( 25 septembre, 2008 )

Portrait de Birame Ould Dah Ould Abéid

Un adepte de la franchise et du franc-parler comme Birame Ould Dah Ould Abéid ne manque pas d’adversaires dans un pays comme la Mauritanie dirigée par des bonimenteurs, des hypocrites, des tribalistes, des esclavagistes, des racistes, des traditionalistes, des arrivistes, des ethnicistes et des exclusivistes de tout genre. «C’est le prix de l’engagement à payer », explique-t-il. 

Ses prises de position contre certaines injustices et pratiques sociales et religieuses lui ont valu d’être considéré par l’Etat mauritanien  comme un élément subversif de la société mauritanienne. «Très tôt, dans ma jeunesse, j’ai été fiché et mis en quarantaine », raconte-t-il. Cet agitateur n’a jamais été en odeur de sainteté auprès des pouvoirs publics. Malgré ses diplômes et son parcours, on le privera de ses droits. En 2004, il sort major du concours de l’ENA de Paris. A la place d’une reconnaissance de la République, il aura droit à une marginalisation. 

Malgré ces crocs-en-jambe et ces anicroches, Birame Ould Dah Ould Abéid, en bon musulman, ne faillit pas mais continue à croire en son combat : celui de la justice et de l’égalité entre tous les citoyens mauritaniens sans distinction de communauté. Aujourd’hui, il est l’une des personnalités, dans le domaine des droits de l’homme, les plus en vue en Mauritanie.

Contrairement à certains droits-de-l’hommistes de la place, au lieu de vivre dans les quartiers chics de Nouakchott comme Tévragh-Zéina, Las Palmas, E-Nord, il a préféré vivre à PK, à quelques mètres du carrefour Bamako. «C’est dans les quartiers populaires qu’on retrouve les franges les plus humbles de la société. Je suis issu de ce milieu. La grande partie de mon combat est destiné à ce milieu », se justifie-t-il. 

Descendant d’esclave, de par sa grand-mère maternelle qui a été capturée pendant les guerres samoriennes au Soudan, l’actuel Mali, le cœur de Birame Ould Dah Ould Abéid ne se gonfle pas pour autant d’amertume. Au contraire, cette situation de descendant d’esclave, dit-il, il le vit comme un stimulant à ne donner aucune concession à l’injustice sans faiblir en guise de mémoire à sa grand-mère maternelle qui a été écoulée au Trarza comme une marchandise puis achetée par un riche commerçant maure. 

Mais Birame Ould Dah Ould Abéid est-il un esclave ? «Pour la société dans laquelle je vis, répond-il en soupirant, je suis classé dans la catégorie des esclaves et des anciens esclaves avec tout ce que cela découle comme mépris, stigmatisation, préjugés et supériorité sur nous qu’ont les groupes dominants dits nobles qu’ils soient arabo-berbères ou négro-africains. » 

Né en 1965 à Dagana (en Mauritanie), l’actuel Jidrel Mohguen où il a passé la totalité de sa jeunesse, Birame Ould Dah Ould Abéid est issu d’une famille modeste. Propriétaire terrien et de bétail, son père faisait parallèlement du commerce entre le Sénégal et la Mauritanie. Après l’obtention de son baccalauréat, il entre dans l’administration judiciaire en tant que greffier. Sa soif de découverte et de connaissance le pousseront plus tard à s’inscrire à l’Université de Nouakchott où il y sortira avec une maîtrise en droit. 

Ensuite, direction : l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar pour faire un Diplôme d’Etudes Supérieures (D.E.A.) en droit. Actuellement, il est doctorant. Ainsi donc, accumuler des diplômes, tel semble être parmi ses sports favoris. «J’aime les études et surtout les études sociologiques et historiques », dit-il en ajoutant : «C’est par rapport au combat contre l’esclavage et les autres injustices (que je mène). J’ai embrassé ces études pour étoffer encore ma connaissance sur ces phénomènes que je combats et pour pouvoir avoir un avis d’expert en la matière. » 

Grand sympathisant du mouvement El Hor, Birame Ould Dah Ould Abéid a très tôt milité dans les mouvements d’élèves et étudiants avant de déposer ses baluchons à l’UFD/Ere Nouvelle, dirigée à l’époque par Ahmed Ould Daddah. C’était le parti d’opposition qui était en vogue. Mais, son passage dans ce parti ne sera que de courte durée. «Je l’ai quitté en 1993 lorsque j’ai constaté qu’elle était devenue un parti dans lequel s’est installé le système social mauritanien que je décris », explique-t-il. 

Pour la petite histoire, après avoir claqué la porte de l’UFD/Ere Nouvelle, il se présente donc, pensant qu’il peut faire le poids devant le PRDS (Parti Républicain Démocrate et Social, Ndlr), comme un candidat indépendant à la mairie de Nouadhibou aux élections municipales de Janvier 1994. «(Ma) candidature s’est terminée en échec », révèle-t-il. «Cela a raffermi ma conviction à poursuivre la lutte (contre le système social mauritanien)», croit-il. 

