( 16 janvier, 2011 )

Deux mineures violées, l’une par son oncle par alliance et l’autre par son père

Deux mineures, l’une (sénégalaise) âgée de 16 ans et l’autre (mauritanienne) de 15 ans, ont été violées, la première, par son oncle par alliance et la seconde, par son père, a-t-on appris samedi auprès d’une source proche d’une association de défense des droits de l’Homme mauritanienne, en charge de ces dossiers.

Le viol de la mineure âgée de 16 ans s’est déroulé, jeudi passé, vers 2 heures du matin au Ksar. L’auteur du fait, après avoir été dénoncé par son épouse, a arrêté puis placé en garde à vue à la Brigade des mineurs, en attendant d’être statué sur son sort.

Au sujet de la fille âgée de 15 ans, elle habite à Sebkha. Elle a été séquestrée puis violée par son père. Le viol s’est produit mardi dernier, courant d’après-midi. Le père de la fille a été rapidement interpellé et placé en garde à vue.

Les deux victimes, précise-t-on, ont été reçues au Centre El Wafa pour les conseils et la prise en charge des victimes de violences sexuelles puis accompagnées au Centre Hospitalier National pour l’obtention du certificat médico-légal par un médecin réquisitionné par la police.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 16 janvier, 2011 )

Un homme coincé aux urgences du CHN faute de pince

Un homme d’une trentaine d’années s’est vu, ce lundi, retenu pendant plus d’une quarantaine de minutes aux Urgences du Centre Hospitalier National de Nouakchott parce qu’il n’y avait pas tout simplement de pince dans ce service.

A la suite d’un accident de circulation, cet homme a été rapidement acheminé au Centre Hospitalier National de Nouakchott pour se faire soutirer la bague coincée et enfoncée sur son doigt de son bras gauche ouvertement fracturé.

Il patientera pendant une bonne quarantaine de minutes alors qu’il souffrait d’hémorragie continue avant d’être tiré d’affaire grâce à l’intervention de son patron qui a saisi le chef du service des Urgences.

« Il n’y avait aucune pince encore moins un matériel adéquat pour couper la bague. Selon les infirmiers, les pinces se trouvaient au niveau du bloc opératoire. C’est dans ce service, d’ailleurs, qu’on a pu se procurer d’une pince pour lui tirer d’affaire sans être anesthésié », a expliqué un proche de cet homme.

Au Centre Hospitalier National de Nouakchott, les malades s’offusquent souvent des conditions de traitement des agents de cette première structure sanitaire du pays.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

 

( 8 janvier, 2011 )

Une dame licenciée pour refus d’être transférée dans une autre agence de Western Union Parinacom

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Une dame répondant au nom de Hawa Camara, gérante et caissière d’une agence de Western Union Parinacom, depuis le 01 septembre 2008, s’est plaint d’avoir été licenciée sans motif, révélant qu’elle travaillait dans des conditions difficiles, moyennant un salaire mensuel de 30.000UM.

« Je travaillais plus de 12 heures par jour, et sans congés annuels ni repos hebdomadaires. Un jour, mon employeur a décidé de me transférer dans une autre agence située au Carrefour Madrid sans prime de transport alors que je réside au 5ème arrondissement« , a dit Hawa Camara.

 » Après presque deux ans, de bons et loyaux services, et souvent au risque de ma vie, j’ai été licenciée par son employeur, le 27 décembre 2010, sans aucun motif valable », a-t-elle soutenu.

La CGTM qui a été saisie par Hawa Camara s’est offusquée de ce licenciement et estime que cette société aurait seulement prétexté le refus de cette employée d’être transférée au niveau de l’agence située au Carrefour Madrid sans prime de transport pour se débarrasser d’elle.

La CGTM a aussi indiqué que Western Union Parinacom n’a jamais voulu déclarer Hawa Kane au niveau de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale après 2 années de services rendus et déclare enfin que le licenciement a été prononcé sans observation des dispositions de l’article 46 du Code du Travail.

