( 9 décembre, 2010 )

Me Brahim Ould Ebetty estime qu’il est dans « l’intérêt des militaires que la question du passif humanitaire soit éclaircie »

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Me Brahim Ould Ebetty a invité vendredi lors d’un colloque sur les cinquante ans de construction nationale organisée par le Fonadh et Open Society Foundations le gouvernement mauritanien à régler définitivement la question du passif humanitaire, soulignant que « l’amnistie de 1993 ne règle pas » ce dossier et ne met pas un terme à la frustration et à la rancune des victimes.

« Depuis 2007, on parle beaucoup du passif humanitaire sans qu’il y’ait véritablement une approche discutée avec les victimes et les organisations de droits de l’Homme. On continue jusqu’à présent à traîner parce qu’il y’a un certain nombre de questions qui ont été négligées », indique Me Brahim Ould Ebetty. « Si nous affrontons ce problème, nous pouvons le régler », a-t-il poursuivi.

Me Brahim Ould Ebetty a indiqué en outre que le passif humanitaire n’est pas un problème politique ni un processus à gérer sur le plan politique. Mais, un problème humain que tous les mauritaniens doivent tous gérer tout en exigeant une solution définitive et consensuelle qui prend en compte le droit de mémoire, de justice et de réparation.

« C’est très grave que des personnes qui avaient tué continuent à travailler, à se promener comme si de rien n’était. C’est dans l’intérêt des militaires que la question du passif humanitaire soit éclaircie. Certes, cette question n’est plus taboue mais il n’y a pas de perspectives claires et précises de règlement », a déclaré Me Brahim Ould Ebetty.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 3 novembre, 2010 )

Les étudiants reprennent leur sit-in devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott

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Un sit-in a réuni mardi matin des dizaines d’étudiants mauritaniens de l’Université de Nouakchott devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott au cri de « Nous voulons juste continuer nos études », « Nos recours ne doivent pas rester sans suite », « Nous ne sommes pas des mendiants », « Pourquoi eux et pas nous », « Nos places nous attendent »…

« Ce sit-in est une réponse à l’ambassade de France par rapport aux rejets massifs et arbitraires de nos demandes de visa pour aller étudier en France. Si l’ambassade de France ne réagit pas, on prendra à témoin l’opinion publique nationale et internationale. Nous sommes là pour rencontrer le Consul », explique Al Housseynou Camara.

Au même moment, la porte d’accès au service des visas s’ouvre. Au lieu du Consul, c’est un visage anonyme qui apparaît. « Il faut faire monter la pression », lance un étudiant pour rallumer l’ardeur de ses camarades.

Quelques minutes plus tard, cinq policiers débarquent sur les lieux. Certainement alertés par le service de sécurité de l’ambassade de France. Puis, dans la foulée, une altercation verbale s’installe entre l’un d’entre eux et les étudiants. Ils les assomment de quitter les lieux en indiquant qu’ils encombrent la voie publique. « Il n’y a pas de trouble à l’ordre public », affirme un étudiant. Mais, tout finit par rentrer dans l’ordre et les étudiants s’exécutèrent contre leur volonté.

Pour autant, ils n’ont pas abdiqué à leur objectif et ne comptent pas s’en arrêter là. Ils ont promis de persister dans leur démarche en accentuant les sit-in devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott jusqu’à satisfaction entière de leur revendication qui est d’obtenir le précieux visa français. D’ailleurs, dans la manifestation, il y’avait des étudiants membres du Syndicat National des Etudiants de Mauritanie (S.n.e.m.) venus soutenir leurs camarades d’Université dont les demandes de visa ont été rejetées par le consulat de l’ambassade de France à Nouakchott.

Babacar Baye Ndiaye

( 27 septembre, 2010 )

La Mauritel lance sa nouvelle identité visuelle

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L’entreprise téléphonique Mauritel a lancé, ce dimanche 26 septembre, sa nouvelle identité visuelle. La présentation a été faite au cours d’une rencontre avec la presse. Le directeur général de cette société a d’abord, dans sa présentation, brossé un tableau récapitulatif de leur part de marché, en révélant que 70% des mauritaniens font confiance à Mauritel.