Déçu, il semble ne plus croire à l’efficacité et à l’action des partis politiques. «Tous les partis politiques, affirme-t-il, portent en eux-mêmes une dose d’héritage de notre système social et idéologique. Surtout, une dose d’insanité propre à notre société à savoir l’hypocrisie, le culte de la personnalité, les non-dits et les coups bas ». Difficile donc pour lui de s’acclimater dans un tel environnement. Dans une société comme la nôtre fortement caractérisée par les combats de positionnement et d’opportunisme, lui, il préfère ne pas aliéner son indépendance et sa liberté d’esprit et de pensée. «C’est à ce moment que je peux jouer mon véritable rôle », pense-t-il. 

En politique, il ne dérobe pas son admiration et son soutien à Messaoud Ould Boulkhéir, président de l’APP (Alliance Populaire Progressiste), qu’il considère comme étant son père spirituel même s’il n’a jamais eu la chance de le côtoyer tout près. «Mais, j’ai appris à travers  ses discours, confie-t-il, ses positions et sa trajectoire, la manière dont un citoyen comme moi descendant d’esclave devrait se comporter. » 

Il apprécie à sa juste valeur le compagnonnage de Messaoud Ould Boulkhéir avec Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi depuis son élection du 19 avril 2007. Car, pense-t-il, cette sympathie insuffle au pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, une dose d’humanité, d’humilité et d’attention aux plus pauvres. «Messaoud Ould Boulkhéir est une caution morale très importante pour le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Cette caution, quand elle disparaît, la position de beaucoup de mauritaniens sera reconsidérée vis-à-vis du pouvoir », prédit-il. 

Ce que la politique ne lui a pas donné, c’est les droits de l’Homme qui vont le lui donner : la célébrité. C’est dans les droits de l’Homme qu’il va retrouver ses repères, se faire découvrir aux yeux du monde. Désormais, lui qui a toujours refusé l’aliénation et la domination, il va pouvoir agir sans contrainte électoraliste, ethnisciste ou communautariste. L’Homme est désormais au cœur de son combat. 

Mais… «La culture des droits de l’Homme est extrêmement minoritaire pour ne pas dire inexistante, s’indigne-t-il amèrement. L’idéologie qui gère la mentalité des hommes et femmes de ce pays est réfractaire aux droits de l’Homme autant dans ses interprétations religieuses que dans ses us et coutumes. Il y a aussi la tradition des pratiques administratives, judiciaires et policières qui laissent à désirer. L’idéologie sociale perçoit les droits de l’Homme comme une vague d’invasion civilisationnelle et culturelle de l’Occident qui vient éclabousser, déraciner et mettre sous sa coupe la culture nationale. Certains mauritaniens ne savent pas que les droits de l’Homme sont des valeurs universelles qui sont seules capables de faire le bien être de tous et garantir la paix civile et l’Etat de droit. » 

Son activisme dans le combat des droits de l’Homme en Mauritanie absorbe énormément son temps. Lui-même, il le reconnait. Il n’a pratiquement pas de vie de famille. «Les plaintes sont tellement nombreuses. Nous sommes régulièrement sollicités par les victimes, par les parents des victimes. Il n’y a aucun répit. Nous n’avons aucune possibilité de pouvoir jouir d’un temps pour la lecture et la famille. Les victimes sont souvent dans des conditions graves et interpellantes », raconte-t-il. 

Dans sa famille, chacun est devenu un militant des droits des droits de l’Homme à force de côtoyer les victimes. Sa maison se transforme souvent en foyer d’accueil et d’écoute pour ces dernières. Sans l’appui de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de S.O.S. Esclaves, Birame Ould Dah Ould Abéid aurait certainement croulé comme un château de cartes depuis belle lurette. Actuellement, il semble avoir le vent en poupe. Et rêve-t-il déjà la tête de ces deux organisations ? «Pas du tout ! Boubacar Ould Messaoud comme Messaoud Ould Boulkhéir sont des monuments indispensables vu leur qualité, leur combativité, leur persévérance et leur courage. Autant, l’un est indispensable au mouvement des droits de l’Homme et surtout à la lutte anti-esclavagiste; autant, l’autre l’est en politique(…) », pense-t-il. 

En direction de Mohamed Saïd O. Homedi, président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme(CNDH), il ne tarit pas d’éloges. «Mohamed Saïd O. Homedi est un homme mûr, un démocrate et un homme de lettres. Je ne prétends pas qu’il est militant parce qu’il ne l’est pas. C’est un homme consensuel, un modérateur et un fédérateur des différentes mouvances de la CNDH qui étaient à l’origine des mouvances très opposées et à couteaux tirés. Mais, son prestige, son talent, sa capacité de modération et son tact à lui ont pu rapprocher les gens », témoigne-t-il. 

Birame Ould Dah Ould Abéid a mal lorsqu’il voit la communauté arabo-berbère détenir seule les leviers de commande du pays en paraissant  insouciante et insensible aux dangers qui couvent au sein de la communauté négro-africaine martyrisée et harratine populeuse et paupérisée. «Cela peut nous amener dans des situations extrêmement graves et regrettables », craigne-t-il. «Rien n’est fait par les pouvoirs publics pour essayer de garantir la paix civile. Cela passe d’abord, cette paix civile, par l’édification d’un système judiciaire fiable et équitable, par le partage des richesses d’une manière juste, par le diagnostic clair et net, sans ambages ni tabou, des phénomènes et anachronismes qui rongent la société (mauritanienne) », regrette-t-il tout en s’indignant de la démission des pouvoirs publics sur cet état de fait dangereux. 

