( 3 octobre, 2007 )

Marionnette ou volonté de rupture avec le passé ?

Le second tour de l’élection présidentielle du 25 mars pourrait se présenter et se dérouler sous des aspects totalement inédits. On pourrait assister à des bouillonnements incroyables.

Sidi Ould Cheikh Abdallah va-t-il remporter le duel final qui l’oppose à Ahmed Ould Daddah ? Durant sa campagne électorale, il est apparu sur la scène politique comme le Président qui « rassure ». Il a visiblement et malicieusement compris qu’il lui fallait surtout se préoccuper de l’unité nationale. A tort ou à raison, il a été accusé par ses adversaires d’être soutenu par le pouvoir militaire. Sur cette affaire, on a entendu le chef de l’état, le colonel Ely Ould Mohamed Val ouvrir le parapluie du CMJD à plusieurs occasions. Sidi Ould Cheikh Abdallah est-il une marionnette au service du CMJD ? Ou, s’est-il présenté à l’élection présidentielle pour défendre les puissants officiers du CMJD et bien sur leur fortune ainsi que les barrons de l’ancien régime tapis toujours dans l’ombre et qui ne veulent pas s’éloigner du pouvoir même pas d’un iota ? Quitte à compromettre l’unité nationale et la stabilité du pays. Autant d’interrogations sans réponses. Il suffit d’ouvrir les yeux et d’observer pour comprendre ce qui se trame. Mais la bataille ne sera pas facile pour Sidi qui aura en face de lui Ahmed Ould Daddah qui incarne aux yeux de tout le monde l’unique chance pour l’opposition ancienne d’accéder au pouvoir et qui ne manquera pas à coup sur de bénéficier du soutien des ténors de l’opposition pour des raisons de combat historique dont l’U.F.P. et l’A.P.P. qui viennent de confirmer leur soutien à Ahmed Ould Daddah.
Selon toute vraisemblance, Sidi Ould Cheikh Abdallah part favori au second tour de l’élection présidentielle du 25 mars prochain, car il dispose du soutien infaillible du CMJD qui contrôle l’administration et les mannes financières. Nous voilà dans un univers étrange qui s’apparente plutôt à un « deal politique » entre Sidi et les membres du CMJD. Outre ces faveurs, il peut compter sur une grande partie de l’électorat de Zéine Ould Zeidane, de l’électorat noir et bien sur son expérience politique et étatique. Et qui sait sur la fraude ( ?).
Le second tour de l’élection présidentielle suscite un vif intérêt chez les deux camps qui ont affûté déjà leurs armes. Et c’est peu dire en affirmant qu’il sera un second tour à haute tension à moins qu’il n’y ait un esprit de dépassement qui va planer sur la tête des militants des deux camps. Face à la détermination des uns et des autres de gagner à tout prix ce scrutin (on parle et je ne sais sur quelles raisons se fonde-t-on de l’investiture prochaine de Sidi Ould Cheikh Abdallah) et l’optimisme du camp de Ahmed Ould Daddah convaincu que le changement doit s’effectuer contre vents et marées, il est fort à craindre que tous les ingrédients d’une crise politique (ce que nous ne souhaitons pas pour le peuple mauritanien) sont plus que jamais entre les mains des irréductibles des deux camps qui ne lésineront pas un seul moment à mettre le feu aux poudres. L’après 25 mars nous édifiera si les deux candidats ont le sens de la responsabilité et du dépassement que doit prôner tout homme politique dans un contexte de mise à l’épreuve.

Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Ely part-il malgré lui ?

Toute œuvre humaine a une fin. Ely Mohamed Vall est sur le départ, la Mauritanie et les mauritaniens vont entrer dans une nouvelle ère, une ère trouée d’incertitudes, d’interrogations et de zones d’ombres.