Ce pourcentage a fait de cette entreprise l’opérateur leader du marché. D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus d’1,5 millions de mauritaniens utilisent Mauritel Mobiles, plus de 42.000 sont abonnés à Mauritel Fixe. Et, plus de 7.500 mauritaniens sont branchés au réseau Internet de Mauritel. A côté de cela, les mauritaniens qui utilisent l’Internet 3G+ tournent autour de 3.000.

Pour autant, les responsables de cette entreprise leader du marché ne comptent pas dormir sur leurs lauriers. « Mauritel est une entreprise très ambitieuse. Nous allons offrir à nos clients plus de services orientés vers leurs besoins et leurs préoccupations », a déclaré en substance le directeur général de Mauritel.

Aujourd’hui, Mauritel Mobiles et Mauritel Fixes ont fusionné pour donner naissance à Mauritel ™. En plus de son statut de leader dans le marché, Mauritel qui a la plus grande couverture réseau en Mauritanie apporte à l’Etat mauritanien plus de 90 milliards d’ouguiyas  sans compter les investissements, les emplois directs et indirects qu’elle génère.

Lors de la présentation de la nouvelle identité visuelle de Mauritel, le directeur de cette entreprise a indiqué qu’ils vont revoir à la hausse leurs engagements relatifs à la qualité, à la diversification de leurs offres, à l’écoute de leurs clients, à l’introduction de nouvelles technologies et à l’accompagnement du développement du pays.

Et, pour concrétiser cet ambitieux programme, Mauritel a décidé de définir une nouvelle identité visuelle à travers un nouveau slogan (« Un monde nouveau vous appartient ») et un nouveau logo qui incarne les couleurs de la vie, une forme suggestive et un contenu démonstratif. Ainsi, avec cette nouvelle identité visuelle, Mauritel se met à l’aube d’une nouvelle ère prometteuse.

Babacar Baye NDIAYE

( 26 septembre, 2010 )

La Police disperse un sit-in des exclus du recensement de l’ADU

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Des centaines de personnes venues des Kebbas Mendèz d’El Mina se sont rassemblées, dans la matinée du 26 septembre, près de la Primature pour dénoncer leur exclusion du récent recensement effectué par l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.). La Police a fait usage de matraques pour disperser très rapidement la manifestation.

Sidi Mohamed Ould Brahim, un des manifestants, a dénoncé cette attitude de la police, estimant que leur manifestation visait uniquement à informer le Premier ministre de leur situation. Aujourd’hui, on estime entre 5.000 et 6.000 personnes ayant fait les frais du recensement de l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.).

A titre de rappel, ce n’est pas la première fois qu’une opération de recensement est effectuée au niveau des Kebbas Mendèz d’El Mina par les services du Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. Le premier recensement remonte en 2000.

A cette époque, la Banque Mondiale avait financé, à la suite d’une étude, la construction de nouveaux logements destinés aux pauvres des Kebbas Mendèz d’El Mina. Puis, il y’eût un recensement complémentaire piloté par la préfecture d’El Mina. Celui-ci visant à combler les insuffisances du premier recensement.

Ce recensement sera remis en cause par l’Agence de Développement Urbain qui mettra en place un nouveau programme de relogement en ignorant ceux qui ont été déjà inscrits. D’où toute la polémique qui a entouré les opérations de recensement de l’Agence de Développement Urbain.

Les populations des Kebbas Mendèz d’El mina affirment qu’ils ont battu le macadam pour protester contre « les pressions » dont elles sont victimes et « les manipulations de gens puissants » qui tirent les ficelles de cette affaire.

Composées de 18 secteurs, les Kebbas Mendèz d’El Mina couvrent une superficie de plus en plus convoitisée. « Il y’a eu une mise à l’écart délibérée au sujet du recensement effectué par l’Agence de Développement Urbain », a affirmé Maouloud Ould Boubi, ajoutant que cette exclusion n’a concerné que les Harratines et les Négro-mauritaniens. « Aujourd’hui, les Kebbas Mendèz d’El Mina sont en train de s’écrouler sous le poids de l’explosision démographique. Du coup, le besoin foncier devient de plus en plus important « , a-t-il ajouté.

