( 5 octobre, 2007 )

Des chantiers prioritaires

S’il y a une situation qui a pu préoccuper et rassembler tous les mauritaniens, loin des identifications politiques et communautaristes, c’est bien celle de la stabilité politique et sociale du pays. Durant la campagne électorale, mais également dans des débats organisés par les médias nationaux et étrangers sur le processus électoral en Mauritanie, beaucoup de thèmes ont été évoqués et débattus par les 19 candidats chacun y apportant sa corbeille de propositions et de contribution. Les partis politiques, la presse, les organisations de défense des droits de l’homme et de la société civile ont accordé une part capitale à ces sujets qui étaient jusque là occultés ou considérés comme tabous, ou mis en seconde importance. On a entendu les propositions des uns et des autres, reste maintenant à les réunir dans un cahier de charge et les mettre en application dans l’intérêt de la Nation et du pays.

La moralisation de l’administration

Dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, le prochain gouvernement devra avoir comme cheval de bataille la moralisation de l’administration qui passerait nécessairement par la lutte contre l’impunité et la corruption. Et sur cette question, tout le monde devrait se mobiliser pour apporter sa contribution par rapport à ces deux maux qui ont gangrené l’appareil d’état durant plus de deux décennies. Les solutions ne manquent pas. Comme cela se fait ailleurs, une commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLI) serait la bienvenue. Cette commission aurait pour rôle entre autres de punir en cas de preuves avérées la réalisation de profits personnels ou l’obtention d’avantages de toute nature ainsi que la corruption passive ou active, la concussion et le détournement. Toujours par rapport à cette question, beaucoup de candidats ont proposé durant la campagne électorale des mesures allant dans ce sens. Il faudra pour remporter ce pari, doter cette commission des moyens financiers, matériels et humains afin qu’elle soit indépendante et joue pleinement son rôle de veille.

La question de l’unité nationale

C’est une question primodiale et d’un enjeu majeur. Et pour preuve, elle a occupé une place importante dans tous les programmes et discours des candidats qui pensent qu’il faut nécessairement rebâtir entre les mauritaniens la confiance qui a été écornée durant les années 90. Mais sur quelles bases devra se faire l’unité nationale ?
Le premier jalon va consister d’abord à procéder aux réparations et préjudices civils durant la période du règne du Président Taaya. Que tous les torts qui ont été faits soient réparés pour tous les déportés et les réfugiés mauritaniens. D’autres par contre pensent qu’il faut aller au fond des choses pour savoir réellement quelle a été l’étendue de la spoliation des terres et des violations et quelle a été la dimension du problème afin qu’il soit traité au mieux ? Toujours sur cette question, Sidi O / Cheikh a même préconisé s’il est élu de mettre en place un Observatoire des Droits de l’Homme qui va régler définitivement toutes les questions relatives aux problèmes des réfugiés, des veuves des victimes des douloureux événements de 1989 et 1991. D’autres, comme Ahmed Daddah, proposent l’organisation d’une réconciliation nationale. Il y a aussi le problème du partage du pouvoir politique qui a été souvent monopolisé par une ethnie ou une famille qui détenait tous les leviers de commande de l’état, de l’économie et de tous les espaces de la vie nationale. Enfin, il y a le problème de la répartition des richesses nationales qui n’ont pas véritablement profité aux populations les plus démunies. Tous ces problèmes devraient être traités de manière consensuelle pour aboutir à une véritable réconciliation nationale. Fort donc de ces éléments, comment tourner la page sans pour autant réveiller les démons du passé de manière à favoriser la réconciliation ?

