( 28 février, 2009 )

Fortune du général, affaire Air Mauritanie, Riz avarié : Le Fndd livre ses secrets…

De l’affaire d’Air Mauritanie en passant par la fortune d’Aziz mais aussi du PSI, le Fndd publie une série de révélations en guise d’éclairage à l’intention de l’opinion publique dans une note d’information. Autant d’éléments qui viennent s’ajouter aux  récentes confessions du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour relancer la machine de la confrontation entre le pouvoir et le Fndd. Cette démarche du Front National pour la Défense de la Démocratie dénote d’une nouvelle stratégie de réplique. 

Et, dans ce sens, le Fnnd tient à tout prix à rétablir la vérité à l’intention  de  l’opinion publique nationale et internationale et prouver ainsi que le général Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas aussi blanc que  neige. Car, Mohamed Ould Abdel Aziz est devenu en peu de temps, sans pour autant donner des chiffres à l’appui pour  crédibiliser les allégations relatives à la fortune du général limogé comme il le surnomme, l’un des hommes les plus riches en Mauritanie. 

Le Fndd s’est limité à citer en exemple le ranch de Mohamed Ould Abdel Aziz qui se situe entre El Agar et Benichab. Dans ce ranch, on y élève des outardes, des autruches et autres gibiers rares. Ce ranch, toujours selon le Fndd, serait alimenté par un sondage d’eau réalisé par l’ONG (sans citer le nom de cette ONG, Ndlr) de l’actuel Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

Le document du Front National pour la Défense de la Démocratie révèle que Mohamed Ould Abdel Aziz serait aussi détenteur d’un important lot d’immobiliers : au mois 6 maisons au Maroc, un bâtiment près de la fourrière d’Arafat, une maison au Ksar, une série de hammam éparpillés à Nouakchott et le marché du Ksar près de l’école II. 

Ainsi, donc, aux dires du Fndd, Mohamed Ould Abdel Aziz ne peut pas se prévaloir le titre de donneur de leçons en termes de lutte contre la gabegie et l’enrichissement illicite. 

Le Front National pour la Défense de la Démocratie est revenu aussi sur l’ «Affaire d’Air Mauritanie ». Dans le document publié, on y apprend que la faillite d’Air Mauritanie aurait commencé en 1997 et que les personnes (Sidi Mohamed Ould Biya, Isselmou Ould Khattry, Moustapha Ould Hamoud et Yahya Ould Ahmed Waghf) qui sont actuellement détenues ne sont pas responsables de la programmation de cette faillite, comme l’ont laissé entendre les nouvelles autorités du pays. 

En ce qui concerne la redynamisation d’Air Mauritanie, Yahya Ould Ahmed El Waghf, qui a pris les commandes de cette entreprise en pleine agonie, avait démontré que le seul moyen d’assurer la pérennité de la compagnie était de trouver un partenaire stratégique qui accepte de prendre une participation majoritaire dans la société. 

En outre, le gouvernement de la transition selon le document du Fnnd, aurait aussi une grande responsabilité dans la faillite d’Air Mauritanie car il aurait attribué des droits de trafic à Mauritanie Airways. 

Dans la foulée des révélations, le Fndd n’a pas manqué de mots pour mettre en doute tout le montage politique qui entoure cette affaire et d’ironiser en s’adressant à Mohamed Ould Abdel Aziz en ces termes : «mangez donc de ce riz périmé et nous vous reconnaîtrons, mon général limogé… ». 

Dans le collimateur de la justice du Haut Conseil d’Etat (HCE), le document du Front National pour la Défense de la Démocratie a révélé qu’Ely Ould Mohamed Vall serait la prochaine cible. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Raids israéliens sur Gaza:Indignation des élus et exigence de rupture des relations diplomatiques

Pendant qu’Israël intensifie ses opérations militaires sur la bande de Gaza, où vivent plus d’un million de palestiniens, les parlementaires et maires du pays, excepté ceux du Front National pour la Défense de la Démocratie, se sont donné rendez-vous, ce lundi 5 janvier, à l’hémicycle, pour exprimer leur indignation au sujet des massacres que l’Etat hébreu est en train de commettre sur des civils palestiniens, sans la moindre impunité sous le regard impuissant de la communauté internationale.

Les raids israéliens sur la bande de Gaza en Palestine continuent de susciter des réactions à travers le monde. La Mauritanie, par le biais de ses élus, vient de se joindre à la liste des pays condamnant l’attaque militaire d’Israël sur la bande de Gaza. A l’unanimité, les élus du peuple mauritanien ont fustigé l’attitude belliqueuse d’Israël qui continue de poursuivre ses offensives militaires sur la bande de Gaza. Ils n’ont pas manqué de verve pour assimiler l’Etat d’Israël à un Etat criminel qui ne respecte pas les droits de l’Homme.

Les élus, qui viennent d’emboîter le pas au peuple mauritanien qui est sorti dans la rue pour demander la rupture des relations diplomatiques avec Israël, commencent à perdre patience face à l’attitude de l’Etat hébreu. Ils ont d’ailleurs fait savoir qu’ils allaient rédiger une résolution demandant au Chef de l’Etat de rompre définitivement avec Israël dès l’instant que ce dernier n’œuvre pas pour l’instauration de la paix au Moyen-Orient.

Pour sa part, Ould Hanenna a dénoncé le comportement de la communauté internationale et notamment du monde arabe qui laisse Israël faire ce qui lui semble bon. Se fondant sur la position du peuple mauritanien, il a soutenu que nos relations diplomatiques avec Israël ne se justifient pas, ni politiquement, ni moralement.

La Mauritanie demeure, avec la Jordanie et l’Egypte, l’un des pays dans le monde arabe à entretenir des relations diplomatiques avec Israël. Aux yeux de Hanenna, les relations diplomatiques qu’entretient la Mauritanie avec Israël sont humiliantes et inopportunes étant donné que le peuple mauritanien a montré toute sa désapprobation par rapport à ces relations.

D’autres élus sont allés plus loin dans leurs condamnations. Le député Ould Abdallahi, par exemple, en a appelé à la résistance du monde arabe face à l’oppression d’Israël sur le peuple palestinien qui vit l’injustice du fait de la passivité et de l’inaction de la communauté internationale.

«Le silence de la communauté internationale a favorisé le massacre qui est en train de se faire sur Gaza », a soutenu Camara Ali Guéladio en demandant au gouvernement mauritanien de ne ménager aucun effort, à travers les Nations Unies, la Ligue Arabe, l’Union Africaine, pour que ce ses collègues considèrent comme étant un «crime contre l’humanité » le massacre de Gaza.

Les élus du peuple ont appelé le Chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz à franchir le Rubicon en faisant sienne la volonté du peuple mauritanien qui s’est élevé contre les attaques israéliennes sur la bande de Gaza et rompre les relations diplomatiques avec Israël. Ils ont en outre demandé à ce que l’Etat mauritanien rappelle son ambassadeur à Tel-Aviv. Aux dernières nouvelles, on a appris la confirmation de cette information qui confortera certainement les élus du peuple.

———-Encadré

Deux questions à….

Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini, S.G du PRDR

« Notre relation avec Israël doit servir la paix »

Le Rénovateur Quotidien: Au-delà des condamnations de principe, allez-vous emboîter le pas au peuple mauritanien qui est sorti dans la rue pour demander la rupture définitive des relations diplomatiques entre la Mauritanie et Israël ?

Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini : Nous n’emboîtons le pas à personne. Notre parti a une position de principe sur cette question depuis qu’il est redevenu Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau. Nous l’avons fait savoir en marge de notre 3ème congrès, tenu en octobre 2005. D’ailleurs, la déclaration de politique générale de notre parti comportait parfaitement cette question des relations diplomatiques entre la Mauritanie et Israël. Nous avions précisé et répété, de façon constante, que la relation de notre pays avec Israël doit servir la paix. Autrement dit, servir la cause juste du peuple palestinien sur la base de la reconnaissance du principe de la paix contre la terre.