Aujourd’hui, Birame Ould Dah Ould Abéid ne rêve que d’une seule chose : avoir des compagnons de lutte qui croient comme lui à la même cause et prêtent à se sacrifier, à défier la société et le pouvoir pour imposer les droits de l’Homme en Mauritanie. Mais aussi la disparition des bidonvilles de Nouakchott, la fin des pratiques esclavagistes, la mémorialisation des victimes du génocide effectué entre 1986 et 1991 en leur dressant des sépultures décentes. Son discours radical lui vaut de temps en temps des menaces à travers le net, des violences verbales. «Ceci ne m’intimide pas », lâche-t-il. «J’ai décidé depuis que j’ai eu l’âge de 35 ans, en faisant un sermon, que je ne me tairai jamais face aux injustices », rappelle-t-il. 

Ce qu’il ne compte pas refaire non plus, c’est se réengager en politique. Et quand il parle de Sidi Mohamed O. Cheikh Abdallahi, il ne prend pas de gants. «C’est un homme qui appartient à la communauté arabo-berbère qui domine le pays. Il a les mêmes réflexes, les mêmes idées et les mêmes positions qu’un vieux maure normal. Il n’est pas anti-esclavagiste. Il n’est pas particulièrement solidaire des victimes des violations des droits de l’Homme. Il n’est pas un homme qui tient rigueur pour la vérité ni pour l’intégrité », pense-t-il. 

Comme tout le monde, Birame Ould Dah Ould Abéid suit avec beaucoup d’attention et d’intérêt les élections présidentielles de novembre 2008. Il soutient Barack Obama donné favori. Déjà, il pense que la Mauritanie aura un jour un président noir. «Cela va se réaliser après des secousses. L’histoire va ainsi », croit-il. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 6 décembre, 2007 )

La Mauritanie glorifiée à Paris

 Quelque chose de rarissime, une sorte de renouveau, est en train de se dérouler et cela peut paraître surprenant  et invraisemblable à certains égards. A Paris, dans la capitale française, les partenaires au développement de la Mauritanie ont glorifié à l’unanimité notre pays.

Ce qui est une première pour un gouvernement mauritanien qui a été toujours en odeur de sainteté avec les bailleurs de fond qui sont très attentifs à certains détails. En France, le pays des droits de l’Homme, de la liberté d’expression, de la justice, de la liberté, de la fraternité, la Mauritanie a été auréolée de toutes les glorifications. Des points marqués par notre pays !

Ceci, parce que, les indices macro-économiques sont au vert. Ceci, parce que, il y a eu un vent de démocratie, de libertés publiques et des signes positifs et encourageants qui planent au-dessous du ciel mauritanien. Nous savons tous, que les partenaires au développement ne sont pas là pour applaudir lorsque rien ne va. Dans leurs expressions, la langue de bois n’existe pas ! Ils ne savent pas.

En plus de cela, la Mauritanie peut se targuer d’avoir réussi une transition vers l’enracinement des valeurs démocratiques. Puisqu’il n y a pas si longtemps que notre pays(qui était lié au destin de Maouiya et de ses ouailles qui refusent toujours d’aller en retraite comme lui aux Emirats arabes Unis) ait sorti des ténèbres qui l’ont empêché de mouvoir jusqu’à un certain 3 août 2005.

De telles glorifications, émanant de la bouche des partenaires au développement, bien évidemment, nous le devons, au Président de la République qui a eu le courage et le mérite de prendre le taureau par les cornes, d’opter pour une nouvelle ère pour la Mauritanie et les Mauritaniens notamment en concrétisant des promesses relatives au retour des déportés, au règlement du passif humanitaire et une loi incriminant les pratiques esclavagistes.

Autant de mesures volontaires du Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui ne pouvaient pas laisser indifférents les différents partenaires au développement de la Mauritanie qui partait déjà avec la faveur des pronostics comme on dit.

Le plat était bien garni et prêt pour la dégustation. Aujourd’hui, notre pays peut se vanter avec superbe de dire : «Les autres ne sont pas meilleurs que nous ! ». Lui, le Président de la République, jusqu’ici et nous espérons qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin de son quinquennat, a été irréprochable en montrant l’exemple.

C’est à son entourage immédiat et à son gouvernement d’être plus sérieux et ambitieux mais surtout débarrassés de toutes intentions velléitaires qui pourraient torpiller le processus enclenché car la Mauritanie n’a plus droit à la bévue. Et du temps, il en faudra pour parvenir à accrocher le wagon mauritanien sur le train des grands pays. Ainsi donc, notre pays peut espérer être accompagné dans les prochains cinq ans à venir par la communauté internationale.

Cette rencontre du Groupe Consultatif pour la Mauritanie restera dans les esprits puisque pour la première fois aussi, la presse indépendante a été associée à ce grand rendez-vous pour être un témoin direct des discussions et négociations entre la délégation mauritanienne et les bailleurs de fonds. Contrairement à d’autres époques où cela se faisait dans le secret le plus absolu loin des œillères de la presse indépendante.

