( 16 janvier, 2011 )

Entretien exclusif avec Ahmed Hamza Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott: « A un an du terme de mon mandat, je puis vous confirmer ma décision de ne pas rempiler »

En marge du meeting de la COD notre reporter a tendu son micro à M. Ahmed Hamza, président de la CUN pour recueillir ses impressions.

Le Quotidien de Nouakchott : Selon des observateurs, vous passiez par hasard quand vous avez aperçu des élus debout sur la place. Vous avez décidé alors de rejoindre le meeting, habillé en costume pendant que tout le monde était en boubou, donc préparés pour le meeting. En fait vous êtes arrivé bien après que le meeting ait débuté et vous en êtes reparti avant la fin. Qu’en est-il ?

Ahmed Ould Hamza : Généralement je ne perds pas mon temps pour répondre à ce genre de radotage. Toujours est-il que j’ai quitté mon bureau vers 18 heures 40.

En effet mon devoir est de consacrer toute mon énergie à servir mes concitoyens, et comme j’avais encore un peu de temps, je suis allé au meeting. Effectivement j’étais le seul qui n’était pas en habit traditionnel. Tout simplement parce que je suis venu directement sans prendre le temps de passer chez moi pour me changer. Mais le plus important est que j’ai assisté à l’essentiel des interventions.

L’on a remarqué que vous étiez debout et le président Messoud Ould Boulkheir vous a proposé son siège ?

C’est vrai, et je lui en saurai gré. Vous aurez aussi remarqué mon refus de l’honneur qu’il me faisait ainsi. Même si je trouve le geste amical et courtois, je ne peux pas admettre que le président de l’Assemblée nationale et de surcroît, ancien candidat à la magistrature suprême, cède sa place au Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott. Toutefois, je reconnais que le geste était touchant et plein de sens.

Ceci dit, Il n’en demeure pas moins que l’organisation de notre meeting n’était pas au point, les organisateurs n’ayant prévu que dix sièges sur l’estrade. C’est pourquoi, à l’instar de tous ceux qui ne sont pas chef de partis membres de la COD, je suis resté debout. C’est d’ailleurs ce qui explique, qu’étant fatigué, je n’ai pu rester jusqu’à la fin. L’essentiel pour moi était de marquer par ma présence, ma qualité de militant.

Quelle évaluation faites-vous de ce meeting par rapport à celui organisé la veille par la Coalition des Partis de la Majorité Présidentielle ainsi que de votre appréciation des contenus des discours ?

Autant le meeting de la majorité m’a semblé réussi avec une affluence importante et diversifiée, autant celui de l’opposition m’a déçu par la foule très clairsemée que nous avons réussi à drainer. Cela est d’autant plus étonnant que normalement la conjoncture politique et économique se prête à la contestation. Sur le plan des thématiques abordées, je dois vous avouer que mis à part les termes et expressions malséantes, je me suis reconnu dans ce discours qui, par son ton et son contenu, rappelle étrangement celui de l’opposition.

Ainsi on a vu certains leaders de la Majorité, dénoncer la hausse des prix et enjoindre le gouvernement de prendre les mesures idoines en vue de la juguler. Jusqu’ici nous étions plutôt habitués à une Majorité qui acceptait tout, justifiait tout et ne critiquait jamais. Je dois aussi vous avouer que de notre côté, j’ai surtout été impressionné par le discours de Messoud Ould Boulkheir d’une haute portée politique laissant la porte ouverte au dialogue.

Justement en parlant de dialogue et de ses perspectives, quelle est votre position sur la question ?

Qu’on le veuille ou non, sur plusieurs plans, le discours du président Mohamed Ould Abdel Aziz, rejoint celui développé par l’opposition durant de longues années. Incontestablement il est plus proche de l’opposition que de la majorité actuelle. Rien ne doit empêcher une ouverture vers l’opposition. J’ai toujours dit que nous avions besoin d’une scène politique apaisée et que le pouvoir devait s’ouvrir et ne pas considérer ses opposants comme des ennemis, mais comme des adversaires.

Il y a des points sur lesquels il doit y avoir un consensus national, cela n’empêche pas à tout un chacun de garder ses propres spécificités ou différences. Au lieu de perdre notre temps dans des querelles stériles, nous devons tous, chacun dans sa position, unir nos efforts pour la construction de notre pays. C’est en tout cas ma conviction profonde et je ne ménagerai aucun effort pour qu’elle prévale.

Pourtant, autant que nous sachions, vous avez vous même des problèmes avec le pouvoir ou tout au moins avec des pans importants de l’Administration ?

Je vous le confirme ; mais je tiens à préciser que je ne m’oppose pas pour le plaisir de m’opposer. J’ai toujours eu une attitude constructive et le seul problème que j’ai, c’est celui de la défense de mes compétences et de mon statut d’élu local, représentant les citoyens de notre plus grande agglomération et qui se trouve être notre capital politique et économique. Mon combat est donc uniquement pour la décentralisation, car mon intime conviction est qu’il ne peut y avoir de développement sans la décentralisation et le libéralisme commercial.

Un dernier mot ?

Bientôt je serais à la fin de mon mandat et le seul souhait que j’ai, c’est de pouvoir travailler en harmonie avec les pouvoirs publics pour le bien être de nos concitoyens et de notre ville, pour pouvoir dépenser cette année à bon escient, les milliards d’économie que nous avons pu faire, pour le plus grand bien de notre ville et ce avant qu’ils ne subissent le sort qui lui était réservé avant nous.

A vous entendre vous ne serez pas là pour un second mandat ?

Non ! Et non ! Plus jamais on ne m’y reprendra. A un an du terme de mon mandat, je puis vous confirmer ma décision de ne pas rempiler.