« Au niveau des agences Western Union Parinacom, les droits des employées sont constamment bafoués et les lois ne sont jamais respectées »
, a indiqué une source au niveau de la CGTM.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem 

 

 

( 8 janvier, 2011 )

Un père soupçonné d’avoir violé puis sodomisé sa fille

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Un père, soupçonné d’avoir violé et sodomisé sa fille âgée de 17 ans, a été appréhendé puis gardé à vue au niveau de la Brigade des mineurs de Socogim Ps, à la suite d’une plainte déposée par l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant, a-t-on appris mercredi auprès d’une source proche de cette Ong.

Lundi dernier, vers 11h, cette jeune fille a été accueillie par le centre El Wafa de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant.

Cette jeune fille, dont la mère vit actuellement au Sénégal, était sans cesse abusée sexuellement par son père. Pour se sauver des griffes de ce dernier, elle décida de chercher du travail et trouva refuge auprès d’une femme restauratrice.

« Les week-end, elle ne partait pas chez elle. Sous le poids de la souffrance, elle faisait des crises et pleurait tout le temps. C’est ainsi que sa patronne l’amena à l’hôpital. Et, une fois examiné, elle avait de l’hémorroïde. Elle avouera par la suite que c’est son père qui en est responsable », a indiqué une source proche de l’Ong.

La dame s’est ensuite rendue à la Brigade des mineurs pour porter plainte contre le père de la jeune fille accusé de viol et de sodomie sur mineure avec la contribution de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 29 décembre, 2010 )

Salma Mint Ahmed Koïry et Oum El Ide Mint Salem Tayvour nient ‘être des esclaves’ d’Oumelmouminine Mint Boubakar Vall

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Les deux filles présumées esclaves Salma Mint Ahmed Koïry, 9 ans et Oum El Ide Mint Salem Tayvour, 13 ans qui sont à l’origine de l’arrestation de Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie) ont été présentées dimanche matin à la presse en compagnie de leur père et de leur mère par la famille de Oumelmouminine Mint Boubakar Vall.

Tour à tour, les filles indiqueront devant les caméras de la télévision nationale et les chaînes satellitaires arabes qu’elles ne sont pas des esclaves de Oumelmouminine Mint Boubakar Vall. Mieux, elles soutiendront qu’elles sont bien traitées par cette dame. De leur côté, leurs parents ont nié tout asservissement de leurs filles par Oumelmouminine Mint Boubakar Vall.

Brahim Ould Boubakar Vall, frère aîné de Oumelmouminine Mint Boubakar Vall, a affirmé que sa sœur qui est toujours en prison, selon lui, « a été victime » des agissements de l’IRA-Mauritanie et a indiqué qu’on ne peut pas parler dans cette affaire de « cas d’esclavage car l’esclavage n’existe plus en Mauritanie« .

« Ces filles sont là de leur propre gré. Elles l’ont dit devant la police et le procureur de la République. Tous les procès verbaux sont là », a ajouté Brahim Ould Boubakar Vall.

Brahim Ould Boubakar Vall a aussi indiqué que Salma Mint Ahmed Koïry et Oum El Ide Mint Salem Tayvour « n’ont jamais travaillé » chez Oumelmouminine Mint Boubakar Vall en tant qu’esclaves. « Elles dorment dans une chambre climatisée que tout le monde a déjà vu à la maison. Elles ont quitté leur chamama parce que leurs parents n’ont pas de quoi les nourrir. Là, où elles sont, il n’y a pas d’école. C’est leurs parents qui nous les ont confiés pour qu’elles soient éduquées, nourries et logées », a-t-il expliqué.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 22 septembre, 2010 )

Ridiculisé et maltraité par un douanier, Aboubakar Cissé raconte son calvaire

C’est le chemin de la croix pour certains voyageurs qui empruntent l’axe Nouadhibou-Nouakchott réputé par ces postes de Police, de Douanes ou de la Gendarmerie comme partout dans le pays.  Le plus irrespectueux, c’est quand les opérations de fouille qu’elles effectuent se font de manière sélective. Ce qui ne manque pas souvent de susciter l’ire de certains passagers mauritaniens. 