Ce principe qui fonde notre position est aujourd’hui consacré par la communauté internationale et qui fait partie ipso facto du droit international. Tant qu’Israël n’exploite pas notre relation dans l’intérêt de la paix et de la sécurité dans le monde, tant que cette relation entre la Mauritanie et Israël ne sert ni la paix ni la justice, nous demanderons toujours la rupture des relations diplomatiques avec Israël. Nous réitérons notre demande à l’Etat mauritanien de rompre ses relations diplomatiques avec Israël car elles n’ont aucune influence sur la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Le Rénovateur Quotidien : On a toujours demandé cette rupture, mais jamais l’Etat mauritanien ne s’est aventuré à prendre une telle décision. Comment pouvez-vous expliquer cela ?

SMOMV dit Ghrini : Nous ne sommes pas à la tête de l’Etat. Nous ne sommes pas, non plus, au sein du Gouvernement. Nous sommes des parlementaires, des partis politiques. Nous avons des positions et nous les avons librement exprimées dans les colonnes de la presse, comme dans l’hémicycle du Parlement. C’est tout ce que nous pouvons faire et c’est un bon début. Cette question pèse beaucoup sur la scène politique nationale.

L’année dernière, j’étais parmi les cinq chefs de partis à demander au président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, à la suite d’une marche, de rompre nos relations diplomatiques avec l’Etat hébreu. Nous lui avions d’ailleurs transmis une doléance de tous les partis politiques pour rompre avec Israël ou au moins permettre l’ouverture d’un débat à ce sujet entre l’exécutif et le Parlement. L’ancien président n’avait pas donné de suite à notre requête. Et pourtant, il en avait fait la promesse pendant sa campagne électorale. Avant hier (4 janvier, Ndlr), j’étais avec d’autres groupes de partis politiques qui ont posé les mêmes problèmes au Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Nous attendons la suite et nous sommes sûrs que l’Etat mauritanien sera influencé peu ou prou par la position de ses parlementaires.

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye

( 20 novembre, 2008 )

Session ordinaire de l’Assemblée Nationale:Les députés du Front National pour la Défense de la Démocratie s’expliquent sur les motivations de leur boycott

Deux jours, après l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, les députés appartenant au Front National pour la Défense de la Démocratie, ont organisé une conférence de presse, ce mercredi 12 Novembre, à l’Assemblée Nationale, pour expliquer les raisons de leur boycott.

Pour MOustapha Ould Bedreddine, numéro 2 de l’Union des Forces de Progrès (UFP) et député à l’Assemblée Nationale, « le pays vit sous un régime militaire, un régime exceptionnel, anti-constitutionnel et illégal » depuis le 6 août 2008 qui a vu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi renversé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Cette situation qu’il a qualifiée « d’extraordinaire » explique, selon lui, leur décision de ne pas participer à la session ordinaire du Parlement, ce lundi 10 novembre dernier. Autre explication donnée à leur boycott : l’emprisonnement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et de Yahya Ahmed Ould Waghf. Pour lui, leur libération conditionne préalablement leur participation à toute autre session au niveau de l’Assemblée Nationale.

Il a, par ailleurs, rappelé les deux rôles du Parlement qui consistent à légiférer et à contrôler l’action du gouvernement. Or, selon lui, ces deux rôles n’ont pas de raison d’être dans la situation actuelle. En plus, ils ne reconnaissent pas le Haut Conseil d’Etat et le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Sans compter la restriction des libertés publiques et l’usurpation des médias publics par le HCE. Autant de raisons qui expliquent qu’ils ont jugé « inutile de participer à cette session ordinaire ». « En tout cas, pas dans la situation actuelle », a précisé Mustapha Ould Bedreddine, en attendant que Mohamed Ould Abdel Aziz quitte, certainement, le pouvoir, comme ils l’ont toujours réclamé.

Par rapport à la présence des sénateurs appartenant au Front National pour la Défense de la Démocratie à la session ordinaire, Moustapha Ould Bedreddine a laissé entendre que cette décision a été faite dans la concertation. A ceux qui y voient, déjà, les prémices d’une cassure au sein du Fnnd, il les a rassurés en affirmant que « les deux attitudes, qui semblent contradictoires, ont été autorisées et acceptées au niveau du Front ». »Ils (les sénateurs, Ndlr) peuvent mener une action qui va dans le sens de la lutte et la restauration de la démocratie et de la légalité au niveau du Sénat », estime-t-il.

Dans un communiqué, publié en marge de la conférence de presse, le Front National pour la Défense de la Démocratie y affirme que « chacune des deux positions s’inscrit dans le cadre de sa stratégie visant à faire échouer le coup d’Etat et à rétablir la légalité constitutionnelle en collaboration avec toutes les forces vives, y compris les parlementaires du Fndd et ses sympathisants au sein des deux chambres ».

Prenant la parole, Jémil Ould Mansour, président de Tawassoul et député aussi à l’Assemblée Nationale, a fait savoir, lui aussi, que la session ordinaire du Parlement du 10 Novembre n’a aucune valeur du point de vue juridique, politique et moral. Il s’est basé sur le fait que l’institution présidentielle, incarnée par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, est aujourd’hui paralysée. D’où leur boycott, selon lui, de la session ordinaire. En outre, il a dénoncé l’attitude des putschistes qui persévèrent toujours dans leur entêtement à ne pas faire de concessions pour essayer de décrisper la crise actuelle.

Le président de l’Assemblée Nationale Messaoud Ould Boulkheir, qui n’a pas d’ailleurs présidé l’ouverture de la session ordinaire prévue par la Constitution, a expliqué dans une déclaration lue en la circonstance les raisons de sa non participation. Pour lui, « les règles du fonctionnement normal des institutions de la République ont été délibérément violées ». Par conséquent, « il est tout à fait dérisoire de prétendre, dans une telle situation, que tout se déroule normalement comme dans le meilleur des mondes ».

Cette conférence de presse n’a pas été sanctionnée par de grandes décisions. Rien de nouveau, peut-on dire, sous les cieux du Front National pour la Défense de la Démocratie ! Et, ceux qui attendaient que leurs députés annoncent leur démission en cascade de l’Assemblée Nationale en sont pour leurs frais. Il n’en est rien. A part des déclarations de principes, comme à l’accoutumée et la réaffirmation de leur position sur le coup d’Etat du 6 août que tout le monde connaît déjà, le Front National pour la Défense de la Démocratie tergiverse encore et tarde à entrer dans la deuxième phase de son combat.

Ils ont tout simplement estimé que leur boycott vise à montrer à l’opinion publique nationale et internationale leur refus du coup d’Etat du 6 août 2008. Mais, au-delà de cette réaffirmation de leur position par rapport à ce coup d’Etat, vont-ils oser franchir la deuxième étape de leur lutte, après leur campagne de dénonciation, à savoir leur démission de l’Assemblée Nationale ?

Par Babacar Baye Ndiaye

( 20 novembre, 2008 )

Mensonges, populisme, démagogie…:Le Fndd sort la grosse artillerie pour accabler le HCE

Les responsables du Front National pour la Défense de la Démocratie (Fndd) ont organisé, ce jeudi 6 Novembre 2008, un meeting à l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott. A défaut d’obtenir une autorisation de manifester leur ras-le-bol en marchant dans les artères du centre ville de Nouakchott ! 

