadmissible. « Il ne faut pas compter sur nous pour le soutenir », dit-il. Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny considère que le parquet général et le Ministère de
la Justice n’ont pas le droit de s’immiscer dans certaines décisions de justice rendues par les magistrats. « Il y a des textes qui organisent la justice. En matière pénale, ils sont partie. Et, en tant que partie, ils n’ont que les recours qui sont ouverts à toutes les parties. Sur le reste, ils ont leur devoir qui consiste à appliquer la loi », explique-t-il.

 

Par ailleurs, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a fustigé l’attitude du parquet général et du Ministère de
la Justice qui ne cessent, depuis quelques temps, de contester certaines décisions rendues par les magistrats. « Si les juges sont laxistes ou si leurs décisions ne sont pas bonnes, il y a des solutions qui sont prévues par la loi. Mais, substituer à tout cela une autorité ou une tutelle du Ministère de
la Justice, nous disons non car ce n’est pas prévu par la loi », affirme Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny qui explique que cela est contradictoire aux principes de l’indépendance de
la Justice et de la séparation des pouvoirs.

 

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny a réaffirmé enfin que leur action contre l’immixtion du Ministère de
la Justice et du parquet général dans certaines décisions de justice n’a aucun caractère politique. « Ce qu’on défend, c’est l’indépendance de la justice, l’autorité des décisions de justice et l’absence de tutelle du parquet, du ministère public, du pouvoir exécutif sur les juges et les décisions des juges », dit-il. « Nous allons continuer à œuvrer par tous les moyens que nous confère le droit pour dénoncer ce genre de choses et pour que les personnes actuellement en détention arbitraire et abusive soit libérées, pour que telles pratiques cessent et pour à l’avenir qu’on sache que cette tutelle ne peut pas être acceptée », conclut-il.

 

La mise en garde du Ministère Public

 

Dans un communiqué rendu au lendemain de la conférence de presse de l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public a mis en garde ce dernier contre d’éventuels « actes nuisibles à la bonne marche de la justice et de son impartialité ».

 

En réaction à la tentative d’organiser un sit-in par l’Ordre National des Avocats, le Ministère Public considère que c’est « une dérive flagrante aux statuts, et au fonctionnement de l’Ordre, ainsi qu’aux moeurs et à la déontologie de la profession d’Avocat ».

 

Du côté du Ministère Public, on soutient, contrairement aux assertions du bâtonnier de l’Ordre National des Avocats, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, que leur sit-in de la matinée du 24 mai finalement dispersé par les forces de l’ordre « reflète leur désir d’impliquer l’Ordre national des avocats dans la lutte politique qui n’a rien à voir avec son rôle juridique tel quel est fixé par la loi ».

  

Babacar Baye Ndiaye   

 

 

( 2 septembre, 2010 )

Birame Ould Dah Ould Abeid : « Le gouvernement français fera échec de manière volontaire à toute action judiciaire visant la mise au banc des accusés les coupables de crimes de pouvoir en Mauritanie »

birame1.jpgDans une interview accordée au site de l’Organisation contre les violations des droits humains (OCVIDH), Birame Ould Dah Ould Abeid, le président de l’Initiative de Résistance du Mouvement Abolitionniste (IRA), charge le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz  qu’il accuse de vouloir s’accaparer du pouvoir comme au temps de l’ex-dictateur Mâawiya Ould Sid’Ahmed Taya.  

Pour Birame Ould Dah Ould Abeid, entre Mohamed O. Abdel Aziz et Mâawiya O. Sid’Ahmed Taya qui traine avec lui un lourd passif dans le domaine des droits de l’Homme, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Birame O. Dah O. Abeid s’inscrit en faux contre le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il dénie toute intention de vouloir améliorer la situation des droits de l’homme en Mauritanie où persistent encore des pratiques esclavagistes, des exclusions systématiques, des discriminations, des emprisonnements arbitraires.

A ce régime, il ne reconnait la prouesse que dans une démarche de coudoiement de certaines victimes de l’épuration ethnique qui a endeuillé les populations noires de Mauritanie pendant les années de braise.

L’opposition qu’elle tient responsable du fait accompli de l’installation de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir n’a pas été épargnée non plus par les critiques du président de l’IRA-Mauritanie.

Pour lui, notre opposition ne fait pas le poids devant le renforcement de l’emprise du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz sur le pays qui s’accentue de jour en jour en s’appuyant sur certaines personnalités de marque de l’opposition. Il estime que c’est  par défaitisme et manque de confiance en elle même que l’opposition a choisi des semblants d’élections, perdues d’avances, au lieu d’une confrontation au prix lourd mais salvatrice pour la démocratie et l’État de droit.

Au sujet des plaintes pour crimes de torture ou de meurtres déposées contre certaines personnes gravitant autour de Mohamed Ould Abdel Aziz, il a indiqué que les victimes des violations des droits humains passées et celles de nos jours n’ont aucun espoir de voir la justice rendue sous ce régime qui s’appuie allègrement sur des milieux civils et militaires ayant participé activement à la tentative de génocide contre les Noirs et s’adonnent de nos jours aux pratiques esclavagistes et à de faux témoignages sur la persistance de l’esclavage.

Derrière cet échec, Birame Ould Dah Ould Abeid y voit la main invisible du gouvernement français qu’il soupçonne d’entraver « de manière volontaire à toute action judiciaire nationale ou internationale visant la mise au banc des accusés les coupables de crimes de pouvoir en Mauritanie », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Birame Ould Dah Ould Abeid n’a pas manqué de dénoncer les tentatives du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz de semer la discorde dans les rangs des victimes des déportations, de tortures, d’emprisonnements arbitraires, d’assassinats massifs…mais également au sein des associations des droits de l’Homme, des mouvements de libération et dans certains partis politiques.

« Je suis obligé de concéder que certaines victimes et certaines formations qui se sont illustrées dans cette lutte pour la reconnaissance des exactions contre les Noirs et leurs réparations sont traversées de nos jours par des tendances gagnées par le doute, le penchant au repos et à certaines sinécures que le système peut procurer en contrepartie de volte-face », a-t-il affirmé en citant à ce propos, le communiqué des FLAM, vantant les mérites des soi-disant cent jours de pouvoir du général Aziz et le refus de certains rescapés des événements de 1989-90 et 91de témoigner comme à l’accoutumée pendant la journée du 28 novembre.

En ce qui concerne la résolution du passif humanitaire, il a affirmé que toute démarche par rapport à ce problème doit impérativement obéir à la prise en compte des paramètres de l’unicité de l’action des associations et formations de défense des victimes et la fermeté sur les principes mondialement observés dans les cas d’espèces, c’est-à-dire : la vérité, la justice, les réparations et la mémorialisation.

Et, pour lui, la manière dont le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz gère ce problème s’apparente plutôt à de la poudre aux yeux (prière pour le repos des âmes des défunts, indemnisation des victimes, rapatriement des déportés…) destinée à occulter et à éviter son règlement.

A cet effet, il a suggéré aux victimes des violations des droits humains en Mauritanie et leurs assistants de mettre à l’épreuve les lois et juridictions au sein du monde libre, notamment les closes concernant la compétence universelle. « Ceci permettra à coup sur d’épingler certains coupables et, de ce fait, obtenir des jurisprudences, ou du moins maintenir la pression sur les présumés criminels », dit-il.

Babacar Baye Ndiaye

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