Propos recueillis par BC

( 16 janvier, 2011 )

Ladji Traoré à coeur ouvert au Rénovateur Quotidien

Ladji Traoré est le secrétaire général de l’Alliance populaire progressiste, il répond aux questions du Rénovateur Quotidien.

Le Rénovateur Quotidien : Selon Samory , Monsieur Messaoud Ould Boulkheïr a laissé entendre qu’il a « une nouvelle vision qui est celle de jouer un autre rôle de dimension nationale tel que la lutte contre le terrorisme, les anti-arabismes et les antiesclavagistes qu’il considère comme des extrémistes et des sectaires. Info ou intox ?

L .T : Pour tous ceux qui sont sur le champ de la lutte pour la démocratie et contre l’esclavage, monsieur Messaoud Ould Boulkheïr n’a pas varié de vision et l’affaire du cas d’esclavage avéré découvert et dénoncé par les militants de l’APP, de l’IRA, de S.O.S esclaves et du Flère est d’une actualité brûlante et dans laquelle le président Messaoud ne ménage aucun effort pour couper court aux tentatives d’amalgames et faire libérer les militants anti-esclavagistes emprisonnés est suffisamment éloquent pour couper court à toutes les balivernes à ce sujet.

Depuis la crise ouverte par le coup d’Etat du 8 août 2008 et la lutte acharnée qui est menée pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays, aux yeux de ses amis et même ses adversaires Messaoud Ould Boulkheïr a pris la dimension d’un grand patriote dont la vision ne cesse de s’affirmer.

Il s’est porté de même aux premiers rangs des manifestations populaires historiques contre l’AQMI dès 2007, à travers les rues de Nouakchott. Il est possible que pour certains esprits sectaires, la lutte contre l’esclavage est antinomique d’un combat global pour la démocratie, la justice pour tous, l’unité et la sécurité nationales.

Le Rénovateur Quotidien : Certains militants de l’A.P.P soutiennent qu’une main invisible cherche à déstabiliser le parti de l’intérieur. La direction de l’Alliance populaire progressiste a-t-elle le sentiment que Samory agit sous l’influence du pouvoir ?

L .T : Devant la persistance et même l’acharnement de monsieur Samory Ould Beye dans ce qu’il convient d’appeler sa campagne de sape du parti et de dénigrement de son président monsieur Messaoud Ould Boulkheïr combattant patriote, rassembleur et intransigeant, farouchement attaché à la paix et à l’unité nationale, les mouvements des femmes et des jeunes ont rendu public des communiqués de presse pour dénoncer les conceptions erronées de monsieur Samory Ould Beye, des responsables de haut rang dont un secrétaire général adjoint ont donné des interviews dans des journaux en ligne et en langue arabe, en ma qualité de secrétaire général du parti j’ai demandé à monsieur Samory Ould Beye de venir s’entretenir avec moi en présence de membres du bureau exécutif.

Je lui ai dit combien ses idées étaient erronées et en contradiction avec le programme politique du parti et sa stratégie pour sortir notre pays de la crise consécutive au coup d’Etat. Je lui disais ma disponibilité d’écouter des suggestions éventuelles pour une meilleure conduite de l’action du parti. Devant son entêtement le parti a choisi un large débat interne et une campagne de pédagogie politique plutôt qu’une mesure disciplinaire et administrative toujours plus faciles et peut-être pas toujours efficaces.

L’avenir dira en définitive est-ce pour des raisons de limitation politique et idéologique que monsieur Samory agit ou pour une volonté de positionnement à des fins de recherche de leadership politique ou pour d’autres motivations ou instigations inavouées ou la connivence de toutes ces motivations.

Le Rénovateur Quotidien : Que va-t-il se passer ? Samory va-t-il être exclu du parti après les déclarations publiées sur les colonnes du Quotidien de Nouakchott ?

L.T : Il n’appartient pas à ce stade du large débat interne qui est mené dans les instances de base du parti de répondre à cette question. Seules les instances supérieures compétentes du parti tireront les conclusions de ce débat, et le moment venu, prendront des décisions ultimes en conformité avec l’intérêt supérieur du parti, ses orientations fondamentales et ses dispositions statutaires.

Le Rénovateur Quotidien : On a vu monsieur Mohamed Jemil Mansour se lever contre la commission mise en place pour la réforme de l’état civil, parce que celle-ci dans sa composition ne reflète pas le multiculturalisme mauritanien. Que vous inspire de cette reforme ?

L.T : La révision de l’état civil telle qu’envisagée par le régime en place suscite partout inquiétude et soulève même un tollé général tant au niveau de la classe politique que dans la société civile. En effet en raison de ces incidences économiques sociales, politiques, électorales, et vu les antécédents négatifs de notre état civil actuel, APP accorde la plus haute importance à la question.

Par le passé nous avons souligné le caractère incomplet et bâclé des recensements qui excluaient beaucoup de citoyens, avec peu d’importance accordée à l’orthographe des patronymes des différentes communautés notamment des négro-africains, le bas niveau culturel et technique des personnels impliqués dans le travail, leur méconnaissance notoire des noms et prénoms les plus usuels autant de problèmes qui suscitent à nouveau de graves inquiétudes.

En outre la démarche purement sécuritaire avancée est loin d’être convaincante et cache peut-être des velléités de négation de la nationalité de certaines composantes.

Il y a lieu de se prémunir davantage d’ouverture en associant des cadres de toutes les composantes nationales à ce travail particulièrement sensible si l’on veut aboutir à des résultats transparents pouvant servir de base de données à toutes les utilisations ultérieures concernant les populations tant citadines que rurales, et servirent de base pour des listes électorales ouvertes à tous.