Après une accalmie de plus d’une semaine, le Front National pour la Défense de la Démocratie semble se revigorer et veut faire le plein ces jours à venir dans l’optique de discréditer les thèses du HCE qui est en train de mener, avec tambour battant et caméras à l’appui, des campagnes d’explication à l’intérieur du pays pour faire comprendre aux populations les tenants et les aboutissants du mouvement de rectification du 6 Août 2008.   

Tour à tour, au cours de ce rassemblement qui a réuni des centaines de contre-putchistes, les responsables du Fndd ont une nouvelle fois affiché leur détermination à faire partir Aziz du pouvoir. Décidemment, le Fndd n’est pas prêt à lâcher du lest.

Bâ Mamadou Alassane, président du Plej, n’y est pas allé, lui aussi, avec le dos de la cuillère. « Nous ne faisons pas confiance à la junte militaire, aux généraux putschistes. Parce qu’ils n’ont pas respecté l’engagement qu’ils avaient pris à Bruxelles », s’insurge-t-il. »Ils avaient promis de retourner à leurs casernes. Ils ont ramené la dictature dans le pays en privant les gens de liberté. Ils ont mis en prison et arbitrairement un président démocratiquement élu (Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ndlr) « , rappelle-t-il. 

A tour de rôle, les responsables politiques du Fndd ont dénoncé les mensonges, les méthodes et le populisme utilisé par la junte militaire pour s’éterniser au pouvoir. Ils ont appelé les militaires à s’inspirer de la démocratie américaine qui vient de nous donner une leçon à méditer et pourquoi pas à imiter en Mauritanie. « Il n’y a qu’avec la démocratie et le respect des institutions qu’un pays peut avancer et qu’une société peut se développer », souligne Mohamed Ould Khoulane, vice-président de Tawassoul. « Cela devrait être aussi une leçon pour les usurpateurs qui, aujourd’hui, au 21ième siècle, veulent encore s’arroger un pouvoir de manière arbitraire par la force des armes alors que c’est une méthode qui est anachronique et que nous n’allons jamais accepter », conclut-il. 

Ladji Traoré, secrétaire général de l’Alliance Progressiste Populaire (APP), toujours en verve, a réitéré dans ses propos leur attachement au retour à l’ordre constitutionnel incarné par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. « Seul le peuple a le droit d’élire ses représentants et de les changer », adresse-t-il à la junte militaire au pouvoir. »Le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui est un contexte d’arbitraire, de mensonges, de populisme et de démagogie », dit-il. « On ne peut pas faire croire au peuple mauritanien qu’on va transformer en 3 semaines ou 6 semaines El Haye Essaken. Non ! Ou bien, on va donner des habitats à l’ensemble des populations du 6ième. Ou bien, on va instrumentaliser l’image et le nom de l’ancien président de la Mauritanie en disant : on va lui donner enfin une avenue », ironise-t-il en assimilant cela à de la démagogie facile. 

L’humoriste du Front National pour la Défense de la Démocratie, Boïdiel Ould Homeïd, en outre vice-président du Parti Adil, a gratifié le public d’un cours magistral sur les fondements de la démocratie et les différentes péripéties qu’a connu la Mauritanie dans son processus politique. Pour lui, notre pays vit aujourd’hui une situation d’exception comparable à l’époque où la Mauritanie était caractérisé par le système du parti unique. Pour étayer ses propos, il cite les médias publics qui sont aujourd’hui entre les mains du HCE et ses laudateurs. 

Sur un ton ferme, il a dénoncé la répression qu’utilise Mohamed Ould Abdel Aziz. A ses yeux, cela est une mauvaise manière de procéder et en a profité pour appeler la junte militaire au pouvoir de s’inspirer de l’exemple de la démocratie américaine tout en demandant la libération immédiate du président déchu. « On doit laisser le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi achever son mandat. Le droit de sanctionner appartient au peuple et non aux militaires », souligne-t-il. 

Il a appelé Mohamed Ould Abdel Aziz à respecter les dispositions de la Constitution qui a prévu les conditions dans lesquelles on peut être président ou accéder au pouvoir. Dans sa conclusion, il a balayé d’un revers de la main les accusations portées par Aziz qui les reproche d’avoir fait appel à la Communauté Internationale pour régler la crise actuelle. Une infirmation pour dire que le Front National pour la Défense de la Démocratie ne fait pas les yeux doux à la Communauté Internationale. 

Pour le leader de l’Union des Forces de Progrès, Mohamed Ould Maouloud, et par ailleurs président en exercice du Fndd, avec la survenue du coup d’Etat du 6 août 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz a ramené la Mauritanie et les mauritaniens en arrière. Ayant tiré les leçons de 2005, Ould Maouloud a fait savoir que cette fois-ci, ils ne se laisseront pas duper pour la deuxième fois par les militaires qui semblent ne pas vouloir quitter le pouvoir. 

Il est revenu sur les marchés de gré à gré qui inaugurent, selon lui, une nouvelle ère de corruption et de mauvaise gestion économique. De même que fustigé l’attitude de la majorité parlementaire qui est en train de fermer les yeux sur cet état de fait. Suffisant pour lui pour dire que le Parlement n’a pas un droit de regard sur ce que fait le HCE. 

Il a révélé aussi que l’argent destiné aux financements du Programme Spécial d’Intervention mis en place par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est en train d’être détourné à d’autres fins dans le but de distraire l’opinion publique nationale. Cela démontre, dit-il, que le HCE est en train de promouvoir la gabegie au sein de l’administration. Pire encore, toujours selon lui, le Haut Conseil d’Etat est en train de puiser dans les fonds de la SNIM pour financer ses propres activités. 

Par rapport aux nominations du HCE, il a analysé cela comme une volonté de la part de Mohamed Ould Abdel Aziz de ne pas quitter le pouvoir. Ce qui est inadmissible à ses yeux. Et sur les élections promises par les militaires, Ould Maouloud semble suspicieux et n’y accorde aucune crédibilité. Pour lui, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. « Toutes les balles ont été utilisées », lance Mohamed Ould Maouloud à l’endroit d’Aziz qui semble s’agripper sur la machine populaire après avoir essuyé, selon lui, un cuisant revers sur le plan international. D’où les campagnes d’explication à l’intérieur du pays. 

Au cours de son intervention qui a duré plus de 25 minutes, il s’est expliqué sur les raisons qui expliquent sa désapprobation du coup d’Etat du 6 août 2008 qui a été fait, à l’en croire, par des intérêts purement personnels et non par des objectifs bien clairs. 

Il n’a pas manqué de dévoiler ses appréhensions de voir la crise actuelle faire basculer la Mauritanie dans un cycle infernal dont on ne saura pas les conséquences. A ses yeux, il est temps que les militaires arrêtent leur campagne de dénigrement dirigé contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi accablé de toutes parts aujourd’hui par la junte militaire qui l’accuse d’avoir failli à sa mission. 

Sur une note d’espoir et qui pourrait constituer un signe de décrispation de la situation politique actuelle du pays, Mohamed Ould Maouloud, après avoir copieusement chargé le HCE, a laissé entendre que le Fndd pourrait participer aux prochaines journées de concertation ou Etats Généraux de la Démocratie. Sauf si, a-t-il précisé, elles ne se déroulaient pas sous la tutelle des militaires. 

Babacar Baye Ndiaye   

( 20 novembre, 2008 )

UE-HCE: Le Fndd prêt à jouer un rôle de facilitateur

Tout en fustigeant l’immobilisme des putschistes, le Front National pour la Défense de la Démocratie semble toujours croire au rétablissement de la légalité constitutionnelle. A l’occasion de leur énième conférence de presse, les responsables de ce front ont fait part encore de leur inquiétude sur la situation « ubuesque » et « ridicule » sans précédent que traverse le pays sur le plan social, économique et politique.  