Aboubakar Cissé, qui a quitté la Mauritanie depuis mars 2008,  est un jeune Soninké d’origine mauritanienne. S’il s’était imaginé du calvaire et de l’humiliation qui l’attendaient dans son propre pays, il n’aurait certainement pas quitté l’Espagne où il y vit et travaille depuis une année pour se rendre dans son Guidimakha natal afin de rendre visite à ses parents.

Ainsi, pour dire, ce qui devait arriver arriva. Il décida de faire donc le voyage par voie terrestre, certainement plus confortable à ses yeux puisqu’il disposait d’un véhicule.

« J’ai quitté l’Espagne le 21 octobre, se souvient-il. De Maroc jusqu’au Sahara Occidental, je n’ai pas eu de problèmes. Mais, une fois, dans mon pays, en Mauritanie, grande a été ma surprise de me confronter à une dure réalité du pays. »

En effet, arrivé à Nouadhibou, sa voiture tombe en panne. Et le voilà obligé de s’embarquer à bord d’un bus de transport en destination de Nouakchott. Une heure, deux heures, trois heures plus tard…Rien ne vient interrompre le voyage qui, jusque-là, s’est effectué comme sur des roulettes.

Le temps filait vite aussi. Mais, à une cinquantaine de kilomètres de Nouakchott, le bus est immobilisé devant un poste de douanes. Un douanier monte dans le bus et commence à inspecter. Arrivé à son niveau, le douanier, après avoir effectué un tour dans le bus, le prie de descendre et de le suivre au poste de douanes, après avoir réclamé son passeport.

Aboubakar Cissé s’exécuta puisqu’il se disait qu’il n’avait rien à se reprocher. « Dans tout le bus qui contenait plus de 70 personnes, il n’y a que mes bagages qui ont été fouillés. C’est révulsant et irrespectueux ! », confie-t-il. Bagages aux mains, il se présenta devant le douanier. Nonobstant le fait qu’il disposait de sa quittance, on a voulu le déposséder de ses biens. Il sera soupçonné d’avoir introduit en Mauritanie de la drogue.

Ce qui a laissé perplexe Aboubakar Cissé. Il sera retenu et entendu au poste de douanes pratiquement pendant un tour d’horloge. Il sera ridiculisé, confie-t-il, avant d’être malmené par les douaniers qui l’ont fait avaler toutes sortes de paroles peu catholiques et d’injures à connotation raciale. Ce spectacle n’a pas laissé indifférent un passager qui ne fait pas partie de cette catégorie d’individus qui sont des témoins de l’injustice mais par crainte de représailles ont peur de réagir.

Venu jouer les bons offices, il sera éconduit par les douaniers lui aussi mais tenta de résister. Cela ne manquera pas de provoquer des passes d’armes entre lui et les douaniers. Du coup, les passagers, chacun à son niveau, y allaient de leurs compréhensions et de leurs commentaires sur l’attitude des douaniers.

Babacar Baye NDIAYE

( 22 septembre, 2010 )

Haye Es-Sakkine : La famille Hewel Weib réclame ses terrains dépossédés par des officiers de l’armée

Haye Es-Sakkine, jusqu’à une date récente, était un trou perdu. Mais, depuis que Mohamed Ould Abdel Aziz a décidé de viabiliser ce quartier, il est devenu l’objet de plusieurs convoitises notamment de la part de certains responsables politiques ou militaires du pays. Certaines familles qui y ont élu domicile, qui ne disposent pas de bras longs, se voient expropriées de leurs terrains.

Cette expropriation s’accompagne souvent avec la violence. La famille Hewel Weib en a fait les frais au mois d’octobre dernier. Celle-ci a toujours logé au secteur 6 de Haye Es-Sakkine. Un jour, à la grande surprise des membres de la famille, elle voit débarquer chez elle une horde de policiers pour venir les déguerpir.

« Nous sommes une grande famille composée de quatre familles qui vient d’être attaquée par des policiers de l’Etat qui nous ont arrachés notre terrain mais aussi le deuxième qui est en cours d’être pris par ces mêmes policiers que notre feu père a laissé pour sa famille », renseigne Saad Bouh Yahya Ould  Weib, un membre de la famille.