Le Rénovateur Quotidien : Le foncier est au cœur du débat politique depuis quelques temps. Que pensez-vous de « concessions » attribuées aux hommes d’affaires dans certaines zones rurales du pays ?

L.T : La question foncière est un problème fondamental dans n’importe quel pays et régime socio-économique. Elle est essentielle dans notre pays compte tenu du contexte environnemental de désertisation, de raréfaction des ressources naturelles : sols, espèces animales, couvert végétal, ressources en eaux de surface et de nappes phréatiques et surtout en raison de son incidence sociale par rapport à toute véritable politique de développement durable de justice sociale.

En effet l’ordonnance 83 127 du 5 juin 1983 portant organisation foncière visait avant d’être détournée de ses objectifs au détriment de ceux qui tirent leurs ressources de la terre, au profit de certains hommes d’affaires et officiers supérieurs absentéistes du secteur rural, à la libération des éléments dépourvus et opprimés des collectivités tribales et villageoises.

Le nouveau danger qui menace le monde rural actuellement en Afrique et singulièrement les paysans mauritaniens c’est la ruée de fonds vautours étrangers qui cherchent à s’investir à des fins spéculatives dans les terres agricoles, c’est l’opération « Land grabbling » sans la recherche d’une quelconque autosuffisance alimentaire.

La seule politique nationale qui vaille c’est l’accès des paysans à la terre, et l’appui de l’Etat pour les moyens de sa mise en valeur, financière, matérielle et technique, seule condition pour éradiquer la misère de la campagne, et mettre fin à l’exode rural vers les centres urbains, assurer l’autosuffisance et la sécurité alimentaires durables et préserver des superficies pour les générations futures. Tout le reste illustre l’absence totale de vision à long terme du régime actuel et sa politique d’improvisation dans tous les domaines.

Le Rénovateur Quotidien : Alors qu’il portait plainte contre un cas présumé d’esclavage, Birane est allé en prison, si bien que d’aucuns soutiennent que la Mauritanie sous la présidence issue de la « rectification du 6 août 2008 » a fait un pas en arrière en matière des droits de l’homme. Partagez-vous cet avis ?

L.T : Les péripéties aux allures surréalistes du cas d’esclavage révélé et dénoncé à Fellouja, quartier périphérique de la commune d’Arafat, par des militants anti-esclavagiste de d’APP, d’IRA, de S.O.S esclaves et du Flère, ne surprennent en définitive que ceux qui sont étrangers au combat complexe contre le phénomène bien enraciné et pernicieux de l’esclavage dans notre pays dans ses différentes composantes nationales et des complicités qu’il trouve au sein des forces de police, de l’administration jusqu’y compris la justice.

Les militants de APP eux y sont bien habitués pour avoir été emprisonnés déjà en 2005, dans un cas similaire révélé à Mederdra. Il est donc temps de marquer une rupture radicale avec toutes les formes d’hypocrisie et de manipulation relatives à l’esclavage et aux pratiques qui lui sont liées.

Ce rôle essentiel incombe à cet égard à l’Etat et à ses différents organes pour une application ferme de la loi n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant toutes les pratiques esclavagistes et il est temps de prendre des arrêtés subséquents pour donner toute l’effectivité à cette loi et prendre des mesures spécifiques plus concrètes au-delà du discours général ambiant de lutte contre la pauvreté et l’esclavage.

Le Rénovateur Quotidien : Selon des indiscrétions le leader de l’APP, monsieur Messaoud Ould Boulkheïr aurait été reçu en audience, récemment, par le président Ould Abdel Aziz , quels sont les sujets qu’ils ont aborde ? Est-ce que le président de l’A.P.P en a profité pour plaider en faveur de Birane Ould Dah Abeïd et ses compagnons de l’IRA ?

L.T : Dès le début de cette affaire, le président Messaoud Ould Boulkheïr s’est impliqué personnellement allant jusqu’à contacter les plus hautes autorités du pays pour demander d’éclaicir totalement cette affaire d’esclavage, dépasser les effets collatéraux et libérer immédiatement les militants anti-esclavagistes,du reste tout le monde se souvient deux jours après cette audience de son discours de clôture de la première session parlementaire dans lequel il est revenu sur ce sujet.

Pour le reste de votre question monsieur Messaoud à ce niveau a dû certainement débattre avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz d’autres sujets d’intérêt national dont je n’ai aucune idée.

Propos recueillis par Samba Camara

( 16 janvier, 2011 )

Meeting de la Coordination de l’Opposition Démocratique à la Capitale

Les leaders de la Coordination de l’Opposition Démocratique (C.o.d.) ont appelé jeudi, lors d’un meeting populaire qui a réuni des milliers de personnes, Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement dirigé par Moulaye Ould Mohamed Laghdaf à mettre un terme à la paupérisation et à la gabegie.

S’exprimant le premier lors de ce meeting, Messaoud Ould Boulkheir a dénoncé la montée des prix et le chômage. Le Président de l’Assemblée Nationale s’est également prononcé sur le sort des rapatriés restés encore au Sénégal et Mali.

Lui succédant sur la tribune, Ahmed Ould Daddah a abondé dans le même sens que Messaoud Ould Boulkheir en dénonçant le chômage qui frappe la jeunesse mauritanienne et les marchés de gré à gré qui, selon lui, ont connu une forte hausse. Par rapport à la cherté de la vie, le président du Rassemblement des Forces Démocratiques a regretté le fait que le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf n’ait rien fait pour amortir le prix des denrées de premières nécessités.

Puis, c’était au tour de Bâ Mamadou Alassane, président du Parti pour la Liberté, la Justice et l’Egalité d’emboucher la trompette en fustigeant les expropriations foncières dont sont victimes les populations de la vallée du fleuve Sénégal et l’arrêt du processus de rapatriement des réfugiés mauritaniens installés au Sénégal.

