( 16 janvier, 2011 )

Les violences sexuelles ‘ne doivent pas être tolérées ni acceptées’ selon Zeinabou Mint Taleb Moussa

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Une des leçons à retenir du rapport de synthèse 2010 sur les cas de violences sexuelles à Nouakchott élaboré par l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (A.m.s.m.e.) pourrait être celle-ci : premièrement, les cas par rapport à l’année 2009 ont diminué et deuxièmement, on constate que, comparativement, à l’année précédente, les tranches d’âge 10/15 et 16/18 sont toujours les plus touchées.

Lors de la publication, le 13 janvier, des résultats de ce rapport de synthèse au Centre El Wafa pour les conseils et la prise en charge des victimes des violences sexuelles de l’A.m.s.m.e., sa présidente, Zéinabou Mint Taleb Moussa, a expliqué cette chute du taux de violences sexuelles par la mise en place de programmes de prévention et de sensibilisation qui ont touché presque toutes les catégories socioprofessionnelles menés dans les neuf moughataas de la ville de Nouakchott.

C’est dans les moughataas d’El Mina, d’Arafat, de Sebkha et de Dar-Naim où l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant a enregistré le plus grand nombre de cas de violences sexuelles. Cet état de fait serait consécutif, selon cette Ong, à la particularité géographique de ces zones de forte prédominance des violences sexuelles.

Pour l’année 2009, l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant avait enregistré 205 cas de violences sexuelles. En 2010, cette Ong a enregistré 160 cas de violences sexuelles. Les filles mineures se retrouvent à la tête du peloton (127 cas) suivies des filles mineures domestiques (9 cas) et des femmes adultes (10 cas). Les femmes domestiques ferment la marche avec seulement deux cas. Les garçons mineurs n’échappent pas non plus aux violences sexuelles. Pour l’année 2010, 12 cas ont été enregistrés.

Derrière le profil des agresseurs se cachent des visages du mari de la mère, de l’enseignant, du père, du marabout, du voisin, du boutiquier, du camarade de classe, de l’ami de la famille, de l’employeur domestique, du domestique, du cousin, du vendeur ambulant, du pompiste, du tailleur, du tôlier, du mécanicien, de l’ânier, du taximan, de l’étranger, du délinquant, de l’inconnu et du mari. Au total, cela fait 258 agressions enregistrées pour l’année 2010.

Les victimes des violences sexuelles proviennent la plupart du temps de la Brigade des mineurs, des structures sanitaires, des commissariats de Police et du Centre El Wafa pour les conseils et la prise en charge des victimes des violences sexuelles.

« Lorsque nous les accueillons, nous leur faisons des examens médicaux. Pour le VIH/Sida, jusqu’à présent, on n’a pas eu un cas positif. Mais, en ce qui concerne le virus de l’hépatite B, nous avons eu deux cas positifs », a indiqué Zéinabou Mint Taleb Moussa.

Par ailleurs, en plus des prestations fournies aux victimes par le Centre El Wafa et le suivi médical des victimes, l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant assure le suivi juridique des dossiers.

« Mais, parfois, il y’a des valeurs socioculturelles qui interviennent pour décourager les victimes de porter plainte devant les juridictions. C’est un problème que nous rencontrons et nous faisons tout afin de pousser les victimes à n’avoir pas peur de porter plainte », a expliqué Me El Id Ould Mohameden, avocat à la Cour et chargé du suivi juridique des dossiers au niveau de l’A.m.s.m.e.

Dans le rapport de synthèse de cette Ong, on a noté une forte diminution des arrangements qui se faisaient soit devant la police ou devant le tribunal entre les parents en comparaison avec l’année 2009 où le taux de pourcentage représentait 43%.

Pour l’année 2010, le pourcentage d’arrangement est tombé jusqu’à 41%, un résultat qui s’expliquerait par le fait que les parents des victimes aient compris le besoin de porter plainte. « Il y’a violence mais il n’y a pas de justice. Nous sommes victimes, victimes et victimes. Victimes d’une agression barbare, victimes de mentalités et victimes de l’injustice et de l’insuffisance des lois », a souligné Zeinabou Mint Taleb Moussa.

L’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant vient d’achever une enquête sur les violences sexuelles dans cinq régions de la Mauritanie (Gorgol, Assaba, Brakna, Adrar et Dahlet Nouadhibou). D’après sa présidente, cette enquête montre que ce phénomène est réel en Mauritanie et demeure encore un sujet tabou.