A l’en croire, c’est deux colonels de l’armée mauritanienne en la personne de Mohamed Ghelaye et Mohamed Ould Hadi qui auraient donné des instructions  pour les déloger de leur maison pour y loger les siens.

Cette opération remonte le 8 octobre 2009. Il y a eu ce jour-là des altercations entre la famille Hewel Weib et les forces de l’ordre qui ont usé, comme à l’accoutumée, de la brutalité. « Nous avons été frappés par la police et maltraités à la fois, se souvient toujours Saad Bouh Yhaya Ould Weib.  Même notre maman Toundou Mint Brahim âgée de 70 ans a été sévèrement blessée. »

A la suite de ces bourrades, la maison sera saccagée sous le regard impuissant des riverains et de leurs propriétaires. En quelques minutes, la maison était devenue un champ de ruines. Les sœurs de Saad Bouh Yahya Ould Weib qui tentaient de s’interposer à tour de bras seront rudement malmenées par les policiers.

« C’est à partir de ce même jour que le commissaire de Dar Naïm a ordonné à ses policiers de nous faire sortir de la maison. Ces derniers sont restés dans la maison toute la nuit jusqu’à ce que les maçons ont terminé de clôturer la maison », dit-il, hagard et confus.

Sur ordre d’un colonel, le préfet de Dar Naïm saisit à son tour le commissaire de cette moughataa pour les déloger de leur gazra qu’ils occupent depuis 1987. Après cette opération de démolition digne d’un film de Sylvester Stallone ou d’Arnold Schwarzenegger, on proposera à la famille de s’installer à El Khreib, vers Dar Naïm, sur une autre gazra. Ce que refusa la famille catégoriquement.

Aujourd’hui, le désarroi de cette famille est tel qu’elle a demandé à Mohamed Ould Abdel Aziz de venir rapidement à son secours afin qu’elle puisse reprendre son terrain. Le cas de cette famille n’est que l’arbre qui cache la forêt. Selon Saad Bouh Yahya Ould Weib, d’autres familles ont été victimes de l’abus de pouvoir des colonels susmentionnés.

Babacar Baye NDIAYE

( 8 septembre, 2010 )

Après deux jours passés dans le coma, Le jeune Ramdane Ould Mohamed, âgé de 21 ans, s’est éteint

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Le jeune Ramdane Ould Mohamed, après avoir passé deux jours dans le coma, s’est éteint, à l’âge de 21 ans, dimanche matin, au Centre Hospitalier National (C.h.n.) de Nouakchott, a-t-on appris de source proche de la famille.

Pour rappel, ce jeune homme avait reçu une balle entre le nez et la pommette gauche. Cet incident a eu lieu dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 juillet, au quartier Pk 10 arrêt 7 de Riadh, à Livrick, une boite du coin très célèbre. Cet endroit accueille souvent des soirées et des cérémonies de mariages.

Cette nuit-là, il y’avait, une cérémonie d’Oscars des Vacances organisés par l’association Fass-Diom. Devant la porte de la boite, deux policiers qui n’appartiennent pas au commissariat de la Police de Riadh assurent l’ordre. Alors qu’ils sont en dehors de leurs temps de service.

Selon les témoins Haby Bâ et Brahim Boubou Niang, tout commence par une fouille suivie d’altercation verbale et d’un accrochage entre Ramdane Ould Mohamed et l’un des policiers. Le second policier intervient et donne des coups de gifle et de poings. La foule tente d’intervenir, puis subitement, on entend un coup de feu lâché par l’un des policiers.

Soudainement, Ramdane Ould Mohamed s’écroule. « Je l’ai trouvé gisant sur le sol. J’ai cru qu’il était mort. J’ai tâté son cœur. Je me suis rendu compte qu’il était encore en vie », raconte El Hadj Niang, un de ses amis.

Aussitôt, des éléments de la Garde Nationale, présents sur les lieux, le transportent, dans leur pick up. Direction : le Centre Hospitalier National de Nouakchott où il sera admis au Bloc Réanimation Polyvalente. Quelques heures plus tard, on annonce que les deux policiers sont arrêtés et gardés à vue à la Brigade Anti-drogue sis à Tévragh-Zéina.