Celle-ci, avec beaucoup de professionnalisme, nous a permis de vivre en permanence les échanges entre les partenaires au développement et les autorités mauritaniennes. Comme si tout cela se passait à Nouakchott ! C’est dire que la presse indépendante peut être mature et responsable à condition qu’on ne lui mette pas les bâtons dans les roues. 

Babacar Baye Ndiaye    

( 6 décembre, 2007 )

Libéralisation du secteur audiovisuel: A quand les premières diffusions ?

Ainsi donc, la Mauritanie s’est dotée depuis quelques jours d’une deuxième chaîne de radio (officielle) en plus de Radio Mauritanie et de Radio Jeunesse. Volonté ou signe de sortir des crevasses de l’immobilisme ! Ou tout simplement rupture avec le passé et le recul !…

Ceci constitue en soi un bond assez significatif dans la floraison et le développement des médias en Mauritanie et l’accès du citoyen mauritanien à ces derniers.

Mais cela ne voudrait pas dire non plus que quelque chose a bien changé puisqu’on poireaute toujours l’avènement de la pluralité dans les médias officiels et la libéralisation surtout du secteur audiovisuel. Mordieu ! La Mauritanie est pratiquement le seul pays en Afrique de l’Ouest et du Maghreb a avoir un espace audiovisuel monocolore du fait d’une libéralisation du secteur audiovisuel non encore ébauchée par les autorités du pays.

Il ne faut pas avoir peur des médias puisqu’ils participent à l’ancrage de la démocratie, des libertés publiques, de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Une sorte de parapet pour ceux qui voudraient riper !

Certes, il y a eu des pogromes de bonne volonté, des pogromes d’ouverture des nouvelles autorités pour essayer de sortir la presse indépendante d’une situation coton notamment en procédant à une réduction substantielle des tarifs d’impression, en associant la presse à certains déplacements des autorités à l’extérieur du pays, en établissant une carte professionnelle en vue de structurer le milieu de la presse indépendante où il y a trop de capharnaüm.

C’est vrai que beaucoup d’actes sont engagés par les autorités dans le sens d’une meilleure appréciation de la presse surtout indépendante. Mais tout cela suffit-il réellement à gober ou gommer les insuffisances, les efforts à accomplir et les impertinences qui caractérisent aujourd’hui, de manière générale, l’espace audiovisuel mauritanien  si on peut parler ainsi. La TVM, autrefois placardée, embobinée et toujours au service d’un pouvoir fanfaron, tarde toujours à convaincre les télespectateurs mauritaniens plus accrochés à d’autres images venues d’ailleurs.

C’est parce que cette «machinerie-là» n’offre pas des programmes alléchants à ces télespectateurs et nous goinfrent souvent d’informations indésirables et en déphasage avec les réalités nationales et contemporaines. Sauf pour la première fois, lorsqu’elle nous a ragaillardis par une rétrospective pas mal sur l’histoire de la Mauritanie ce 28 novembre dernier.

Véritable coup de maître ou essai réussi ! Les nouvelles autorités ont compris vite qu’il fallait changer d’attitude. La TVM Plus, venue booster son aînée, à bout de souffle, a pu, par la diversité qu’offrent ces différents programmes, s’attirer sans superbe une bonne sympathie et une appréciation de la part des mauritaniens.

Elle le doit non seulement à la pluralité de ses programmes mais à sa méthode. Car, pour attirer des télespectateurs, il faut offrir quelque chose de nouveau. Ce que la TVM n’a jamais réussi à faire et à risquer. Que nous apprend, en réalité, la TVM ? Que dalle ! Ni sur l’histoire, ni sur l’évolution politique, sociale et économique du monde ! Ni sur la situation des populations ! Que des programmes bidons et inconvenants!

Dans d’autres pays, l’établissement d’un espace audiovisuel a été possible grâce à la détermination et la pression d’abord des professionnels du secteur mais aussi à la volonté politique. Pourquoi  la Mauritanie ferait ou devrait-elle faire exception ? Ou alors, ce que je ne veux pas imaginer, un espace audiovisuel libre serait impossible en Mauritanie ?

Ce n’est pas sur des tergiversations encore moins sur la couardise qu’on y parviendra. Je ne veux pas penser non plus comme certaines personnes que la libéralisation ne serait pas une bonne chose. Actuellement, il est impérieux et nécessaire pour la Mauritanie de procéder et très vite à la libéralisation du secteur audiovisuel.

Maintenant que la situation à une telle option est favorable, il est du devoir des autorités de concrétiser cette impérieuse nécessité et sans plus tarder, pour sortir d’une longue période d’arriération et de cupidité, rejoindre la caravane des pays qui s’ébaudissent de leur nomenclature audiovisuelle. Nous attendons… avec beaucoup d’espoir cet avènement car, sur le plan médiatique, notre pays a pour caractéristique de n’avoir pas su libéraliser ce secteur.

Les médias officiels ne peuvent pas projeter seuls le citoyen mauritanien souvent ignorant de ce qui se déroule et manipulé candidement. Même si, dans son programme politique durant la campagne présidentielle de février-mars 2007, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’a pas trop évoqué cela, pour marquer encore les esprits et son quinquennat, le meilleur service qu’il peut rendre aux mauritaniens, c’est de libéraliser le secteur audiovisuel. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 28 octobre, 2007 )

KBB: La Première dame du pays!!!