Le président d’El Wiam, Boidiel Ould Houmeid, a révélé, au sujet de l’augmentation des denrées de premières nécessités, que cela s’expliquerait par la volonté des commerçants qui avaient financé la campagne présidentielle de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il a indiqué, à l’heure actuelle, sur un ton ironique, que même les seringues et les sparadraps ne sont plus à la portée des citoyens. Manière pour lui de s’élever contre la privatisation des soins de santé.

Au sujet de la gabegie, Ahmed Ould Sidi Baba a soutenu que les vrais prévaricateurs, se trouvent dans le camp de ceux qui incarnent aujourd’hui le pouvoir, s’inscrivant ainsi en faux contre les allégations de la Coalition des Partis de la Majorité (CPM) qui affirme que l’opposition est composée de Moufcidines.

Le président du l’Union des Forces de Progrès, Mohamed Ould Maouloud a appelé les pouvoirs publics à libérer immédiatement Birame Ould Dah Ould Abeid et ses amis condamnés à six mois de prison ferme par la justice. Il a déclaré qu’il est temps que Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement apporte des réponses claires et rapides aux problèmes que rencontrent les mauritaniens. Cela, a-t-il expliqué, pour éviter à la Mauritanie ce qui se passe actuellement en Tunisie depuis quelques semaines. Le président de l’Union des Forces de Progrès s’est enfin interrogé sur l’utilisation des 50 millions de dollars donnés par l’Arabie Saoudite à la Mauritanie.

Quant à Mahfoudh Ould Bettah a regretté, lui, que l’armée ne soit plus une armée républicaine.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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( 16 janvier, 2011 )

La CPM passe en revue les réalisations du gouvernement lors d’un meeting populaire

La Coalition des Partis de la Majorité (C.p.m.) a organisé un meeting populaire ce 12 janvier à la grande place située au sud de l’institut Iqraa situé à coté de la centrale électrique de la Moughataa de Arafat sur la route Nouakchott- Rosso.

Ont pris la parole : Mohamed Yahya Ould Horma (1er vice-président de l’Union pour la République), Mintata Mint Hedeyd (S.G. du Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau), Kane Hamidou Baba (Président du Mouvement pour la Réforme), Oumar Ould Maatalla (Ministre délégué auprès du Ministre d’Etat à l’Education Nationale chargé de l’Enseignement Secondaire), Matty Mint Hamady (Ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration) et Ousmane Bâ (S.G. du gouvernement).

Tour a tour, ces leaders politiques, devant plusieurs milliers de personnes, ont fait le bilan des réalisations (infrastructures de base, lutte contre la gabegie et la corruption, amélioration des conditions de vie des populations) de Mohamed Ould Abdel Aziz et du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf présent à ce meeting ainsi qu’abordé les questions de l’heure sur le plan politique, social et économique, ainsi que les perspectives de l’action politique de la coalition des partis de la majorité présidentielle pour l’année courante.

La Coalition des Partis de la Majorité ont demandé au gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf de subventionner les denrées de premières nécessités pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens afin d’éviter ce qui s’est passé récemment en Algérie.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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( 22 septembre, 2010 )

Messaoud Ould Boulkheir : « Je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent semer le trouble au sein de l’APP et qui qu’il soit »

messaoudouldboulkheir1.jpgMessaoud Ould Boulkheir a montré qu’il est la seule constante au sein de l’Alliance Progressiste Populaire, qu’il reste et restera le chef incontesté voire incontournable de ce parti, le choix de la base des militants, l’incarnation des principes et objectifs du parti.

Autant de faits qui l’ont fait sortir, en vrai patron de parti, de ses gonds pour mettre en garde ceux qui voudraient annihiler l’Alliance Populaire Progressiste.

Il en a fait la démonstration de force, à l’occasion des journées de réflexion du parti qui ont eu lieu du 24 au 26 décembre 2009, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Devant plus de 400 cadres, Messaoud Ould Boulkheir a voulu sonner la fin de la récréation au sein de son parti.

La fin de la récréation

« Nous n’accepterons [plus que] des idées telles que répandues par les semeurs de doute, les pêcheurs en eaux troubles qui, malheureusement, existent dans ce parti et qui n’ont jamais cessé de critiquer pour critiquer tout simplement parce qu’ils ne se voient pas au devant de la scène s’agissant de l’APP. Et, là, où ils ne se voient pas au devant de la scène, c’est le chaos et on mobilise les gens, on fait ces petits groupes de pressions à Nouakchott ou ailleurs. On essaie de semer le doute et la zizanie voulant être la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », a-t-il indiqué.

Pour Messaoud Ould Boulkheir, cette situation n’a que trop duré. Et, il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre en garde ceux qu’il nomme « les chasseurs de prestige », « les pêcheurs en eaux troubles », « les chasseurs de leadership »…soupçonnés de vouloir comploter contre l’APP et du coup de le fragiliser.

« J’ai tu beaucoup de contradictions. J’ai évité de parler de beaucoup de choses  qui existent et qui sont là avec des preuves pensant bien faire, pensant sauvegarder l’unité du parti mais je crois que les gens ont interprété cela très mal », dit-il.

Et, d’ajouter sur un ton d’énervement : « Ils croient que c’est par supplice que je me suis tu ou que je n’ai pas voulu étaler au devant de la scène nos problèmes internes ou que je ne le pourrais pas. Je le peux parce que tout monde sait qu’en Mauritanie et ailleurs, Messaoud Ould Boulkheir n’a peur de rien ! ».

