( 3 octobre, 2007 )

Aniz : la perle du zook mauritanien

Ce vendredi 11 Mai, au centre culturel français, elle a tenu son premier spectacle pour faire découvrir son talent au public de Nouakchott. Venu nombreux, le public a beaucoup apprécié la belle voix de ce prodige talent. En attendant de conquérir un jour d’autres publics, d’autres contrées, elle fait trémousser ses nombreux fans.

Des filles émancipées et branchées qui prêtent l’oreille ou gigotent au moindre son de zook, on en voit des milliers partout en Mauritanie mais des filles qui chantent le zook sont très rares. Comme quoi une véritable révolution musicale est entrain de s’établir petit à petit dans notre pays. Aniz fait partie de celles là. Depuis septembre 2006, elle a réalisé son rêve de petite fille de cinq ans. « J’ai fait mes premiers pas dans la musique grâce à une rappeuse sénégalaise sister Feuz qui m’a présentée des jeunes du groupe de rap mauritanien Number One African Salam. Je leur ai expliqué que je voulais faire de la musique, que c’était mon rêve. C’est alors qu’ils ont décidé de m’appuyer ».
Seule fille qui fait actuellement du zook en Mauritanie, Aniz, selon sa propre expression, se sent comme toutes les autres filles et ceci ne l’empêche pas d’avoir la tête sur les épaules. « Ce n’est pas parce que je chante que je suis différente d’elles non ! »
Agée seulement de 19 ans, elle sait que la tache qui l’attend ne sera pas facile pour elle. « Parfois, quand je monte sur scène, je suis découragée parce qu’il n y a pas de public en Mauritanie. Tu ne sais même pas si ce que tu fais leur plait ou non ! ». Elle pouvait être rappeuse, mais elle avait envie de zooker d’ailleurs dans sa répertoire musicale, elle mélange avec une subtilité parfaite le R’n’B et le zook. Alors, elle chantera pour l’amour, l’amitié et sa mère qui n’est plus d’ailleurs de ce monde mais à qui elle tient toujours à rendre hommage à chaque fois qu’elle monte sur scène dans l’un de ses morceaux. Sa timidité ne l’empêche pas néanmoins de porter en bandoulière sa philosophie : « Défendre les jeunes filles par rapport à certaines étiquettes qu’on leur colle ». Charmante, elle l’est et elle aurait pu être mannequin. Longiligne, toute en finesse, avec un magnifique sourire, elle optera pour la musique, à 18 ans, pour dit-elle devenir une chanteuse. Et elle mettra en berne ses études au profit de sa passion. Mais pour autant, Aniz ne s’endort pas sur ses lauriers et elle continue son chemin en attendant de trouver un producteur un jour.
Il est difficile pour une jeune fille de 19 ans comme elle de se faire comprendre par les siens. « Je vis avec ma tante. Au début, elle m’encourageait mais par la suite elle me reprocha mes sorties qui devenaient à ses yeux de plus en plus fréquentes ».
Faire face donc, malgré les obstacles de la vie, de l’incompréhension et de l’appréhension des parents et…ne pas laisser tomber sa passion. Aniz, la perle du zook mauritanien, assume avec beaucoup de modestie son statut de jeune fille musicienne.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Amy Sow, artiste-peintre

Le rêve d’enfance devenu réalité

On peut dire sans se gourer qu’elle compte parmi les artistes peintres de sa génération les plus remarquables. Son exposition de lundi dernier restera peut être l’un des grands moments de sa vie d’artiste peintre. Jusque là ne participant qu’à des expositions communes, elle a, cette fois-ci grâce au centre culturel de Nouakchott, fait une exposition personnelle.