Zeinabou Mint Taleb Moussa a annoncé la création d’une ligne d’assistance téléphonique et d’aide aux enfants qui souhaitent des conseils ou qui sont en danger. Ce numéro vert (80001010) d’appel gratuit mis à la disposition par la Mauritel à l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant sera également ouvert aux femmes victimes de violences. D’ici février, ce numéro vert sera ouvert aux autres opérateurs téléphoniques à savoir Mattel et Chinguittel.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 14 décembre, 2010 )

Zeinabou Mint Taleb Moussa demande au gouvernement plus d’action et d’appropriation du phénomène des violences sexuelles

Taleb Moussa Mint Zeinabou a demandé mardi au gouvernement plus d’action et d’appropriation du phénomène des violences sexuelles tout en préconisant le renforcement de la législation allant dans le sens de la lutte contre l’impunité.

Pour la présidente de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (A.m.s.m.e.), la réponse à la lutte contre les violences sexuelles passe d’abord par la levée du tabou qui entoure ce phénomène.

« La société civile a un très grand rôle à jouer dans ce sens. Elle doit soulever ce problème, le transmettre et démontrer son existence. Si c’est bien fait, la réponse du gouvernement sera une réponse positive.

Aujourd’hui, l’engagement existe mais la concrétisation par des faits réels, par une intervention réelle demeure toujours insuffisante », explique Zeinabou Mint Taleb Moussa.

L’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (A.m.s.m.e.) intervient, depuis dix ans, sur les violences sexuelles. Récemment, cette organisation a réuni, autour d’un atelier de concertation sur le traitement des violences sexuelles, des juges, des avocats, des policiers et des médecins pour rapprocher leurs idées et notamment relever les différents défis de compréhension qui existent entre eux en matière de prise en charge des victimes des violences sexuelles.

« Nous avons constaté qu’il y’a beaucoup d’incompréhensions entre eux. C’est pour cette raison que nous avons décidé de les mettre ensemble pour que réellement chacun d’eux face à face puisse comprendre le rôle de l’autre », indique la présidente de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant qui espère aussi que les juges, les avocats, les médecins et les policiers vont davantage s’impliquer activement dans une dynamique de prévention et de lutte contre les violences sexuelles.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

( 3 novembre, 2010 )

Inefficacité de la lutte contre les viols : La présidente de l’A.f.c.f. met en cause l’absence d’une préoccupation très forte de la part des pouvoirs publics

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.), Aminétou Mint El Moctar, juge inefficace la lutte contre les viols. Elle met en cause l’absence d’une préoccupation très forte de la part des pouvoirs publics au sujet de ce phénomène qui a atteint un pic sans précédent ces deux dernières années avec à l’appui des statistiques inquiétantes et troublantes.

« Le viol n’est pas stigmatisé chez nos populations. C’est dans les us et coutumes. Il est extrêmement difficile pour la victime de prononcer qu’elle a été violée. Il est extrêmement difficile pour les parents d’accepter porter plainte. La fille est aussi accusée, devant la justice et la police, d’avoir commis un crime d’adultère. Et, c’est toujours la victime qui paie les pots cassés », explique Aminétou Mint El Moctar.

Puis, elle se plaigne que l’opinion publique ne soit suffisamment pas mobilisée au sujet du viol qui est aujourd’hui un véritable phénomène de société tout en appelant de ses vœux à l’Etat de criminaliser le viol.

Il faut souligner, dans le même ordre d’idées, que, depuis, quelques années, des associations féminines dont notamment l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f) mènent un combat pour la mise en œuvre d’un cadre juridique de protection spécifique contre les violences à l’égard des femmes mauritaniennes.

Face à l’urgence et à l’ampleur de ce phénomène, ces associations de femmes attendent plus d’engagement de la part des pouvoirs publics dans le domaine de la lutte contre les viols. Mais, aussi, dans un autre registre, elles demandent également la compression de certaines dispositions juridiques qu’on retrouve ça et là, éparpillées, dans le Code Pénal, la Convention sur les droits de l’Enfant, l’Ordonnance 2005-015 sur les mineurs et le Code du Statut Personnel. Et, pour ce faire, elles comptent sur l’appui des parlementaires.

« Il ne s’agit pas de faire des lois qui ne seront pas appliquées ni de les multiplier pour ne pas les appliquer. Cela ne servira à rien », a-t-elle souligné.

Aminétou Mint El Moctar en a aussi appelé le gouvernement à se préoccuper davantage du sort des femmes mauritaniennes. « Elles constituent 51,6% de la population. C’est elles qui sont victimes de la pauvreté, de l’ignorance, du manque de formation spécifique pour répondre aux besoins du marché de l’emploi. C’est elles qui sont discriminées, victimes de violences, de maltraitances. On a besoin d’une politique de prise en charge de la question de la promotion des droits de la femme », a-t-elle rappelé.