Dans ce discours, le pouvoir, à qui on prête l’intention de vouloir phagocyter l’Alliance Progressiste Populaire, (APP) est également indexé de manière déguisée.

« APP est l’un des partis qui dérangent le plus le pouvoir en place et donc les conspirations du pouvoir visent le parti.APP est vaccinée contre tout cela mais il n’en demeurerait pas moins qu’il était très utile de faire la mise au point, d’attirer l’attention des militants et de les mettre en garde contre les semeurs de trouble qui pourraient venir d’autres côtés pour essayer de déstabiliser le part », explique Ahmed Samba Ould Abdallahi, président du mouvement des Jeunes de l’APP.

« APP n’est pas le parti des Harratines ni d’El Hor »

Par rapport à cette question, Messaoud Ould Boulkheir s’est voulu être très clair et partant prendre le contrepied de ceux qui considèrent que l’Alliance Populaire Progressiste doit rester le parti des Harratines ou d’El Hor.

« Je dis haut et fort que ma patience a pris fin, a-t-il déclaré. Je n’ai plus de patience et je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent souiller notre parti, à ceux qui veulent semer le trouble dans ce parti et qui qu’il soit ».

Ce discours de Messaoud Ould Boulkheir a surpris plus d’un. Et, selon Ladji Traoré, le secrétaire général du parti, l’Alliance Populaire Progressiste ne peut plus se permettre qu’El Hor constitue l’ossature qui doit diriger, comme le soutiennent certains membres fondateurs de ce mouvement, que les leaders naturels du parti soient issus de leur rang (El Hor, Ndlr). « C’est un point de vue dépassé maintenant dans notre parti », a-t-il assuré.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’Alliance Populaire Progressiste l’a bien compris, qu’en réunissant le maximum de force, elle pourrait avoir la chance de devenir un parti majoritaire. Pour ce faire, elle devra se départir, comme l’a expliqué Ladji Traoré, de son particularisme ethnique, social et identitaire.

Babacar Baye Ndiaye

( 5 septembre, 2010 )

A moins de 4 jours de la campagne présidentielle : Le Fndd et le Rfd reprennent le combat de la rue

Le Fndd et le Rfd ont organisé, ce lundi 18 mai, une grande marche pour, disent-ils, sauver la Mauritanie des conséquences néfastes de l’agenda unilatéral du régime militaire issu du coup d’Etat du 6 août 2008.

Ainsi, des milliers de personnes, hommes, femmes et principalement des jeunes, tous opposés au coup d’Etat, ont à nouveau investi les artères de la capitale. A moins de 4 jours du début de la campagne présidentielle, la pression du côté du Fndd et du Rfd semble ne pas faiblir. Cette marche intervient en pleine médiation sénégalaise qui en est à son ultime round…

« Les mauritaniens se dresseront contre Mohamed Ould Abdel Aziz pour faire échouer le coup d’Etat du 6 août 2008. On n’acceptera pas non plus les élections du 6 juin prochain », a déclaré le président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkhéir. « On est déterminé à aller au bout de notre objectif qui est celui de faire échouer l’agenda unilatéral du général », a-t-il poursuivi.

En outre, Messaoud Ould Boulkhéir a vigoureusement fustigé l’attitude des parlementaires de la majorité parlementaire qu’il accuse de torpiller tout processus de dialogue visant à dénouer la crise politique actuelle. D’ailleurs, il les a qualifiés d’hypocrites à la solde de Mohamed Ould Abdel Aziz. « C’est des gens sans conviction », dit-il.

« Non au coup d’Etat ! Non au coup d’Etat », a martelé Ahmed Ould Daddah, au cours de son intervention. « Non ! Non ! Non à l’agenda unilatéral de Mohamed Ould Abdel Aziz », dénonce-t-il.

Quant à Mohamed Ould Maouloud, il a fait part de son inquiétude, face à l’obstination de Mohamed Ould Abdel Aziz, que la Mauritanie s’enlise davantage dans l’isolement international. « Mohamed Ould Abdel Aziz est en train de nous mener vers le chaos », dit-il. « Ce qu’il est en train de nous proposer n’est rien d’autre que des élections à trouble, à problème. Nous n’en voulons pas de ces élections », a-t-il conclu.

Cette imposante marche des forces anti putsch intervient à un moment ultime de la médiation sénégalaise qui suit son bonhomme de chemin.

Les derniers développements de cette valse diplomatique dirigée de mains de maître par le ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tijane Gadio, poussent de plus en plus à l’optimisme si on s’en réfère aux déclarations du haut responsable sénégalais qui était de nouveau à Nouakchott hier et qui est attendu aujourd’hui en même temps que le président Abdoulaye Wade.

Dès lors, pourquoi le Fndd et le Rfd qui avaient suspendu provisoirement le calendrier de leur marche ont repris de nouveau le rythme des manifestations ? Est-ce à dire que le chemin de la réconciliation est en encore très long pour rapprocher les acteurs de la crise politique mauritanienne ?  

Babacar Baye Ndiaye

( 5 septembre, 2010 )

Présidence du Fndd : L’Ufp passe le témoin à Tawassoul

La présidence tournante du Fndd a changé de main. Après avoir  été conduite par l’Ufp, c’est au tour du parti  Tawassoul de prendre le relais pour un mois. L’événement a donné lieu à un point de presse organisé hier mercredi 20 mai 2009  dans les locaux de Tawassoul en présence des responsables du front. 

Jémil Mansour, le nouveau président du Fndd, se chargera  de continuer l’œuvre de son prédécesseur Mohamed Ould Mouloud. Il s’agit essentiellement de poursuivre le programme  portant sur le combat mené en commun par le Fndd depuis le déclenchement de la crise politique consécutive au renversement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Le programme sera axé notamment sur la mise en place d’une permanence confiée à Moussa Fall qui travaillera en collaboration avec des commissions comprenant tous les représentants des partis regroupés au sein du front  dans le cadre d’un plan d’action suivi .

