( 3 octobre, 2007 )

Tghana Cheikh Saad bouh dit cheikh aidara, rédacteur en chef de l’authentique

Aujourd’hui rédacteur en chef de l’authentique depuis sept ans, cheikh aidara a eu à travailler d’abord dans l’administration publique avant d’atterrir sur les pistes du journalisme.

————Par Babacar Baye Ndiaye

D’abord, cheikh aidara a débuté sa carrière de fonctionnaire dans l’administration publique et a eu à collaborer pendant plus de dix ans avec l’Office National des Statistiques (O.N.S).

Ce qui lui permis comme il le dit d’acquérir une longue et solide expérience dans ce domaine et de connaître très bien la Mauritanie mais aussi de côtoyer toutes les couches et composantes de la population. Un plus dans l’enrichissement de son expérience, s’enorgueillit-il.

Mais pourquoi ce choix venant de la part d’un fonctionnaire de l’état ? Parce qu’ « il n y a aucun métier que j’aurai préféré au journaliste. J’ai toujours aimé l’écriture qui m’a toujours passionné. J’écrivais même avant d’être journaliste » et cheikh de poursuivre « le journalisme c’est une vocation comme certains embrassent la carrière d’enseignant comme vocation non pas par amour du gain mais par amour que l’on voue au métier, c’est une passion ».

Nul besoin de lui dire « soyez journaliste si c’est votre métier ». Ainsi donc en déchaussant ses babouches de fonctionnaire de l’état, il préféra marcher sur les berges de la presse écrite et intégra aussitôt l’authentique après avoir passé une période éphémère dans un journal appelé « Le Temps ».

Cependant, le métier de journaliste avoue-t-il est un travail harassant, stressant mais par amour au métier, il essaie tant bien que mal de supporter la lassitude qui fait partie du métier. Derrière son nom de marabout, se cache une rigueur infaillible. « Je suis un homme pointilleux et rigoureux.

Quand j’entreprends un travail, je le fais entièrement avec tout le sérieux requis. D’ailleurs, c’est que me reproche Oumar (directeur de publication de l’authentique) tout le temps ». Alors question Cheikh ? Ne vous est-il jamais arrivé d’être tracassé dans la vie ? « Rien ne me tracasse. Je suis quelqu’un qui ne pense pas au lendemain et qui oublie hier. C’est une disposition naturelle que j’ai cultivée parce que je suis issu d’une famille maraboutique qui a des principes assez rigoristes. Je vis au jour le jour ».

Son principal souci demeure les ressources humaines c’est-à-dire avoir des journalistes formés et se consacrer entièrement à son rôle de rédacteur en chef autrement dit un chef d’orchestre d’une équipe.

Et par rapport à la presse écrite en Mauritanie ? « Elle a connu une grande évolution c’est-à-dire sur le plan de la qualité, de la régularité, de la profusion des titres de journaux, il y a un très grand progrès qui s’est dessiné ces dernières années bien qu’il y a encore beaucoup de lacunes. Les journalistes ont besoin encore de formation parce que très peu sont formés sur les techniques journalistiques ».

Etant né au Sénégal et y ayant fait toutes ses études, Cheikh Aidara fait partie de ceux qui revendiquent leur double culture mauritanienne et sénégalaise. Eternel optimiste, il ne peut s’empêcher de se réjouir du processus de transition qui a tiré à sa fin.

« je pense que l’avenir nous réservera quelque chose de meilleur par rapport à ce que nous avons vécu. C’est le souhait de la plupart des mauritaniens. J’aurai aimé qu’on s’achemine vers un gouvernement d’union nationale pour dépasser cette période de post- transition mais malheureusement tel ne sera le cas. Je le regrette. Je pense qu’il faut qu’il y ait une opposition qui s’oppose de manière démocratique et responsable ».

Quand il est à la maison, il met à profit son temps libre pour s’occuper de sa femme et ses deux enfants. La politique et lui c’est dans le cadre de son travail. « Je ne milite à aucun parti politique. Je ne me suis jamais impliqué dans le jeu politique ».