Mohamed Vall a fait semblant hier de ne pas paraître mélancolique, de faire croire qu’il ne s’agissait que d’un grand jour pour notre pays : « Est-ce que j’ai l’air triste » a-t-il lancé aux cinquantaines de journalistes. De ne pas voir qu’une page de l’histoire de la Mauritanie est bel et bien en train de se tourner. Le mot « réussite » a donc marqué la période de transition qui a duré 19 mois. Dans son allocution, Ely Mohamed Vall s’est d’ailleurs efforcé de conforter cet état d’esprit. A l’en croire, « le CMJD, le gouvernement de transition et l’ensemble des mauritaniens ont contribué à la réussite de cette œuvre qui est commune à tous les mauritaniens ». En un mot, Ely est convaincu qu’ « ils ont commencé quelque chose qui a été commencé par l’ensemble du peuple mauritanien, que ceci n’est qu’un début et qu’il y a encore beaucoup de choses à accomplir ». Comme pour dissiper les supputations ou pour tordre le cou aux griefs faits au CMJD, à qui l’on reprochait de vouloir conserver le pouvoir ou de soutenir un quelconque candidat, Mohamed Ely Vall s’est voulu être très clair : « Nous avons été au pouvoir pour des raisons précises. Nous avions déclaré que nous sommes là pour accomplir une mission précise et nous quitterons au bout de cette mission et cela n’est pas posé en termes de plaisir ou de déplaisir. Il est posé en termes de devoir à accomplir pour notre pays ». Ely, le tombeur de Maaouiya est-il satisfait de ses 19 mois passés à la tête de l’état. Apparemment oui. « En tout cas, j’ai le sentiment d’avoir tout fait », a-t-il expliqué au sortir de son bureau de vote à la direction des domaines où il a accompli son devoir civique aux environs de 10h 15. A l’analyse de tout cela, Ely reviendra-t-il au pouvoir après avoir pris goût ? En attendant, le colonel missionnaire va assurer jusqu’à terme la transition entamée depuis le 3 Août 2005. Le pouvoir est un opium et qui l’avale le sentira brûler ses entrailles et son cœur. Cette réalité, Ely Mohamed Vall l’a si bien comprise. Maaouiya a goûté aux délices du pouvoir, au lieu de partir, il est resté. Ely a goûté mais il est en train de partir, malgré lui. Car, il avait promis, promis de tenir et de respecter ses engagements et le calendrier du processus électoral. C’est ce qu’on appelle marcher sur sa langue. Après tout, il a sauvé le pays des dérives qui le guettait, à instaurer un nouveau esprit tant sur le plan démocratique que sur le plan social. En bon sportif, Ely a rendu un hommage à la classe politique notamment les 19 candidats en lice qui se sont comportés selon ses propres termes de façon «exemplaire » et «admirable » durant la campagne présidentielle qui s’est déroulé de manière correcte sans le moindre incident majeur.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

L’Alliance Progressiste et Populaire survivra-t-elle ?

Curieuse décision que celle que vient de prendre le bureau exécutif de l’Alliance Progressiste et Populaire (déclarent certains) qui s’est tenue ce Lundi 19 Mars à son siége de Tévragh- Zeina et qui a duré plus de huit heures de temps. C’est une véritable bombe que l’APP a lâché en décidant de soutenir la candidature de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Inutile de le dissimuler : ce n’est plus une arcane de notre vie politique. Entre Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah, ce n’est pas le parfait amour, ni « allez, je ne vous hais point ». La conclusion peut paraître hâtive mais l’étau se resserre de plus en plus autour de Ahmed Ould Daddah ! Autrement dit les chances de le voir remporter le second tour de l’élection présidentielle s’amenuisent et se rétrécissent de jour en jour et les combinaisons ou calculs politiques jouent en sa défaveur. Mais pour le moment, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Puisqu’on peut assister au jour du dépouillement des bulletins de vote, à des retournements de situation spectaculaires, ne gageons rien. De même, les électeurs conscients (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) qui aspirent au changement peuvent ne pas suivre le bureau exécutif de l’APP dans sa décision. Les uns voient dans ce choix un »suicide politique » d’autres par contre la considèrent comme « logique ». Ainsi donc, l’APP a fini par soutenir le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en contrepartie d’une participation effective à la gestion des affaires dans le cadre d’un gouvernement commun intègre et compétent qui prend en charge les grandes questions pour lesquelles ce parti a lutté inlassablement durant les dernières décennies mais aussi de pousser le processus démocratique à aller de l’avant et sortir de l’ère du pouvoir personnel, de tout mettre en œuvre afin d’éviter au pays le risque d’un éventuel tiraillement entre les institutions élues et le pouvoir militaire représenté par le CMJD. 19 mois après le salvateur coup d’état du 03 août 2005 par le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, la Mauritanie venait de franchir, avec le premier tour, un pallier important de son histoire sur le chemin de la consolidation de l’état de droit et de la démocratie. Dimanche prochain, les électeurs se rendront derechef au bureau de vote pour élire ou Ahmed Ould Daddah ou Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. L’entre deux tours de l’élection présidentielle aura été tumultueux et plein de suspens notamment en ce qui concerne le choix des soutiens des malheureux candidats indécis et qui ont fini par faire monter la barre des enchères très haut. Autant dire qu’il s’agit d’un second tour exceptionnel qui n’a pas encore livré ses secrets. Pendant cette période, on nous a caché tout, on nous a rien dit. Mais, au-delà de cette supercherie politique, sur quelles bases se ficèlent les alliances électorales ? Quelle est, en effet, la seule justification sérieuse qu’elles peuvent apporter aux deux candidats ? C’est qu’elles garantissent une éventuelle participation dans un gouvernement élargi. Et rien du tout. Dans ce registre là, c’est baux deux candidats d’être prêts pour le rendez-vous que le peuple leur a fixé. Quel enseignement faudra-t-il tirer de la décision de l’APP autrement dit quelles seront les conséquences et dans ce cas, seront-elles favorables ou défavorables ? En politique, il faut oser opérer des choix et les assumer au risque de se morfondre. Certainement, les valeurs qu’incarnent Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah ne sont pas compatibles. Mais comme l’a laissé entendre le premier en l’occurrence Messaoud, son choix est loin d’être ambigu encore moins catastrophique. Alors l’Alliance Progressiste Populaire survivra-t-elle à sa décision surprenante du 19 mars passé ?

