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( 3 novembre, 2010 )

Les étudiants reprennent leur sit-in devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott

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Un sit-in a réuni mardi matin des dizaines d’étudiants mauritaniens de l’Université de Nouakchott devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott au cri de « Nous voulons juste continuer nos études », « Nos recours ne doivent pas rester sans suite », « Nous ne sommes pas des mendiants », « Pourquoi eux et pas nous », « Nos places nous attendent »…

« Ce sit-in est une réponse à l’ambassade de France par rapport aux rejets massifs et arbitraires de nos demandes de visa pour aller étudier en France. Si l’ambassade de France ne réagit pas, on prendra à témoin l’opinion publique nationale et internationale. Nous sommes là pour rencontrer le Consul », explique Al Housseynou Camara.

Au même moment, la porte d’accès au service des visas s’ouvre. Au lieu du Consul, c’est un visage anonyme qui apparaît. « Il faut faire monter la pression », lance un étudiant pour rallumer l’ardeur de ses camarades.

Quelques minutes plus tard, cinq policiers débarquent sur les lieux. Certainement alertés par le service de sécurité de l’ambassade de France. Puis, dans la foulée, une altercation verbale s’installe entre l’un d’entre eux et les étudiants. Ils les assomment de quitter les lieux en indiquant qu’ils encombrent la voie publique. « Il n’y a pas de trouble à l’ordre public », affirme un étudiant. Mais, tout finit par rentrer dans l’ordre et les étudiants s’exécutèrent contre leur volonté.

Pour autant, ils n’ont pas abdiqué à leur objectif et ne comptent pas s’en arrêter là. Ils ont promis de persister dans leur démarche en accentuant les sit-in devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott jusqu’à satisfaction entière de leur revendication qui est d’obtenir le précieux visa français. D’ailleurs, dans la manifestation, il y’avait des étudiants membres du Syndicat National des Etudiants de Mauritanie (S.n.e.m.) venus soutenir leurs camarades d’Université dont les demandes de visa ont été rejetées par le consulat de l’ambassade de France à Nouakchott.

Babacar Baye Ndiaye

( 3 novembre, 2010 )

Inefficacité de la lutte contre les viols : La présidente de l’A.f.c.f. met en cause l’absence d’une préoccupation très forte de la part des pouvoirs publics

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.), Aminétou Mint El Moctar, juge inefficace la lutte contre les viols. Elle met en cause l’absence d’une préoccupation très forte de la part des pouvoirs publics au sujet de ce phénomène qui a atteint un pic sans précédent ces deux dernières années avec à l’appui des statistiques inquiétantes et troublantes.

« Le viol n’est pas stigmatisé chez nos populations. C’est dans les us et coutumes. Il est extrêmement difficile pour la victime de prononcer qu’elle a été violée. Il est extrêmement difficile pour les parents d’accepter porter plainte. La fille est aussi accusée, devant la justice et la police, d’avoir commis un crime d’adultère. Et, c’est toujours la victime qui paie les pots cassés », explique Aminétou Mint El Moctar.

Puis, elle se plaigne que l’opinion publique ne soit suffisamment pas mobilisée au sujet du viol qui est aujourd’hui un véritable phénomène de société tout en appelant de ses vœux à l’Etat de criminaliser le viol.

Il faut souligner, dans le même ordre d’idées, que, depuis, quelques années, des associations féminines dont notamment l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f) mènent un combat pour la mise en œuvre d’un cadre juridique de protection spécifique contre les violences à l’égard des femmes mauritaniennes.

Face à l’urgence et à l’ampleur de ce phénomène, ces associations de femmes attendent plus d’engagement de la part des pouvoirs publics dans le domaine de la lutte contre les viols. Mais, aussi, dans un autre registre, elles demandent également la compression de certaines dispositions juridiques qu’on retrouve ça et là, éparpillées, dans le Code Pénal, la Convention sur les droits de l’Enfant, l’Ordonnance 2005-015 sur les mineurs et le Code du Statut Personnel. Et, pour ce faire, elles comptent sur l’appui des parlementaires.

« Il ne s’agit pas de faire des lois qui ne seront pas appliquées ni de les multiplier pour ne pas les appliquer. Cela ne servira à rien », a-t-elle souligné.

Aminétou Mint El Moctar en a aussi appelé le gouvernement à se préoccuper davantage du sort des femmes mauritaniennes. « Elles constituent 51,6% de la population. C’est elles qui sont victimes de la pauvreté, de l’ignorance, du manque de formation spécifique pour répondre aux besoins du marché de l’emploi. C’est elles qui sont discriminées, victimes de violences, de maltraitances. On a besoin d’une politique de prise en charge de la question de la promotion des droits de la femme », a-t-elle rappelé.

Babacar Baye Ndiaye 

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