( 9 juin, 2008 )

Grève du SIPES : Le spectre de l’année blanche sera-t-il évité ?

Nebghouha maintient le calendrier scolaire, rejette toute négociation sous la contrainte, mais affirme, néanmoins, sa disposition au dialogue. Le Sipes, pour sa part, continue son mouvement de grève. Et les élèves, dans tout cela ?

————Par Babacar Baye Ndiaye 

La Ministre de l’Education Nationale, Nebghouha Mint Mohamed Vall, qui a tenu une conférence de presse vendredi matin, a fait savoir que, une semaine après le début de la grève annoncée par l’un des syndicats de l’enseignement secondaire (SIPES ou Syndicat Indépendant des Enseignants du Secondaire), plus de 60% des enseignants continuent leur travail. 

«Le premier enseignement que l’on peut tirer de ce constat, c’est que le souci de l’intérêt général a animé le comportement positif de la majeure partie des enseignants durant la semaine écoulée et nous espérons que leurs collègues grévistes ne tarderont pas à les rejoindre pour que les choses rentrent dans l’ordre et que l’année scolaire se termine dans des conditions normales », lit-on dans le communiqué de presse transmis à l’issue de cette conférence de la Ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall qui faisait sa deuxième sortie depuis le début de la grève. 

Par rapport aux compositions de passage, prévues ce dimanche 8 juin, la Ministre de l’Education Nationale a affirmé que son département a pris toutes les mesures garantissant le bon déroulement des compositions. Et ce dans les meilleures conditions permettant d’évaluer en toute objectivité et toute transparence le travail des élèves durant l’année scolaire qui s’achève. 

Loin de minimiser la grève des enseignants, la Ministre de l’Education Nationale a reconnu l’impact que cet acte pourrait avoir sur le bon déroulement des étapes ultérieures du processus. La ministre souhaite même que les choses se passent dans des conditions optimales. 

En conséquence, «nous sommes rentrés dans un processus de négociation avec l’ensemble des syndicats de l’Education Nationale », a-t-elle précisé en faisant savoir que son département a toujours essayé de répondre à chaque occasion aux sollicitations des enseignants. Elle a rappelé aussi le point d’achoppement ayant déclanché la grève de la semaine passée et qui oppose le ministère et le syndicat. Il s’agit de l’augmentation des salaires. Or, celle-ci, précise la Ministre, devrait être discutée au moment où de la préparation du budget. Autrement, c’est mettre la charrue avant le bœuf. 

Toujours selon elle, il n’est pas raisonnable d’exiger du gouvernement l’augmentation des salaires des enseignants six mois après le début de l’exécution du budget de l’Education Nationale. Par conséquent, la Ministre de l’Education Nationale espère que les enseignants vont réfléchir et finir par comprendre que ce n’est pas par manque de volonté politique que cette doléance relative à l’augmentation des salaires n’a pas été satisfaite. « C’est pour des considérations budgétaires et économiques », a-t-elle précisé. 

Interrogée sur la retenue sur le salaire de base des enseignants non grévistes, la Ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall a affirmé qu’elle n’a pas été au courant et que si cela était avéré, des mesures rectificatives seraient prises pour rétablir dans leurs droits ceux qui n’avaient pas observé la grève.  

Maintenant, par rapport aux enseignants grévistes, la loi sur la fonction publique autorise le fonctionnaire à observer la grève selon des formes bien précises. En revanche aussi, elle autorise l’employeur (ici, le ministère de l’Education Nationale) à faire des retenues sur les jours pour lesquels aucun service n’a été fait.  

La Ministre a rappelé que l’intention du Ministère de l’Education Nationale n’est pas de pénaliser qui que ce soit ou de le sanctionner pour un droit qui lui est garanti par la loi et les règlements du pays. «Nous ne sanctionnons pas les grévistes qui rentrent dans une grève légale. Ce syndicat qui est en grève a observé toutes les étapes qui doivent être suivies pour que sa grève soit légale. Donc, il n’y a aucune raison que le ministère de l’Education Nationale prenne des sanctions contre ces enseignants qui sont en grève », dit-elle en notant que tout doit se faire en conformité avec les lois régissant la fonction publique mauritanienne. 

Nebghouha Mint Mohamed Vall, qui semble avoir du pain sur la planche devant l’insistance des grévistes à poursuivre leur mot d’ordre de grève jusqu’à entière satisfaction, ne s’est pas empêchée de dissimuler son optimisme en pensant que les enseignants ayant observé le mouvement de grève la semaine dernière finiront par revenir à la raison et à la conscience professionnelle en plaçant l’intérêt général des enfants au-dessus de toutes autres considérations.  

La Ministre de l’Education Nationale, qui est en train de tendre la perche aux enseignants grévistes, va-t-elle réussir à les faire revenir à de meilleurs sentiments ?

 

( 3 juin, 2008 )

Démantèlement d’un réseau de terroristes: Révélations sur leurss objectifs sinistres

«La Mauritanie ne saurait servir de base au terrorisme ni à l’extrémisme aveugle » ont déclaré les responsables de la police et de la gendarmerie au cours d’une conférence de presse tenue ce 2 juin à l’Ecole Nationale de Police. «Les responsables de la gendarmerie et de la police vont continuer la poursuite et la traque des éléments terroristes encore en fuite jusqu’à leur neutralisation et leur présentation devant la justice », ont-ils rajouté en faisant savoir qu’ils s’engageront à frapper d’une main  ferme tous ceux qui seraient tentés de porter atteinte à la sécurité du pays, à celle des citoyens et des étrangers. 