Babacar Baye N’Diaye
ducdejoal@yahoo.fr

Curieuse décision que celle que vient de prendre le bureau exécutif de l’Alliance Progressiste et Populaire (déclarent certains) qui s’est tenue ce Lundi 19 Mars à son siége de Tévragh- Zeina et qui a duré plus de huit heures de temps. C’est une véritable bombe que l’APP a lâché en décidant de soutenir la candidature de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Inutile de le dissimuler : ce n’est plus une arcane de notre vie politique. Entre Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah, ce n’est pas le parfait amour, ni « allez, je ne vous hais point ». La conclusion peut paraître hâtive mais l’étau se resserre de plus en plus autour de Ahmed Ould Daddah ! Autrement dit les chances de le voir remporter le second tour de l’élection présidentielle s’amenuisent et se rétrécissent de jour en jour et les combinaisons ou calculs politiques jouent en sa défaveur. Mais pour le moment, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Puisqu’on peut assister au jour du dépouillement des bulletins de vote, à des retournements de situation spectaculaires, ne gageons rien. De même, les électeurs conscients (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) qui aspirent au changement peuvent ne pas suivre le bureau exécutif de l’APP dans sa décision. Les uns voient dans ce choix un »suicide politique » d’autres par contre la considèrent comme « logique ». Ainsi donc, l’APP a fini par soutenir le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en contrepartie d’une participation effective à la gestion des affaires dans le cadre d’un gouvernement commun intègre et compétent qui prend en charge les grandes questions pour lesquelles ce parti a lutté inlassablement durant les dernières décennies mais aussi de pousser le processus démocratique à aller de l’avant et sortir de l’ère du pouvoir personnel, de tout mettre en œuvre afin d’éviter au pays le risque d’un éventuel tiraillement entre les institutions élues et le pouvoir militaire représenté par le CMJD. 19 mois après le salvateur coup d’état du 03 août 2005 par le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, la Mauritanie venait de franchir, avec le premier tour, un pallier important de son histoire sur le chemin de la consolidation de l’état de droit et de la démocratie. Dimanche prochain, les électeurs se rendront derechef au bureau de vote pour élire ou Ahmed Ould Daddah ou Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. L’entre deux tours de l’élection présidentielle aura été tumultueux et plein de suspens notamment en ce qui concerne le choix des soutiens des malheureux candidats indécis et qui ont fini par faire monter la barre des enchères très haut. Autant dire qu’il s’agit d’un second tour exceptionnel qui n’a pas encore livré ses secrets. Pendant cette période, on nous a caché tout, on nous a rien dit. Mais, au-delà de cette supercherie politique, sur quelles bases se ficèlent les alliances électorales ? Quelle est, en effet, la seule justification sérieuse qu’elles peuvent apporter aux deux candidats ? C’est qu’elles garantissent une éventuelle participation dans un gouvernement élargi. Et rien du tout. Dans ce registre là, c’est baux deux candidats d’être prêts pour le rendez-vous que le peuple leur a fixé. Quel enseignement faudra-t-il tirer de la décision de l’APP autrement dit quelles seront les conséquences et dans ce cas, seront-elles favorables ou défavorables ? En politique, il faut oser opérer des choix et les assumer au risque de se morfondre. Certainement, les valeurs qu’incarnent Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah ne sont pas compatibles. Mais comme l’a laissé entendre le premier en l’occurrence Messaoud, son choix est loin d’être ambigu encore moins catastrophique. Alors l’Alliance Progressiste Populaire survivra-t-elle à sa décision surprenante du 19 mars passé ?

Babacar Baye N’Diaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

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