D’autres priorités

La question culturelle suscite encore des débats au sein de la population mauritanienne de même que la question des langues qui n’est pas définitivement réglée même si c’est une question tranchée par la constitution. La Mauritanie est un pays multi culturel et multi linguistique. Pourquoi donc favoriser une langue au détriment des autres ? Cette inégalité est plus visible au niveau de la radio et de la télé.
Depuis des décennies, l’armée a joué un rôle non négligeable dans la structure de l’appareil d’état pour des raisons politiques et électoralistes. Actuellement, la non ingérence de l’armée dans les affaires politiques et publiques est plus que d’actualités. Avec l’arrivée du CMJD au pouvoir, le contexte politique a changé à partir du moment où la transition est venue. Une chose est certaine avec ce régime militaire, la Mauritanie s’est débarrassée d’un régime dictatorial. Quel sera alors le rapport du futur chef de l’état avec l’armée ? Autrement dit si l’Etat de droit et la vie politique se feraient sans l’intervention de l’armée ?
Selon toute vraisemblance, l’après transition pourrait être la continuité des acquis démocratiques et leur préservation, la mise en place d’un nouveau système de gouvernance fondé sur des bases égalitaires. Meme si c’est vrai que chaque période avec les événements qui la caractérisent et la façonnent, on ne s’empêcherait pas de glapir désormais, plus rien ne sera comme avant. Vive la démocratie et l’état de droit seules garanties de liberté et de justice sociale ! Ces valeurs universelles n’appartiennent à personne !

Babacar Baye Ndiaye

( 5 octobre, 2007 )

Quand le passif humanitaire divise la grande muette !

Le débat autour du passif humanitaire suscite beaucoup de remous dans l’armée qui a eu à jouer un rôle prééminent dans les événements tragiques de 1989-90-91. C’est en 1986 que les premiers actes contre la communauté négro mauritanienne ont eu lieu avec son point culminant la parenthèse de 1990 et 1991 ou plus de 500 militaires Négro mauritaniens ont été exécutés, accusés de vouloir renverser le régime du Président Taya.
Durant sa campagne présidentielle, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah avait affirmé sa réelle volonté politique de trouver une issue heureuse à la question du passif humanitaire. Deux mois après son investiture, il fait une déclaration officielle dans laquelle il reconnaît le rôle de l’Etat et affirme derechef sa volonté de trouver des solutions justes et objectives à ce dossier qui constitue un lourd et difficile héritage que lui ont délégué le CMJD et le régime de Taya. Quelques jours après ce discours officiel, une délégation interministérielle composée du Ministre de l’intérieur Zakaria Yall et du Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République Yahya Ould Ahmed El Waghef se rendent dans les camps des réfugiés mauritaniens qui se trouvent au Sénégal. De même que des campagnes de sensibilisation et d’explication sont menées auprès des populations, de la société civile, des partis politiques et des autorités religieuses afin de les associer dans le programme de retour des réfugiés mauritaniens concocté par l’Etat.
Toutefois, malgré de telles tentatives, le passif humanitaire semble relégué au second plan. On dirait que cette question serait en train d’être banalisée et occultée par les pouvoirs publics du moins à l’heure actuelle. Pour quelles raisons ? Et par rapport au passif humanitaire, le président de la république soutient l’engagement de l’Etat mauritanien à mener une « enquête honnête et sérieuse » en vue de connaître le nombre exact de personnes qui ont été tuées au cours de ces événements et permettre à leurs familles de recouvrer tous leurs droits.
Tout le monde sait qu ‘une partie de l’armée nationale a les mains et les bras bien trempés dans le dossier du passif humanitaire. Au sein de cette républicaine, il semblerait qu’il y ait des officiers qui éprouvent une peur bleue. Pour ce qui est de la question judiciaire du passif humanitaire, deux tendances se dégagent : d’une part, ceux qui se sentent mouillés et qui ne voudraient pas qu’on en parle. Cette tendance, parait-il, n’hésiterait pas à agir, à semer la zizanie, si on l’ accusait d’avoir participé à ces événements, des menaces à peines voilées. Cette tendance ainsi donc n’aurait pas intérêt que cette question soit soulevée. L’autre aile est plus favorable à la mise sur pied d’un mécanisme d’identification des auteurs. A cet égard, certains officiers célèbres du défunt CMJD ont estimé de leur part avoir les « mains propres » et souhaiteraient qu’on ré-ouvre le dossier et que la lumière soit faite par rapport aux exactions commises au nom de l’armée.
Qui est bourreau et qui ne l’est pas ? Difficile à répondre. Ce qui est sûr et certain, c’est que cette question du passif humanitaire divise l’armée. Et à l’extérieur, l’image de notre armée nationale est galvaudée par son passé tumultueux. Au sein de l’armée, ils sont légion, ceux qui veulent que les choses soient clarifiées et les responsabilités situées. L’armée doit être à l’image du pays. En matière de commandement militaire, la discrimination est patente Dans cette armée, il n y a pas de volonté d’instaurer un esprit d’équité et de justice Pourtant le problème peut- être réglé en s’inspirant des exemples marocain et sud africain. Les compensations ne devraient pas obnubiler les ayants droits au point d’occulter le côté juridique du dossier. Ou alors, pourquoi les bourreaux ne présenteraient-ils pas leurs excuses aux victimes qui ont par ailleurs le droit de savoir dans quelles conditions leurs maris ont été trucidés ? En outre, par rapport au plan de règlement, c’est à l’Etat de voir les modalités pratiques. Les veuves disent ne point s’ opposer au pardon. A condition que les bourreaux avouent leurs crimes.
Aujourd’hui, c’est un défit, si l’état veut régler aussi le passif humanitaire, le premier signal fort qu’il devrait entreprendre, c’est de démettre les officiers de certains commandements de l’armée. Le Président de la République en est certainement conscient. C’est sans doute ce qui explique qu’il est en train d’opérer des mutations en douceur au sein de la grande muette. Le CMJD avait penché sur les méthodes à utiliser dans le cadre du passif humanitaire. Mais il y a eu cependant un relâchement à l’époque. Les bourreaux peuvent avoir une porte de sortie honorable. Encore faudrait-il qu’ils assument leur leurs actes et aient le courage de reconnaître ce qu’ils ont commis.
Comme ce sont des militaires, n’avaient-ils pas agi sous commandement ? Un autre débat dans un débat.


Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

L’UFP face aux questions de l’heure.

Le bureau national de l’Union des Forces de Progrès s’est réuni ce jeudi 10 mai en session extraordinaire pour procéder à de larges informations, définir la politique du parti pour la période actuelle et se pencher sur sa situation organisationnelle. L’ensemble de ses questions ont été abordées au cours d’un point de presse tenu au siège du parti hier matin.

A l’issue d’un point de presse consacré à l’évaluation de la présidentielle de2007, le BN de l’UFP a estimé que les résultats du premier tour ont été en deçà de l’influence du parti, du fait des difficultés rencontrées dans la disposition des ressources humaines et en matière de communication, dans un contexte identitaire dominant.
Lors de cette réunion, le BN de l’UFP a évoqué la situation actuelle du pays, l’unité nationale, le retour des déportés, l’éradication de l’esclavage, la lutte contre la corruption ainsi que le rôle et la place des forces armées dans les instituions républicaines .
Et par rapport aux forces armées et aux forces publiques, le BN a suggéré que les mesures indispensables soient prises pour améliorer les conditions d’existence des officiers et des soldats, leur assurer un système de promotion équitable et transparent.
Dans ce chapitre, le BN a dénoncé « la volonté de certains officiers de l’ex-CMJD d’exercer leur hégémonie sur la direction des affaires du pays » et s’est inquiété « des supputations relatives à une institution chargée de la sécurité, non conforme aux lois et règles de la République ».
La prévalence du gouvernement technocratique actuel, les dangers de récupération par le Mithaq, l’éventualité d’un coup d’état en cas de crise institutionnelle grave et enfin, la possibilité d’un gouvernement de large consensus, lit-on dans le communiqué de presse, sont les scénarios qui découlent de l’évaluation de la situation par le BN.
La prise en charge des populations démunies et de leurs préoccupations quotidiennes a été au centre des discussions. Le BN « a décidé d’accorder une attention prioritaire à ces questions en particulier dans les secteurs spécifiques comme ceux des jeunes, des femmes, des travailleurs, des paysans et des opérateurs économiques ».
Le BN est revenu sur la découverte de quantités de stupéfiants qui indique, selon lui, que les maffias internationales agissent dans notre pays en complicité avec des réseaux mauritaniens, révélant ainsi la criminalisation de l’économie mauritanienne. Enfin, les membres du BN de l’UFP a appelé les partis représentés au parlement, l’ensemble des forces patriotiques et tous les mauritaniens qui se soucient de la salubrité de notre économie, à une compétition honnête et transparente entre les opérateurs ainsi que de la préservation de l’éthique et des valeurs morales.


Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Le Parti National pour El inma annonce les couleurs

Aussitôt le Parti National El Inma reconnu, les responsables dudit parti ont tenu une conférence de presse pour saluer la décision des nouvelles autorités consistant à la reconnaissance de plusieurs partis politiques qui ont souffert de la censure et de l’exclusion du champ politique.

Un parti d’ouverture

Le Parti National pour El Inma (PNI) se veut un parti d’ouverture, un parti proche de «tous les opprimés » sans exception tout en suivant avec beaucoup d’intérêt l’évolution sociale et politique de l’Irak selon leurs propres termes, de la Palestine et dans chaque foyer de tension.
En matière de politique intérieure, la présidente du PNI, madame Sehla Mint Ahmed Zaid a fait savoir sa réelle et ferme détermination de lutter contre la violence, l’extrémisme et tout ce qui menace la Mauritanie, de même que la position de son parti pour le retour des déportés mauritaniens qui, sans doute, selon elle, incarnera le rapprochement, l’amitié et renforcera l’unité nationale entre toutes les composantes du peuple mauritanien. La présidente du parti a noté qu’il est de leur devoir de participer d’une manière responsable dans la construction du pays pour relever les défis que dictent les conditions internationales.

Un discours politique nouveau

Le PNI veut sortir selon son chargé de communication de la mêlée des partis politiques traditionnellement connus en Mauritanie et s’inscrit dans une perspective de rupture dans la scène politique. «Nous pensons qu’au niveau de notre parti, note le chargé de la communication, que les peuples ont longtemps été dans l’opium politique. Nous estimons qu’il est nécessaire de mettre en avant les problèmes économiques. Nous pensons qu’il est tant que les politiques cessent pour laisser place aux économiques ».

Ni de l’opposition ni du pouvoir

Aucune réponse n’est avancée dans ce sens. La seule explication qui a été donnée est la suivante : « notre parti vient de naître. Nous n’avons pas encore 45 jours. Il faut nous laisser le temps de réfléchir. » En attendant qu’ils cogitent de leur sort dans l’arène politique, le PNI sera seulement «avec ceux qui sont pour l’intérêt national, ceux qui sont pour la sauvegarde de l’unité nationale, ceux qui sont contre la corruption et la division, ceux qui pensent, ceux qui auront un nouveau look pour gérer non seulement les mauritaniens mais les deniers publics ».

Le PNI revient sur le financement des partis politiques

Je ne crois pas, estime le chargé de communication du PNI, qu’on peut donner à un parti politique suffisamment de moyens pour réaliser son programme politique. « Aujourd’hui, en Mauritanie, il y a beaucoup de partis mais je ne crois pas que le nouveau gouvernement qui est l’héritier du gouvernement de la transition qui a fait de tous ses moyens pour décapiter les partis politiques n’a pas encore mis une stratégie en place pour financer les partis politiques réellement. Je ne parle pas des subventions superficielles qui sont jetées comme des grains à une volaille mais de prendre en compte les partis politiques de savoir que ces partis expriment la volonté d’une composante des mauritaniens. Cette volonté n’a pas encore existé mais nous pensons dans l’avenir qu’il y aura une nouvelle volonté politique pour pouvoir financer réellement les partis politiques ».

Babacar Baye Ndiaye

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