( 13 octobre, 2008 )

Les Nouvelles du Jour

                                    Sanctions économiques

Dans un pays qui importe environ 70 pour cent de ses denrées alimentaires et où, selon les estimations des Nations Unies, plus d’un million de personnes souffrent de malnutrition chronique, certains bailleurs craignent qu’un embargo de longue durée sur l’aide au développement ne pénalise pas seulement l’armée, qui s’est emparée du pouvoir, mais aussi les civils. L’Union européenne (UE), le gouvernement américain et la Banque mondiale ont suspendu, ou menacé d’annuler, le versement de plus de 500 millions de dollars d’aide non-humanitaire, selon des statistiques compilées par IRIN, pour condamner la prise de pouvoir de l’armée, le 6 août, et la séquestration continue du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Ces fonds devaient servir à soutenir, entre autres projets, des opérations de développement rural, des activités sanitaires et éducatives, des opérations de déminage, de maintien de la paix, des opérations anti-terroristes, des entraînements militaires et des opérations de construction routière, selon les listes publiques de financement de projets de l’UE, du gouvernement américain et de la Banque mondiale.

                   Des répercussions limitées dans l’immédiat

Hormis neuf millions de dollars, gelés par la Banque mondiale, aucune de ces suspensions ne concerne l’aide humanitaire ou alimentaire. L’Agence française de développement (AFD), premier bailleur bilatéral de la Mauritanie, a suspendu tout nouveau financement hors urgence jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit établi, selon Marc Flattot, chargé d’affaires de l’ambassade de France à Nouakchott. M. Flattot a expliqué à IRIN que les programmes pour lesquels les financements avaient déjà été déboursés continueraient à être gérés. « Comme les projets de l’AFD sont des projets lourds qui s’étalent parfois sur plusieurs années, les répercussions des sanctions ne vont pas forcément se faire sentir tout de suite. Malgré tout, pour la junte [militaire], il sera difficile de résister à ces sanctions ; 100 millions d’euros (142 millions de dollars) sur trois ans, ce n’est pas rien ». Il n’a pas précisé, néanmoins, la somme en jeu, ni le montant déjà déboursé, sur cette somme.

                                Propositions de gel à l’UE

L’Union européenne (UE) avait négocié de payer 300 millions d’euros (426 millions de dollars) sur les quatre prochaines années pour obtenir l’autorisation de pêcher dans les eaux mauritaniennes à compter du 31 août 2008. Quelques semaines après la date de démarrage prévue, pourtant, pas un centime n’a été versé dans le cadre de cet accord de pêche, selon Geza Strammer, chef de la délégation de l’UE à Nouakchott. Louis Michel, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, a en effet recommandé le gel total du contrat de pêche. Les responsables de l’UE ont également menacé de geler une partie des 230 millions de dollars d’aide promis à la Mauritanie jusqu’en 2013. M. Strammer de l’UE a indiqué à IRIN que la proposition d’embargo financier décrété par l’UE ne concernerait ni l’aide d’urgence ni l’aide humanitaire. En revanche, les projets infrastructurels dans lesquels l’UE envisageait d’investir, notamment la rénovation des 200 kilomètres de route qui séparent la ville de Rosso, dans le sud de la Mauritanie, et Nouakchott, ont été suspendus. Selon M. Strammer, si les projets de l’UE ne font pas travailler des milliers de personnes, l’embargo européen sur les investissements pénalisera tout de même les entreprises locales. « Évidemment, lorsqu’un chantier est gelé, c’est autant de ressources en moins pour les ouvriers et cela représente un manque à gagner pour les entreprises locales », a-t-il noté. D’après lui, toutefois, si l’embargo se fait sentir, dans l’immédiat, son impact pour l’Etat ou ses citoyens sera minime. « Il faudra six mois à un an pour que ces limitations de l’aide au développement puissent réellement gêner le fonctionnement de l’Etat [aux mains des meneurs du putsch]. Et cela est d’autant plus vrai que l’on s’attend à une production pétrolière nationale accrue pour les prochains mois. Je pense donc que les militaires peuvent malgré tout survivre à ce choc en se serrant la ceinture, sans pour autant toucher aux fondamentaux de la vie quotidienne des Mauritaniens ». La production pétrolière a commencé en février 2006, mais le rendement est inférieur aux prévisions. Les réserves de pétrole brut, avérées et potentielles, de
la Mauritanie sont estimées à environ 600 millions de barils, et le secteur devrait se développer, selon Extractive Industries Transparency Initiative, un organisme britannique qui plaide en faveur de la transparence des transactions dans le secteur des industries extractives.