Depuis mi-septembre, les opérations de recensement de l’Agence de Développement Urbain ont déclenché l’ire d’une bonne partie des populations des Kebbas Mendèz d’El Mina, un quartier très précaire et caractérisé par l’extrême pauvreté. Avant la dispersion de la manifestation par les forces de l’ordre, les protestataires ont appelé « le gouvernement, le Hakem, le Ministre de l’Urbanisme et de l’habitat et le Président de
la République à prendre leurs responsabilités » dans cette affaire en les rétablissant dans leurs droits.

Babacar Baye NDIAYE 

( 20 septembre, 2010 )

Gratuité de l’aide au logement, de l’assurance-maladie… : Les avantages qui expliqueraient la difficulté pour les étudiants à obtenir le visa français

Les étudiants mauritaniens ne sont pas les seuls à se voir refuser le visa dans le cadre de leurs études par les ambassades françaises implantées un peu partout en Afrique. Comme la plupart des étudiants des autres pays africains notamment francophones, les étudiants mauritaniens effectuent un véritable parcours du combattant avant d’obtenir le précieux visa français.

Aujourd’hui, de plus en plus, la France de Nicolas Sarkozy restreint le nombre de visas délivrés aux étudiants africains. Mais, qu’est-ce-qui dicterait cette politique d’austérité pour limier le nombre de visas octroyés aux étudiants africains ?

Lors de leur rencontre avec la presse, le 7 septembre 2010, François Dall’Orso, Daniel Jimenèz, Sylvain Fourcassié, Julien Rouyat  et Armand Marcarian de l’ambassade de France en Mauritanie avaient défendu leur refus d’octroi du visa français aux étudiants mauritaniens par le fait que la plupart d’entre eux ne disposent suffisamment pas de ressources pour vivre en France d’une part et d’une connaissance suffisante de la langue française d’autre part. En réalité, ces formalités ne sont que les parties visibles de l’iceberg.

A elles seules, elles ne pourraient justifier ce refus. Car, la réalité est beaucoup plus profonde que cela. En effet, depuis, quelques années, la France fait face à une sollicitation de plus en plus accrue de la part des étudiants africains. Soumise à une forte pression et assaillie de toute part par les ressortissants des pays africains,
la France n’admet plus dans ses universités réputées pour leur qualité d’enseignement que des étudiants triés à la volée.

En engageant une politique très sélective, la France qui est le troisième pays d’accueil d’étudiants étrangers veut préserver sa sécurité sociale. Les raisons de cette politique de rigueur sont à rechercher aussi dans la crise financière que traverse actuellement ce pays comme du reste les autres pays de l’Europe. Du coup, tout est fait pour imposer des conditions d’octroi très contraignant du visa aux étudiants africains.

Ce système, unique en son genre, est très généreux et a pour fonction de protéger les individus des conséquences de divers évènements ou situations généralement qualifiés de risques sociaux comme les soins de santé, la maladie (y compris maternité, invalidité, décès), les accidents du travail, les maladies professionnelles, la vieillesse, le veuvage (retraite), le chômage.

Au même titre que les français, les étudiants africains bénéficient gratuitement de nombreux avantages sociaux tels que l’aide au logement, la réduction des frais du transport, l’assurance maladie…Tout ceci est supporté par l’Etat français.

Du coup, les Français commencent à penser qu’ils supportent trop les africains. D’ailleurs, le président Nicolas Sarkozy veut casser ce système social qui fait que c’est l’Etat qui doit tout supporter. Et, pour faire dans le politiquement correct, l’Etat français applique une politique très sélective en matière d’obtention du visa. Cette politique cadre parfaitement avec la vision des français dans leur globalité.

Mais, du côté des gouvernements africains, on ne semble pas presser le pas pour mettre en place une politique éducative de qualité en vue de contenir le flux de leurs étudiants vers la France.