La Mauritanie serait-elle dans le rétroviseur des terroristes dont les attaques sont imminentes. En tout cas, à en croire les révélations faites par les responsables de la gendarmerie et de la police, cette bande est en train de se constituer en organisation subversive dont l’annonce devrait être faite par voie de presse internationale. Elles ont rapporté aussi les intentions criminelles de cette bande de porter les armes contre les institutions de l’Etat et l’appropriation de biens publics et privés. Cette bande se base sur la doctrine du ‘Takfir’. Celle-ci considère les gouvernants et les populations comme des apostats. A la suite de multiples investigations menées par la gendarmerie et la police, d’importantes quantités d’armes, de munitions et d’explosifs ont été saisies (voir photo). Elles sont composées de bombes artisanales, de ceintures explosives prêtes à être utilisées, une quantité importante d’explosifs TNT, des détonateurs, de cordons détonants, de capsules explosives, d’armes automatiques de différents calibres collectifs et individuels et d’importantes quantités de munitions.  Ces armes subversives sont actuellement exposées dans une salle hyper surveillée de l’Ecole Nationale de Police.  

Quelle est cette bande terroriste ? 

Cette bande armée jusqu’aux dents fut à l’origine des actes terroristes que la Mauritanie a connus ces derniers mois. Elle est impliquée dans des opérations de vol à main armée notamment contre des ressortissants étrangers résidant en Mauritanie en leur enlevant leurs biens. Le braquage d’un fourgon de transport de fonds publics du port autonome de Nouakchott, c’est aussi elle. Cette bande ne s’est pas arrêter là. Elle va poursuivre ces actes terroristes similaires avec l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg le 24 décembre 2007. L’attaque contre l’ambassade d’Israël et le restaurant mitoyen, c’est à mettre à leur compte. 

Les fonds de ce ‘gang’ proviennent en majorité des ressources qu’elle a tirées des différents vols et braquages. Lesquelles ressources vont les permettre de louer plusieurs domiciles dans les quartiers comme Tévragh-Zéina pour se mettre à l’abri de tout soupçon ! Ces domiciles vont servir de cache aux membres de cette bande et aux éléments venus de l’étranger en appoint en leur fournissant armes et munitions. C’est après plusieurs investigations menées par les forces de l’armée et de sécurité que cette bande a été démantelée. 

Cette association terroriste était en train de préparer des actes criminels de grande envergure ont révélé les responsables de la police et la gendarmerie au cours de cette conférence de presse. Les armes – des explosifs – que cette bande s’apprêtait à utiliser étaient capables de faire disparaître des quartiers entiers de Nouakchott.  Heureusement que cette bande a été neutralisée. A la suite d’une enquête judiciaire, il a été révélé que cette bande disposait d’une organisation opacte et d’un système de recrutement et d’embrigadement hautement cloisonné qui a permis la constitution de petites cellules. 

Babacar Baye Ndiaye

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( 31 mai, 2008 )

Point de presse de M. Khalil Ould Ennahoui: Le PSI à l’heure du bilan. Quelles perspectives ? La Primature fait une évaluation du niveau d’exécution

La Primature a rendu public un communiqué de presse récapitulatif des aspects inhérents à l’exécution de la première partie du Programme Spécial d’Intervention (PSI). Selon le document, sur 5497 tonnes de denrées alimentaires et de produits de bétail, seulement 17,9% sont parvenus aux populations bénéficiaires, bien qu’on en soit à la fin de la première phase du PSI dont le lancement a été donné il y a un mois. Le document indique que les autorités locales ont également réceptionné 59% des quantités destinées à la distribution gratuite ou à la vente à des prix abordables contrôlés par les banques de céréales. Les 5497 tonnes précitées ont été distribuées gratuitement au profit des populations les plus nécessiteuses.  

Les responsables en charge du Programme Spécial d’Intervention (PSI) ont tenu une conférence de presse sur le niveau d’exécution du programme lancé au début du mois de mai. Ce programme est composé de 5 volets : aide alimentaire et filets de sécurité, agriculture et élevage, formation et emploi des jeunes, mise en place en place d’activités génératrices de revenus et enfin un volet hydraulique. 

En ce qui concerne la mise en place du stock de sécurité, plus de 17.000 tonnes sur 25.000 tonnes ont été distribuées. Le reliquat est attendu avant le 31 août 2008. Par rapport aux quantités totales à expédier toutes formes confondues, 21.541 tonnes ont été réceptionnées au niveau des Moughatas ciblées dans le plan d’urgence concocté par le gouvernement. Néanmoins, il a été constaté une lenteur dans l’approvisionnement des SAVS. Lequel approvisionnement a dépassé toutes les prévisions de stockage. 

Pour rattraper le retard au cours du mois de juin 2008, les responsables du PSI comptent accélérer les distributions gratuites prévues et les mesures de renforcement des capacités en cours. 