Ses sources d’inspiration, elle les cherche dans les profondeurs de la beauté de la femme africaine. «Je m’inspire, affirme-t-elle, de la femme africaine plus particulièrement de la femme hall poulaar. L’inspiration n’a pas de frontières. Parfois, on peut imaginer quelque chose et le faire sortir à travers la peinture » et «Baba Maal aussi, avoue-t-elle, m’inspire d’une façon extraordinaire. C’est mon idole ». Amy Sow, la trentaine rugissante, exhale un look d’artiste. Depuis toute petite, elle ne rêvait que d’être artiste un jour et se souvient encore de ses premières esquisses dans la peinture.«Au début, raconte-t-elle, je n’avais pas d’initiateurs. Je me débrouillais toute seule. En 2001, j’ai été à l’école des beaux-arts de Nouakchott. Nous étions la première promotion féminine. Nous étions 10 filles et nous avions subi 6 mois de formation à l’issue de laquelle, nous avions reçu des attestations ; des ateliers de calligraphie nous ont été ouverts avec le soutien du commissariat aux droits de l’Homme et à la lutte contre la pauvreté ».
Comme à l’égard de beaucoup d’artistes, elle n’a pas pu échapper aux tentacules de la peinture qui est selon elle un moyen d’expression. «C’est la peinture, dit-elle, qui m’a choisi en quelque sorte. Je ne peux pas expliquer dans quelles circonstances je suis venue à la peinture. C’est venu tout d’un coup ! ». Depuis ses débuts, en 1999, elle a fréquenté la jet-set des artistes peintres mauritaniens. «Je faisais des desseins. J’ai découvert la peinture en fréquentant quelques artistes peintres mauritaniens comme par exemple Maurice ».
Mariée à un artiste peintre qu’elle qualifie de «démocrate », elle ne compte pas abandonner un jour son «univers artistique » qu’elle trouve fantastique. Originaire de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie, cette peule d’ébène peut être considérée comme une artiste peintre rêveuse. «Ce n’est pas interdit de rêver se défend-elle ».
La passion de Amy Sow pour la peinture est instinctive. Elle a un fort penchant pour les peintures, aidée en cela par la compréhension de son entourage. «Je suis à l’aise, s’enorgueillit-elle, dans la peinture. C’est mon univers. C’est vrai que ce n’est pas évident chez nous pour une femme artiste, de surcroît peintre. Souvent, elle est mal vue. Heureusement, dans ma famille, je suis comprise. Ma famille et principalement mon mari me soutiennent. C’est peut être aussi je suis issue de famille d’artistes. » Elle n’a jamais rêvé de faire autre chose que faire de la peinture. Même si, elle n’a jamais participé à des expositions internationales, elle compte dans l’avenir exposer en Belgique. D’ailleurs, elle a été à Saint-Louis du Sénégal où elle a exposé à l’occasion du festival international de jazz et les gens, paraît-il, ont beaucoup apprécié ses tableaux.
Les peintures de Amy Sow ont beaucoup à nous apprendre. Des tableaux superbes, une peinture surréelle qui mêle réalité et imaginaire. Ses tableaux nous ramènent dans la réalité des choses et de l’actualité. Par exemple, l’Emigration «des jeunes africains qui veulent partir à l’autre bout du monde ». Ce n’est pas «prudent et c’est dangereux » pense-t-elle et d’ajouter «on voit toujours des morts, des naufragés ». Certains de ses tableaux évoquent ce drame contemporain. L’excision qui demeure encore malgré «des campagnes de sensibilisation » sur cette pratique. Outre cela, on retrouve dans ses tableaux l’espoir, l’amour, la beauté de la femme africaine, le rêve, la nostalgie, les traditions, le mariage, les silences du palais qui évoquent la psychose des femmes violées, terrorisées et qui souffrent de la folie des hommes en temps de guerre.
Amy Sow se réjouit que la peinture commence à être appréciée par les mauritaniens et à prendre place dans leur cœur. «La peinture en Mauritanie, dit-elle, commence à être connue. Auparavant, elle ne faisait pas partie de notre culture non seulement mais elle était mal vue. Maintenant, certains préjugés commencent à disparaître et les gens commencent à changer ». Rassurant pour penser que tout va changer dans le domaine de la peinture dans ce pays où les mentalités sont fortement claquemurées dans des tours d’ivoire imprenables et insurmontables.
Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr

Le rêve d’enfance devenu réalité

On peut dire sans se gourer qu’elle compte parmi les artistes peintres de sa génération les plus remarquables. Son exposition de lundi dernier restera peut être l’un des grands moments de sa vie d’artiste peintre. Jusque là ne participant qu’à des expositions communes, elle a, cette fois-ci grâce au centre culturel de Nouakchott, fait une exposition personnelle.