                   La Banque mondiale interrompt ses opérations

La Banque mondiale a quant à elle annoncé un gel des prêts accordés à la Mauritanie et n’a pas débloqué les 175 millions de dollars qui auraient permis de financer 17 programmes d’aide et d’investissement dans le pays. Ces fonds représentent une partie des plus de 400 millions de dollars que la Banque s’était engagée à verser dans les secteurs du développement rural, de la santé, de l’éducation et des infrastructures, notamment de la construction routière. En Mauritanie, le personnel, en congé administratif, a été renvoyé chez lui, et aucun contact officiel n’a été établi entre le bureau de la Banque mondiale à Nouakchott et les putschistes, selon un cadre de la Banque mondiale, qui a souhaité conserver l’anonymat. Selon celui-ci, l’institution « [devait] débloquer neuf millions de dollars pour la sécurité alimentaire, mais le feu vert est conditionné à l’avancée des négociations entre la communauté internationale et le nouveau pouvoir [les putschistes militaires] ». Le cadre a également ajouté que les responsables de
la Banque mondiale devaient se réunir à Washington le 25 septembre pour aborder la question.

                         Un impact incertain à long terme

Maria Ribeiro, coordinatrice résidente du système des Nations Unies en Mauritanie, a déclaré à IRIN qu’un embargo prolongé risquait de créer des difficultés pour les Mauritaniens : « à moyen [et] long termes, ces réductions potentielles [des fonds accordés à la Mauritanie] risquent d’engendrer des difficultés plus graves et une plus grande vulnérabilité [des Mauritaniens] aux crises humanitaires ». Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net, en anglais), un organisme à but non-lucratif de surveillance de la sécurité alimentaire, a fait état de récentes améliorations de la sécurité alimentaire dans les régions rurales de
la Mauritanie où les populations cultivent leurs propres vivres, mais l’organisme a noté dans un rapport récent sur la sécurité alimentaire que la situation n’était pas stable.
Ici, « la sécurité alimentaire est fragile […] parce qu’une bonne récolte sèche ne permet pas de combler le déficit de production accumulé au cours des années précédentes ». Au sein de l’armée, les appels des bailleurs à un retour au régime constitutionnel sont restés lettre morte. Le président Abdallahi reste en détention, et le 1er septembre, les leaders militaires ont formé un gouvernement transitoire composé de 22 membres, sans préciser la durée de ses pouvoirs transitoires. Les putschistes envisagent toujours d’organiser des élections déjà contestées.

( 6 octobre, 2008 )

Les Nouvelles du Jour

                                                       Arrêtés  

Les deux fils du président démocratiquement élu, Mohamed et Ahmed auraient été arrêtés hier au cours de la manifestation organisée par le Fndd pour le retour à l’ordre constitutionnel et durement reprimée par le dispositif de sécurité mobilisé par la junte militaire. D’autres personnes auraient été également arrêtés ou torturées.