Le deuxième axe porte sur l’harmonisation des positions du front dans toutes les décisions prises par le Fndd dont désormais le RFD est partie prenante. Le troisième aspect du programme se rapporte au renoncement aux préalables à tout dialogue politique qui étaient jusque-là adoptés par le front depuis l’avènement de la crise. Le dernier axe est le maintien du rejet du calendrier unilatéral fixé par le camp des putschistes.    

Le président de l’Ufp a enfin appelé les pouvoirs publics, en vue de sortir de la crise actuelle d’entamer de nouvelles discussions, de suspendre la campagne électorale et la libération des détenus prisonniers politiques du Fndd, deux conditions que le front pose avant tout dialogue.

Pour lui, c’est la seule possibilité de pouvoir sortir de la crise. « Nous sommes déterminés à faire réussir toute médiation visant à sortir la Mauritanie de cette crise », a-t-il déclaré tout en laissant entendre que les portes du dialogue ne sont point closes.

Les leaders du Front National pour la Défense de la Démocratie n’ont pas manqué non plus de saluer la bravoure des femmes du Fndd qui ont organisé des marches de protestation, des sit-in, des nuits blanches dans le but d’exprimer leur désapprobation au sujet de l’agenda unilatéral que veut leur imposer Mohamed Ould Abdel Aziz

Babacar Baye N’Diaye

( 2 septembre, 2010 )

Birame Ould Dah Ould Abeid : « Le gouvernement français fera échec de manière volontaire à toute action judiciaire visant la mise au banc des accusés les coupables de crimes de pouvoir en Mauritanie »

birame1.jpgDans une interview accordée au site de l’Organisation contre les violations des droits humains (OCVIDH), Birame Ould Dah Ould Abeid, le président de l’Initiative de Résistance du Mouvement Abolitionniste (IRA), charge le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz  qu’il accuse de vouloir s’accaparer du pouvoir comme au temps de l’ex-dictateur Mâawiya Ould Sid’Ahmed Taya.  

Pour Birame Ould Dah Ould Abeid, entre Mohamed O. Abdel Aziz et Mâawiya O. Sid’Ahmed Taya qui traine avec lui un lourd passif dans le domaine des droits de l’Homme, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Birame O. Dah O. Abeid s’inscrit en faux contre le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il dénie toute intention de vouloir améliorer la situation des droits de l’homme en Mauritanie où persistent encore des pratiques esclavagistes, des exclusions systématiques, des discriminations, des emprisonnements arbitraires.

A ce régime, il ne reconnait la prouesse que dans une démarche de coudoiement de certaines victimes de l’épuration ethnique qui a endeuillé les populations noires de Mauritanie pendant les années de braise.

L’opposition qu’elle tient responsable du fait accompli de l’installation de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir n’a pas été épargnée non plus par les critiques du président de l’IRA-Mauritanie.

Pour lui, notre opposition ne fait pas le poids devant le renforcement de l’emprise du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz sur le pays qui s’accentue de jour en jour en s’appuyant sur certaines personnalités de marque de l’opposition. Il estime que c’est  par défaitisme et manque de confiance en elle même que l’opposition a choisi des semblants d’élections, perdues d’avances, au lieu d’une confrontation au prix lourd mais salvatrice pour la démocratie et l’État de droit.

Au sujet des plaintes pour crimes de torture ou de meurtres déposées contre certaines personnes gravitant autour de Mohamed Ould Abdel Aziz, il a indiqué que les victimes des violations des droits humains passées et celles de nos jours n’ont aucun espoir de voir la justice rendue sous ce régime qui s’appuie allègrement sur des milieux civils et militaires ayant participé activement à la tentative de génocide contre les Noirs et s’adonnent de nos jours aux pratiques esclavagistes et à de faux témoignages sur la persistance de l’esclavage.

Derrière cet échec, Birame Ould Dah Ould Abeid y voit la main invisible du gouvernement français qu’il soupçonne d’entraver « de manière volontaire à toute action judiciaire nationale ou internationale visant la mise au banc des accusés les coupables de crimes de pouvoir en Mauritanie », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Birame Ould Dah Ould Abeid n’a pas manqué de dénoncer les tentatives du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz de semer la discorde dans les rangs des victimes des déportations, de tortures, d’emprisonnements arbitraires, d’assassinats massifs…mais également au sein des associations des droits de l’Homme, des mouvements de libération et dans certains partis politiques.

« Je suis obligé de concéder que certaines victimes et certaines formations qui se sont illustrées dans cette lutte pour la reconnaissance des exactions contre les Noirs et leurs réparations sont traversées de nos jours par des tendances gagnées par le doute, le penchant au repos et à certaines sinécures que le système peut procurer en contrepartie de volte-face », a-t-il affirmé en citant à ce propos, le communiqué des FLAM, vantant les mérites des soi-disant cent jours de pouvoir du général Aziz et le refus de certains rescapés des événements de 1989-90 et 91de témoigner comme à l’accoutumée pendant la journée du 28 novembre.

En ce qui concerne la résolution du passif humanitaire, il a affirmé que toute démarche par rapport à ce problème doit impérativement obéir à la prise en compte des paramètres de l’unicité de l’action des associations et formations de défense des victimes et la fermeté sur les principes mondialement observés dans les cas d’espèces, c’est-à-dire : la vérité, la justice, les réparations et la mémorialisation.