Ses sources d’inspiration, elle les cherche dans les profondeurs de la beauté de la femme africaine. «Je m’inspire, affirme-t-elle, de la femme africaine plus particulièrement de la femme hall poulaar. L’inspiration n’a pas de frontières. Parfois, on peut imaginer quelque chose et le faire sortir à travers la peinture » et «Baba Maal aussi, avoue-t-elle, m’inspire d’une façon extraordinaire. C’est mon idole ». Amy Sow, la trentaine rugissante, exhale un look d’artiste. Depuis toute petite, elle ne rêvait que d’être artiste un jour et se souvient encore de ses premières esquisses dans la peinture.«Au début, raconte-t-elle, je n’avais pas d’initiateurs. Je me débrouillais toute seule. En 2001, j’ai été à l’école des beaux-arts de Nouakchott. Nous étions la première promotion féminine. Nous étions 10 filles et nous avions subi 6 mois de formation à l’issue de laquelle, nous avions reçu des attestations ; des ateliers de calligraphie nous ont été ouverts avec le soutien du commissariat aux droits de l’Homme et à la lutte contre la pauvreté ».
Comme à l’égard de beaucoup d’artistes, elle n’a pas pu échapper aux tentacules de la peinture qui est selon elle un moyen d’expression. «C’est la peinture, dit-elle, qui m’a choisi en quelque sorte. Je ne peux pas expliquer dans quelles circonstances je suis venue à la peinture. C’est venu tout d’un coup ! ». Depuis ses débuts, en 1999, elle a fréquenté la jet-set des artistes peintres mauritaniens. «Je faisais des desseins. J’ai découvert la peinture en fréquentant quelques artistes peintres mauritaniens comme par exemple Maurice ».
Mariée à un artiste peintre qu’elle qualifie de «démocrate », elle ne compte pas abandonner un jour son «univers artistique » qu’elle trouve fantastique. Originaire de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie, cette peule d’ébène peut être considérée comme une artiste peintre rêveuse. «Ce n’est pas interdit de rêver se défend-elle ».
La passion de Amy Sow pour la peinture est instinctive. Elle a un fort penchant pour les peintures, aidée en cela par la compréhension de son entourage. «Je suis à l’aise, s’enorgueillit-elle, dans la peinture. C’est mon univers. C’est vrai que ce n’est pas évident chez nous pour une femme artiste, de surcroît peintre. Souvent, elle est mal vue. Heureusement, dans ma famille, je suis comprise. Ma famille et principalement mon mari me soutiennent. C’est peut être aussi je suis issue de famille d’artistes. » Elle n’a jamais rêvé de faire autre chose que faire de la peinture. Même si, elle n’a jamais participé à des expositions internationales, elle compte dans l’avenir exposer en Belgique. D’ailleurs, elle a été à Saint-Louis du Sénégal où elle a exposé à l’occasion du festival international de jazz et les gens, paraît-il, ont beaucoup apprécié ses tableaux.
Les peintures de Amy Sow ont beaucoup à nous apprendre. Des tableaux superbes, une peinture surréelle qui mêle réalité et imaginaire. Ses tableaux nous ramènent dans la réalité des choses et de l’actualité. Par exemple, l’Emigration «des jeunes africains qui veulent partir à l’autre bout du monde ». Ce n’est pas «prudent et c’est dangereux » pense-t-elle et d’ajouter «on voit toujours des morts, des naufragés ». Certains de ses tableaux évoquent ce drame contemporain. L’excision qui demeure encore malgré «des campagnes de sensibilisation » sur cette pratique. Outre cela, on retrouve dans ses tableaux l’espoir, l’amour, la beauté de la femme africaine, le rêve, la nostalgie, les traditions, le mariage, les silences du palais qui évoquent la psychose des femmes violées, terrorisées et qui souffrent de la folie des hommes en temps de guerre.
Amy Sow se réjouit que la peinture commence à être appréciée par les mauritaniens et à prendre place dans leur cœur. «La peinture en Mauritanie, dit-elle, commence à être connue. Auparavant, elle ne faisait pas partie de notre culture non seulement mais elle était mal vue. Maintenant, certains préjugés commencent à disparaître et les gens commencent à changer ». Rassurant pour penser que tout va changer dans le domaine de la peinture dans ce pays où les mentalités sont fortement claquemurées dans des tours d’ivoire imprenables et insurmontables.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le R »novateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Mbareck Ould Beyrouk, écrivain: »Nous vivons dans une société où chaque communauté vit de manière enfermée »

Il a publié de nombreux contes et nouvelles. Actuellement, il exerce cumulativement la fonction de conseiller à l’Agence Mauritanienne d’Information et à la HAPPA. Le Rénovateur lui ouvre ses colonnes pour parler des problèmes relatifs à l’édition en Mauritanie, au désintéressement des hommes politiques de tout ce qui est culturel mais aussi de dire ses vérités sur la société mauritanienne.

Le Rénovateur : Que ressentez-vous quand vous voyez que l’édition en Mauritanien rencontre des difficultés ?