                                             Pistolets incapacitants 

La police a passé une importante commande de pistolets incapacitants, auprès du fabriquant Taser, en vue de leur utilisation notamment lors des manifestations ou des courses poursuites. L’information a été révélée dans un  reportage réalisé par la chaîne française Canal+, diffusé dans le cadre de l’émission « Dimanche Plus » présentée par la journaliste Anne-Sophie Lapix. Selon la journaliste « des commandes relativement importantes  étaient passées par la Mauritanie et Le Congo de Kabila, des régimes pas vraiment démocratiques. Les polices de ces dictatures pourrons ainsi utiliser le Taser, loin des caméras, loin des Ong et surtout sans surveillance ». En France, la Police et la Gendarmerie sont les seuls en Europe à avoir doté leurs Taser d’une camera, permettant un enregistrement (image et son) dès la mise en fonction de l’appareil. Les pistolets à impulsion électronique, souvent appelés Taser, du nom du principal fabricant, sont des armes utilisées pour maîtriser une personne dangereuse, tout en évitant à l’utilisateur de trop s’approcher. Ces pistolets permettent aux régimes dictatoriaux de s’offrir la possibilité de neutraliser un individu plus facilement et moins dangereusement qu’en employant les méthodes conventionnelles, les Taser sont accusées de favoriser un recours plus fréquent à la force, radicalisant la confrontation entre les protagonistes, au détriment de la négociation ou du dialogue.  

                                                     Terrorisme

Un nouveau suspect, dans le meurtre des français tués à Aleg en décembre 2007 a été arrêté. Ce quatorzième dans cette tragédie a été arrêté cette semaine. Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine dit ‘Al Majlissi’ aurait été en contact avec les trois assassins présumés des touristes français avant l’attaque d’Aleg le 24 décembre. Deux des trois assassins présumés de ces touristes, tués à Aleg le 24 décembre, ont été arrêtés le 11 janvier à Bissau par la police bissau-guinéenne, en coopération avec les services de renseignement français. Les deux hommes, proches de la Branche d’Al-Qaeda au Maghreb (Baqmi), ont été extradés le 12 janvier vers la Mauritanie, jugés puis déférés en prison. « Al Majlissi » fait partie d’un groupe de salafistes jihadistes accusés de lien avec l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien devenu la Baqmi. Arrêté en 2006, il fut jugé et acquitté en juillet 2007 par la justice. Huit autres personnes soupçonnées d’avoir porté assistance aux trois auteurs de l’attaque ont également été arrêtées dans les premiers jours de l’enquête à Aleg. L’arrestation de Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine porte à quatorze le nombre de personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat des touristes français. 

                                                      Mutinerie 

Des islamistes en instance de jugement en Mauritanie se sont mutinés vendredi à la prison centrale de Nouakchott où ils sont détenus, y cassant des portes et y jetant des meubles. Les prisonniers réclamaient l’amélioration de leurs conditions de détention qu’ils jugent globalement « très difficiles », et en particulier de leur alimentation. Des détenus qui ont téléphoné de l’intérieur de la prison à des journalistes ont indiqué qu’ils demandaient également la possibilité d’organiser la prière du vendredi de façon collective et non par petits groupes ou individuellement comme ce serait le cas actuellement. « Les autorités pénitentiaires ont reçu leurs revendications et ont promis de les satisfaire à partir de dimanche », a affirmé la même source judiciaire sous couvert de l’anonymat. « Le mouvement est terminé, les prisonniers sont présentement calmes et attendent la satisfaction définitive de leurs doléances dimanche » a-t-elle conclu. Les prisonniers « salafistes » qui seraient une cinquantaine d’hommes au total sont regroupés dans un même établissement pénitentiaire rénové, au centre de la capitale, non loin du palais de justice où ils sont régulièrement entendus par des juges d’instruction. Ils s’y trouvent étroitement surveillés, en particulier depuis l’évasion en avril 2008 du palais de justice de Nouakchott de Sidi Ould Sidna, l’un des tueurs présumés de quatre touristes français le 24 décembre 2007. En juillet 2007, une mutinerie avait eu lieu dans une autre prison située à l’extérieur de Nouakchott, jusqu’à ce que la Garde nationale intervienne. Des sources judiciaires avaient alors expliqué que « des problèmes de commodité des lieux, mal aérés et exigus pour recevoir plus de 300 à 400 personnes, des repas peu satisfaisants et des coupures d’eau répétées » avaient notamment enclenché la vague de protestations.                                       