Le plan d’urgence a aussi prévu l’ouverture de 108 boutiques témoins dont 32 à Nouakchott, 6 à Nouadhibou, 2 à Rosso et 2 à Maghama pour atténuer les effets de la spéculation sur les denrées de premières nécessités. Les stocks sont en cours de transfert et toutes les boutiques seront opérationnelles avant la fin de la semaine, donc début juin. 

En ce qui concerne le volet agriculture et élevage, plusieurs travaux ont été réalisés,  notamment la réhabilitation des périmètres PPG2, de barrages, de digues et diguettes. Dans ce cadre, 12.000 ha seront aménagés dans le Walo. Le protocole d’accord a été signé avec le génie militaire pour les travaux d’extension qui vont s’achever dans deux mois. La lutte anti aviaire, ainsi que contre la sésamie, vise à protéger les cultures contre les oiseaux granivores. Sur 500 tonnes de semences prévues, 100 tonnes ont été envoyées au Hodh Chargui, au Guidimakha  et en Assaba. 

Les 400 restantes sont en cours d’envoi. Des matériels agricoles, des semences et des insecticides seront distribués au profit des coopératives de maraîchage. L’évaluation du marché est en cours au niveau de la CCM. Le Programme d’Intervention Spéciale prévoit également ‘le retour au terroir’ qui aura lieu entre le 15 juin et le 15 juillet. Plus de 50 techniciens seront recrutés pour l’appui et l’encadrement dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage.  

Quant au volet Formation et Emploi des Jeunes, plus de 2000 jeunes ont été identifiés à Nouakchott, 500  à Nouadhibou  et 1.500 dans les autres wilayas. Dans ce cadre, des conventions de formation ont été signées avec 10 structures de formation au niveau des 9 wilayas ainsi que des conventions d’emploi à Nouakchott en cours de préparation avec les entreprises, les organisations professionnelles et certains départements ministériels.  

Pour ce qui est de la mise en place des activités génératrices de revenus, les groupements féminins et les ménages ont été le plus privilégiés. Sur 640 AGR prévues, seules 164 restent. L’identification a été déjà réalisée et les fonds transférés à la wilaya de Nouakchott. 

En ce qui concerne le volet hydraulique, des forages au profit des populations rurales et des forages à visée pastorale ont été réalisés. Au total, 13 forages dans les wilayas du Hodh El Gharbi, du Brakna, du Gorgol et du Guidimakha.   

Dans l’ensemble, les responsables en charge du Programme Spécial d’Intervention sont satisfaits du niveau d’exécution du programme. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 28 mai, 2008 )

Procès des présumés salafistes: La défense accuse le parquet d’empiéter sur le dossier

Au cours d’une conférence de presse organisée hier à l’hôtel Khaïma en présence des familles des présumés salafistes et des Organisations de défense des droits de l’Homme, les avocats de la défense ont dénoncé vigoureusement les empiétements du parquet sur le dossier des salafistes dont le procès vient de débuter il y a 3 jours après moult tergiversations. Les avocats de la défense ont convié la presse pour la mettre au parfum du déroulement de la gestion de ce procès qu’on appelle communément le dossier des salafistes. Les avocats de la défense, au cours de cette conférence de presse, ont relevé un certain nombre d’atteintes aux droits de l’homme ont émaillé le déroulement du procès depuis son commencement. Ils n’ont pas pris de gants aussi pour dénoncer la volonté du parquet de faire dessaisir le juge d’instruction du 3ième cabinet qui avait en charge ce dossier. Ce dessaisissement s’explique, selon les avocats de la défense, par le fait que ce même juge d’instruction  n’avait pas obéi aux demandes introduites par le parquet. A leur grande surprise, ils apprirent, ce mercredi 28, que le parquet a voulu faire des pressions au niveau de la chambre d’accusation pour  dessaisir ce dossier des mains du juge d’instruction du 3ième cabinet.  La chambre d’accusation a balayé d’un revers de la main cette demande introduite par le parquet tout en maintenant la compétence du juge d’instruction du 3ième cabinet. 

Les avocats ont salué la décision qui a été prise par le juge d’instruction et celle qui a été rendue par la chambre d’accusation. Ils ont rappelé  aussi qu’ils ne fermeront pas les yeux les empiétements de l’autorité exécutive par rapport à la liberté et à l’indépendance de la justice dans ce dossier sensible. 

Les avocats de la défense ont estimé que pour faire face à ce phénomène de terrorisme, l’Etat doit prendre les mesures qui s’imposent en vue de garantir la sécurité publique. C’est là un gage de confiance et de respect pour  protéger les libertés et assurer l’indépendance de la justice. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 28 mai, 2008 )

Loi n° 048-2007: A quand l’adoption des décrets d’application ?

Les pratiques esclavagistes ne sont pas encore éradiquées définitivement. En dépit de l’ordonnance n° 81.234 en date du 9 novembre 1981 abolissant l’esclavage, la loi n° 2003-05 du 17 juillet 2003 portant répression de la traite des personnes, la loi n° 2005-015 portant code du travail et récemment la loi n°048-2007 sur l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Sur le plan politique, l’adoption de telles dispositions constituent à n’en pas douter des avancées considérables et significatives mais elles restent toutefois inopérantes en raison du manque de mise en œuvre d’une tactique de communication appropriée. La sensibilisation n’a atteint que peu de localités du pays. Les campagnes de sensibilisation ne mobilisent pas tous les acteurs de la société civile notamment les oulémas et les imams qui doivent transmettre l’esprit de cette loi au travers de leurs prêches dans toutes les mosquées du pays.