Babacar Baye Ndiaye 

( 22 septembre, 2010 )

Projet de loi sur le secteur pharmaceutique : Les professionnels interpellent les parlementaires

Depuis quelques années, le secteur pharmaceutique est, lui aussi, frappé par l’anarchie. Celle-ci a entraîné l’irrespect de la réglementation en vigueur, l’émergence de médicaments contrefaits et non enregistrés au niveau de la direction de la Pharmacie et des Laboratoires, la spéculation sur les produits pharmaceutiques et la recherche abusive du bénéfice au détriment du pouvoir d’achat des populations.

Aujourd’hui, pour mettre un terme à cette situation, le gouvernement a adopté un nouveau projet de loi sur le secteur pharmaceutique. Lors de sa présentation par le Ministère de la Santé, le samedi 26 décembre 2009, à l’Assemblée Nationale, l’Association des Pharmaciens Mauritaniens a tenu un sit-in pour pousser les parlementaires à voter ce projet de loi qui va permettre, aux yeux des pharmaciens, d’assainir le secteur.

« Un médicament, ce n’est pas un jus d’orange. Ce n’est pas non plus une omelette », a prévenu Elbou O. Mohamed Brahim Vall, pharmacien et directeur du Laboratoire Biomed 24.

« On a constaté récemment en Mauritanie que les cancers, les insuffisances rénales, les pathologies cardiaques et les maladies gastro-intestinales ont atteint des proportions inquiétantes à cause de l’automédication et de la contrefaçon », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, l’Association des Pharmaciens Mauritaniens a indiqué que les parlementaires, en votant cette loi, sauveront le secteur pharmaceutique et préserveront la santé publique. Cette fois-ci, les pharmaciens l’espèrent fort, le gouvernement va éviter au secteur pharmaceutique de sombrer davantage et de le sauver des mains d’opportunistes.

« Si la loi de 1987 a été bien appliquée et que le rôle du commercial soit bien défini, on n’en serait pas là ce stade », a indiqué Thierno Mamadou Bocar Guèye qui n’a pas manqué de dénoncer l’anarchie qui s’est emparée du secteur pharmaceutique. Le sort du secteur est donc entre les mains des parlementaires qui doivent se prononcer sur le texte soumis par le gouvernement et duquel dépendra la mise aux normes du secteur.

Babacar Baye Ndiaye

( 5 septembre, 2010 )

En Mauritanie, « plus d’un million de personnes demeurent soumis à l’esclavage », révèle Birame Ould Dah, président de l’I.r.a.

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Lors d’une allocution à l’occasion du forum-conseil général du Parti Radical non-violent transnational à Barcelone, qui s’est déroulé du 3 au 5 septembre, le président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste de Mauritanie (I.r.a.) a, une nouvelle fois, voué aux gémonies l’Etat mauritanien. Selon lui, l’actuel régime serait en train d’encourager la « gouvernance raciste et esclavagiste ».

Esclavage, exclusion, marginalisation systématique, injustice…Birame Ould Dah Ould Abeid n’y va pas de main morte pour discréditer les pouvoirs publics aux yeux des participants du forum en vue d’espérer qu’ils exercent, à leur tour, la pression sur leurs gouvernements respectifs. L’objectif étant de les pousser à être plus exigeants en matière de promotion et de respect des droits de l’Homme en Mauritanie.

Le président de l’I.r.a. n’a pas manqué d’attaquer, dans le même ordre d’idées, l’absence de volonté de la part des pouvoirs publics dans l’optique d’éradiquer le phénomène de l’esclavage. « Le racisme d’Etat s’érige en loi et en mentalité auxquelles les noirs sont opiniâtrement et aveuglément soumis pour défendre des privilèges indus au nom du chauvinisme, du fascisme et de l’ethnicité arabe aux relents d’un nazisme exacerbé », explique-t-il.

Puis, sur un ton teinté d’humour et goguenard, Birame Ould Dah Ould Abeid, comme pour balayer d’un revers de la main toute volonté de la part de l’Etat de combattre l’esclavage et le racisme d’Etat, il indique aux participants que  »
la République Islamique de Mauritanie est le pays qui détient le record des absolutions de l’esclavage à travers le monde ». Il ajoute, cette fois-ci, sur un air moins sarcastique et grave : « C’est aussi l’Etat qui possède l’arsenal juridique le plus impressionnant mais qui reste envers et contre tout, rangé dans les tiroirs au grand bonheur des esclavagistes qui pullulent ».