Mbareck Ould Beyrouk : Dire que l’édition en Mauritanie rencontre des difficultés est un euphémisme. Elle n’existe pas. Il n y a rien qui est fait pour encourager les auteurs à éditer. Les structures d’édition locale sont inexistantes de même que les structures d’aide aux auteurs. En matière de production, notre pays est mal connu et les travaux des mauritaniens ne sont pas souvent facilement acceptés. Il faudrait vraiment s’affirmer pour être édité sauf si on édite à frais d’auteurs.

Le Rénovateur : Est-ce à dire que vous avez rencontré personnellement des difficultés en ce qui concerne l’édition de votre premier roman ?

M.O.B : C’est toujours très difficile d’éditer surtout dans une grande maison d’édition. Mais en ce qui me concerne, j’ai eu la chance de tomber sur un éditeur très sérieux.

Le Rénovateur : «Et le Ciel a oublié de pleuvoir » est le titre de votre premier roman. Pourquoi avez –vous choisi un tel titre ?

M.O.B : D’abord, ce n’est pas moi qui ai choisi ce titre. C’est l’éditeur qui a trouvé ce titre. J’avais choisi au départ comme titre du texte «Lola », nom du personnage principal. Le titre, lui, est tiré d’une phrase du roman.

Le Rénovateur : Ce roman remet en cause nos fantasmes, notre vécu, nos révoltes, nos rêves. Est-ce que cela traduit que la réalité va au-delà ?

M.O.B : La réalité transcende souvent la fiction. A travers ce roman, j’ai relaté une histoire vraie, des personnages réels, une situation spirituelle et sociale qui existent de fait. C’est à partir de là que j’ai fait la fiction.

Le Rénovateur : Que pensez-vous de la faible part de la littérature mauritanienne dans la littérature africaine ?

M.O.B : Cette situation est dûe au désintéressement des hommes politiques à tout ce qui est culturel. Nos autorités n’ont jamais accordé une véritable importance à la littérature et à l’art. Elles n’ont jamais essayé d’encourager les vocations, ni mettre en place une structure d’édition, ni aider les auteurs à publier encore moins donner un véritable intérêt à l’auteur.

Le Rénovateur : Vous êtes un homme de médias et de culture, depuis quelques temps, vous suivez l’actualité nationale. Qu’en pensez-vous ?

M.O.B : Les fonctions que j’occupe m’obligent à observer une certaine réserve. Mais en tant qu’homme de médias, j’ai bien accueilli la nouvelle loi sur la presse qui supprime de fait l’autorisation préalable qui constituait une entrave à la liberté de presse. Depuis le 3 août 2005 jusqu’à nos jours, j’ai constaté qu’il n’y a pas de saisie. De manière générale, les choses bougent et c’est bien pour notre pays.

Le Rénovateur : La sortie de votre roman a été bien accueillie. Apparemment, il s’est bien vendu puisque les librairies ont épuisé leur stock. Qu’est-ce qui a expliqué à votre avis ce coup de succès littéraire ?

M.O.B : Il est dû à mon avis à la trame historique et à l’écriture politique qui est une première. Ce succès ne s’est pas limité uniquement en Mauritanie. Ce livre a été sélectionné par tous les grands prix littéraires de la francophonie. Il a concouru également au prix littéraire de France Inter. Le roman est aussi présent dans les grandes foires de livre. J’estime que pour un premier roman, je ne me plains pas. Mais, je suis plus ambitieux que ça.

Le Rénovateur : Quand vous dites je vous cite : «ce livre, je l’ai écrit pour moi, pour me reconnaître, distinguer les voix qui m’appellent, qui interpellent les mauritaniens. C’est une interrogation, pas une réponse. » Vous vous interrogez sur quoi ?

M.O.B : Je m’interroge sur notre société, notre avenir, la manière dont nous nous voyons. Nous les mauritaniens, nous ne nous disons pas la vérité, nous ne nous regardons pas en face. Il y a toujours entre nous une surface qui cache notre véritable être. Nous nous donnons parfois des qualités et des défauts que nous n’avons pas. Nous vivons dans une société où chaque communauté vit de manière enfermée. Il y a trop de préjugés, trop de clivages. Le mauritanien aime par exemple se glorifier, dire qu’il est un descendant de je sais qui, dire que les compagnons du Prophète(pbsl) ont leurs descendants en Mauritanie. C’est un peuple qui ne prend pas en charge sa propre histoire et qui préfère se projeter ailleurs.

Le Rénovateur : Vous êtes un iconoclaste. Quels sont vos rêves que vous aimeriez voir se réaliser pour la Mauritanie dans cinq, dix, vingt ans… ?