Tout cet arsenal juridique ne semble pas circonscrire le problème et son ampleur encore moins satisfaire les attentes notamment des associations de défense des droits de l’Homme.

C’est dans ce cadre, conformément aux engagements des pouvoirs publics, le législateur est appelé à renforcer les normes en vigueur relatives à l’esclavage en incriminant et en réprimant les pratiques qui lui sont liées. Ainsi donc, par cette loi(n°048-2007) portant incrimination et répression de l’esclavage, les autorités de la République visent l’élimination de toutes les tares héritées du passé, la promotion d’une culture d’égalité, de tolérance et de citoyenneté et la mise en place de conditions favorisant le progrès et l’émancipation de tous les mauritaniens. 

Lors de l’adoption de cette nouvelle loi à l’Assemblée Nationale, les députés n’ont pas tenu compte de la convention de Genève de 1956 relative à l’esclavage et la convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage de 1956. Et pourtant, ces deux conventions ont été ratifiées par la Mauritanie. Ce qui n’est pas du goût des associations de défense des droits de l’Homme qui ont regretté que la définition de personne de condition servile n’ait pas été retenue et la restriction des peines prévues dans l’article 4 de la loi n° 048-2007. Par rapport à l’article 15 de la même loi, les associations regrettent qu’elles ne se voient pas reconnaître la possibilité de constituer partie civile alors que la plupart des victimes de pratiques esclavagistes n’ont pas nécessairement la capacité physique ou morale de porter plainte ou font bien souvent l’objet de pressions extérieures les amenant à retirer leur plainte. Dès lors, estime Boubacar Messaoud président de S.O.S. Esclaves, il est indispensable qu’une organisation de défense des droits humains ait la possibilité de porter plainte en lieu et place des victimes ou de joindre une plainte à celle de la victime qui resterait valable même en cas de désistement de la victime. L’assistance aux victimes à tous les stades de la procédure est certes indispensable, toujours selon lui, mais elle n’est pas suffisante et elle doit absolument être accompagnée de la possibilité de se constituer partie civile.   

Pour que cette loi puisse porter ses fruits et répondre aux attentes des victimes de pratiques esclavagistes, il est nécessaire que des décrets d’application soient adoptés afin que les meilleures conditions d’application de la loi soient réunies et que des mesures d’accompagnement de la loi soient mises en place. 

Dans leurs recommandations relatives au suivi de l’application de la loi, les organisations de défense des droits de l’Homme comme SOS Esclaves, le Fonadh et l’Amdh ont demandé aux pouvoirs publics de créer une commission d’enquête indépendante chargée d’enquêter sur l’ampleur des pratiques esclavagistes en Mauritanie, de mettre en place une institution gouvernementale spécialisée ayant compétence pour coordonner la lutte pour l’éradication de l’esclavage, des pratiques analogues à l’esclavage et de leurs séquelles vers laquelle toute victime et ses descendants auraient la possibilité de se tourner mais aussi de créer des structures de réinsertion sociale et économique pour les victimes de l’esclavage ou de pratiques analogues dont l’action serait coordonnée par une Agence Nationale pour l’Eradication de l’Esclavage et ses Séquelles.  Même si l’égalité de tous les citoyens, sans discrimination aucune, est un principe fondamental, constitutionnellement reconnu par tous les textes fondamentaux depuis notre indépendance, la persistance d’inégalités effective a, néanmoins, continué à entretenir la discorde et les divisions. 

Babacar Baye Ndiaye

( 16 avril, 2008 )

Débrayage des enseignants du secondaire

Après le départ en grève des professeurs de l’enseignement supérieur pour 45 jours, voilà que ceux du secondaire entrent dans la danse. Visiblement suivi, le mot d’ordre du SIPES a gagné tous les établissements secondaires publics du pays. Seules les écoles privées ne s’y sont pas mêlées pour des raisons pécuniaires. A quelques exceptions près, comme dans certaines villes de l’intérieur du pays comme Kiffa ou Kaédi, ce mouvement de grève de 3 jours consécutifs lancé par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire(SIPES) a été suivi sur l’ensemble du territoire national. Les autorités du Ministère de l’Education Nationale semblent être prises de court par la célérité des événements qui ont affirmé faire de leur mieux pour trouver des solutions à leurs revendications. 

Ce mouvement de grève est né à la suite d’une insatisfaction de la part du Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire de leur plate-forme revendicative dont les points substantiels portaient sur la non – révision du statut des enseignants, l’augmentation de la prime d’incitation, l’instauration de prime d’acquisition de documentation, la réouverture des concours de recrutement ministériel et le non paiement de l’indemnité d’éloignement. 

Intervenu à moins de deux mois de la fin de l’année scolaire, ce mouvement de grève lancé par le SIPES est analysé comme une volonté manifeste de saborder l’année scolaire et surtout d’utiliser le terrain syndical pour assouvir leurs revendications. Selon certaines sources concordantes, des garanties formelles ont été pourtant données par le Ministère de l’Education Nationale qui a reçu le SIPES en vue de négocier sur les différents points contenus dans sa plate-forme revendicative. 