                                                       Trafic 

Les enquêteurs de l’antenne périgourdine de la Division interrégionale de la police judiciaire de Bordeaux (DIPJ) viennent d’interpeller douze personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste trafic de véhicules 4X4.  Cinq d’entre elles ont été déférées devant la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux. Quatre ont été mises en examen pour « vol et recel en bande organisée et association de malfaiteurs ». Deux hommes de 25 et 30 ans ont été placés en détention provisoire. La PJ de Périgueux travaillait sur cette bande depuis le début de l’année, au lendemain d’un casse commis chez un concessionnaire de Trélissac. Deux 4X4 de luxe avaient été dérobés pour un préjudice de 170 000 euros. Les enquêteurs, en étroite collaboration avec l’Office central de lutte contre le crime organisé, ont identifié les auteurs présumés d’une dizaine de vols commis également au pays basque, à Aurillac, Châteauroux, mais aussi en Catalogne et en Suisse. Les 4X4 volés étaient ensuite écoulés en Mauritanie via l’Espagne et le Maroc. Le préjudice se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’euros.

                                                 En danger 

Plus aucune manifestation publique. Plus de critique dans les médias publics. Voilà les deux recettes concoctées par la junte au pouvoir à Nouakchott pour faire face à une opposition grandissante. Les partis politiques et la société civile sont sur le pied de guerre et entendent manifester dimanche prochain, en dépit de l’interdiction. Branle-bas général dans les rangs de l’opposition mauritanienne.  Chefs de partis politiques et responsables de la société civile se disent déterminés à défendre les libertés publiques, menacées par la junte portée au pouvoir par le coup d’Etat du 6 août dernier.  Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) mardi, le Premier ministre intronisé par la junte avait annoncé que son gouvernement interdirait toutes les manifestations. « Je pense que le pays depuis le mois de mai ne fait que manifester, on va diminuer ça. D’ailleurs on va interdire toutes les manifestations (…) », avait déclaré Moulaye Ould Mohamed Leghdaf. Pour l’opposition réunie autour d’un front anti-putsch, le but de la manœuvre gouvernementale est clair : empêcher coûte que coûte une manifestation populaire prévue dimanche 05 octobre prochain, pour montrer que les Mauritaniens dans leur majorité rejettent le coup d’Etat.

( 28 septembre, 2008 )

Les Nouvelles du Jour

                            Candidat des militaires ?     

Depuis quelques jours, l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou déploie d’énormes efforts afin de convaincre les généraux de la pertinence d’un parrainage de la candidature de Sidi Mohamed Ould Boubacar à la prochaine présidentielle, à l’instar de ce qu’ils ont fait pour Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi lors de la présidentielle de 2007. Ould Boubacar, actuellement ambassadeur de la Mauritanie à Madrid est le sujet de louanges sans précédent, ces derniers temps à Nouakchott, de la part de Ould Bouamatou et de ses proches. Ould Bouamatou, dont les rapports avec Ely Ould Mohamed Vall se sont détériorés ces derniers temps fait tout ce qui est en son pouvoir afin de barrer la route de la présidence à l’ancien président démocratiquement élu. Ses rapports avec Ould Abdel Aziz sont, semble-t-il, au beau fixe. Il est par exemple le coordinateur d’un intense lobbying afin de faire accepter le coup d’état par les occidentaux. Rien, en revanche, ne permet de dire pour l’instant qu’il a réussi à convaincre Ould Abdel Aziz de parrainer la candidature de Ould Boubacar.