M.O.B : J’aimerais voir des mauritaniens qui lisent, des mauritaniens cultivés et voir dans l’administration des hommes qui s’intéressent à la culture et pas comme folklore. Je pense que le développement de notre pays passera par le savoir. Ce n’est pas le micmac politique. Il y a quelques années, le régime de Taya avait lancé cette idée de savoir. J’estime qu’il faudrait y revenir. J’ai constaté que les maisons du livre ont fermé. Il faut les rouvrir. La lecture publique est extrêmement importante. Pour pouvoir favoriser tout cela, il faut qu’il y ait une édition en Mauritanie.

Propos recueillis par
Babacar Baye NDiaye

( 2 octobre, 2007 )

Le Vent du Sable ou l’esquisse d’un théâtre en germination

                leventdusable.jpg

En Mauritanie, la quasi-inexistence des mises en scène théâtrales peut laisser penser que le théâtre à l’image des autres pans de la culture est dans une impasse rébarbative. Et son avenir certainement passera par la résurgence des compagnies de théâtre. Le Vent du Sable est né de cette perspective pour désormais impulser le théâtre mauritanien.

Le Vent du Sable, c’est un groupe de jeunes comédiens qui portent les aspirations et les cris de désespoir de cette jeunesse mauritanienne que « les gens n’écoutent pas » et qui « ne croient pas » à ses projets qui pourtant sur le contenu « sont très lourds et très bénéfiques ». Alors le théâtre est devenu pour eux « un cheval de combat » contre les tares de la société mauritanienne, contre la dérive, la papelardise, le mensonge, le laxisme des hommes politiques, l’injustice et l’inégalité des citoyens devant la loi.

Pas étonnant donc quand « ils se définissent comme des citoyens, des citoyens mauritaniens qui ont un droit et qui veulent obtenir ce droit ».
Pour ces jeunes(Sophie Diallo, Daouda Kane, Omar Sy, Céta Diagana, Mariama Camara, Eva Thiam et Sarr Amadou) qui ont entre 21 et 25 ans, c’est par passion qu’ils sont entrés dans l’univers théâtral.

« Le théâtre nous dit Daouda Kane, c’est un univers que nous devons découvrir ». « J’ai eu à rencontrer, poursuit-t-il, un ivoirien qui me disait que ce n’est pas difficile de trouver un comédien. Le plus difficile c’est de trouver un comédien qui vit avec la passion du théâtre ».

Ainsi donc, vivre la passion théâtrale, est devenu pour eux un acte d’épanouissement, de liberté. Sans pour autant mettre en second degré leurs études auxquelles ils tiennent beaucoup.

On ne choisit pas son fatum, a-t-on coutume de dire. Derrière Vent du Sable, il y a un certain Daouda Kane très connu dans le milieu artistique.

Ce bout de bois, par la force des choses, est devenu comédien par hasard. Grâce donc à des années passées au «Théâtre Nomade », une compagnie théâtrale basée au CCF, il décida de créer sa propre compagnie théâtrale «Le Vent du Sable ».

Certainement pour apporter un nouveau souffle au théâtre mauritanien. A la fois metteur en scène et comédien, il est aussi un artiste engagé, un artiste qui n’a pas sa langue et ses yeux dans sa poche.

Il a toujours son mot à dire sur certaines situations qu’il trouve injustes. «Dans certains quartiers comme Socogim ou Tévragh-Zeina, il n y a jamais eu de délestages ou de pénuries d’eau alors que dans d’autres quartiers, il y a toujours ces problèmes ».

Dénoncer, relater ce qu’on voit en un mot dire la vérité telle qu’elle est. Leurs projets ? Préparer un court métrage sur le sida et une pièce de théâtre sur les clandestins. Refusant de porter un regard sur la société mauritanienne, pour des raisons qu’ils n’ont pas voulu élucider, les comédiens de Vent du Sable semblent cependant être préoccupés par le rôle et la place que doit avoir la jeunesse en Mauritanie.

Sans pour autant renier à leur liberté d’expression ou d’écriture, ces jeunes ambitieux restent ancrés dans leurs convictions, leurs principes de manière viscérale.
Difficile, quand on est des jeunes artistes ambitieux, de convaincre ou de se faire comprendre par les gens. «Pour eux, un jeune est égal à un délinquant. On rencontre tout le temps des difficultés. Un jeune qui amène son projet, il n’a aucun espoir d’être soutenu dans ses démarches », regrette Daouda Kane.