Devant des militants, cette fois-ci moins nombreux qu’à l’accoutumée, le nouveau président en exercice du Front National pour la Défense de la Démocratie Monsieur Saleck Ould Sidi Ahmed, par ailleurs vice-président de Tawassoul, a passé en revue la situation du pays dominée ces temps-ci par les vagues d’arrestations dans leurs rangs.

Le transfert de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans la nuit du 12 au 13 Novembre dernier ne semble pas satisfaire le Front National pour la Défense de la Démocratie. Pour eux, cet acte n’est que de la poudre aux yeux et que par conséquent, cela ne diminue en rien leur détermination à poursuivre leur combat jusqu’à ce que ce dernier soit rétabli dans ses fonctions de Président de la République.

Le fait que le Président déchu puisse « discuter » avec ses proches ne contente pas entièrement le Front National pour la Défense de la Démocratie qui estime que son transfert constitue « une mascarade » visant à leurrer intentionnellement le peuple mauritanien et la communauté internationale « à qui on veut faire croire qu’il y a eu quelque chose de nouveau ».

Le Fnnd est sans équivoque : le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz qui dénient toujours la légalité constitutionnelle et prend des décisions illégales continue à narguer le peuple mauritanien et la communauté internationale. Toutefois, le Front National pour la Défense de la Démocratie a révélé qu’il était prêt à devenir facilitateur entre l’Union Européenne et le Haut Conseil d’Etat pour trouver une solution à la crise actuelle qui mine le pays depuis 3 mois.

Cela suppose d’abord, à leurs yeux, l’annulation de toutes les décisions constitutionnelles, législatives, administratives et institutionnelles prises par le Haut Conseil d’Etat durant ces 3 mois d’exercice du pouvoir. Et, surtout le respect des engagements pris par les militaires avec l’Union Européenne en 2005 et leur mise à l’écart définitive du jeu politique. Une fois que ces conditions sont tenues en considération, le Fndd est disposé à dialoguer avec le Haut Conseil d’Etat pour sortir de la crise actuelle.

Le Front National pour la Défense de la Démocratie qui ne reconnaît pas toujours la légitimité du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz est revenu sur les récentes arrestations dans leurs rangs en y voyant de la provocation pure et simple. Ces arrestations traduisent, selon le Fndd, « une hystérie qui commence à affecter les putschistes » et s’apparentent à « une chasse aux sorcières et un règlement de comptes » dans le but d’affaiblir leur camp. Ils n’ont pas manqué de sonner l’alarme sur une telle situation en faisant savoir qu’aujourd’hui aucun mauritanien n’est épargné par cet état de fait.

Par ailleurs, ces vagues d’arrestations montrent, toujours selon le Fndd, « l’incapacité des putschistes à mesurer l’extrême gravité de la situation dans laquelle ils mettent ce pays délibérément pour juste satisfaire les ambitions personnelles de quelques-unes ».

Sur le plan de la gestion des ressources économiques, le Fndd a dénoncé l’amateurisme et l’attitude irrationnelle des nouvelles autorités du pays. Cela risque de conduire, considèrent les responsables du Fndd, la Mauritanie vers une « faillite économique irréversible ». Ils ont mis en garde le peuple mauritanien et la communauté internationale contre les dérives de l’actuel régime militaire qui peuvent acheminer la Mauritanie dans « une situation qui ne pourra plus être redressée sur le plan économique parce que simplement la faillite a été organisé à travers des dirigeants qui n’ont ni l’expérience ni la compétence pour gérer les affaires publiques ».

Au lieu de fouiner dans leur rang, le Fndd a interpellé les autorités de dire la vérité aux mauritaniens et à l’opinion internationale sur le niveau d’enquête de l’affaire de la drogue et notamment les tenants et les aboutissants de l’attaque de Tourine où 11 soldats mauritaniens ont péri. L’affaire de la drogue et l’attaque de Tourine paraissent rangées dans les tiroirs de l’oubliette. Et, le Fndd n’a pas manqué l’occasion de rappeler aux militaires putschistes leur devoir d’éclairer la lanterne des mauritaniens.

Enfin, ils appelé les autorités militaires à esquiver à la Mauritanie l’isolement diplomatique et économique qui pourrait à son tour engendrer une révolte populaire

Par Babacar Baye Ndiaye

                                    Communiqué de Presse du Fndd

Quelques heures seulement après le transfert du Président de la République , Son Excellence Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi de son lieu de séquestration à Nouakchott vers Lemden, les autorités putschistes ont procédé à une vaste campagne d’arrestations ayant touché le Premier Ministre, M. Yahya Ould Ahmed El Waghf et quelques hauts responsables et personnalités d’envergure nationale, dont plusieurs leaders, militants actifs ou sympathisants du FNDD.

La junte inscrit ces nouvelles arrestations dans ce qu’elle prétend être une enquête sur des actes de gestion; masquant ainsi une chasse aux sorcières désormais claire pour l’opinion nationale et internationale.

Persistant dans cette même logique, les putschistes ont arrêté, jeudi 13 novembre, Monsieur Abdoulaye Mamadou Bâ, Conseiller Porte- parole du Président de la République.

Cette nouvelle escalade s’inscrit dans le cadre de la campagne de diversion menée par la junte militaire, prise des convulsions de fin règne, pour leurrer l’opinion nationale et internationale.

Face à ces manœuvres pitoyables et mesquines qui visent à masquer une perturbation réelle et un manque d’assurance avéré, le FNDD :

1-     condamne le nouveau cycle de répression, d’amalgame et de musellement des libertés visant, en premier lieu,  les personnalités et  cadres engagés dans la résistance au putsch et le combat pour un retour immédiat et inconditionnel à la légalité constitutionnelle ;    

2- réitère sa condamnation de l’obstination de la junte militaire à séquestrer le Président de la République, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, désormais interné à Lemden ;

3-     se félicite de la persévérance de la communauté internationale et de la fermeté de sa position quant au rétablissement immédiat et inconditionnel du Président de la République dans la plénitude de ses fonctions.  

                                                                      Nouakchott, le 15 Novembre 2008 

( 20 novembre, 2008 )

Mohamed Ould Moine, porte-parole du Gouvernement: »Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’est pas titulaire d’un titre immobilier sur la Présidence de la République »

Au même jour du transfèrement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, renversé le 6 août 2008 par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, à son village Lemden, le ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, Mohamed Ould Mohamed Abdrehmane Ould Moine, a appelé le président déchu, à l’occasion d’une conférence de presse, à suivre l’exemple du premier Président de la République Islamique de Mauritanie, feu Me Moctar Ould Daddah, renversé lui aussi par un régime militaire. 

 S’expliquant sur la libération de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Mohamed Ould Mohamed Abdrehmane Ould Moine a laissé entendre que  » c’est tout à fait normal » puisque celle-ci s’inscrit en droite ligne dans « les traditions mauritaniennes ». En outre, il a révélé que le Président déchu « s’est engagé à quitter la (scène) politique et à laisser les mauritaniens choisir librement de sortir de la situation actuelle ».  

Par ailleurs, a souligné le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, « on ne peut pas l’empêcher de jouir de ses libertés » et en revanche se permettre de le  » cautionner comme Président de la République ». « Nous ne le considérons pas comme tel. Car, il ne l’est pas », dit-il à qui veut l’entendre. « Nous voulons que la classe politique laisse ce monsieur (Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ndlr) jouir de sa retraite », lance-t-il. 

Cela veut dire, en termes plus clairs, que la page Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est désormais tournée. Et, la junte militaire au pouvoir s’est judicieusement arrangée pour l’envoyer prématurément en retraite. D’ailleurs, le président déchu a toujours constitué une épine dans le pied du Haut Conseil d’Etat (HCE). Le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement s’est expliqué, en filigrane, sur la longue détention surveillée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. « On a toujours voulu le mettre hors d’état de nuire », donne-t-il comme justification.  