                                                  Népotisme  

Le Haut Conseil d’État (HCE) vient de nommer un nouveau consul pour la Mauritanie à Djeddah en Arabie Saoudite. Il s’agit de Eddou Ould Bebena, président de la chambre de commerce. Selon plusieurs observateurs du paysage politique, cette nomination est perçue comme une récompense de son frère, le député Mohamed Ould Bebana qui a joué un grand rôle dans la promotion du coup d’état du 6 août dernier. Une autre nomination a été accordée à un proche du député Sidi Mohamed Ould Maham en la personne de son proche Abdarahmane Ould Brahim Ould Banem, qui a remplacé Ahmed Ould Mohameden. De même, la nomination de Hamoud Ould Abdi à la tête de l’Agence Nationale de la Promotion de l’Emploi des Jeunes (Anapej) ne peut pas être isolée du rôle joué par son épouse, la députée Ghleiwé Mint Ahdhana dans l’explication et la promotion du putsch.

                                                         Rfd-Tvm 

Le 24 septembre 2008, la TVM a diffusé dans ses journaux télévisés du soir une déclaration attribuée à un groupe d’individus présentés comme étant des militants du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD). Cette diffusion par la TVM a été relayée ensuite par radio Mauritanie ainsi que par les journaux Horizon et Chaab. Face à cette mascarade, le Parti a mandaté M. Yedali Ould Cheikh, Président de la Commission Communication, pour une mise au point au sujet de l’intervention de ce groupe d’imposteurs et protester auprès des médias publics concernés contre cette opération de désinformation malveillante à l’endroit du RFD et de ses instances officielles. La Direction de Communication du Parti devait prendre contact avec la TVM pour l’organisation de la diffusion de la mise au point projetée.  

                                                Position de l’Algérie  

Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a réaffirmé jeudi que la position de l’Algérie par rapport au coup d’Etat en Mauritanie est claire. M. Medelci qui était l’invité de l’émission de la Radio internationale(Rfi), a rappelé que la position de l’Algérie a été exprimée mercredi par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines à l’envoyé spécial mauritanien, le général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed. « La position de l’Algérie a été claire, notamment à travers le communiqué du ministère des Affaires étrangères qui est bâti sur des principes claires », a-t-il précisé. Le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, avait « réitéré la position constante de l’Algérie qui condamne les changements de pouvoir en violation des règles constitutionnelles ». Interrogé sur la position de l’Union du Maghreb arabe (UMA) au sujet du coup d’Etat, M. Medelci a rappelé que le guide libyen, le colonel Maamar El-Gueddafi, avait « immédiatement, en sa qualité du président de l’UMA, dépêché son secrétaire général qui a pris contact avec des responsables mauritaniens et a établi son rapport ». « Je crois que l’UMA va continuer à travailler dans le sens du raffermissement du dialogue et elle est extrêmement soucieuse de la préservation de la démocratie dans le pays (Mauritanie) », a-t-il ajouté. Interrogé sur la visite d’Etat du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le ministre a indiqué que les autorités des deux pays ont fait, au cours de cette visite, le tour d’horizon sur les relations bilatérales et examiné leur élargissement à d’autres domaines, notamment touristique et culturel. Au sujet du dossier du nucléaire iranien, M. Medelci a réitéré la position de l’Algérie qui soutient le développement nucléaire à des fins pacifiques, exprimant par ailleurs sa désapprobation quant à la politique de « deux poids deux mesures » qui fait, a-t-il dit, que « certains pays peuvent avoir des possibilités ou des degrés de liberté, alors qu’on les refuse à d’autres ». Pour le ministre, le dialogue autour du dossier, entre les pays 5+1 avec la présence d’un représentant du gouvernement américain, « est extrêmement important et constitue un élément d’espoir qu’il faut développer pour rétablir, dans les semaines qui viennent, les rapports de confiance de nouveau » afin de trouver, a-t-il dit, « une solution politique acceptable pour les différentes parties ».  