Pour couronner le tout, il avance des chiffres assez effarants et très révélateurs de l’ampleur du phénomène de l’esclavage en Mauritanie. « Plus d’un demi millions de personnes demeurent soumis à l’esclavage grâce à la diligence entre les maîtres arabo-berbères et les autorités publiques », révèle-t-il.

Ensuite, il se met à parler de « manœuvres pour maintenir l’esclavage à travers le ralentissement du rythme de l’émancipation »,  de « blocage pur et simple de l’application des lois existantes par le truchement du système judiciaire et ses auxiliaires », de « connivence entre les autorités judiciaires, sécuritaires et administratives avec les propriétaires d’esclaves » mais également « la nonchalance manifeste vis-à-vis du règlement des cas soumis » d’esclavage avant d’évoquer le racisme d’Etat.

Par rapport à ce point, il n’hésite pas à charger l’Etat. Et lui faire avaler toutes sortes de couleuvres. Tenez par exemple sur la discrimination qui frappe les Harratines et les Négro-africains. Les révélations deviennent de plus en plus appétissantes, au fil de son allocution, toutes tirées de la réalité quotidienne. Là, il n’hésite pas à tremper le doigt. Les nationalistes arabes, les féodaux, les médias publics et les islamistes esclavagistes sont brocardés et nul n’échappe à la tondeuse du président de l’I.r.a.

« Les quelques noirs vus çà et là en guise de coloration sont l’arbre qui cache la forêt. Sur les 30 ministres que compte aujourd’hui le gouvernement, 23 sont blancs. Les recrutements des fonctionnaires dans les corps civils et les officiers dans les corps militaires et paramilitaires sont soumis à des critères discriminatoires qui excluent de façon quasi-totale les Noirs. Ils sont en général arbitrairement  bloqués au tableau d’avancement de manière à justifier la prédominance des arabo-berbères aux hauts postes de responsabilité », commente Birame Ould Dah Ould Abeid.

Les parenthèses de sang en 1986 puis 1987, le cycle d’épuration raciale en 1989 sanctionné par la déportation des Négro-africains au Sénégal et au Mali et le génocide perpétré entre 1990 et 1991 traduisent, aux yeux du président de l’I.r.a., une « politique de vidage » et une « forte dynamique d’arabisation ».

« Dans ses stratégies soigneusement copiées aux régimes racistes de l’ex-Irak,
la Syrie et le Soudan, on assiste actuellement, comme par le passé, à une institutionnalisation systématique de la discrimination. Un racisme d’Etat est instauré. Et la situation, n’augure d’aucune volonté de changement ni dans le court, ni dans le long terme », met-il en garde.

Au bout du compte, Birame Ould Dah Ould Abeid repart du forum de Barcelone avec le sentiment d’avoir marqué des points dans le processus de création de véritables pôles de pression sur le régime en Mauritanie pour appliquer toutes les conventions et lois internationales ratifiées sur l’esclavage et la discrimination.

Babacar Baye NDIAYE

( 28 février, 2009 )

Accusé de vol d’enfants, Ould Victor nous écrit depuis le Togo pour nier les propos de son ex-compagne

Décidément, entre Semah Ould Victor et Kadia Ndiaye, c’est la guerre des nerfs. Après les récriminations de la deuxième accusant le premier d’avoir volé ses enfants en prenant la fuite pour aller rejoindre sa nouvelle campagne à Togo, chacun des deux côtés tente de légitimer sa position. Depuis le Togo, Semah Ould Victor nous a écrit pour apporter des éclaircissements sur sa vie de couple avec Kadia Ndiaye, son ex-compagne. 

C’est en réaction à la campagne d’intoxication et d’indélicatesse menée par son ex-campagne à son insu que Semah Ould Victor a décidé d’apporter un démenti contre les allégations de Kadia Ndiaye qui l’accuse de tous les péchés d’Israël, parce que tout simplement, il a amené avec lui leurs enfants à Togo. 

Semah Ould Victor a expliqué les motivations de son agissement en alléguant qu’il ne pouvait pas laisser ses enfants entre les mains de son ex-compagne qu’il a accusé d’avoir toujours «fui ses responsabilités de mère de famille ». 

Cette situation était aggravée par le fait que Kadia Ndiaye fréquentait, malgré ses nombreux avertissements, ses «copines divorcées » qui ne cessaient pas de mijoter dans ses oreilles des propos susceptibles de changer son comportement vis-à-vis de lui. D’ailleurs, à chaque fois, elle demandait le divorce parce que, dit-elle, elle en avait ras-le-bol. 