Ce relâchement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, qui intervient à une semaine du second round des négociations entre l’Union Européenne et le Haut Conseil d’Etat est perçu comme un signe d’ouverture de la part de la junte au pouvoir. Il va changer, sans aucun doute, les rapports de force d’une part entre le HCE et la classe politique hostile au coup d’Etat du 6 août 2008 et d’autre part entre l’Union Européenne et la junte militaire au pouvoir. 

Pour le moment, les autorités campent toujours sur leur position et espèrent parachever leur mouvement de rectification quelque soit le prix à payer et malgré l’opposition de la Communauté Internationale qui continue à demander le rétablissement de l’ordre constitutionnel. « Nous voulons que tous les mauritaniens participent aux Etats Généraux sur la Démocratie afin de sortir un compromis nécessaire pour jeter les bases d’une Mauritanie nouvelle, une Mauritanie libre, une Mauritanie démocratique et surtout d’une Mauritanie transparente dans sa gestion des fonds publics », plaide Mohamed Ould Mohamed Abdrehmane Ould Moine. 

Selon le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, la Mauritanie « est un pays souverain ». « Certains pays ont une évaluation erronée de ce qui se passe en Mauritanie », dit-t-il en allusion à la France ou les Etats-Unis d’Amérique qui demandent le retour à l’ordre constitutionnel. « Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été effectivement élu, reconnaît-il. Mais, il n’est pas titulaire d’un titre immobilier sur la Présidence de la République ».

Pour lui, comme pour cautionner le mouvement de rectification du 6 août 2008, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a failli à sa mission. »Il a gravement échoué et perdu la confiance du peuple mauritanien », insiste-t-il en affirmant que « ceux qui sont avec lui n’ont jamais voté pour lui ». « Ils l’utilisent comme un moyen de marchandage politique. Tout en restant gentilhommesques, je leur demande de faire de la politique et de laisser cette personne (Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallhi, Ndlr) tranquille », lance-t-il. Et sur un ton menaçant qui frise l’arrogance, il lâche : « Pour nous, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’est pas le Président de la République. C’est fini ».

Au cours de sa conférence de presse, le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement a évoqué le niveau d’évolution des prises de contact concernant les « Etats Généraux sur la Démocratie » que le gouvernement a eues avec certains partis politiques et syndicats. « Nous sommes disposés à s’ouvrir à tous les mauritaniens qui veulent trouver, par le dialogue, des solutions à la situation actuelle », a-t-il soutenu.

Mohamed Ould Mohamed Abdrehmane Ould Moine, en réaction au budget 2008-2009, s’est dit satisfait de la situation financière actuelle du pays marquée par la maîtrise de l’inflation. « Cela prouve que quand la volonté politique existe et qu’on est conscient des responsabilités, on peut bien gérer nos moyens pour améliorer le niveau de fonctionnalité et d’investissement dans le pays », dit-il.

« Nous sommes en train de régler les problèmes du pays par des méthodes basées sur la transparence, la bonne gestion et la fermeté dans la gestion des finances publiques », a-t-il dit estimant que « la majorité de nos problèmes sont d’ordre organisationnel et non structurel ».

Par Babacar Baye Ndiaye 

( 7 novembre, 2008 )

Récupération politique:Un député de l’Ufp dans les filets du HCE!!!

Surprise ou non, Zéine Ould El Bechir Ould Kebady a décidé de lâcher ses camarades de parti pour rejoindre le mouvement de rectification du 6 août 2008. Dans une déclaration rendue en la circonstance, Zéine Ould El Bechir Ould Kebady est revenu sur les raisons qui ont expliqué sa démission de l’Union des Forces de Progrès (UFP). 

« Après une analyse approfondie de la situation politique du pays et les positions de tous les acteurs politiques à la lumière du changement survenu le 6 août 2008, j’ai eu la ferme conviction que le changement opéré le 6 août 2008, sous la conduite du général Mohamed Ould Abdel Aziz chef du Haut Conseil d’Etat, chef de l’Eta, est le choix de la majorité écrasante du peuple mauritanien », dit-il dans sa déclaration. 

Séduit par « les orientations engagées par les pouvoirs publics en place », Zéine Ould El Bechir Ould Kebady n’y est pas allé par quatre chemins pour rejoindre la majorité parlementaire soutenant le mouvement de rectification du 6 août 2008. 

Au lendemain de l’annonce du député de Barkéol de rejoindre le camp du Haut Conseil d’Etat, l’Union des Forces de Progrès, coïncidence ou non, a tenu une réunion d’information, comme aussi pour resserrer les rangs. A la sortie de la réunion qui a duré un tour d’horloge, les parlementaires ont fait savoir que le départ de Zéine Ould El Bechir Ould Kebady ne les surprend pas. Mieux encore, ils ont qualifié son départ de non évènement. 

« Tout le monde savait qu’il allait quitter (l’Union des Forces de Progrès, Ndlr) », renseigne Soumaré Oumar qu’on a accroché à la fin de la réunion ». Depuis des mois, on savait qu’il était un point faible et qu’il partirait. On sait aussi pourquoi, il est parti », rajoute-t-il en laissant croire que Zéine Ould El Bechir Ould Kebady a été acheté par la junte militaire. 

« Tous les médias de la République ont été mobilisés à l’hôtel Halima pour couvrir cet évènement parce que tout simplement un individu dit qu’il rejoint la junte militaire », ironise-t-il tout en fustigeant l’instrumentalisation de l’Etat et du Parlement par la junte militaire au pouvoir pour atteindre ses ambitions. 

Zéine Ould El Bechir Ould Kebady, star de la nuit du 1er Novembre, était accompagné de Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar et de Mohcen Ould El Hadj, vice-président du Sénat et sénateur de Rosso. Ce dernier, très enthousiaste et tout sourires, n’a pas manqué, à la fin de la déclaration du nouvel allié, de tirer à boulets rouges sur les responsables politiques du Front National pour la Défense de la Démocratie.  

« C’est nous, les défenseurs de la démocratie. Et non, le fameux Fndd, composé en majeure partie de la voyoucratie qui a dirigé ce pays, qui l’a mis à sac pendant plus de 30 ans. Les véritables défenseurs de la démocratie, ce sont les élus et les personnes qui, pendant que l’ancien président (Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ndlr) était là en place et qu’il dirigeait ce pays avec son gouvernement et des moyens, s’étaient opposées à lui directement (…) en disant non à l’implication des forces obscures qui existent dans ce pays, non à la confusion des pouvoirs, non à la gabegie… », s’exclame-t-il. 

Cette hémorragie de l’Union des Forces de Progrès est, à n’en pas douter, un coup dur pour ce parti d’autant plus qu’elle intervient à un moment crucial de la vie politique nationale. Cependant, ce n’est pas la première fois que l’UFP connaît ce genre de départ. Mais, cela n’a jamais ébranlé ce parti.  

Comme pour se gausser de leurs adversaires, les parlementaires soutenant le mouvement de rectification du 6 août 2008, ont mobilisé la télévision nationale et Radio Mauritanie pour immortaliser cette adhésion du député de Barkéol qui croit en la « ferme volonté de redressement et d’amélioration des conditions de vie des couches les plus démunies » du Haut Conseil d’Etat. 

Du côté de l’Alliance Progressiste Populaire (APP) qui appartient au même titre que l’Union des Forces de Progrès au Front National pour la Défense de la Démocratie, on ne craint pas « l’effet Zéine Ould El Bechir Ould Kebady ». 