L’épouse du chef de l’Etat, Khattou Bint Boukharry, tient incontestablement une position prééminente auprès de son mari, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Président de la République.

Consciente donc des actions qu’elle doit mener sur le front humanitaire, elle a créé, elle aussi, sa propre fondation qui porte d’ailleurs son nom. Cette fondation présentement s’active auprès des populations de Tintane pour apporter sa contribution. Mais la fondation est-elle une solution à la réduction de la pauvreté ? 

Personne ne remet en doute que madame Khattou Bint Boukharry, première dame de la Mauritanie ait, elle aussi, sa fondation. Qu’elle ait la magnanimité d’assister les populations démunies, de contribuer efficacement et personnellement au développement économique et social du pays, de lutter sans relâche contre toute forme de violences envers les femmes et principalement les enfants !

Qu’elle apporte son contrefort aux handicapés et aux personnes âgées ! Qu’elle veuille aider les populations sinistrées victimes de catastrophes naturelles comme elle est en train de le faire à coté des populations de Tintane ! C’est fort bien.

Elle n’est pas la première et ne serait pas la dernière à le faire. Car, c’est presque une coutume institutionnalisée. Toutes les premières dames ont leur fondation ou leur association. Ces fondations, la plupart du temps, ont un but essentiellement humanitaire. 

Comment établir un cadre de proximité entre le Président de la République et les couches défavorisées ? Cette action revient à la première dame, madame Khattou Bint Boukharry qui doit véhiculer le message humanitariste du chef de l’Etat.

De tout le temps, les premières dames ont joué des rôles incontournables dans les affaires présidentielles et nationales, du fait de leur statut particulier de première dame. Cette situation leur confère donc une certaine ascendance décisionnelle et des prérogatives que ne leur confèrent ni la constitution ni la loi. Mais ceci ne crée-t-il pas des immixtions de prés ou de loin dans la gestion des affaires de l’Etat ? 

S’il est vrai que nous sommes dans une République qui garantit la liberté d’expression et la liberté de presse, s’il est vrai aussi que nous pratiquons la bonne gouvernance et la transparence financière, il serait bon d’éclairer la lanterne du citoyen lambda sur la fondation elle-même. Son utilité véritable ?

S’il a un rôle politique à jouer ? D’où proviennent les fonds de la fondation. Les enquêteurs de la fondation sont-ils banqués et par qui ? Sur quels critères ont-ils été choisis ? A combien s’élève son budget ? Est-elle juridiquement légale c’est à dire reconnue par le ministère de l’intérieur ? En tout cas, on ne peut pas dissocier l’action de la première dame et celle de son mari dans certaines affaires. Autant d’interrogations. Et mieux vaut aller chercher des fantômes que d’attendre des réponses claires. 

La Mauritanie n’est pas encore un eldorado pour se permettre certaines dépenses ou charges financières. Cette fondation gagnerait à ne pas reproduire les mêmes maladresses de certaines associations dont les deux tiers des fonds sont détournés par des êtres en chair et en os, des responsables sans préoccupations morales et sans pudeur ni scrupule. 

La première dame avait-elle une fondation ? Non ! Alors pourquoi d’être la première dame pour avoir sa fondation. La raison est très simple et compréhensive. C’est que maintenant, l’argent est disponible, coule à flots. On peut en faire ce qu’on veut sans contrôle ni audit. D’ailleurs, quel est cet inspecteur de l’Etat qui aura le culot, osera de fourrer son nez dans cette fondation ?  On n’y peut rien. C’est comme ça. Ça fait parti des arcanes de l’Etat.

babacar baye Ndiaye

( 14 octobre, 2007 )

L’argent du pétrole

Ce n’est pas un secret de polichinelle : le pétrole fait entrer beaucoup d’argent dans notre pays. Et tant mieux pour notre économie nationale. Mais là, n’est pas le véritable problème. Mais ailleurs.

En effet, depuis quelques années, la Mauritanie est devenue par la grâce du Ciel l’un des centres d’intérêt, l’une des destinations privilégiées de ces grandes firmes pétrolières internationales. Ainsi donc, des millions voire des milliards d’ouguiyas sont déversés dans les caisses de l’Etat par ces dernières dans le cadre de l’exploration et de la production pétrolière.

Mais tout cet argent, suffira-t-il pour éradiquer substantiellement la pauvreté d’autant plus que les trois quart de la population vivent en dessous du seuil de la pauvreté ? Les nouvelles autorités mettront-elles à profit ces richesses pétrolières pour développer la Mauritanie et la changer sur le plan social et politique ?

Pour ne pas commettre les mêmes bêtises et les mêmes erreurs que les régimes précédents, le régime actuel gagnerait en investissant l’argent du pétrole dans les politiques sectorielles et surtout en esquivant la déliquescence des biens par une bonne gestion économique et financière.

Cela dit, malgré ces richesses halieutiques, minières et pétrolières, notre pays demeure en sus un pays sous développé ; très loin du cercle restreint des pays émergents de la planète terre. C’est parce que jusque là, il n’y a jamais eu une sérieuse volonté pour que la Mauritanie s’en sorte convenablement.