Il a révélé en outre que c’est lui qui s’est toujours préoccupé de l’éducation de ses enfants. Pendant ce temps-là, renseigne-t-il, son ex-compagne, Kadia Ndiaye, se comportait en irresponsable. Ce qui n’était pas de son goût. Il a aussi balayé d’un revers de la main les affirmations de son ex-compagne qui l’accable d’avoir kidnappé ses enfants. 

Et, ce n’est pas la première que Semah Ould Victor a maille avec Kadia Ndiaye ou qu’il en arrivait aux extrêmes. Son départ précipité cette fois-ci de son foyer traduit une certaine exaspération de sa part. En effet, Semah Ould Victor et Kadia Ndiaye se sont séparés à 3 reprises. Et, à chaque fois, elle a eu l’ingéniosité de faire disparaître leur certificat de divorce et de mariage. Selon lui, son ex-compagne souffrait de crise de jalousie. 

Les histoires de kidnapping colportées par son ex-compagne et le déballage calomnieux fait sur sa nouvelle compagne française avec qui il s’est marié légalement sont un chantage et un prétexte destinés à vouloir récupérer les enfants, a-t-il précisé. 

Semah Ould Victor reproche à son ex-compagne de vouloir exciser leurs deux filles. Et il est prêt, nous a-t-il confié, à donner son âme à Lucifer pour s’opposer à une telle pratique qu’il juge ignoble. D’ailleurs, il accuse la famille de son ex-compagne de complicité dans cette tentative d’exciser leurs filles au nom d’une prétendue tradition. 

Ce qui explique qu’il n’a pas voulu laisser la garde des enfants à leur maman. Et, ses déboires avec son ex-compagne étaient connus de ses amis qui sont intervenus à plusieurs reprises dans leurs chamailleries de couple. 

Semah Ould Victor est prêt à lâcher du lest si Kadia Ndiaye accepte, dans le but de trouver un compromis à leur différend, de retirer sa plainte introduite au niveau de l’afcf qui est en train de mobiliser ses lobbies pour l’appréhender.  

Soutenue par l’Association des Femmes Chefs de Famille (afcf), Kadia Ndiaye a mené, en début de cette semaine, d’importantes démarches pour pousser Semah Ould Victor à ramener les enfants à Nouakchott. 

La coordinatrice de l’afcf, Siniya Mohamed Saleck, vient de porter cette affaire au niveau du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération et au Ministère de la Condition Féminine. 

Toutes les structures pouvant agir dans ce sens ont été saisies par l’Association des Femmes Chefs de Famille : la Commission Nationale des Droits de l’Homme et «Terre des Hommes» pour qu’elle suive de près cette affaire au niveau de sa représentation de Lomé. 

Par Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Salene Fishing Limited:Le MPEM tente de rassurer les armateurs nationaux

Suite à la déclaration du Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime (MPEM) à l’issue de sa mission en Afrique du sud, qui avait été sanctionnée par la signature d’une convention pour la mise en œuvre d’un important programme d’investissement dans les domaines des pêches des captures et de l’aquaculture entre la Mauritanie et la société sud africaine « Salene Fishing Limited », certains armateurs, à travers quelques organes de presse, ont qualifié cette société de fictive, et la mission d’échec. 

Le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière au Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye, a déclaré que le « Projet Salene Fishing Limited » aidera à surmonter les contraintes du secteur des Pêches, pour démentir certaines allégations qualifiant cette mission de « voyage touristique ».

Plus de 120 millions US$ seront investis dans le projet « Salene Fishing Limited »

Cette mission est consécutive à la signature, le 24 septembre 2008, d’un « Mémorandum pour l’instauration d’un partenariat en matière d’investissement dans la pêche et l’aquaculture entre notre pays et le groupe sud africain : Salene Technology ». Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a rappelé que ce groupe Sud africain est disposé à entreprendre, aussitôt que possible, les travaux de réalisation du projet d’investissement dans la pêche et l’aquaculture en Mauritanie, dès l’attribution par les autorités portuaires du Port Autonome de Nouakchott de la parcelle de terrain devant arbitrer la composante de base de ce projet.

Pour matérialiser le « projet de programme d’investissement dans la pêche en Mauritanie », le Ministre des Pêches a effectué en Afrique du Sud une visite officielle du 18 au 22 janvier 2009. Le montant de ce projet avoisine les 120 millions d’US$. Ce programme d’investissement sera exécuté, selon le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière, par une société privée de droit mauritanien dénommée « Salene Fishing Limited ».

Cette société va générer plus de 1.500 emplois directs et une production annuelle de 45.000 tonnes d’espèces pélagiques. Il est prévu, dans ce programme d’investissement, la construction, à Nouakchott, d’un complexe industriel d’infrastructures de débarquement, de transformation et de stockage des produits de la mer, d’une superficie de 50 hectares.