Babacar Baye NDIAYE 

( 20 septembre, 2010 )

Birame Ould Dah s’attaque à Sidi Mahmoud Ould Sidi Amar

Venu témoigner sa solidarité aux familles qui ont été déguerpies de leur lot de terrain dans le cadre du recensement de l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.), ce 20 septembre 2010, dans les Kebbas Mendèz d’El Mina, Birame Ould Dah Ould Abeid en a profité pour vouer aux gémonies Sidi Mahmoud Ould Sidi Amar, directeur de la cellule chargée de la réhabilitation des quartiers précaires à l’A.d.u.

Le président de l’I.r.a. ne s’est pas privé de le tancer et surtout de le sermonner, à la suite des opérations de démolition et de déguerpissement, en estimant qu’ »il ne devait pas faire cela » car « il est lui-même issu des pratiques esclavagistes et du droit de cuissage sacralisé par le code musulman arabo-berbère ».

Birame Ould Dah Ould Abeid, dans une déclaration volumétrique, n’a pas manqué de dénoncer l’accaparement des terres viables, habitables et cultivables dans le milieu rural comme dans les centres urbains.

Dans le même ordre d’idées, il a également fustigé la connivence de l’Etat mauritanien avec ceux qui qualifient les groupes dominants qui continuent les expropriations massives et systématiques des Harratines et des négro-mauritaniens au profit des lignages tribaux que des hommes d’affaires de l’agro-business, des marabouts, des officiers supérieurs de l’armée et de la Gendarmerie.

Babacar Baye NDIAYE

( 20 septembre, 2010 )

Des dizaines de familles jetées en pâture dans la rue aux Kebbas Mendèz d’El Mina

Les opérations de recensement engagées par l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.) dans les Kebbas Mendèz d’El Mina ont plongé les habitants de ce quartier dans le désarroi et suscité des réactions d’indignation.

Après le passage des équipes de recensement de l’Agence de Développement Urbain (A.d.u.), des dizaines de familles ont été jetées en pâture dans la rue. Le spectacle est désolant : des dizaines de baraques en fortunes démolies ainsi que leurs biens accumulés pendant de longue période complètement détruits. Ce bric-à-brac montre la manière avec laquelle les opérations de déguerpissement et de démolition se sont déroulées. Sous l’œil vigilant des éléments de la Garde Nationale.

Les habitants n’y sont pas allés de main morte pour dénoncer vivement le recensement de l’Agence de Développement Urbain qui s’est déroulé, selon eux, dans des conditions peu transparentes. « La majorité des gens n’ont pas été recensés. Ce n’est pas sérieux. Depuis 2000, je vis ici. On a attribué des terrains à certains alors qu’ils n’ont jamais vécu dans la zone. Mon travail connait un coup d’arrêt à cause de cette situation », confie Fodé Seck. « On nous a dit d’attendre. Mais, attendre qui ? On attend quoi », fulmine-t-il.

Comme Fodé Seck, de nombreux pères de famille se sont retrouvés dans la même situation que lui. Ici, dans les Kebbas Mendèz d’El Mina, la plupart des habitants vivent dans l’extrême pauvreté. C’est avec beaucoup de difficulté qu’ils sont parvenus à acheter leurs baraques aujourd’hui complètement démolies.

En attendant d’être édifiés sur leur sort, ils ont commencé à trinquer au supplice de l’errance et de l’expropriation. Et, pour le moment, ils ne savent pas dans quel autre endroit ils seront relogés.

Face à ce désespoir des populations des Kebbas Mendèz d’El Mina, des organisations de défense des droits de l’Homme comme l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste sont montées au créneau pour se solidariser des familles abandonnées dans la rue et victimes d’expropriation foncière, de destruction de leurs demeures, de leurs baraques par les services de l’Agence de Developement Urbain (A.d.u.).

Le président de cette organisation, Birame Ould Dah, a dénoncé le manque de soutien de ces habitants de la part de certains érudits comme Mohamed Hacen Ould Dedew qui avait fait un geste à l’endroit des populations de Palestine en leur donnant deux millions d’ouguiyas.