Nous ne devons surtout pas omettre que le pétrole est une ressource épuisable. Une raison supplémentaire pour marcher sur le tapis du progrès social et collectif. L’argent du pétrole ne doit point servir à entretenir un certain clientélisme politique, ni à conforter des intérêts personnels, ni à remplir les valises diplomatiques et les comptes bancaires d’un ministre, d’un directeur, d’un P.M ou d’un P.R. encore moins d’une ethnie, d’un clan ou d’un lobby.

Mais à lutter efficacement contre la pauvreté, le chômage et le déficit structurel en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures, d’assainissement, d’approvisionnement en eau et en électricité…des secteurs en perte de vitesse notoire.

Cet argent, ça devrait aussi servir à ceux qui luttent inlassablement pour la survie et leur devenir, à ceux qui réclament qu’on leur améliore leurs conditions de vie misérable, à ces centaines de milliers de mauritaniens qui vivent dans des bauges dans des situations indécentes, à ces mauritaniens désespérés qui se débattent contre la faim et la misère, à ces hommes et femmes de la Mauritanie abyssale…loin de tout, seuls avec Dieu !

Babacar Baye NDiaye

( 4 octobre, 2007 )

Une autre image de Nouakchott

Des égouts qui dégorgent à longueur de journée, de la fumée piquante provenant de déchets carbonisés, des espaces transformés en dépôts d’ordures, des tas d’immondices jonchant les périphéries des routes, des eaux usées déversées partout…Nouakchott ventre-saint-gris ! est en train de s’effondrer sous le poids des saletés.

Nos espaces naturels, s’ils n’ont pas déjà disparu, sont dans un état de décrépitude très inquiétante. Et aucune mesure n’est prise jusque là pour parer à cette prolifération vertigineuse de ses «plaques d’impuretés » dues à la folie et à l’acharnement des hommes sur notre écosystème qui est de plus en plus acculé.

S’il ne l’est déjà. Ajoutée à cela, la pollution atmosphérique qu’engendrent ces «bus », ces tacots, ces vieilles carcasses d’une autre époque. Et en sus, des embouteillages de plus en plus taquinants et insupportables occasionnant ainsi des pertes de temps considérables et inestimables pour notre économie. Sans parler des charrettes qui encombrent les grandes artères de la capitale et des édicules construits souvent à proximité des routes.

A vrai dire, Nouakchott ressemble à tout sauf à une ville propre, une ville écologique, une ville où on peut avoir la certitude de vadrouiller en inspirant et expirant de l’air pur. D’ailleurs, ces temps qui courent, il n’est pas surprenant de constater des personnes «allergiques » aux puanteurs de masquer leur bouche et leurs deux fosses nasales tellement que ça empeste partout.

Nouakchott, naturellement, a besoin d’une cure, des opérations d’embellissement du genre «quartiers propres » ou «ville propre ». Déjà que c’est insupportable, qu’en sera-t-il si des pluies torrentielles tombaient sur notre capitale ?

L’image de Nouakchott est écœurante et désarmante. Ce n’est pas digne d’un pays qui veut se faire respecter. Et voilà des années que ça dure, finalement, on a l’impression que les populations, faute de solutions et de secours, se sont accommodée de cette atmosphère nauséabonde et étouffante.

Pas de protestation ni de marche pour protester contre cette situation. Pendant ce temps, au lieu de nettoyer ces «images sales et irrespectueuses », les autorités compétentes semblent fouetter d’autres chats. Nouakchott ressemble à une femme décatie et dans ce pays, l’hygiène publique ne semble guère préoccuper personne. Dans quelle capitale sommes-nous alors ? Certainement, pas dans une capitale aux charmes irrésistibles !

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

L’affaire de la drogue : où en sommes-nous ?

Celle ci défraye encore la chronique. Pour preuve, les saisies se suivent. La drogue suscite beaucoup d’inquiétudes, d’interrogations, de supputations créant beaucoup de remous dans l’opinion.

Au vu de la lenteur judiciaire qui entoure cette affaire peut-on donc penser qu’elle a été classée dans la layette des «affaires indésirables » ? Ou alors les autorités en charge de cette affaire sont-elles en train de faire un travail de fourmi pour pouvoir appréhender les personnes concernées de près ou de loin par cette affaire ? La question taraude les esprits de tous les mauritaniens : où en est l’affaire ?

Jusqu’à présent, ils n’ont rien compris de cette affaire nébuleuse, leur lanterne n’étant pas toujours éclairée. On se demanderait même si elle ne serait pas purement et simplement étouffée par les pouvoirs publics qui, pourtant, au début de son éclatement avaient affiché leur ferme volonté de «faire toute la lumière », leur détermination à remuer ciel et terre pour trouver les responsables qui avaient introduit frauduleusement ces importantes quantités de drogue dans notre pays et de les traduire en justice qui qu’ils soient.

Certainement, ce n’était pas un spectacle de chahut que nous offraient les pouvoirs publics. Car, depuis lors, les mauritaniens n’ont rien «entendu » sur cette affaire.