Et, pour lui, la manière dont le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz gère ce problème s’apparente plutôt à de la poudre aux yeux (prière pour le repos des âmes des défunts, indemnisation des victimes, rapatriement des déportés…) destinée à occulter et à éviter son règlement.

A cet effet, il a suggéré aux victimes des violations des droits humains en Mauritanie et leurs assistants de mettre à l’épreuve les lois et juridictions au sein du monde libre, notamment les closes concernant la compétence universelle. « Ceci permettra à coup sur d’épingler certains coupables et, de ce fait, obtenir des jurisprudences, ou du moins maintenir la pression sur les présumés criminels », dit-il.

Babacar Baye Ndiaye

( 1 avril, 2009 )

Règlement du passif humanitaire: Le Fonadh explique les raisons de sa marginalisation par le HCE

Le débat au sujet de la résolution du passif humanitaire continue. Après la conférence de presse de l’AVOMM et de l’OCVIDH, le Fonadh a, lui aussi, organisé, ce 29 mars 2009, une conférence de presse pour, cette fois-ci, revenir sur les raisons de sa mise à l’écart du règlement du passif humanitaire par le HCE.

———————-Par Babacar Baye Ndiaye

Au cours de cette conférence de presse, le Fonadh est revenu sur les propos de Mohamed Ould Abdel Aziz au sujet du passif humanitaire tenus lors de son déplacement à Kaédi et de la manière dont il entend l’entreprendre. Mais, aussi, sur la façon, jugée unilatérale et exclusive, dont le HCE veut le traiter.

Partant de ce fait, le Fonadh a accusé les pouvoirs publics de vouloir résoudre cette question en catimini. Il les incrimine aussi de vouloir passer outre les décisions qui ont été entérinées à l’occasion des Journées Nationales de Concertation au mois de novembre 2007 sur le retour des déportés et le règlement définitif du passif humanitaire pendant le magistère de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Le Fonadh tient toujours à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les faits …

Cette organisation  continue à faire de la mise en place d’une  commission d’enquête indépendante un préalable pour le  règlement du passif humanitaire. Aussi, le Fonadh dit niet à toute solution qui ne tiendrait pas compte de cette exigence.

A ce sujet, le Fonadh persiste et signe. Pour le secrétaire général du Fonadh, la mise en place de cette commission est primordiale. « Pour qu’une telle situation ne se répète plus, il faudrait que les coupables et les bourreaux soient jugés. Quand on dit juger, on ne dit pas couper la tête car nous sommes contre la peine de mort », explique-t-il.

Au sujet des indemnités et des réparations promises par le général aux victimes lors de son déplacement à Kaédi, le Fonadh  a souligné que cela ne règle pas définitivement cette question d’autant plus que cela n’est  qu’un aspect du problème.

« Si on concentre tout sur la réparation, cela veut dire que nos martyrs sont partis pour rien », a déclaré Mamadou Sarr. « Aujourd’hui, la seule promesse que nous avons, c’est qu’on va donner de l’argent et des terrains », poursuit-il.

Le Fonadh s’est élevé contre la présence on peut plus opportuniste de certains hommes religieux utilisés  dans le règlement du passif humanitaire  « Ces marabouts là qui en parlent, où étaient-ils pendant 89-90-91 ? « , s’interroge Mamadou Sarr. « Aujourd’hui, tout le monde est prêt à venir dire que la Charria a dit ceci ou cela, constate-t-il. Nous pensions, que c’est à cette époque-là, qu’ils devaient réagir. »

La crainte, note le Fonadh, est devoir les victimes se diviser,  si cela n’a pas déjà eu lieu  et ce, en raison  de l’opacité qui entoure ce dossier vieux de presque 20 ans. Cette organisation met en garde l’actuel pouvoir  de vouloir profiter de la naïveté des victimes  pour bâcler cette question.  

Le refus de la marginalisation

Le Fonadh est revenu sur sa position au sujet de la question du passif humanitaire en réaffirmant qu’elle était sans ambiguïté. Cette organisation digère mal aussi que les pouvoirs publics les marginalisent à cause de leur position intransigeante vis-à-vis  du coup d’Etat du 6 août 2008.

« Aujourd’hui, parce que le Fonadh est opposé à la prise du pouvoir par la force, il est considéré comme une officine politique », fait remarquer  Mamadou Sarr en regrettant le que le HCE veuille « escamoter » le dossier du passif humanitaire.

Il ne partage pas non plus la démarche proposée, à Kaédi, par Mohamed Ould Abdel Aziz qui pense que la première des choses est de soulager les victimes en les indemnisant pour occulter les autres aspects de la question. « Cette façon de traiter cette question ne la règle pas. Au contraire, elle ne fait que reculer l’échéance. Ce qui est sûr, d’autres problèmes vont se poser si on ne prend pas le taureau par les cornes », a-t-il averti.

Les pouvoirs publics, poursuit-il, doivent cesser leur chantage au sujet du passif humanitaire. En plus, le Fonadh considère que la démarche exclusive entreprise par le HCE est impopulaire.

« Il faudrait que les autorités se résignent et sachent que le problème du passif humanitaire ne peut être réglé que de façon consensuelle et que tous les acteurs soient invités autour d’une table. C’est à ce moment qu’on pourra trouver une solution consensuelle s’il y a une volonté politique », rappelle-t-il.

Le Fonadh a aussi tenu à rappeler qu’il n’a jamais été associé à une quelconque démarche visant à trouver une solution au passif humanitaire. Mieux encore, il n’a jamais été informé ni contacté.

« Le Fonadh n’a jamais refusé le dialogue »

Aux yeux de Boubacar Messaoud, le règlement de la question du passif humanitaire passe par son dépassement, tout en accordant aux victimes une position prépondérante dans la recherche de solution qui exige beaucoup de temps et surtout de sérieux.