Mais, il a surtout attaqué le directeur de la cellule de l’A.d.u. chargée de la réhabilitation des quartiers précaires Sidi Mohamed Ould Sidi Amar qu’il accuse d’user les « services et autorité de l’Etat » pour déguerpir injustement les habitants de ce quartier précaire situé à El Mina.

Babacar Baye NDIAYE 

( 14 septembre, 2010 )

Aminétou Mint El Moctar juge la Télévision de Mauritanie

La Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.), Aminétou Mint El Moctar, qui a comparé la Télévision de Mauritanie (T.v.m.) à un décor, a affirmé que celle-ci ne répondait absolument pas aux aspirations et aux expectatives de la population.

« Les Mauritaniens s’attendent à être éduqués par la Télévision de Mauritanie à travers des émissions de sensibilisation, d’orientation et d’éducation. Sur ce plan, c’est zéro », a-t-elle indiquée tout en demandant le toilettage des programmes de cette chaîne d’Etat.

Aujourd’hui, de plus en plus, la Télévision de Mauritanie est critiquée pour ses grilles de programmes jugées d’une autre époque et notamment pour son manque d’ouverture. Tout le monde n’a pas accès à ce média public et d’Etat principalement la société civile qui doit faire preuve d’accointance, de soumission et d’allégeance avec le pouvoir en place pour qu’elle se voie accorder un temps d’antenne ou inviter à des émissions de débat.

L’image de la Télévision de Mauritanie n’a jamais été aussi écornée comme elle l’est aujourd’hui et suscité tant de désamour et de désintéressement de la part des Mauritaniens qui préfèrent regarder des chaînes de télévision étrangères comme France 24, TV5, Al Jazeera, la 2STV, l’ORTM, 2M…que leur propre chaine de télévision nationale.

Pour la présidente de l’A.f.c.f., la réponse est à chercher même dans les programmes de la Télévision de Mauritanie. « Le Président de la République est parti. Le Ministre est revenu. Celui-ci a rencontré ou reçu celui-là. Mais, cela n’intéresse véritablement pas les Mauritaniens. Les programmes de la TVM sont pauvres et complètement déconnectés de la réalité », explique-t-elle sur un ton narquois.

S’engager dans un processus de réforme et d’adaptation de ses grilles de programme par rapport aux questions qui interpellent les Mauritaniens comme celles relatives aux droits de l’Homme et à la bonne gouvernance, c’est là, selon Aminétou Mint El Moctar, l’effort à consentir par la TVM pour soigner son image auprès du public.

Puis, elle précise que si on critique la Télévision de Mauritanie, c’est pour que les choses s’améliorent et changent. « Nous ne cherchons pas le pouvoir. On est contre personne. Aussi, on est avec personne. On est là pour l’intérêt des populations pour changer les pratiques néfastes qui ne servent pas le peuple Mauritanien. Notre rôle, c’est d’attirer les pouvoirs publics sur ce qui ne va pas et cela, nous ne pouvons le faire qu’à travers les médias comme
la Télévision de Mauritanie« , dit-elle.

Aminétou Mint El Moctar ajoute enfin qu’on ne peut pas aspirer à changer les mentalités des Mauritaniens sans que la TVM n’y participe. « Mais, il faudra qu’elle s’ouvre à tous ceux qui sont prêts à aider dans le changement des mentalités », affirme-t-elle sous forme de plaidoyer et d’appel du pied.

Babacar Baye NDIAYE 

( 8 septembre, 2010 )

L’ambassade de France en Mauritanie s’explique sur le rejet des demandes de visa des étudiants

Ayant bien compris qu’il est du devoir des journalistes de se faire l’écho des interrogations des citoyens, l’ambassade de France en Mauritanie a tenu, dans l’après-midi du 7 septembre 2010, une réunion d’explications visant à justifier le rejet des demandes de visa des étudiants mauritaniens pour l’année universitaire 2010-2011.

Tour à tour, François Dall’Orso, Premier Conseiller, Daniel Jimenez, Consul, Sylvain Fourcassie, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, Julien Rouyat, Attaché de Coopération et Armand Marcarian, 2ème Conseiller, ont balayé d’un revers de la main les accusations des étudiants demandeurs de visa.