Avec cette grève, le SIPES récidive. On se rappelle, il y a 3 mois, le même syndicat avait lancé un mot d’ordre de grève d’une journée qui était mal suivi. Mais cette fois-ci, le syndicat semble taper fort car cette grève de 3 jours est suivie par l’ensemble des professeurs du secondaire du pays. Ces derniers, aujourd’hui, sont accusés de vouloir torpiller l’année scolaire en cours en brandissant l’arme des revendications qui ont fait l’objet d’une série de négociations avec le Ministère de l’Education Nationale pour trouver des solutions.  Cette grève qui devra en principe durer 3 jours va-t-elle se poursuivre si le Ministère ne parvenait pas à satisfaire tous les points contenus dans la plate-forme revendicative du Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire ? 

Le premier jour du mot d’ordre de grève légalement lancé par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire a été un franc succès. Notamment, à Nouakchott, où tous les professeurs de l’enseignement secondaire ont observé ce mouvement de grève. Selon le coordonnateur du SIPES à Tiris-Zemmour, monsieur Souleymane O. Boyba, le mot d’ordre de grève a été suivi à 100% dans cette wilaya même si à Bir Mogrhéin il a été relevé un cas de défaillance de 45 mn. 

Selon les dernières informations que nous avons eues, le Ministère de l’Education Nationale est toujours ouvert au dialogue avec les partenaires sociaux dans le but de protéger l’enseignement secondaire d’une turbulence dont les victimes premières seraient les élèves.   

Babacar Baye Ndiaye 

( 24 mars, 2008 )

Interview de Mahmoud Boubacar Ly, président d’Eco-Plus: »l’implication de la jeunesse mauritanienne dans le développement du pays est encore embryonnaire »

Les étudiants mauritaniens, à l’instar des autres étudiants du monde entier, ont célébré le 12 mars dernier, la fête internationale de l’Etudiant. Mahmoud Boubacar Ly, président d’Eco-Plus(une association qui regroupe les étudiants en Economie et Gestion), et coorganisateur de cette manifestation, a bien voulu se prêter à nos questions. 

Le Rénovateur Quotidien : Tantôt(NDLR, cette interview a eu lieu mercredi 12 mars 2008), dans vos propos, vous demandiez aux étudiants mauritaniens de s’impliquer davantage dans le développement de leur université. Pourquoi cet appel ? 

Mahmoud Boubacar Ly : Cet appel, c’est tout simplement l’appel d’un citoyen qui cherche à réunir l’ensemble de la composante estudiantine du pays dans le but de trouver les voies et moyens qui permettront de pouvoir participer au développement surtout de notre pays. Ceci doit passer par les jeunes qui constituent sans doute l’avenir de ce pays et par conséquent leur implication devient nécessaire dans ce processus. Il faut promouvoir en eux la capacité de créer et de travailler ensemble, de regrouper leurs idées et de les affronter pour pouvoir relever les défis relatifs au développement et à l’émancipation des différentes couches de la population mauritanienne. 

Le Rénovateur Quotidien : Justement, vous parlez d’implication. Pensez-vous que la jeunesse mauritanienne est assez impliquée dans le développement du pays ? 

Mahmoud Boubacar Ly : L’implication de la jeunesse mauritanienne dans le développement du pays est encore embryonnaire. Présentement, il y a peu de jeunes mauritaniens qui s’intéressent à l’actualité de leur pays. Ils ont plutôt l’esprit évasif et trop distrait. Je demande aux jeunes et en particulier les étudiants de savoir organiser leur temps et de se consacrer au développement de leur patrie et de leur nation. C’est très important qu’ils participent au développement de leur pays. 

Le Rénovateur Quotidien : Partagez-vous l’idée selon laquelle l’horizon est bouché pour la jeunesse mauritanienne ? 

Mahmoud Boubacar LY : L’ancien régime avait une politique de jeunesse catastrophique et lamentable en matière de politique de jeunesse. Il avait fermé tous les canaux d’information qui devraient permettre à la jeunesse mauritanienne de se renseigner et avoir goût à puiser et à être imprégné de ce qui se passe dans  leur pays. Ceci a causé une passivité de la jeunesse mauritanienne. Il est temps que les gens aient un esprit de veille car leur sort dépend de cela. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes étudiant. Quel regard portez-vous sur l’université de Nouakchott ? 

Mahmoud Boubacar Ly : L’université dans sa diversité n’est pas vue sous un aspect très important. Le budget qui doit aller dans le financement de l’université ne va pas entièrement dans les activités universitaires. Je sais- parce que je suis étudiant et que j’ai l’expérience- qu’il y a un potentiel de jeunes qui sont capables de prouver qu’ils ont l’intelligence et la capacité de capter beaucoup de messages. Le gouvernement n’essaie pas de rentabiliser tout cela. Notre université trébuche parce que tout simplement l’administration universitaire ne met pas du sérieux dans ce qu’elle fait. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous soutenez donc que rien n’a évolué au sein de cette université depuis quelques années ? 