Ce programme va inclure aussi l’activité de production d’environ une quarantaine d’unités de navires de pêches artisanale, côtière et pélagique industrielle pour alimenter la composante de base et en plus, en cas de besoin, l’activité de production des navires de pêche pourra être complétée par l’achat des espèces de fonds et/ou par la production des projets d’élevage de fruits de mer notamment les crustacés et les céphalopodes.

La création de « Salene Fishing Limited » suscite beaucoup d’appréhensions du côté des armateurs mauritaniens qui ont laissé entendre que cette société est « fictive ». Ce qui a été balayé d’un revers de la main par le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière qui a réfuté toutes les accusations portées contre « Salene Fishing Limited ».

Cette société est une filiale du groupe sud-africain « Salene Technology ». « Elle a été créée exclusivement pour gérer le projet d’investissement des pêches en Mauritanie », renseigne Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye.

« Salene Technology » possède parallèlement plusieurs groupes spécialisés dans divers domaines : exploitations minières, énergies, industries, bâtiments, pêche…présents dans plus d’une douzaine de pays notamment en Europe et en Afrique- y compris en Mauritanie où il compte à travers sa filiale « TransAfrika » investir plus de 2 milliards de dollars dans l’exploitation du fer.

Une aubaine pour la Mauritanie en termes de création d’emplois

Les opportunités que vont engendrer la création de « Salene Fishing Limited » ne semblent pas épater les armateurs mauritaniens déjà éprouvés par les flottilles européenne et sénégalaise. Mais, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a tenu à les rassurer.

« En plus des centaines d’emplois qui seront générés, d’importants avantages sont attendus de ce projet. Outre la formation de la main d’œuvre, le paiement des impôts, taxes et redevances de droit d’accès d’une quarantaine de navires ainsi que le loyer annuel du domaine public où sera construite la composante de base (complexe industriel et infrastructures de débarquement), il y a aussi le pourcentage annuel de bénéfices hors impôts (à hauteur de 10% du bénéfice pour financer des activités à caractère social », explique-t-il.

Au sujet de la concurrence avec les armateurs nationaux, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a affirmé que « la nouvelle société va aider à surmonter les contraintes de l’armement actuel en termes de débarquement des captures (approvisionnement des usines et du marché), de renouvellement de la flotte devenue vétuste, d’écoulement des produits de pêche qui connaissent une mévente en raison de l’unicité de leur acheteur (japonais) et d’accroissement des capacités nationales de stockage ».

Toutefois, a-t-il précisé,  » Salene Fishing Limited » ne sera pas autorisée à exploiter les espèces de fond, mais seulement à les acheter, car ces ressources restent exclusivement destinées à la flotte nationale.

Ce projet, à l’en croire, il y aura une forte capacité d’absorption de main d’œuvre. Sur les 40 navires environ, il y aura en moyenne 12 mauritaniens par navire. Il y aura aussi une mauritanisation graduelle des équipages. L’usine de conserve qui sera créée pourra fournir entre 600 et 700 opportunités d’emplois sans compter qu’il y aura d’autres unités ainsi que le personnel administratif qui sera mauritanien, dans son ensemble, à l’exception des postes de directeurs.

Le démarrage du projet n’attend que l’attribution par les autorités compétentes de la parcelle devant abriter la composante de base du projet. Le processus de disponibilisation de cette parcelle est en cours ainsi que l’examen des autres composantes de ce programme d’investissement.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Etats Généraux de la Démocratie:Conscience Harratine s’insurge contre leur exclusion

Conscience Harratine, qui regroupe des cadres et initiatives participants aux Etats Généraux de la Démocratie a publié, au cours d’une rencontre, un communiqué dans lequel le mouvement met en garde les pouvoirs publics contre le non règlement de certains problèmes qui peuvent menacer la stabilité du pays.

«La Mauritanie se trouve aujourd’hui dans une crise politique et sociale marquée par la pauvreté et l’inégalité sociale. Cette crise se manifeste en grande partie par la marginalisation de la majorité de la population dont la couche Harratine », explique Conscience Harratine.

Pour cette association, une telle situation a créé une communauté nationale fracturée et peu homogène. «Par carence d’une politique d’intégration et de nivellement, les mêmes inégalités se sont perpétuées », constate l’organisation, amèrement.

Cette carence de politique qui touche tous les échelons de la vie nationale exclue par conséquent la communauté Harratine de tous les centres de décision notamment du gouvernement, des Secrétaires Généraux, des Conseillers à la Présidence de la République, des Conseillers à la Primature, de l’Administration Centrale et Territoriale (Walis, Hakems), de la Diplomatie.