On apprendra, aussi, que le brigadier en chef du commissariat de Police de Riadh est arrêté pour avoir accordé une pseudo-autorisation, à l’insu du commissaire de Police qui a dégagé sa responsabilité dans cette affaire, aux organisateurs de la cérémonie des Oscars des Vacances qui ont été, à leur tour également, appréhendés.

Au matin du vendredi, au bloc opératoire, l’ambiance était lourde et triste. Amis et parents étaient tous là. Chacun priait pour que Ramdane Ould Mohamed se tire d’affaire. L’un d’entre eux ne put s’empêcher d’extérioriser sa colère et d’interpeller le Président de la République.

« Si, on pouvait voir le Président de la République, on allait le faire pour lui dire de prendre des mesures fermes au sujet des bavures policières. Sinon, ça risque de ternir l’image de son pouvoir. Pourquoi, les gens ont vomi Mâaouiya, c’est à cause de la Police. Une, deux, les policiers giflent les gens. Ils frappent. Ils bastonnent. Ils maltraitent. Ils ont la gâchette facile et se comportent de manière irresponsable. Dans les marchés, ils ridiculisent les femmes, renversent leurs bagages. Ils ne sont là pour personne ni pour l’Etat. Ils sont là juste pour leurs poches », affirme Mohamed Ould Boilil, grand-père de Ramdane Ould Mohamed dans un accès de colère.

Ce qui intrigue, aussi, ce vieux d’une soixante dizaine d’années, c’est de voir le pays replonger en arrière à cause de l’impunité et de l’inertie de la justice. « A chaque fois qu’un policier commette une bêtise, on cherche un argument. On dit que la victime était droguée ou était en état d’ivresse », s’indigne ce vieux.

Vers les coups de midi, Ramdane Ould Mohamed est admis au bloc opératoire. Une heure plus tard, on annonce qu’il sera impossible de l’opérer car sa tension a fortement chuté et a perdu beaucoup de sang. Le voilà qui est à nouveau réadmis au Bloc Réanimation Polyvalente car sa situation semble très critique. « On ne va pas laisser cette affaire comme ça. On va porter plainte », confie un membre de la famille du jeune homme.

Le lendemain, samedi, la situation de Ramdane Ould Mohamed ne s’est guère améliorée. Les supérieurs de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (D.g.s.n.) mise au parfum de cette affaire sont là. Ils promettent de s’occuper du cas de Ramdane Ould Mohamed en assurant les frais d’hospitalisation.

Dimanche matin, après deux jours passés dans le coma, le jeune Ramdane Ould Mohamed rend l’âme, à l’âge de 21 ans. Selon une source policière, le jeune policier qui a été, à l’origine du coup de feu qui coûtera plus tard la vie de Ramdane Ould Mohamed, est actuellement gardé à vue à la deuxième compagnie de la Brigade de Police qui se trouve sur la route de l’aéroport.

Le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation Mohamed Ould Boilil s’est rendu au domicile de la famille de la victime pour présenter ses condoléances. Reste maintenant à savoir quel sort sera-t-il réservé au jeune policier ?

Babacar Baye NDIAYE

( 5 septembre, 2010 )

Affaire Hanna Mint Mariye : S.O.S. Esclaves résolu à renvoyer l’affaire devant le juge d’instruction

C’est désormais chose faite. Le procureur de la République du tribunal départemental de Teyarett vient de remettre, par une décision judiciaire, Hanna Mint Mariye à ses maîtres. Une telle décision a été aussitôt contestée par Boubacar Messaoud, président de S.O.S. Esclaves, au cours d’une conférence de presse organisée le 23 mai, dans les locaux du Fonadh.

Le sort de Hanna Mint Mariye, une fillette de 11 ans victime de travail servile, préoccupe davantage S.O.S. Esclaves. Ce cas continue de mobiliser cette organisation abolitionniste qui a tiré, au cours de cette conférence de presse, la sonnette d’alarme devant  la récurrence des pratiques esclavagistes en Mauritanie nonobstant la loi  n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

« Je tiens à vous sensibiliser sur la question du traitement de l’esclavage pour l’application juste et réelle de la loi. Si on n’applique pas la loi, on ne laisse rien aux militants et activistes que le choix d’aller à des extrémités que nous ne voulons pas », adresse-t-il aux journalistes.