Le théâtre du Vent du Sable est un théâtre à la fois comique et tragique. Un théâtre qui ensorcelle ! Qui révèle des secrets de la vie réelle…L’égalité et l’autonomisation des femmes, l’émigration, l’épidémie du VIH/sida, la guerre entre autres autant de préoccupations universelles et qui restent toujours des thèmes qui nous interpellent, des thèmes qui nous concernent directement ou personnellement.

Coté primes de prestations, pas la peine de demander à Daouda, le «petit boss », combien ils gagnent. «Pour le moment, c’est très rare de jouer avec des cachets. Nous gagnons surtout la joie de vivre, comme disent les italiens, la dolce vita ».

Cette joie de vivre est certes fondamentale dans un groupe mais cela n’est pas suffisant. Une chose. Daouda et Cie peuvent devenir soudainement loquaces surtout quand il s’agit de dissiper un amalgame sur leurs relations professionnelles.

«Nous sommes entre frères et sœurs. On ne se drague pas et personne ne ressent quoi que ce soit envers qui que ce soit » se défend Mariama Camara. « Il se peut, tempère Daouda, que l’un d’entre nous ressent quelque chose pour l’autre. C’est tout à fait normal. Je ne vous dirai pas que c’est impossible puisque je peux bel et bien s’énamourer de l’une d’entre elles. On a le droit d’être amoureux non ! Mais rien de tout cela. Il y un esprit de groupe c’est à dire une amitié amitieuse et pas un amour amoureux ».

Franchement très drôle non même si on a du mal à comprendre ! Une autre chose. Dommage que la TVM, qui doit participer à l’éclosion des talents, ne soit pas présente pour immortaliser ces jeunes comédiens désopilants qui ont vachement émerveillé tout le public. Pour une première grande mise en scène, c’était chouette et réussi.

Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Youssou N’Dour, musicien surdoué et militant