( 3 octobre, 2007 )

Birome Guéye, rédacteur en chef de l’éveil hebdo: Un homme épris de justice

Marié et père de trois enfants, Birome Guéye est un homme à la fois simple et timide. Depuis moins d’un an, il est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire l’éveil hebdo.

—————Par Babacar Baye Ndiaye

Birome Guéye est entré dans le journalisme dans des circonstances particulières et rien ne le prédestinait dans le milieu. « Je n’ai jamais rêvé d’être journaliste. J’avais rêvé de faire plutôt du droit. Je me voyais dans une carrière de juriste ».

Le sort en avait décidé autrement et il était dit ou plutôt écrit qu’il n’embrasserait jamais une telle carrière puisque très vite après l’obtention de son baccalauréat, il est envoyé grâce à une bourse de la part de l’état mauritanien en Tunisie au pays de Ben Ali pour y suivre des études en journalisme.

Ses premiers pas en tant que journaliste, il les a débutés à l’éveil hebdo en 1991 avant de le quitter pour y revenir neuf ans plu tard. Mais entre temps, Birome a labouré dans les champs de quelques journaux qui d’ailleurs n’existent plus maintenant. Il s’agit de « Mauritanie Nouvelle », « Mauritanie Demain », « Al Bayaane ».

Un parcours tumultueux diront les uns un yoyo pour les autres. Mais pourquoi ce choix ? Parce que « l’être humain est ambitieux par nature. Il cherche toujours à évoluer, à progresser. Si on a une offre qui nous permet de progresser dans la profession, on ne dira pas non ! ».

Centraliser, coordonner, veiller et parfois rappeler à l’ordre, voilà ce à quoi fait face chaque semaine Birome Guéye. Lassant non ? « Il arrive parfois des moments où on est fatigué.

On est appelé à travailler pendant les jours fériés sans répit, la nuit, dans des conditions souvent difficiles du fait d’un manque de moyens matériels et financiers. Mais c’est notre métier aussi ». Birome Guéye qui se dit ne pas aimer trop spéculer, préférant toujours avancer sur des choses assez solides, a estimé que la presse écrite mauritanienne est entrain de se chercher en laissant entendre qu’il faut du temps pour asseoir une presse libre.

Journaliste politique ? Il s’en défend, ou s’en méfie, déclarant que la politique ne l’a jamais intéressé parce qu’il a vu comment les gens font de la politique dans ce pays ce qui explique peut être qu’il ne s’est jamais intéressé à la politique car selon lui il y a trop de « dénigrements, de choses insupportables ».

Il est davantage préoccupé par la situation politique du pays. « C’est qu’on ait quelqu’un qui puisse gérer le pays de manière libre. Qu’il arrive à mettre le pays sur les rails. Il y a eu tellement de problèmes, d’injustices causées par l’ancien régime. Que le nouveau Président puisse régler ou en tout cas essayer de régler les problèmes essentiels de ce pays.

J’ai espoir au nouveau Président mais je me demande s’il va avoir cette marge de manœuvre avec toutes ces pressions qu’on voit. D’une part la coalition et les militaires et d’autre part l’opposition. Je me pose la question : est-ce qu’il pourra faire quelque chose ?» avoue Birome Guéye.

En attendant que les choses bougent et changent, il tient beaucoup à la cohésion de son foyer « pour moi, c’est la famille qui passe avant tout ». Pas besoin donc de jongler par ci par là.

Chercher à vivre, à résoudre ses problèmes est déjà tracassant reconnaît- il surtout dans le journalisme qui est un travail exigent. Alors comment fait- il pour gérer ses responsabilités de rédacteur en chef ? « Moi, je travaille comme si j’étais avec des amis afin que le courant puisse passer et surtout qu’il n y ait pas de blocage. Je n’aime pas cette sorte de hiérarchisation verticale. N’empêche pas qu’il y’ait des moments où il faut faire entendre sa voix. Je pense parfois qu’il faut assumer son rôle de chef sans être pédant ni contraignant ».

Pour Birome, qui a eu la baraka de bourlinguer notamment en France, au Sénégal et en Tunisie trois pays qu’il connaît parfaitement, il se caractérise selon ses propres termes comme quelqu’un qui aime la justice et qui a horreur de l’injustice.

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