                                                        Ultimatum  

L’ultimatum fixé pour le 6 octobre prochain par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS), lequel a exigé le retour à l’ordre constitutionnel en Mauritanie “par le rétablissement inconditionnel de M. Sidi Ould Cheikh Abdallahi, président de la République, dans ses fonctions”, n’a pas été du goût de Nouakchott, qui a rejeté cette injonction par la voix de députés favorables au coup d’État. En effet, ces derniers, majoritaires au Parlement, ont rejeté l’ultimatum de l’Union africaine (UA). Par la voix du député Sidi Mohamed Ould Maham, porte-parole des députés pro-putsch, il ont rétorqué : “Nous rejetons cet ultimatum parce qu’il ignore tout simplement la réalité dans le pays où les deux-tiers du Parlement, la quasi-totalité des maires élus et la majorité du peuple sont favorables au changement du 6 août.”  Ne s’arrêtant pas là, il a déclaré que ses amis sont scandalisés par cet ultimatum qui “émane d’une institution censée servir la paix en Afrique et qui s’emploie au contraire à susciter la guerre civile et attiser les contradictions dans notre pays”. Pour étayer cette position, favorable aux putschistes, il a ajouté : “Nous avons l’exemple des solutions à l’africaine, au Zimbabwe et au Kenya, on aurait pu aller dans ce sens en Mauritanie mais, apparemment, notre pays est vu comme le maillon le plus faible.”Selon lui : “Le retour de l’ex-président au pouvoir est une ligne rouge à ne pas franchir.” Sidi Mohamed Ould Maham ira jusqu’à affirmer : “L’UA et le reste du monde doivent savoir que ce projet (du retour du président déchu) serait fatal pour la Mauritanie, l’ancien président étant une partie du problème. Son retour n’est pas négociable, tout le reste par contre peut être discuté.” Il recommandera à l’UA de tenir compte de la feuille de route initiée par le Parlement et prévoyant une élection présidentielle dans 12 à 14 mois, précédée de journées de concertations ouvertes à toutes les forces politiques du pays et aux partenaires étrangers de la Mauritanie. Pour ce groupe de parlementaires, l’UA “doit reconsidérer ses injonctions et ses menaces”. Reste à savoir qu’elle sera la réaction de l’UA, qui avait à l’issue de sa réunion tenue à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, demandé instamment “aux États membres de l’Union africaine et à la communauté internationale dans son ensemble de considérer comme illégitimes et illégales toutes les actions et initiatives des auteurs du coup d’État destinées à faire échec à la restauration de l’ordre constitutionnel”. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a déclaré “nulles et de nul effet toutes les mesures de nature constitutionnelle, institutionnelle et législative prises par les autorités militaires et découlant du coup d’État du 6 août 2008”. Jusque-là, seul le Maroc s’est solidarisé avec le nouveau régime militaire en place à Nouakchott, à travers un message de soutien du roi Mohammed VI, au général Mohamed Abdel Aziz, chef de la junte.Quant à l’Algérie, elle a réitéré récemment, par la voix d’Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, son souhait que les auteurs du coup d’État en Mauritanie “acceptent d’aller à la rencontre de la seule solution viable et juste, celle du retour à l’ordre constitutionnel”. 

                                                       Pêche 

Le commissaire européen à la pêche, Joe Borg, a déclaré vendredi que l’Union européenne avait trois semaines pour mettre en œuvre l’accord sur la pêche conclu avec la Mauritanie et qu’elle ne verserait les sommes prévues que si elle est certaine de leur bonne utilisation par la junte militaire. « Nous utilisons le temps dont nous disposons pour nous assurer que les termes du contrat concernant l’utilisation de l’argent que nous donnons à la Mauritanie seront  respectés », a-t-il annoncé. « Si nous avons la confirmation que la Mauritanie respecte les termes de l’accord, le paiement sera effectué dans les délais », a-t-il ajouté. Les ministres de la Pêche des Vingt-sept ont signé en juillet un accord aux termes duquel l’UE devait verser 86 millions d’euros à la Mauritanie avant le 31 août pour obtenir l’autorisation de pêcher dans ses eaux territoriales. 

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