Conscience Harratine a insisté sur la nécessité d’instaurer une politique de discrimination positive au sein des Forces armées et de sécurité, du parlement où la communauté Harratine est quasi sous représentée et enfin du pouvoir judiciaire. «Malgré la place centrale de la Justice en tant que pilier principal d’un Etat de Droit il y a absence totale des Harratines  au niveau de la présidence des Cours et Tribunaux », fait remarquer Conscience Harratine qui estime, par ailleurs, que c’est le laxisme de la justice qui fait que les pratiques esclavagistes et leurs séquelles perdurent impunément.

Le document évoque aussi le volet socio-économique mettant en exergue l’insuffisance de la loi incriminant l’esclavage et l’absence de mesures d’accompagnement , ainsi que la carence de facteurs essentiels du Développement Humain à savoir l’Education, la Formation et la Santé.

Il y a aussi la pauvreté et la dépendance de la communauté Harratine composée dans sa majorité d’analphabètes et d’illettrés du fait de leur statut d’esclaves qui ne leur offre pas la possibilité ou l’opportunité de suivre un cursus scolaire normal. A cela, s’ajoute l’absence d’une Politique Agraire, Foncière, d’Elevage et de pêche au profit des Harratines.

Cette organisation, qui lutte pour la reconnaissance des droits de la communauté Harratine, s’est aussi prononcée sur le manque de Promotion et d’Insertion des Harratines dans la vie active ; ce qui a engendré une orientation sélective vers les tâches serviles et dures, (domestique, gardiennage, manœuvres) du fait d’une discrimination négative et en raison d’une main d’œuvre travaillant dans des conditions serviles.

L’exclusion des Harratines n’a pas été du goût de Conscience Harratine. Pour elle, le fait qu’aucun Harratine ne préside un atelier des Etats Généraux de la Démocratie n’est que la suite naturelle de leur condition de défavorisés par rapport à la gestion de la chose publique. Pour venir à bout de cette exclusion, l’organisation estime qu’une telle situation demande une solution de fond grâce à une politique de représentation juste comprenant toutes les composantes du pays pour contribuer à une sortie de crise.

La résolution du problème Harratine, aux yeux de Conscience Harratine, qui devrait passer au préalable par l’institutionnalisation d’une politique de discrimination positive au sein de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie serait la plus pertinente. Aussi, cette organisation regrette-t-elle que le problème incontournable des Harratines ne soit pas introduit comme thème de réflexion dans les différents ateliers des Etats Généraux de la Démocratie.                                                              

De plus en plus de cadres appartenant à la communauté Harratine expriment leur mécontentement et leur ras-le-bol. Ainsi donc, des voix s’élèvent pour dénoncer cette «politique de domination et de discrimination sournoise et sciemment orchestrée par tous les systèmes politiques ayant dirigé la Mauritanie depuis l’indépendance à nos jours».

Conscience Harratine estime que, pour la consolidation de l’unité nationale, il appartient à tous les mauritaniens de régler les problèmes de l’esclavage, du passif humanitaire, de la gabegie, du tribalisme, du régionalisme, du népotisme et d’instaurer une bonne gouvernance…

Cette organisation recommande aussi le droit à la représentation légitime des Harratines au sein de toutes les institutions de la République Islamique de Mauritanie par un quota permanent au moins égal à un tiers et ce au niveau notamment du gouvernement, de l’administration centrale, de l’administration territoriale, de la diplomatie, de la hiérarchie des forces armées et de sécurité, du Parlement, des Collectivités, des sociétés d’Etat, de la présidence des Cours et Tribunaux…

Dans le même ordre d’idées, Conscience Harratine préconise la création de décrets d’application de la loi incriminant les pratiques esclavagistes, la création d’une Agence chargée d’une politique de promotion des Harratines dont les fonds doivent être dûment budgétisés de même que la création de Zones d’Education Prioritaire (ZEP) avec pour vocation une éducation primaire et secondaire assistée à la base.

Cette organisation ne s’arrête pas là uniquement. Elle a demandé que soit mise sur pied une nouvelle politique de santé destinée aux couches les plus démunies par la création de postes de santé et de pharmacie communautaires, l’engagement dans les meilleurs délais d’une réforme agraire et foncière juste en plus d’une réorganisation plus équitable du secteur de la Pêche artisanale et de l’Elevage.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Affaire Ould Marcou : A défaut d’être fixées sur son sort, l’Afcf et SOS Esclaves demandent sa libération immédiate

Brahim Ould Marco croupit toujours en prison et son jugement est toujours renvoyé aux calendes grecques. Cette situation n’en finit pas d’exaspérer la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Aminétou Mint El Moctar qui suit ce dossier de près depuis le début. «Brahim Ould Marco est écroué en prison, sans toute forme de procès », déplore-t-elle.