« Le nomadisme politique touche tous les partis politiques sauf à priori l’APP parce que nous ne prenons pas n’importe qui dans les choix des candidats. Un parti comme l’UFP a beaucoup souffert du nomadisme politique même en faveur de l’APP (…). Nous, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas peur des soi-disant vagues en faveur du HCE. La position de l’APP ne souffre d’aucune ambiguïté par rapport au coup d’Etat du 6 août 2008″, a expliqué Ladji Traoré, Secrétaire Général de l’Alliance Progressiste Populaire. 

Entre les soutiens du HCE et les partis politiques composant le Front National pour la Défense de la Démocratie, c’est de bonne guerre. Sur ce point, tous les coups sont permis pour faire couler l’embarcation de l’autre et surtout gagner la course. Alors, que le meilleur gagne !

Babacar Baye Ndiaye

( 7 novembre, 2008 )

Crise politique:Au-delà des sanctions, la communauté internationale peut-elle rétablir la démocratie en Mauritanie ?

Depuis le 6 août  2008,
la Mauritanie vit un isolement diplomatique sans précédent. L’Organisation Internationale de
la Francophonie (OIF) est la première organisation internationale à avoir suspendu
la Mauritanie de ses activités. S’en est suivi de son exclusion du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs. A leur tour, les américains publièrent leur liste noire dans laquelle certaines autorités militaires et civiles sont frappées de « restrictions de voyage » et d’éventuel « gel de leurs avoirs ». 
 

Quant à
la France qui préside actuellement l’Union Européenne souffle le froid et le chaud. Pour sa part, l’Union Européenne, après l’échec de Paris, a accordé à la junte militaire un délai supplémentaire à la suite duquel l’ordre constitutionnel doit être rétabli. Mais, au-delà des condamnations et des sanctions, la communauté internationale peut-elle rétablir la démocratie en Mauritanie ? Comment pourra-t-elle y parvenir ? Et, y’a-t-il des mécanismes prévus dans ce sens ?

———————–Par Babacar Baye Ndiaye

 

Jusqu’à présent, le Front National pour
la Défense de
la Démocratie et le Haut Conseil d’Etat ont du mal à mettre de côté leurs divergences et s’asseoir autour d’une table de négociations pour trouver une issue à la crise actuelle née du renversement de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. 
 

Il n’y a aucun doute que le coup d’Etat qui est intervenu le 6 août 2008 est un « changement anticonstitutionnel ». Mais, concrètement, les auteurs de ce coup d’Etat savaient-ils pertinemment ce qui adviendrait après ? Certainement, ils ont pensé que leur « mouvement de rectification » serait vite avalisé par la communauté internationale. Ce qui ne fut pas le cas. Aussi, ignoraient-ils les différents instruments que la Mauritanie a souscrit et interdisant ce genre de changement.  

A y voir de près, on peut penser que le coup d’Etat du 6 août 2008 s’est déroulé dans la précipitation et par conséquent sans précaution particulière. Les auteurs ne s’imaginaient pas un seul instant que la suite du coup d’Etat allait faire couler beaucoup d’encre et notamment des réactions sans complaisance. D’habitude, les coups d’Etat ne faisaient pas grincher les dents de la communauté internationale. Cette fois-ci, les putschistes de Nouakchott n’ont pas tenu compte d’un certain nombre de considérations relatives à l’évolution de la sphère diplomatique.  

Dans la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, on peut lire au chapitre 2, à l’article 2, à l’alinéa 4 que la charte a pour objectif d’ »interdire, rejeter et condamner tout changement anticonstitutionnel de gouvernement dans tout Etat membre comme étant une menace grave à la stabilité, à la paix, à la sécurité et au développement ». En signant cette charte et en l’incluant dans son arsenal juridique,
la Mauritanie s’est engagée solennellement à mettre en œuvre : »l’accès au pouvoir et son exercice, conformément à la constitution et au principe de l’Etat de droit » et « le rejet et la condamnation des changements anticonstitutionnels de gouvernement ». Les auteurs du putsch auraient-ils agi en méconnaissance de ces dispositions contenues dans cette charte ?
 

Les Etats ne vivent plus en autarcie. Ils sont tenus de respecter les engagements qu’ils ont pris devant la communauté internationale. Ce ne fut donc pas une grande surprise si
la France, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations Unies, l’Organisation Internationale de
la Francophonie…ont condamné, au nom des valeurs et principes démocratiques, le coup d’Etat du 6 août 2008 sur toute la ligne sans avoir pris langue avec leurs auteurs.
 

 

Toujours, dans la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance à l’article 25, à l’alinéa 4, il est stipulé que : »Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer au élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur Etat ».  

Par rapport à ce point, Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas encore livré son secret. Il préfère pour le moment laisser les commentaires et les supputations aller bon train. En outre, la résolution de l’assemblée nationale en date du 14 septembre 2008 que le Front National pour
la Défense de
la Démocratie avait rejeté interdisait aux militaires de se porter candidat à une quelconque élection présidentielle et à « tous ceux qui, pendant cette période (de transition, ndlr), exercent des responsabilités exécutives susceptibles d’influencer les électeurs ».
 

En plus, cette résolution proposait en gage de transparence de l’élection présidentielle, la « réactivation de la Commission électorale nationale indépendante « . En Mauritanie, les élections présidentielles n’ont jamais été transparentes mais en février 2007, il y a eu mieux. Peut-on espérer cela en 2009 ? 

Encore, dans la résolution de l’Assemblée Nationale, un certain nombre de mesures ont été proposées pour que cette élection ne soit pas entachée d’irrégularités…Ces mesures peuvent-elles ne pas influencer les électeurs ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus qu’on prête au Haut Conseil d’Etat de chercher « son » candidat pour l’élection présidentielle de 2009. C’est dire que la Mauritanie n’est pas encore sortie de la prééminence et du diktat des militaires sur le pouvoir. 

Mais, pour le moment, il s’agit d’abord de sortir de cette crise actuelle. Mais comment ? En l’absence de compromis, de consensus, quels sont les mécanismes qui sont prévus dans ce sens ? Ne serait-elle pas mieux pour la classe politique d’accepter cette résolution de l’Assemblée Nationale en date du 14 Septembre qui prévoit une transition de 12 à 14 mois à l’issue de laquelle une élection présidentielle sera organisée ? A défaut de cela, la communauté internationale peut-elle rétablir la démocratie en Mauritanie comme le réclament  corps et à âme le Front National pour
la Défense de
la Démocratie pour qui le retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’est pas négociable ? 
 

Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces des Progrès (UFP), dans un entretien avec un quotidien sénégalais Walfadjri se réjouissait du fait que « c’est la première fois qu’un coup d’Etat (en Mauritanie, Ndlr) rencontre une résistance politique aussi farouche, ouverte et populaire ». Cependant, pour décrisper la crise, il a préconisé qu’on se réfère à
la Constitution : « Les divergences politiques qui existent doivent être résolus par les moyens constitutionnels existants ».
 

Au début de la crise, l’Union Africaine avait ébauché des initiatives diplomatiques dans le but de rétablir la démocratie. Mais, elles ont toutes échoué. Et, pourtant,
la Mauritanie n’a pas été suspendue, par le Conseil de Sécurité et de Paix de l’Union Africaine, aux activités de l’Union en vertu des dispositions des articles 30 de l’acte constitutif et 7(g) du protocole. Mohamed Ould Abdel Aziz et sa bande peuvent-ils échapper à l’alinéa 5 de l’article 25 qui stipule que : »Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement peuvent être traduits devant la juridiction compétente de l’Union ». 
 

La communauté internationale, au lieu de jouer un rôle d’arbitre ou d’intermédiaire, semble pencher du côté de ceux qui réclament le retour à l’ordre constitutionnel. Cette attitude ne fait qu’exacerber la situation actuelle qui peut déboucher, si ce n’est pas le cas déjà, sur une instabilité politique à cause des tiraillements entre le HCE et les partis politiques, les organisations syndicales et la société civile…Sans user d’une intervention militaire (improbable), on ne voit pas comment la Communauté internationale pourrait-elle rétablir la démocratie en démocratie ? 

