( 8 septembre, 2010 )

L’ambassade de France en Mauritanie s’explique sur le rejet des demandes de visa des étudiants

Ayant bien compris qu’il est du devoir des journalistes de se faire l’écho des interrogations des citoyens, l’ambassade de France en Mauritanie a tenu, dans l’après-midi du 7 septembre 2010, une réunion d’explications visant à justifier le rejet des demandes de visa des étudiants mauritaniens pour l’année universitaire 2010-2011.

 

Tour à tour, François Dall’Orso, Premier Conseiller, Daniel Jimenez, Consul, Sylvain Fourcassie, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, Julien Rouyat, Attaché de Coopération et Armand Marcarian, 2ème Conseiller, ont balayé d’un revers de la main les accusations des étudiants demandeurs de visa.

 

Non sans user de temps en temps de la langue de bois. Comme par exemple, lorsqu’il s’agit de dire s’il y’a bel et bien du favoritisme et de la discrimination dans le traitement des dossiers de demande de visa.

 

Dans leurs explications qu’ils ont fournies pour justifier le rejet des demandes de visa de certains étudiants mauritaniens, ils ont avancé une pluralité de conditions qui entrent en ligne de mire au moment de l’examen des dossiers de demandes de visa. A cet égard, ils ont soutenu que beaucoup d’étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne disposent suffisamment pas de ressources pour pouvoir poursuivre leurs études en France.

 

Il faut souligner également, dans ce sens, l’obtention du visa se joue souvent au niveau de ce qu’on appelle les épreuves de sélection. Là, aussi, il faut qu’il y’ait entre autres critères déterminants dans l’acceptation des demandes de visas des étudiants une connaissance suffisante de la langue française, une cohérence dans le parcours académique des intéressés. Et, c’est, à ce niveau-là, plus exactement que tout se joue et se décide. Mais, aussi, où beaucoup d’étudiants pêchent.

En un mot, la plupart des étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne remplissent pas ces critères. D’où leur rejet pour éviter, d’après leurs explications, de cautionner des échecs prévisibles tout en répétant qu’il n’y avait rien de discrétionnaire dans leurs critères de délivrance des visas.

 

Ce qu’ils n’ont pas manqué, d’ailleurs, de souligner en rappelant que le visa n’est pas un droit mais une décision souveraine de l’Etat. Sous-entendu que le dépôt de demande de visa ne vous donne pas illico presto, malgré que vous ayez obtenu une inscription de la part d’une université française, l’obtention du visa.

 

Ce que, malheureusement, ne comprennent pas souvent les étudiants mauritaniens. Ainsi, l’ambassade de France en Mauritanie qui a refusé, l’année dernière, 25 % des demandes de visa des étudiants mauritaniens, en attendant qu’elle délivre les statistiques de cette année, espère, à travers cette réunion d’explications, que ce scénario qui revient en épouvantail à chaque année ne se reproduise plus.

 

Babacar Baye NDIAYE

( 14 mai, 2008 )

Les mauritaniens semblent être hantés et poursuivis par la poisse. Ils ne croient plus aux miracles et rêves tant promis par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui vient de nommer son deuxième Premier ministre Ould Waghef  en lieu et place de Zéine Ould Zéidane qui avait réussi miraculeusement a décroché la troisième place de la course présidentielle de février 2007. 

Ils ont vite fait de ranger leur optimisme  dans les tiroirs de l’oubli. D’autres par contre ont préféré tout simplement le brûler dans leur esprit. Visiblement, ils sont déçus de leurs gouvernants qui manquent d’imagination et de promptitude, de leur opposition qui passe le plus clair de son temps à vétiller et de leur société civile incapable de s’accommoder aux réalités. Les propos qu’ils tiennent sont symptomatiques d’un malaise social sans précédent et d’un marasme économique très inquiétant. 

Attaques terroristes(d’autres préfèrent dire attaques de grand banditisme et de vandalisme), meurtres, psychose insécuritaire, situation économique exécrable, train de vie coûteuse, caisses de l’Etat vides, indignation et déception des populations, attentes déçues…Qu’on ne s’y trompe pas, le contexte actuel dans lequel se trouve la Mauritanie est loin d’être rassurant. Nier l’ampleur et l’acuité de tels problèmes, c’est méconnaître les dangers qui menacent l’existence de notre jeune démocratie. 

Que nous ont légués les précédents régimes militaires et civils ? Dans le domaine social, rien de concret qui prouve qu’on a voulu véritablement faire avancer la machine. Le pourcentage des pauvres, au lieu de chuter surtout dans un pays réputé pour ses richesses, ne fait qu’accroître. Les différents rapports des diverses agences onusiennes accablent toujours la Mauritanie. Aujourd’hui, le temps a montré que nos gouvernants se sont peu souciés du bien être social des populations. 