Le président de S.O.S. Esclaves Boubacar Messaoud n’a pas non plus manqué de mettre en exergue l’attitude des autorités notamment policières dans l’affaire Hanna Mint Mariye. Il lâche furieux : « On blanchit les crimes dans les commissariats ».

D’après S.O.S. Esclaves, Hanna Mint Mariye a été remise à ses maîtres par le Procureur de la République sans la signature d’un procès verbal de l’enquête qui a été menée à son sujet pour déterminer ou non s’il s’agit bel et bien d’un cas d’esclavage. « On ne devait pas voir l’enfant. On ne devait pas non plus voir sa maîtresse. On ne devait pas voir quelqu’un d’autre tant que le procès verbal n’a pas été signé. C’est ce qui n’est pas normal et cela n’a pas été fait », dénonce-t-il.

Lui emboîtant le pas, Me Fatimata Mbaye a laissé entendre que le parquet n’a pas suffisamment approfondi l’affaire Hanna Mint Mariye pour pouvoir s’édifier réellement  sur cette situation.

Par ailleurs, toujours, selon Me Fatimata Mbaye, le parquet est passé outre mesure le  procès verbal transmis au tribunal par la Brigade des Mineurs qui a conclu au sujet Hanna Mint Mariye qu’il y avait « exploitation de mineur et refus d’accès à l’éducation ». « Le parquet devrait, ne serait-ce que par la qualification qui a été retenue par la brigade des mineurs, approfondir l’enquête.

Ces deux faits sont punissables par le code de protection pénale. En aucun cas, le parquet ne devait pas classer le dossier », dit-elle tout en laissant entendre que l’affaire Hanna Mint Mariye peut être poursuivie devant les juridictions.

S.O.S. Esclaves ne compte pas baisser les bras  dans l’affaire Hanna Mint Mariye. D’ailleurs, Me Fatimata Mbaye a révélé qu’elle va poursuivre  la procédure qui a été retenue par la brigade des mineurs et renvoyer le dossier devant le juge d’instruction du 4ième cabinet chargé des mineurs.

 » Le parquet ne peut pas classer un dossier quand il s’agit d’une exploitation de mineur sans demander un complément d’information. Le parquet aurait pu demander un complément d’information mais il ne l’a pas fait. Il l’a tout simplement classé pour « insuffisances de preuves ». Ce que nous ne comprenons pas », commente-t-elle.

Pour Me Fatimata Mbaye, tout un faisceau de faits (non accès à l’éducation, corvées domestiques…) concorde à dire que Toumène Mint Ahmedou Ould Dhunureiny exploitait Hanna Mint Mariye âgée seulement de 11 ans. Elle est formelle : « . C’est une infraction. La juridiction mauritanienne ne peut se débiner devant un cas pareil ». 

A en croire le président de S.O.S. Esclaves, la Mauritanie est actuellement assisse sur  une poudrière. Toutefois, il demeure optimiste : « Les mauritaniens peuvent tout régler par le dialogue et la concertation et que ce problème-là (affaire Hanna Mint Mariye), ils sont capables de le régler et s’ils le règlent, cela va cimenter leur unité. Par contre, on ne peut pas continuer à manipuler les gens et à se moquer d’eux sans qu’un jour l’un d’entre eux réagisse ».

« Nous, militants des droits de l’Homme et descendants d’esclaves, nous sommes choqués. Nous sommes frustrés. Nous sommes insultés », confie Boubacar Messaoud. A ceux qui déclarent qu’ils n’ont aucune preuve qui témoigne que Hanna Mint Mariye est une esclave, il lance : « Pourquoi ne nous poursuit-on pas pour dénonciation calomnieuse si cette fille n’est pas une esclave ? », s’interroge-t-il.

Babacar Baye Ndiaye

 

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