Tout ce qu’elle peut faire, à défaut de pouvoir faire partir Mohamed Ould Abdel Aziz, est d’imposer un embargo à la Mauritanie ou de procéder à des sanctions qui peuvent aller de l’interruption complète ou partielle des relations économiques à la rupture des relations diplomatiques, comme le prévoit l’article 41 de la charte du Conseil de Sécurité et de Paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui peut aussi entreprendre toute action qu’il juge nécessaire au maintien et au rétablissement de la paix.

 

( 17 octobre, 2008 )

Me Lô Gourmo Abdoul à Mohamed Ould Znagui: »Ne croyez pas qu’il sera facile d’instrumentaliser la justice de notre pays »

Les avocats de la fondation KB dirigée par l’épouse de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, président déposé le 6 août dernier par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, ont organisé au siège de la dite fondation un point de presse. A l’ordre du jour, deux points : leur visite à Dakar pour déposer plainte contre Baba Tandian, un homme d’affaires sénégalais, pour diffamation calomnieuse à l’endroit de leur cliente et les dernières déclarations faites par le président de la commission sénatoriale  chargée d’enquêter sur l’origine des fonds de la fondation KB, Mohamed Ould Znagui.

———————–Par Babacar Baye Ndiaye

 

 

Me Lô Gourmo Abdoul, au cours de ce point de presse, est longuement et amplement revenu sur leur voyage de la semaine dernière, lui et Me Moulaye Ould Ghali, à Dakar. «Nous étions partis porter plainte au nom de la fondation KB contre l’homme d’affaires sénégalais (Baba Tandian) dont les déclarations extrêmement graves et intempestives à propos de madame la présidente de la fondation (Khattou Mint El Boukhary, Ndlr) ont porté un très grand tort à la première dame et donné à ceux qui soutiennent le coup d’Etat matière à alimenter la confusion et à détourner l’opinion publique de la réalité », renseigne-t-il. 

Baba Tandian aurait tenu, selon Me Lô Gourmo Abdoul, sur les ondes sénégalaises et sur certains plateaux de chaînes de télévisions, des propos très «hargneux et attentatoires» à l’encontre de Khattou Mint El Boukhary. «Il (Baba Tandian, Ndlr) a laissé croire que le coup d’Etat en Mauritanie provient de l’attitude et des activités de l’ex-première dame. Que c’est elle qui en est la cause. Il a aussi laissé croire qu’elle s’était accaparé du pouvoir pour en faire un objet entre ses mains : instrumentalisant tout, nommant des ministres, dégommant des ministres et même limogeant des généraux ! Pour agrémenter tout cela du sel nécessaire, il a même dit qu’on a transformé le palais présidentiel en bergerie et en lieu de débauche », a déclaré Me Lô Gourmo, en rapportant les propos de Baba Tandian. 

Ces propos tenus par Baba Tandian, à l’en croire toujours, ont écorné l’image de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et de sa femme en particulier, accusée à tort et à raison, de tirer du bout du nez son mari et surtout d’avoir détourné d’importantes sommes d’argent au nom de sa fondation. Durant leur séjour à Dakar, les avocats de la fondation KB rejoints par Me Aïssata Sall (elle a participé à de nombreux procès en Mauritanie notamment celui de Haïdalla et de Ouadenague, Ndlr), ont saisi la justice sénégalaise en introduisant ce qu’on appelle la procédure de citation directe. Elle permet à la victime de saisir directement le tribunal en informant le prévenu (celui-ci doit fournir la preuve de ses allégations dans un délai de 15 jours) sans avoir à demander au Procureur de
la République de faire une enquête ou à saisir un juge d’instruction. Le procès aura lieu en principe le 6 Novembre prochain à Dakar.
 

Selon Me Lô Gourmo, «on n’est pas obligé de porter atteinte à l’honneur des gens ni de les insulter », a-t-il affirmé en faisant savoir, en réponse à Baba Tandian, que l’affaire Khattou Mint El Boukhary n’est pas une mince affaire. «On est en plein dans le cœur du coup d’Etat du 6 août 2008. L’une des justifications qui a été avancée, c’est la corruption, la concussion, le trafic d’influence, le clientélisme familial, le népotisme. Ce n’est donc pas une affaire pour rigoler », a-t-il tenu à rappeler. 

Me Lô Gourmo Abdoul est aussi, au cours de ce point de presse, revenu sur les déclarations de Mohamed Ould Znagui, président de
la Commission sénatoriale chargée d’enquêter sur la provenance des fonds de la fondation KB, dirigée par Khattou Mint El Boukhary. On lui prête l’intention de vouloir convoquer à nouveau, en usant de la force, de la menace et de la pression policière, la présidente de la fondation KB pour l’auditionner. «C’est vraiment très significatif d’un état d’esprit », révèle l’avocat de la fondation KB en assimilant cette commission sénatoriale à une «commission inquisitoriale ».
 

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Ce monsieur Znagui est accusé par les avocats de la fondation KB d’avoir proféré des menaces à l’endroit de leur cliente, Khattou Mint El Boukhary qui a refusé de déférer à une deuxième convocation de la commission d’enquête sénatoriale. Ils lui reprochent aussi de vouloir «user des moyens de l’Etat et exiger au ministère de l’intérieur de prendre en charge le dossier afin que Khattou Mint El Boukhary puisse venir témoigner par force et être auditionnée » par les membres de la commission d’enquête sénatoriale. 

Maître Lô Gourmo a, en outre, attiré l’attention de l’opinion publique mauritanienne sur les mécanismes de droit qui sont en train d’être bouleversés et violés sur l’affaire KB qu’il a qualifié « d’explosive » par les membres de la commission d’enquête sénatoriale. «Il ne mesurent pas les risques et les dangers qui tournent autour des manipulations de ce dossier », a-t-il souligné. 

Dans le dernier numéro de Jeune Afrique en date du 14 octobre 2008, Monsieur Mohamed Ould Znagui y allègue que
la Commission d’enquête sénatoriale détiendrait des «documents» qui authentifient que la fondation KB aurait été financée par le trésor public mauritanien. Sa sortie à Jeune Afrique a provoqué l’ire de Me Lô Gourmo. «Avant d’aller révéler à la presse ce que tu as eu comme résultats de ton enquête, il faut aller le dire à tes mandants. Il faut aller d’abord déposer ton rapport devant ceux qui t’ont désigné comme président d’une commission d’enquête avant de le dire à Jeune Afrique. Avant de dire ce que tu as découvert à Jeune Afrique mais dis-le d’abord aux sénateurs qui t’ont élu », dit-il en s’adressant à Mohamed Ould Znagui. 
 

Ensuite, sur un ton d’indignation, il s’adresse directement en le vouvoyant cette fois-ci à Monsieur Znagui, président de la commission d’enquête sénatoriale en ces termes : «Ce n’est pas de cette manière que cela se passe. Puisque vous avez été mandaté par les sénateurs, puisque votre commission a essayé en vain d’auditionner madame Khattou, vous devriez revenir voir les sénateurs qui vous ont élu et leur dire : « Messieurs les sénateurs, la dame Khattou refuse de nous entendre. Nous pensons qu’elle est coupable ». Si les sénateurs sont convaincus de la justesse de vos arguments, monsieur Znagui, d’après une résolution d’un article très précis du règlement intérieur du Sénat, une procédure devant un juge au nom du principe de la séparation des pouvoirs sera engagée (…) en passant par la voie régulière des communications avec l’exécutif, avec en charge le parquet qui va engager la procédure d’ouverture contre x », explique-t-il.  