Lui, le président de la République sent naturellement tout ce fardeau que lui ont laissé tous ces prédécesseurs. Saura-t-il faire la différence et marquer nos esprits ? Les attentes du peuple mauritanien sont grandes et si les autorités ne l’ont pas compris, elles doivent rendre le tablier. Elles doivent comprendre qu’elles sont là pour se surpasser, mouiller la chemise, se sublimer et être à la hauteur des missions qui leur ont été confiées. 

Notre quotidien doit être entre des mains capables de pouvoir relever les défis. Les défis du progrès, d’une économie compétitive. Les défis de l’éducation et surtout de la santé. Combien sont-ils ces enfants qui n’ont pas accès à l’école ? Combien sont-ils ces enfants de moins de 5 ans qui meurent faute de protection ? Combien encore sont-ils…?

Que dire du réseau routier ! S’ils sont incapables de mener la course contre la montre pour rattraper le temps perdu, ils n’ont qu’à le faire au moment opportun. Aujourd’hui, le peuple mauritanien a besoin d’hommes politiques qui le font rêver. Ce peuple a envie de voir de belles choses sortir de terre. Et c’est dommage qu’il en manque dans notre pays. 

On a toujours accepté ce qui nous est arrivé avec fatalité. Comme si tout se résumait à accepter notre sort ! A vouloir penser que tout provient de Dieu. 

Babacar Baye Ndiaye  

( 14 mai, 2008 )

Les hommes politiques sont toujours impressionnants. Voire même imprévisibles ! Ils n’ont d’égal qu’eux-mêmes. Ils ne surgissent que là où on les attend le moins du monde.

On a beau crier, vitupérer, dénoncer, vibrionner, ils façonnent à leur guise, comme ils l’appréhendent, le destin des communautés et des peuples. Dans ce domaine, ils sont imbattables, intalonnables et inclassables. Ils créent et recréent les schémas de la vie publique et politique selon les conditions et les exigences du moment.

Ils ne composent qu’avec ceux et celles qui convergent avec leurs affinités, leurs points de vue et leurs stratégies. Leur point faible, c’est qu’ils ne peuvent pas résister aux diverses tentatives du pouvoir avec tout ce que cela implique comme avantages et confort matériel et financier. 

Les partis politiques qui viennent de déposer leurs bagages dans l’attelage gouvernemental ont soutenu dans leur déclaration aux médias que leur entrée au gouvernement était sous-tendue par une logique d’urgence à sortir le pays de l’ornière.

Cette explication ne tient pas debout et c’est tout simplement lamentable.  Au regard des portefeuilles ministériels qui leur ont été confiés, le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh vient de leur donner de véritables graines à moudre. Certainement, le président de la République a entendu les vœux de Mohamed Ould Maouloud qui demandait, durant sa conférence de presse du 10 mai dernier à l’hôtel Khaïma, au pouvoir de les mettre dans des postes significatifs.

Et on a envie de savoir s’ils vont réussir leur passage dans des départements aussi tarabiscotés que celui de l’enseignement supérieur, de l’insertion, de l’emploi et de la formation professionnelle, de la santé…

La composition du nouveau gouvernement dirigé par Ould Waghef sera véritablement une mise à l’épreuve qui ne tardera pas à révéler ses vérités et ses mensonges au grand jour. Changer de gouvernement pour apporter et résoudre les problèmes quotidiens des mauritaniens, oui.

Un gouvernement, dit-on, c’est pour traduire dans les faits le programme politique d’un président de la République. Pour cela, il faut que le président de la République trouve son ‘homme’ de confiance en qui il peut porter la lourde responsabilité de traduire sa vision, un homme issu de ses ‘cotes’.

Cette réalité politique, Zéine Ould Zéidane l’a appris à ses dépens mais de manière malencontreuse. Cependant, il ne faudrait pas omettre que la vocation première d’un gouvernement, c’est de répondre aux préoccupations des populations. Maintenant que Ould Waghef  est chargé de ça, c’est à lui de convaincre les mauritaniens qui ont élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays à l’issue d’élections libres et transparentes.

Ould Waghef doit aussi convaincre qu’il n’est plus cet homme au passé controversé qu’il fut. La composition du nouveau gouvernement composé par Ould Waghef fait déjà jaser. Ce dernier a choisi de mettre en place un gouvernement politique en lieu et place d’un gouvernement technocrate ou semi-technocrate.

Le nouveau Premier et ses ‘idéologues’ veulent nous faire croire que seul un gouvernement politique regroupant diverses forces politiques peut régler les défis auxquels la Mauritanie est confrontée aujourd’hui depuis un certain temps. Là aussi, il faudra que Ould Waghef convainque que l’option qu’il a prise était la bonne à prendre.

La nomination de Ould Waghef à la Primature va-t-elle changer la situation économique et sociale du pays peu reluisante? Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh a-t-il une confiance aveugle jusqu’à nommer ou parachuter Ould Waghef à la Primature ? Si oui, le chemin pour la présidence est définitivement tracée pour cet homme qui a été à tous les niveaux de l’appareil d’Etat. 

Babacar Baye Ndiaye 

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