Non sans user de temps en temps de la langue de bois. Comme par exemple, lorsqu’il s’agit de dire s’il y’a bel et bien du favoritisme et de la discrimination dans le traitement des dossiers de demande de visa.

Dans leurs explications qu’ils ont fournies pour justifier le rejet des demandes de visa de certains étudiants mauritaniens, ils ont avancé une pluralité de conditions qui entrent en ligne de mire au moment de l’examen des dossiers de demandes de visa. A cet égard, ils ont soutenu que beaucoup d’étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne disposent suffisamment pas de ressources pour pouvoir poursuivre leurs études en France.

Il faut souligner également, dans ce sens, l’obtention du visa se joue souvent au niveau de ce qu’on appelle les épreuves de sélection. Là, aussi, il faut qu’il y’ait entre autres critères déterminants dans l’acceptation des demandes de visas des étudiants une connaissance suffisante de la langue française, une cohérence dans le parcours académique des intéressés. Et, c’est, à ce niveau-là, plus exactement que tout se joue et se décide. Mais, aussi, où beaucoup d’étudiants pêchent.

En un mot, la plupart des étudiants mauritaniens demandeurs de visa ne remplissent pas ces critères. D’où leur rejet pour éviter, d’après leurs explications, de cautionner des échecs prévisibles tout en répétant qu’il n’y avait rien de discrétionnaire dans leurs critères de délivrance des visas.

Ce qu’ils n’ont pas manqué, d’ailleurs, de souligner en rappelant que le visa n’est pas un droit mais une décision souveraine de l’Etat. Sous-entendu que le dépôt de demande de visa ne vous donne pas illico presto, malgré que vous ayez obtenu une inscription de la part d’une université française, l’obtention du visa.

Ce que, malheureusement, ne comprennent pas souvent les étudiants mauritaniens. Ainsi, l’ambassade de France en Mauritanie qui a refusé, l’année dernière, 25 % des demandes de visa des étudiants mauritaniens, en attendant qu’elle délivre les statistiques de cette année, espère, à travers cette réunion d’explications, que ce scénario qui revient en épouvantail à chaque année ne se reproduise plus.

Babacar Baye NDIAYE

( 5 septembre, 2010 )

Après le refus de leur accorder le visa, des étudiants sortent dans la rue pour exprimer leur colère

Depuis quelques jours, plus d’une trentaine d’étudiants sortant de l’Université de Nouakchott occupe le périmètre qui fait face à l’ambassade de Nouakchott pour dénoncer le refus de celle-ci de leur accorder le visa. Alors que les universités françaises leur ont déjà assuré les inscriptions.

Les étudiants mauritaniens n’en sont pas à leur première manifestation de colère et de ras-le-bol contre les conditions humiliantes de demande de visa. On se rappelle que l’année dernière encore, c’était le même scénario.

Aujourd’hui, du fait de la qualité d’enseignement qu’offrent les universités françaises, celles-ci sont devenues, du coup, la destination privilégiée des jeunes étudiants africains. Ainsi, de nombreux jeunes étudiants mauritaniens, comme Soumaré El Hadj, ont envie de poursuivre leurs études post-maîtrise au pays de Victor Hugo et de Nicolas Sarkozy. Mais, leur optimisme n’est pas souvent au rendez-vous.

« Voilà, depuis, plus de deux semaines, que nous avons déposé nos demandes de visas. Tous nos dossiers sont complets. Mais, ils ont été tous rejetés par l’ambassade de France sans motif ni justification. Alors que nous avons payé les frais de demande de visa qui avoisine les 100″, indique cet étudiant qui vient de décrocher sa maîtrise en Géographie.

Et, pour faire entendre raison aux services de l’ambassade de France, ils ont exigé une entrevue avec le Consul qui n’a pas daigné pointer le nez dehors et les recevoir. Une attitude qui n’a pas été du tout à leur goût.

Babacar Baye NDIAYE  

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