Youssou N’Dour, musicien surdoué et militant

Elégant, affable, efficace, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, 48 ans, figure au palmarès des cent personnalités les plus influentes de la planète publié chaque printemps par le Time Magazine. « J’ai vu Youssou être l’objet d’une attente croissante et devenir sans effort un leader africain de premier plan. Il a imaginé avant tout le monde de lancer des campagnes pour l’élargissement des nouvelles technologies, il s’est engagé dans un combat contre le paludisme, a milité à l’Unicef. Il est pour moi une source d’inspiration, pas seulement comme artiste, mais comme individu », écrivait le chanteur Peter Gabriel pour présenter dans l’hebdomadaire américain du 14 mai celui qu’il découvrit à Dakar en 1984. Youssou N’Dour, qui a commencé sa carrière musicale à l’âge de 14 ans, y était déjà célèbre et adulé.
Youssou N’Dour, musulman de confrérie mouride, est un chanteur populaire, un gamin à la voix d’or né dans la Médina de Dakar, il gère des affaires et s’implique dans l’humanitaire, mais pas seulement. De timide et introverti qu’il était en dehors de la scène à ses débuts, il est aujourd’hui devenu le porte-parole d’une Afrique urbaine et économiquement consciente.
Ainsi, début juin, il était au G8 d’Heiligendamm, près de Rostock, en Allemagne, avec ses amis Bono (chanteur de U2) et Richard Branson (fondateur de Virgin). Du voyage également, Sir Bob Geldof, promoteur du Live Aid en 1985 contre la famine en Ethiopie, puis du « Live 8″ en 2005, série de shows télévisés planétaires montés pour exiger des puissants l’abolition de la dette des pays les plus pauvres. Youssou N’Dour avait alors été le seul chanteur africain à figurer dans les concerts « nobles » de Paris ou de Londres.
Les présidents présents à Rostock, dont Nicolas Sarkozy pour la France, n’ont pas manqué de se laisser photographier aux côtés de ces stars du show-biz, une aristocratie à laquelle, bizarrement, Youssou N’Dour appartient. « You », en effet, vit, travaille à Dakar. Il aurait pu toute sa vie vendre un nombre de disques proportionnel à la connaissance mondiale du wolof.
Mais le musicien surdoué a su décupler ses forces de vente par un incontestable talent, et par un gracieux système d’alliances : duo de charme avec Neneh Cherry (7 Seconds, standard absolu), appui confraternel du cinéaste américain Spike Lee, puis flirts avec la musique arabe, notamment dans Egypt, hymne à l’islam tolérant enregistré au Caire, et récompensé en 2005 par un Grammy Award américain, malgré le choc irakien, alors que, en 2003, il avait annulé sa tournée américaine en signe de protestation. Le voici acteur, rejouant la tragédie de la traite négrière dans le rôle de l’esclave-poète Olaudah Equiano pour Amazing Grace, du Britannique Michael Apted, à sortir prochainement.
Nouvelle cause : le Darfour. Le 6 juillet, en ouverture du festival de jazz de Montreux, il organise une marche en bordure du lac Léman, au côté du rapporteur spécial de l’ONU Jean Ziegler. « Pourquoi Montreux ? », lui demanda la plate-forme d’informations suisse Swissinfo. « Pour moi, le contraste entre Montreux – avec ses belles voitures et ses gens arborant des airs de fête – et le Darfour, avec 200 000 morts et plus de 2 millions de réfugiés, montre que ce monde est déséquilibré. C’est choquant, c’est vrai, mais cela pousse surtout à réfléchir. Le Darfour pose un problème à la fois ethnique, religieux et politique, qui a trait au terrorisme et à l’islam. » Je veux, nous disait-il en juin à Paris, emmener au Darfour des artistes et des intellectuels africains.
La rumeur voudrait que Youssou N’Dour soit mûr pour entrer en politique : il serait candidat à la députation, à la mairie de Dakar, à la présidence de la République du Sénégal, à celle de l’Union africaine… Mais, invité en mai à la grande « party » qui réunissait les cent personnalités de l’année retenues par Time Magazine, il en revient sceptique, chamboulé et gêné : « On a l’impression que, dans ces milieux-là, on peut décider du sort du monde. »
A Dakar, pourtant, la polémique va bon train : sous le baobab Youssou, aucune herbe ne repousserait. Il serait l’ami des présidents, intime d’Abdou Diouf, puis d’Abdoulaye Wade, toujours du côté du manche. Youssou N’Dour possède un studio d’enregistrement, Xippi, un label de disques, Jojoli, une boîte de nuit, le Thiossane, deux fondations humanitaires. Il a créé Joko, un réseau d’accès à Internet pour les plus démunis. Il possède une radio, Radio Futur Medias, un journal, L’Observateur (60 000 exemplaires par jour), regroupés au sein du groupe Futur Medias, qui emploie 104 personnes. Il a des projets de télévision, parce que « les Africains doivent créer leurs médias ».
Son récent divorce à l’amiable d’avec sa première femme, Mamy Camara, a alimenté les gazettes, autant que le procès en diffamation que lui a intenté Karim Wade, le fils du président, après la révélation, dans L’Observateur, d’un trafic de devises de plusieurs millions de dollars l’impliquant. Youssou N’Dour avait soutenu sans réserve ses journalistes. « Les médias, c’est difficile, commente le directeur de la publication, on dit toujours : c’est Youssou qui dit que… Mais non, je découvre le journal chaque matin, c’est un challenge. »
Ce patron de presse inhabituel insiste : « Les Africains ne sont pas forcément bien informés. En 1985, quand je demandais à ma mère ce qu’était l’apartheid, elle ne savait pas. Alors, j’ai écrit la chanson Nelson Mandela. Aujourd’hui, j’ai des amis qui me demandent qui est le président du Darfour ! Nous devons obtenir de vraies informations et les mettre en commun avec les peuples du continent. » Dès 1985 (pour exiger la libération de Mandela), les concerts ont été la première arme de ce père de sept enfants. Au printemps 2005, avec l’organisation internationale Roll Back Malaria (RBM), il organise l’Africa Live à Dakar, contre le paludisme, avec, en octobre, retrouvailles à Genève pour le 60e anniversaire des Nations unies avec Peter Gabriel, Tiken Jah Fakoli, Stephan Eicher, Gilberto Gil et Kofi Annan.
« Il fallait prendre cette maladie au sérieux. En pleine crise de paludisme, les Sénégalais disaient, avec une grande légèreté : je suis un peu « sibirou ». Aujourd’hui, le discours a changé. On sait qu’il y a près de 3 millions de morts du paludisme par an. Je m’étais fixé un seuil de 3 milliards de dollars pour lutter contre cette maladie et notamment acheter des moustiquaires. » Il dit avoir réuni 1,4 milliard. ( source : le monde)

( 2 octobre, 2007 )

The Black Clock

A leur actif, dans leur discographie, deux albums : «A Song for You » sorti en octobre 2006 et «Life Confection » sorti en juin 2007.

Le week end dernier à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, The Black Clock, sous l’initiative de l’ambassade des états unis en Mauritanie, ont offert un concert gratuit. Ils ont été dans notre pays dans le cadre des relations culturelles américano-mauritaniennes.