A ses yeux, cette commission d’enquête sénatoriale n’est pas habilitée à auditionner Madame Mint El Boukhary. En plus, c’est une commission nébuleuse. «Si maintenant les membres d’une commission d’enquête devaient se substituer aux assemblées qui les ont désignés pour aller droit au but en passant par-dessus la tête les mandats qu’ils ont reçu, mais il n’y a plus de liberté. On est dans une logique conventionnelle qui mène vers la dictature fasciste : les fameuses commissions qui se créent, qui dépouillent des dossiers, qui prennent des décisions et éventuellement qui sanctionnent dans l’obscurité la plus complète », déclare-t-il en fustigeant avec véhémence cet état de fait.  

«Ce n’est pas à une commission d’enquête sénatoriale à laquelle nous avons affaire mais à une commission d’individus privés qui se sont affranchis des règles du sénat en agissant selon leur bon vouloir et en s’acharnant sur une femme… Ce sont des règlements de compte politiques qui ont cours actuellement et n’ont strictement rien à voir avec quelque recherche de vérité que ce soit. Quand on cherche la vérité, on l’expose à ceux qui vous ont mandaté. Il s’agit d’une humiliation et une insulte contre une chambre que le monde entier qualifie de chambre des sages », note-t-il avec indignation.  

«Si la commission Znagui croit pouvoir nous impressionner en narguant de sa volonté de poser quelques preuves que ce soit devant les juges, nous leur disons chiche. Nous n’attendons que la justice », dit-il. «Depuis que ce cirque a commencé, la fondation KB ne peut plus fonctionner normalement. Elle ne peut obtenir aucun appui. On est en train de compromettre son image… », s’insurge-t-il. 

Me Lô Gourmo Abdoul demeure convaincu en l’impartialité et à l’indépendance de notre justice parce que, croit-il, nous avons des juges aussi patriotes que n’importe quel autre mauritanien. «Nous avons également des juges qui ont conscience de l’importance du travail qu’ils font et qui savent que l’histoire les jugera comme aux juges sénégalais auxquels nous sommes allés nous plaindre. Si vous pensez que le fait de se saisir de la justice est suffisant pour l’amener à faire ce que vous voudriez qu’elle fasse, c’est une erreur », dit-il en faisant savoir que Khattou Mint El Boukhary ne se laissera pas marcher dessus. Et que «nous attendons avec sérénité la phase judiciaire », a-t-il conclu.

 

Babacar Baye Ndiaye

 

( 11 octobre, 2008 )

Ultimatum de l’Union Africaine: Les mauritaniens divisés sur les sanctions à prendre à l’égard du HCE

Finalement, le Haut Conseil d’Etat (HCE) a refusé de se plier à l’ultimatum du 6 Octobre dernier lancé par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine (UA) demandant le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Conséquences de ce refus : les nouvelles autorités ne sont plus à l’abri de sanctions de la part de l’Union Africaine (UA) qui exigeait dans son ultimatum que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi soit rétabli dans ses fonctions de Président de la République.  

L’attitude à adopter vis-à-vis de la junte militaire divise le peuple mauritanien. Ils sont nombreux, ces mauritaniens qui demandent que l’Union Africaine bivouaque sur ses positions. C’est le cas de Youssouf Sylla qui pense que c’est la seule manière à adopter pour faire quitter les militaires du pouvoir. «Il faudrait que l’Union Africaine durcisse le ton. Il ne faudrait pas qu’elle lâche », demande-t-il. 

Pour lui, si l’Union Africaine n’adopte pas des sanctions à l’égard de la junte militaire, ce serait un signe d’encouragement que pourraient explorer tous ceux qui voudraient renverser un pouvoir démocratiquement élu en Afrique. Autrement dit, on s’acheminerait vers un précédent dangereux qui menacerait la stabilité politique et sociale de l’Afrique et de la sous-région en particulier.   

Prenant le contre-pied de ceux qui voudraient légitimer le coup d’Etat du 6 août dernier sur le fait que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi constituait une menace pour la stabilité du pays, il rappelle qu’il a été élu démocratiquement. Par conséquent, pense-t-il, il fallait attendre les prochaines élections présidentielles pour le sanctionner positivement ou négativement.  

Comme certains mauritaniens, il est favorable à la prise de sanctions à l’égard de la junte militaire. Toutefois, il a préconisé le dialogue entre les différents protagonistes de la crise actuelle à savoir le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) et le Haut Conseil d’Etat (HCE). 

Pour lui, face à un FNDD qui réclame le retour de Sidi et un HCE déterminé à assurer la période de transition (14 mois), il préconise une alternative : les militaires sous l’égide de la communauté internationale acceptent de partir, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi revient au pouvoir pour assurer la transition en mettant en place un gouvernement d’union nationale qui va regrouper tous les partis politiques pour aboutir à l’organisation d’une élection présidentielle à laquelle il ne participera pas. Cette élection se fera sous la supervision d’une commission électorale nationale indépendante.  

Quant à Lansana, il aurait aimé que l’Union Africaine n’adopte aucune sanction à l’égard de la Mauritanie. Il n’a pas manqué d’affliger Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qu’il accuse d’être à l’origine de plusieurs difficultés d’ordre économique, politique et social qu’a connu notre pays durant plusieurs mois. Il voit dans le coup d’Etat du 6 août 2006 comme une sorte de délivrance. «Si ce n’était pas le 6 août, croît-il, nous allions nous retrouver dans une situation plus critique que celle que nous sommes en train de vivre présentement. » A ses yeux, l’Union Africaine doit essayer d’accompagner la Mauritanie dans la recherche de solution de sortie de crise. 

Pour Abdallahi, les sanctions de l’Union Africaine seraient les bienvenues. Néanmoins, il demeure sceptique sur leur effectivité. «J’espère que l’Union Africaine ne va pas tomber encore dans la rhétorique des sanctions traditionnelles (gel des avoirs, interdiction de voyages…). Ça ne portera pas ses fruits », dit-il en citant l’exemple des autorités ivoiriennes qui ont été interdites de voyages.  

Quatre ans plus tard, ces sanctions n’ont pas servi à grand-chose. Il propose des sanctions plus fortes et plus dures pour pousser la junte militaire à la démission. Pourquoi pas, selon lui, une intervention militaire. Lui aussi, il préconise pour sortir de la crise actuelle, la formation d’un gouvernement d’union nationale. 

«La Mauritanie a rejeté l’ultimatum de l’Union Africaine parce que celle-ci ignore la réalité du pays où les 2/3 du Parlement, la quasi-totalité des maires élus et la majorité du peuple sont favorables au changement du 6 août 2008 », rappelle Souleymane qui ne veut pas entendre du retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions de Président de la République. Pour lui, l’Union Africaine a tort de vouloir s’ingérer dans les affaires intérieures mauritaniennes en demandant notamment le rétablissement de l’ordre constitutionnel.  

«Les mauritaniens se sont dotés d’une constitution. Ils ont élu un Président de la République. Quelques soient les griefs qu’on peut lui reprocher, cette question (la solution de la crise, Ndlr) relève essentiellement des civils, des partis politiques et non pas de l’armée », rappelle encore Hafedh en légitimant l’ultimatum de l’Union Africaine qui, selon lui, doit prendre des sanctions «opérationnelles » visant tous les membres du Haut Conseil d’Etat et tous les députés soutenant le mouvement du 6 août 2008. 

Comme on peut le constater, par rapport aux sanctions à adopter vis-à-vis de la junte militaire, les avis sont partagés. Il appartient maintenant à la classe politique de trouver les solutions pour sortir la Mauritanie de la crise actuelle du fait du coup d’Etat du 6 août dernier.

 

Babacar Baye Ndiaye 

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