Mahmoud Boubacar Ly : En vérité, depuis sa création, rien n’a changé. C’est les mêmes bâtiments ! C’est la même construction ! C’est les mêmes modules ! En 2005, on a fait une ‘petite’ réforme. On nous a promis beaucoup de choses : le système LMD, d’améliorer les relations entre professeurs et étudiants, de perfectionner le système universitaire…Mais jusqu’à présent, nous ne voyons aucun changement, aucune évolution de la situation. Tout est resté comme auparavant. On disait que c’est Taya qui a détruit l’aspect de citoyenneté et de travail dans la mentalité des mauritaniens. Aujourd’hui, il n’est pas là mais les gens continuent à pousser les jeunes à être passifs.

Propos recueillis

Babacar Baye Ndiaye 

( 10 mars, 2008 )

Fête internationale de la femme:«Ensemble pour un développement équilibré »

Les femmes mauritaniennes, à l’instar de la communauté internationale, ont célébré hier, au Palais des Congrès de Nouakchott, la fête internationale de la femme sous la présidence effective de l’épouse du Président de la République Madame Khattou Bint El Boukhary. A l’occasion de cette importante cérémonie, madame Vatimétou Mint Khattry, Ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la Famille a révélé qu’un plan d’action pour la femme rurale sera bientôt achevé pour améliorer la situation de celle-ci et pour lui permettre de bénéficier de façon adéquate des programmes de développement exécutés par l’Etat. 

Profitant de ce 8 mars pour exprimer leur élan de solidarité, les femmes mauritaniennes ont exprimé ‘leur admiration et leur grande considération pour la lutte héroïque que mènent leurs sœurs en Palestine’ qui ont refusé ‘obstinément toute soumission et résignation préférant plutôt la mort pour la défense de leur pays’. 

Dans son discours, madame Vatimétou Mint Khattry, Ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la Famille a magnifié d’emblée, au nom de toutes les femmes mauritaniennes, l’action de l’épouse du Président de la République Madame Khattou Bint El Boukhary. «Nous saluons, dit-elle, les sacrifices grandioses consentis par la première dame, l’épouse du Président de la République Madame Khattou Bint El Boukhary en vue d’alléger les souffrances des catégories vulnérables et des sinistrés auxquelles elle montre une solidarité exemplaire dans les moments les plus difficiles ». 

Fêté sous le thème «Ensemble pour un développement équilibré », le 8 mars de cette année 2008 intervient quelques jours après l’appel lancé par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi  aux femmes mauritaniennes d’entreprendre une campagne contre la gabegie et la corruption et à participer activement à la réforme de la société mauritanienne. 

Plus qu’un coup de projecteur sur la réalité de la femme mauritanienne, la fête internationale de la femme de cette année fut une occasion pour la ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la famille de faire une présentation des actions menées par son ministère et les défis qui se dressent sur le chemin des femmes mauritaniennes. 

C’est vrai que le nombre de femmes dans les postes de décision a accru et que leur participation dans la vie politique, économique et sociale du pays va en crescendo, mais leur place dans la société mauritanienne demeure encore très faible malgré le crédit accordé par le Président de la République aux femmes de bénéficier des priorités du gouvernement dans le domaine du développement et de la lutte contre la pauvreté ainsi que celui de la résolution  des grands défis relatifs à l’esclavage et à ses séquelles, au retour des réfugiés, au règlement du passif humanitaire… 

Face à cette nouvelle conjoncture, le ministère de la promotion féminine, de l’enfance et de la femme a pris une batterie de mesures élaborées dans un plan triennal qui tient en compte le cadre stratégique de la lutte contre la pauvreté. Ce qui a pu permettre de redynamiser la stratégie nationale pour la promotion féminine et d’adopter un arsenal juridique en faveur de la famille, de la femme et de l’enfant. 

Outre cela, le ministère a consolidé les centres de promotion professionnels pour la promotion féminine. Tous ces efforts du gouvernement dans le cadre de la promotion féminine vivent à améliorer le sort de la femme mauritanienne. Ainsi donc, «en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté au sein des femmes et de la famille, confie madame Vatimétou Mint Khattry, Ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la Famille, des efforts ont été concentrés sur cette catégorie à travers des programmes directement ciblés par le département et exécuter par d’autres départements et en coordination avec ceux-ci ». 

La femme mauritanienne est désormais au cœur des préoccupations du gouvernement mauritanien. Cela se manifeste dans les différents programmes élaborés dans ce sens. Comme par exemple, le programme de LIHDADE et d’Aftout, le programme d’urgence dans les wilayas des deux Hodds financé à hauteur de 80.000.000 UM réparties dans des projets générateurs de revenus dans le cadre d’un plan gouvernemental. 

S’inscrivant dans une démarche novatrice, le ministère de la promotion féminine va privilégier l’approche genre et l’intégrer dans les politiques et programmes de développement afin de réaliser l’égalité des chances.  Dans ce cadre, la ministre a fait savoir que son ministère va adopter une stratégie nationale avant la fin de l’année en cours.

Babacar Baye Ndiaye

( 10 mars, 2008 )

Dorsale à fibre optique: Le projet coûtera à Mauritel plus de 2 milliards d’ouguiyas

L’entreprise Mauritel vient de franchir un nouveau cap en lançant son nouveau projet, la «dorsale à fibre optique » qui reliera Nouakchott à Nouadhibou. La pause de la première pierre  de cet important projet financé à hauteur de 2.364.054.000 UM s’est déroulé ce jeudi 6 mars  en présence du ministre en charge des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, du Président- Directeur Général de Mauritel et de nombreuses convives. L’occasion a été saisie par les responsables pour faire une présentation sur les progrès réalisés par Mauritel. 