A ceux qui les accuse de ne pas avoir  droit de regard et d’implication  à ce sujet, il lance : « Nous sommes compétents pour parler de la question du passif humanitaire ».

Il a laissé entendre que le colonel Dia Adama , chargé par Mohamed Ould Abdel Aziz d’établir des contacts avec les associations nées des événements de 1989-90-91, ne les a jamais contactés au sujet du passif humanitaire.

« Si nous étions partis à Kaédi, on aurait pris la parole pour dire ce que nous n’acceptons pas dans cette affaire. C’est pour cela, on ne nous a pas appelés. Nous ne sommes pas des valises qu’on porte quand on veut partir. Nous savons que nous allons répondre de nos positions », a déclaré Boubacar Messaoud.

Lui emboîtant le pas, Sarr Mamadou a soutenu que le Fonadh n’a jamais refusé le dialogue autour de cette question. « Mais, on ne nous a jamais associés à aucune recherche de solution dans le cadre du règlement du passif humanitaire », précise-t-il sur une pointe de regret tout en laissant entendre que son organisation est disposée toujours au dialogue.

Même si le Fonadh ne reconnaît pas le régime issu du coup d’Etat du 6 août 2008, les portes du dialogue, pour autant, ne sont pas fermées. Pour autant, le Fonadh s’est voulu aussi clair par rapport à cette question.

« Aujourd’hui, nous ne reconnaissons pas le gouvernement. Mais n’empêche, pour nous, au sujet du règlement du passif humanitaire et les autres violations des droits de l’homme, que nous sommes disposés à rencontrer n’importe qui sur cette question. Il ne faut pas faire la confusion « , explique Boubacar Messaoud.

Le colonel Dia Adama, a révélé Boubacar Messaoud, aurait même tancé Me Fatimata Mbaye. Selon lui, rapporte-t-il toujours, il aurait soutenu que le Fonadh est illégitime pour parler de la question du passif humanitaire.

« Nous ne comptons pas sur eux pour régler le problème du passif humanitaire parce que nous considérons qu’ils sont incapables de les régler. Nous estimons qu’ils sont là et ce qu’ils font, nous l’observons », a éclairé Boubacar Messaoud.

Pour lui, la démarche du HCE qui les a disqualifiées dans le cadre d’une recherche de solution au sujet du passif humanitaire ne fera qu’accroître le problème. Du côté du Fonadh, on reste septique sur les chances de succès de la démarche du HCE. 

Babacar Baye NDIAYE

 

( 28 février, 2009 )

Présidentielle de 2009:Ibrahima Moctar Sarr jauge sa cote de popularité

On l’annonçait comme l’un des meetings les plus importants de la vie politique de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (Ajd/mr) marquée ces derniers temps par des dissensions internes depuis le coup d’Etat du 6 août 2008.

Ibrahima Moctar Sarr a fait un faux bond à tous ceux qui attendaient qu’il déclare officiellement sa candidature à l’élection présidentielle du 6 juin 2009. Il a préféré maintenir le suspens sur sa candidature à l’échéance électorale de 2009.

Pour ce meeting attendu, l’Ajd/mr avait tout prévu pour plaire. Du monde, il y en avait. Ceux qui l’attendaient aussi sur le terrain du déballage et de la polémique sont restés sur leur faim. Les militants sont venus nombreux. On se croirait presque à une campagne électorale !

Ibrahima Moctar Sarr n’a pas pu cacher tout son contentement devant ses militants en délire. Ce meeting intervient à une période où l’Ajd/mr traverse des zones de turbulences. Pour le leader de l’Ajd/mr, la mobilisation du 31 janvier 2009 des militants est l’illustration que le parti tient toujours. »Cette mobilisation est une réponse excessivement importante à tout ce qui a été dit de mauvais sur notre parti », dit-il.

Au sujet de la crise actuelle, que vit la Mauritanie depuis le coup d’Etat du 6 août 2008, Ibrahima Moctar Sarr a laissé entendre que la responsabilité de trouver une solution à cette crise incombe à la classe politique mauritanienne. « Nous sommes dans une situation de crise dont les tenants et les boutissants ne sont pas connus mais nous devons chercher une porte de sortie. Celle-ci ne peut pas venir de la communauté internationale mais des mauritaniens d’eux-mêmes », explique-t-il en dénonçant les positions immobiles des uns et des autres qu’il accuse de prendre le peuple mauritanien en otage.

Par rapport à l’élection présidentielle du 6 juin 2009, M. Ibrahima Moctar Sarr a exigé des autorités militaires qu’elles l’organisent dans la ransparence et surtout de respecter la volonté populaire à l’issue de ce scrutin. C’est de cette condition seulement que dépendra sa candidature. « Au niveau de l’Ajd/mr, nous n’avons pas peur d’aller aux élections et si Mohamed Ould Abdel Aziz et son équipe veulent organiser des élections transparentes nous sommes convaincus que nous pouvons les battre », a-t-il déclaré devant une foule en liesse scandant son nom inlassablement.

Ibrahima Moctar Sarr a appelé aussi les partis politiques, regroupés autour du Front National pour la Défense de la Démocratie, de peser de tout leur poids afin que l’élection présidentielle se déroule correctement et sans contestation. « Les acteurs politiques (sans exception) doivent dépasser leurs contradictions et savoir que si la Mauritanie entre dans une situation de crise interminable, c’est le peuple qui va en souffrir », a-t-il affirmé.

Pour Ibrahima Moctar Sarr, le peuple mauritanien doit refuser de se laisser entraîner dans des théories fumeuses et dans des divisions stériles.

Babacar Baye Ndiaye 

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