Même si, il y a eu des suspects qui ont été appréhendés, nous serions tentés de croire que nous sommes en train d’assister à un étouffement «complice » de cette affaire extrêmement complexe et encombrante parce que tout simplement, selon certaines rumeurs, certaines présomptions, beaucoup de personnalités, de grandes personnalités, civiles, politiques ou militaires, bien connues, seraient mêlées jusqu’à la moelle de leurs os dans cette affaire.

Nous savons tous que ce ne sont pas les pauvres qui font ou feront entrer d’importantes quantités de drogue dans le pays par le biais des frontières, du port ou de l’aéroport. Nous savons aussi que des pots de vin sont souvent reçus par les responsables de ces sites pour faire passer invisiblement la drogue.

Dans ce pays, par le biais de ce commerce illicite, beaucoup de personnes sont devenues millionnaires ou milliardaires. Nous cacherait-on des vérités fracassantes dans cette affaire ? Des têtes vont-elles tomber ? Pour le moment, rien ne présage qu’on assistera à l’implosion de la vérité vue les lenteurs et les «obstacles » qui obstruent cette affaire dense de mystères.

Sauf si les autorités accéléraient le pas en mettant les bouchées double. La drogue, c’est une affaire, un cercle de réseaux hyperstructurés difficiles à démanteler. Mais là n’est pas le véritable problème. D’où les questions suivantes : les autorités vont-elles faire profil bas au détriment de la vérité ?

Où vont-elles combattre l’enrichissement illicite de cette catégorie qui s’enrichit d’un coup de baguette magique ? Les autorités en charge de cette affaire auraient-elles desserré le poing ? Tout porte à le croire sauf si…on nous disait où en est l’affaire ?

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

La Faculté de médecine

En Mauritanie, c’est la mode. Il suffit qu’une personne influente décide que telle chose se fait à telle date, tel lieu pour que le projet soit lancé sans que cela réponde à une exigence de développement et de bien être social. Or, nul n’ignore que tels projets demandent du temps, de l’argent et bien sûr du sérieux.

Combien de créations, de projets qui devaient être bien réfléchies et bien étudiées sont nées dans la précipitation et sans études de faisabilité fiables. Une œuvre universitaire aussi grande qu’une grande faculté de médecine mérite-t-elle d’être fondée dans la plus grande anarchie, sans aucune concertation, entourée d’indifférence, emmitouflée dans l’anonymat absolu. Les mauritaniens savent-ils qu’ils ont une faculté de médecine ?

Quelle faculté ? Un bâtiment perdu au milieu d’une lucarne de l’hôpital national. C’est de là que la première promotion de futurs médecins subira une formation.

C’est là que des générations vont être sacrifiées sans pour autant bénéficier d’une formation académique et scientifique qui tiendrait en considération les exigences de qualité en matière d’offres de services hospitaliers.

Ces futurs médecins, sur quels critères de sélection ont-ils été choisis ? Et par rapport aux futures formations, les nouveaux bacheliers vont-ils être inclus dans cette phase de formation qui ne devait concerner que les nouveaux bacheliers ?

Ce n’est pas en formant des médecins, des infirmiers, du personnel soignant qu’on va venir à bout du manque de personnel criard dans les structures hospitalières du pays.

La création de cette faculté de médecine a été bien accueillie mais l’efficacité d’un tel projet laisse à désirer surtout dans sa mise en homogénéité. Le manque de concertation aussi dans ce projet a suscité beaucoup de mécontentement.

Alors qu’il urge de réformer le secteur de la Santé dans notre pays, il serait préférable de se pencher bien sur la balance en vue d’esquiver que la Mauritanie ne périclite.

Dans ce projet de grande envergure, est-ce que les moyens nécessaires ont été débloqués dans la réalisation d’un tel projet qui demande beaucoup de perspicacité et de sérieux. La Mauritanie dispose des professeurs éminents capables d’impulser cette entreprise mais faudrait-il encore qu’ils soient associés à cette œuvre.

Certes, la création d’une telle faculté répond à une exigence de demande de services de plus en plus forte. Il ne faudrait pas non plus omettre qu’un tel projet exige des laboratoires modernes, des recherches académiques entre autres. Et sur quelles bases les enseignants de cette faculté ont-ils été choisis ?

Avec un enseignement de plus en plus au rabais faut-il encore commettre les mêmes impairs en créant tous azimuts des facultés qui n’apporteront rien à l’enseignement universitaire mauritanien sinon que de l’appauvrir. Déjà, l’université de Nouakchott est abandonnée à elle-même, aucune perspective d’avenir ou de restructuration pour la sortir de son sommeil profond. Dans ce cas, faut-il accroître à la médiocrité, la médiocrité ? Certainement pas.

Babacar Baye NDiaye

( 4 octobre, 2007 )

La marche irréversible de l’Histoire!!!

Beaucoup de personnes, par étroitesse d’esprit, ne savent pas ou ignorent naturellement que l’Histoire, la Grande Histoire, lorsqu’elle est en marche, on ne peut l’appréhender, fut-on descendant d’Hercule.

Pour preuve, la trajectoire des pays dits «grandes démocraties » a été souvent jalonnée par des événements souvent douloureux certes mais denses de moralité du point de vue historique, morale, philosophique et politique.