Mauritel, leader de télécommunication en Mauritanie comme elle se proclame, vient non seulement de taper fort avec ce projet qualifié de «structurant et novateur », mais aussi de prouver qu’elle ne compte pas jouer les seconds rôles dans le secteur des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication de plus en plus fortement marqué par la concurrence et l’innovation en matière de produits et de services à la pointe de la technologie. 

 C’est dire que Mauritel  ne compte pas s’arrêter là puisqu’en l’espace de 7 ans, elle a réalisé de gros efforts, malgré des couacs à la limite compréhensifs, grâce à un transfert de compétences et un appui organisationnel et technologique de la part de Maroc Télécom au capital de Mauritel en tant que partenaire stratégique par une prise de participation à hauteur de 51% par un investissement global de 48 milliards USD. 

Les progrès réalisés par Mauritel et Mauritel Mobiles

Ainsi donc, depuis 2001, début du partenariat avec Maroc Télécom, Mauritel et Mauritel Mobiles n’ont cessé d’accroître leur parc dans le but de répondre aux exigences de plus en plus pressantes de la clientèle en termes de prestation de services. Les localités du pays couvertes par le réseau fixe sont passées de 14 en 2001 à 36 en 2006. Une faible évolution engendrée essentiellement par l’explosion du mobile. Ce phénomène est mondial et aucun opérateur du téléphone fixe n’y échappe. 

De 2000 à 2007, le parc de Mauritel fixe est passé de 19.003 abonnés à 36.780 abonnés. Pour ce qui est de Mauritel Mobiles, le nombre d’abonnés est passé de 7.000 à 904.469 entre 2001 et 2007 : soit une progression de 37% par an.     

En 2007, Mauritel Mobiles a investi 7.868.000.000 UM dans l’expansion de son réseau. Pour cette année 2008, elle envisage d’investir 9.657.000.000 UM. En termes de contributions au trésor public de l’Etat Mauritanien, Mauritel Mobiles a fait entrer dans les caisses de l’Etat 12.369.000.000 UM. 

Outre ces importantes avancées en matière d’infrastructures de télécommunications et des retombées positives en termes d’investissements, d’introduction d’une panoplie de produits et services, d’une contribution significative aux recettes de l’Etat, la Mauritel est une entreprise citoyenne qui contribue efficacement à la création de milliers d’emplois directs ou indirects et participe également à des actions humanitaires importants dont une aide conséquente pour les sinistrés de Tintane(100 tonnes de denrées alimentaires distribuées) en plus de son appui constant à la promotion sociale et culturelle dans notre pays. 

Dorsale à fibre optique: »un projet structurant et novateur » 

La Dorsale à fibre optique est un projet de grande envergure nationale qui reliera Nouakchott à Nouadhibou par 24 fibres optiques qui permettront d’offrir une capacité importante et extensible de 1500 Gbps. Non seulement, elle va renforcer le déploiement SDH et STM entre Nouakchott et Nouadhibou mais va permettre de sécuriser  la connectivité internationale du pays mais aussi de véhiculer tout ce qu’on peut imaginer dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication : écoulement du trafic Internet, voix, données et liaisons louées internationales… 

Les travaux de cet important projet de plus de 500 km seront réalisés par Fiberhome, une société spécialisée dans les communications,  et prendront fin à la fin de mois de février 2009. Ce projet est entièrement financé par Mauritel pour un budget alloué de 2.364.054.000 UM soit 6.321.000 Euros. 

Babacar Baye Ndiaye

( 10 mars, 2008 )

Enseignement technique/Mouvement de grève dans les rangs des professeurs

Apparemment, ça sent le roussi dans l’enseignement technique et de la formation  professionnelle. En effet, les professeurs ont observé un arrêt de travail ce lundi 3 mars sur l’ensemble du territoire national. Selon leurs assertions, ils ne comptent pas s’arrêter là  si toutefois  les autorités n’ont pas satisfait leurs revendications. Et pour montrer aussi qu’ils sont déterminés à aller jusqu’au bout, ils ont déjà déposé un préavis de grève si un dialogue sincère n’est pas établi. 

Mécontents de leur sort qui leur réservé et de leurs conditions de travail précaires, les professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ont décidé, hier, de suspendre leurs cours jusqu’à nouvel ordre c’est à dire jusqu’à ce que leur ministère de tutelle accepte de revoir sa copie. «Nous sommes là pour protester et montrer notre mécontentement. Depuis deux ans, en effet, nous courons  derrière notre ministère de tutelle pour résoudre nos problèmes », nous rencarde Ahmed Salem, chargé de la communication et des relations extérieures au Syndicat National des Professeurs d’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, retrouvé devant le portail du Lycée National d’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle.   

Ce mouvement de grève est né à la suite de multiples négociations avec leur ministère de tutelle entamées depuis décembre 2005. En effet, depuis le dépôt de leur plate-forme revendicative le 1er mai 2007, les professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle courent derrière leurs doléances qui semblent échoir dans l’oreille d’un sourd en l’occurrence leur ministère de tutelle qui les avait pourtant promis des primes de craie et de risques déjà acquis, après d’âpres négociations, mais qu’il tarde toujours à concrétiser. 