Beaucoup d’enfants suivent, souvent, les traces de leurs géniteurs. Ils s’écartent très rarement du chemin que leurs parents voudraient qu’ils arpentent.

Seth Sharp n’a pas échappé à cette volonté parentale. Sa mère, Francis Mc Alpbe Sharp, une actrice et une chanteuse américaine l’a fait découvrir très tôt la musique classique, les ballets.

Elle lui donna l’envie de s’essayer dans la musique parce qu’il assistait régulièrement à ses répétitions. Les années passèrent et Seth Sharp devenu adulte se découvrit des aptitudes musicales innées.

Sa mère, malgré qu’elle le portait encore dans son ventre, continuait à jouer des pièces de théâtre sur scène. « C’est de là sans doute que j’ai contracté le virus de la musique. A bas age, j’accompagnais souvent ma mère à ses répétitions » confie-t-il avec beaucoup d’émotion.

The Black Clock est un groupe de jeunes musiciens américains qui font de la World Music avec un zeste de Jazz, de Soul, de Funk, de Blues, de Gospel et de la Musique Classique.

Un parfum de diversité pour toucher un maximum de public. «J’aime mettre beaucoup de genres dans ma musique » avoue Seth Sharp, lead vocal du groupe.

Il y a des événements dans notre vie qui nous marqueront à jamais, des événements qui resteront toujours gravés au fond de notre mémoire. Pour Seth Sharp, ce fut quand il a chanté à la Maison Blanche pour le Président des Etats Unis, Bill Clinton.  

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Et l’autre événement s’est déroulé à Brazzaville au Congo quand lui et sa bande ont joué devant plus de 18.000 spectateurs hyper enthousiasmés. D’ailleurs, il a écrit un morceau exclusivement dédié à Brazzaville.

Seth Sharp est un musicien qui tient beaucoup à la mélodie, à l’amour et à l’espoir. Parfois même il se permet des chants religieux (gospel) même s’il sait que tout le monde n’est pas religieux.

Petiot, avoue-t-il, il était «vraiment timide » sauf quand il chantonnait. Des moments de bonheur et de déceptions, il en a rencontré de toutes les couleurs comme tout le monde dans sa vie.

Mais Seth Sharp sait très bien ce qui l’attend «dans l’industrie musicale qui est très difficile et très complexe car il y a beaucoup de requins dans ce business et il faut savoir parlementer avec eux pour réussir ».

Et si, jusque là, il n’a pas été la proie de ces «bestioles», c’est grâce en grande partie à sa sœur qui est avocate.

Seth Sharp qui se dit très heureux d’être en Mauritanie qu’il trouve pépère est là par l’intermédiaire d’une compatriote travaillant à l’ambassade américaine de Paris qui lui a proposé d’aller jouer en Afrique.

Etablis en Island où ils sont mieux connus qu’aux états unis, The Black Clock est à leur deuxième voyage en Afrique. Au début de l’aventure, c’était uniquement Seth Sharp qui faisait ses concerts seul en Island.

Au fil du temps, il sentit la nécessité de créer son propre groupe qui existe depuis 2006. Depuis lors, c’est devenu Seth Sharp and the Black Clock, un nom de groupe assez particulier.

« La première fois que j’ai joué avec mon groupe en Island, il n y avait pas de nom pour la bande. Il y a quelqu’un qui a demandé le nom du groupe…Un moment je marchais rêveur et d’un coup j’ai entendu des gens glapir «Black Clock ! », «Black Clock ! », « Black Clock !»…je me suis dit que c’est l’appellation qu’on va donner à notre bande » raconte Seth Sharp l’air très ému.

Marié ? «Je n’ai pas le temps pour me consacrer à cela. Pour le moment, je suis marié avec ma musique » dit-il avec beaucoup d’humour dans un accent français hilarant et jovial.

Et pourquoi pas aussi pas de présence féminine dans son groupe ? « J’ai cherché une femme mais je n’ai pas trouvé. Je suis triste qu’il n y ait pas la présence féminine dans mon groupe » regrette-t-il.

Ses stars préférées, disons plutôt ses icônes ne sont autres que Michael Jackson, Stevie Wonder et Jennifer Holiday, des mégas stars dont les chansons ont beaucoup bourdonné dans ses oreilles et l’ont admirablement influencé.

Certainement, il rêve déjà, un jour, de faire comme elles, de suivre leurs traces : conquérir le monde ! A leur actif, dans leur discographie, deux albums : «A Song for You » sorti en octobre 2006 et «Life Confection » sorti en juin 2007.

Babacar Baye Ndiaye

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