Nous osons croire, même si comme le prétendent certains esprits brillants que comparaison n’est pas souvent raison, que la Mauritanie est en train d’arpenter la bonne piste elle aussi en essayant de sublimer, avec courage et détermination, autant dire tant bien que mal son passé douloureux et épisodique.

Peu importe, dans ce cas, qu’il y ait des personnes de mauvaise foi, des personnes enrubannées par le Diable qui essaient de secouer dans l’ombre les amarres de la barque dans laquelle nous sommes embarqués.

Parce que tout simplement, l’Histoire de notre République est en marche, une procession irréversible et inébranlable. Parce que maintenant, il est permissif de rêver, il y a des hommes et des femmes épris de justice sociale, de paix et de stabilité qui veulent recoller à leur manière les mille tessons de la bouteille, de réconcilier la Grande Mauritanie qui exige aussi de ses fils, de nous de la grandeur.

Parce que la volonté politique qui anime «ces hommes et ces femmes » laisse présager incontestablement des lendemains meilleurs. Car, les grands dossiers, ces dossiers encombrants – passif humanitaire, esclavage, déportés – qui n’ont jamais trouvé une oreille et un cœur sensibles, une issue et un règlement convenable, sont en train d’être pris à bras-le-corps par ces hommes et ces femmes.

A ceux-là, les générations futures leur seront redevables et reconnaissantes. Nous avons tellement envie de glapir bravo à eux tellement ça apporte du baume au cœur. Des ambitions, des initiatives que certains, ceux qui veulent enfouir la marche de l’Histoire, s’acharnent, on ne sait pour quelles raisons, à contenir.

Déterminés à résoudre ces problèmes, les pouvoirs publics n’entendent pas se laisser coiffer sur le poteau. D’ailleurs sur la question du règlement définitif du retour des déportés mauritaniens, des missions officielles sont parties pour essayer de voir comment coordonner ce vaste programme du retour des déportés.

L’horizon, pour ces «démolisseurs » de l’Histoire, se couvre d’autant que leurs actions ne suscitent guère de réaction immédiate. Bref, cette sorte de ligne rouge qui existait et existe encore entre les communautés disparaîtra à jamais un jour qu’on le veuille ou pas. Comment donc ne pas approuver et être sensible à ce qui est en train de se faire ?

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Quand le Ministère de la Culture et de la Communication donne le mauvais exemple !

L’absence des représentants du Ministère de la Culture et de la Communication, ce mercredi 27, au CCF, à l’occasion de la conférence sur «la stratégie nationale pour le cinéma » en marge de la SENAF, est tout simplement irrémissible, burlesque voire un opprobre.

Ce congé explique non seulement un manque de considération viscéral, mais il soulève également des interrogations quant aux déterminations véritables et politiques du Ministère de la Culture et de la Communication de faire avancer ou faire bouger l’Art et la Culture en Mauritanie.

En n’étant pas présents à la conférence, les représentants du Ministère de la Culture et de la Communication ont déshonoré le cinéma en Mauritanie et plus particulièrement Abderrahmane Ahmed Salem qui ne savait plus quoi faire sinon se disculper au près du public qui était venu assister à cette conférence qui n’a pas eu lieu finalement.

Ainsi donc, ils donnent raison à ceux qui ont toujours pensé ou plutôt reproché au Ministère de la Culture et de la Communication, son laxisme, son manque de soutien et de volonté politique à l’égard des arts et de la Culture. Pour éclore comme les pétales d’une fleur, notre cinéma national n’a pas besoin de mauvais exemples encore moins des représentants insoucieux.

Et au lieu de voler au secours de notre cinéma qui était presque à l’article de la mort, les autorités du Ministère de la Culture et de la Communication ont démontré une énième fois de plus que nous ne pouvons pas compter sur elles !

Hélas donc, pourra-t-on continuer indéfiniment, au mépris de l’Art et de la Culture, à compter sur un ministère dont l’unique talent est de nous abreuver des balivernes, des discours sans valeur et stériles, des promesses platoniques pour faire garder une bouture d’espoir et de confiance dans nos esprits ? Cette méthode assassine de faire rêvasser a fait son temps.

Elle a entraîné des leurres dans le cœur de ceux qui sont concernés par les arts et la culture, trucidé des initiatives o combien porteuses de fruits. Le Ministère de la Culture et de la Communication serait-il en train de se détourner de ses devoirs primaires à l’égard des cinéastes qui ne demandent pas trop ? Nous savons tous que ce n’est pas l’imagination et l’esprit d’initiative qui font défaut à la maison des cinéastes.

Loin s’en faut. Malheureusement et c’est dommage que la véracité dans le domaine de la Culture et de la Communication soit encore rébarbative et désarmante. Non, le Ministère de la Culture et de la Communication, n’a pas véritablement changé même si ceux qui y font la pluie et le beau temps tambourinent des airs de bonne volonté, claironnent à longueur de journée leurs desseins de bien faire et de bien réussir.

Certes, on peut bien faire à moins qu’on ne le veuille pas. Mais, s’il vous plaît, ne nous donnez plus l’occasion de gribouiller sur ce qui précède…et à y voir de près, nous avons parfois l’impression que ce ministère remet l’ouvrage sur le métier chaque fois. A quand la véritable rupture dans la pratique des choses ?

Babacar baye Ndiaye

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