Autre grief reproché au ministère de l’enseignement technique concerne la nomination de certains directeurs des établissements de l’enseignement technique. Des nominations qui violent, selon le chargé de la communication et des relations extérieures du SYNAPET, l’article n° 11 de l’arrêté n° 0314 du 02/04/2002 qui stipule que les directeurs des lycées doivent être un professeur de l’enseignement technique, disposant d’une ancienneté de 5 ans et aurait fait preuve d’une compétence et d’une régularité irréprochable. 

Ces nominations, ont soutenu les professeurs, se sont fait sur des bases qui ne tiennent pas en compte les textes en vigueur sur l’enseignement technique. «Comment peut-on donc avoir confiance en des gens qui ne respectent pas les textes et les lois », s’interroge alors Ahmed Salem. «On a contacté le ministre plusieurs fois. Il nous donne seulement des promesses. Mais jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais fait quelque chose de concret. C’est toujours des promesses, des séries de promesses sans fin », déplore-t-il. 

Cet arrêt de travail n’est qu’un avertissement adressé au Ministère de l’Enseignement Technique. Mais, prédisent les professeurs, si rien n’est fait dans le sens de tenir en considération leurs principales revendications, ils vont durcir le ton en paralysant l’enseignement dans tous les lycées de formation technique et professionnelle ainsi que dans tous les centres de formation professionnelle et de perfectionnement. La balle est maintenant dans le cas du gouvernement. «S’il n’y a pas une amélioration de la situation, certainement, on va prendre d’autres mesures. D’ailleurs, nous avons déjà déposé un préavis de grève pour le 2 avril prochain et d’ici là, si les gens ne résolvent pas nos problèmes, nous allons rentrer dans une grève ouverte», a laissé entendre le chargé de la communication et des relations extérieures du SYNAPET qui a exigé, en outre, que leurs doléances relatives au développement de carrière surtout soient respectées par le gouvernement s’il veut que les choses s’en arrêtent là et ne s’empirent. «On a voulu dès le début prendre des démarches responsables. On a contacté les autorités compétentes. Mais, malheureusement,  cela n’a pas abouti à quelque chose », regrette-t-il. 

«Nous savons que l’enseignement technique et professionnel est coûteux. C’est un métier ingrat comme tout autre enseignement mais il est à la base de tout développement économique d’un pays. Aucun pays ne peut se développer sans son enseignement technique », déclare Hosmi Ould Maloukif, Président du Conseil National du SYNAPET qui pense pour que l’enseignement technique mauritanien  retrouve son lustre d’antan, il faut que les professeurs, ceux-là même qui ont accepté de choisir ce métier, puissent avoir en contre partie de quoi subvenir à leurs besoins. 

Il a par ailleurs rappelé aux autorités de prendre toutes leurs responsabilités par rapport à l’hémorragie qui est en train de causer beaucoup de dégâts à l’enseignement technique mauritanien. «Tous les ans, dit-il, nous avons 4 ou 6 parmi les meilleurs professeurs qui quittent l’enseignement pour aller dans les métiers où ils sont mieux rémunérés. Si vous prenez un ingénieur et vous lui payez 60.000 UM. Que représente cette somme par rapport à la vie quotidienne d’aujourd’hui au moment où il peut trouver 400.000 ou 600.000 UM dans les entreprises privées ? ». 

L’arrêt de cette hémorragie passe, selon lui, par l’amélioration des conditions de vie et de travail des professeurs afin qu’ils puissent continuer à travailler et former des générations mais en respectant un certain nombre d’exigences. «Tout ce que nous voulons, c’est l’équité. Que tous les fils de ce pays soient traités de la même manière ! Qu’on arrête ces parachutages ! Qu’on arrête les coups de piston ! Nous demandons l’application des lois et qu’il y ait des critères de transparence », déclare le Président du Conseil National du SYNAPET sur un ton grave. 

L’image de l’Enseignement Technique Mauritanien est marquée par une situation exécrable et désarmante. Dans les ateliers de formation et d’apprentissage du lycée national technique et professionnel où nous avons fait un tour, les machines de travail datent de plus de 40 ans. Les budgets alloués sont insignifiants pour pouvoir répondre aux exigences de la formation et d’un enseignement de qualité. Mais «elles continuent à fonctionner, assure Hosmi Ould Maloukif, grâce à l’effort des professeurs qui continuent à les entretenir et à les maintenir. Les pièces ne sont plus fabriquées à l’étranger puisque ces machines n’existent plus. Nous sommes obligés de confectionner les pièces pour les réparer. Tout cela, sans contre partie. On n’a aucune prime de maintenance, ni d’entretien, ni de réparation, ni de risques ». 

Un des professeurs qui nous a accompagné dans les ateliers de formation nous a même confié qu’il n’y a jamais eu de renouvellement de ces vieilles machines. D’ailleurs, des appels d’offres ont été faits dans ce sens mais jusqu’à présent rien de concret. Et comme on dit, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. 

Outre cela, les risques auxquels sont exposés les élèves et les professeurs sont réels. Il arrive même, nous dit-on,  que des accidents de travail surviennent. Certains même se retrouvent avec des doigts amputés par ces machines  hyper tranchantes dont le nom seulement évoque beaucoup de choses : la guillotine, la presse-plieuse… 

Babacar Baye Ndiaye 

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