Pour elle, ce dernier est tout simplement victime d’une injustice. Puisque la liberté provisoire que lui avait accordée le juge d’instruction a été refusée par le procureur de la République. Rappelons qu’à cet effet, sa conjointe, qui a été simultanément appréhendée par la police de l’aéroport à leur retour de Maroc où ils avaient convolé en noces, a été relâchée, grâce à son oncle Vadhili Ould Nagi, à l’époque commissaire de l’aéroport de Nouakchott.

Pour la présidente de l’Afcf, le cas d’Ould Marco est une illustration parfaite du manque de justice en Mauritanie. «Nous condamnons le comportement de la justice envers une tranche de la société. Nous demandons que la justice soit à la portée de tous et qu’il n’y ait pas de discrimination entre les différentes communautés du pays », dit-elle.

Cette affaire doit, selon elle, trouver une solution très rapidement. Elle n’a pas épargné dans ses critiques l’ex-procureur de la République qui a été démis de ses fonctions et principalement le commissaire Vadhili qu’elle accuse tous deux d’être derrière cette affaire. «Ce n’est pas le commissaire Vadhili qui peut bouleverser toute une justice », précise-t-elle.

La présidente de l’Afcf a affirmé qu’elle va éclairer la lanterne des mauritaniens au sujet de l’affaire Ould Marco, derrière laquelle se trouverait la main de Vadhili Ould Nagi.

Selon la présidente de l’Afcf, il y aurait aussi derrière cette affaire la main de Cheiyakh Ould Ely, actuellement conseiller à la présidence de la République qui aurait fait pression sur le ministre de la justice.

Aminétou Mint El Moctar semble avoir la coupe pleine et d’ailleurs elle l’a fait savoir en tirant à boulets rouges sur ce qu’elle appelle la féodalité mafieuse. «Ils sont en train de bafouer la justice mauritanienne et font tout ce qu’ils veulent. Ils utilisent leurs postes pour faire régner la terreur au sein des populations mauritaniens », a-t-elle dénoncé. «On ne peut pas continuer à violer allègrement les droits des citoyens », conclut-elle sur un ton de dépit.

Aminétou Mint El Moctar demande à ce qu’Ould Marco soit libéré. «Il n’a rien fait et il est innocent », soutient-elle puisque Brahim Ould Marco s’est marié avec Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi dans la légalité au royaume chérifien. Aussi, elle a demandé sa libération immédiate, à défaut de procès.

Boubacar Messaouad, président de SOS Esclaves, venu prêter main forte à la présidente de l’Afcf, n’y est pas allé de main morte en qualifiant l’affaire Ould Marco comme étant un crime. «La situation d’Ould Marco et de Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi est une situation de déni de droit », dit-il. «C’est l’expression d’une discrimination très flagrante et compréhensible dans un Etat féodal où les hommes et les femmes ne sont pas égaux », explique-t-il.

Pour Boubacar Messaoud comme pour Aminétou Mint El Moctar, l’affaire Ould Marco est la preuve que les autorités du pays ne veulent point instaurer un nouvel ordre social, basé sur la justice et l’égalité des chances entre les différents citoyens.

La famille de Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi, qui exerce un chantage sur Ould Marco, est en train de tout faire pour que le mariage de ce dernier avec Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi soit cassé et surtout qu’Ould Marco se sépare de son épouse, pour sortir de prison. «Nous voulons savoir pourquoi Ould Marco ne peut pas épouser Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi ? Pourquoi veut-on que leur mariage soit rompu ? Pourquoi est-on en train de punir Ould Marco ? », s’interroge Boubacar Messaoud.

A ses yeux, on est en train d’assister à un «divorce forcé » entre Brahim Ould Marco et Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi. Il n’a pas non plus manqué de dénoncer la prise en otage de la justice mauritanienne par une famille, une tribu ou une communauté. «C’est à cause de cela, explique-t-il, que la Mauritanie continue d’être la Mauritanie des Kwars, la Mauritanie des Bidhanes, la Mauritanie des Harratines… »

Ainsi donc, il estime que, tant que cela continuera, la situation du pays ne va jamais changer. «On n’oblige pas une femme à épouser quelqu’un. Mais non plus, on ne l’oblige pas à divorcer », dit-il.

Boubacar Messaoud va plus loin. Il  assimile l’affaire d’Ould Marco à certains cas relatifs à l’esclavage. «Les esclaves ne peuvent pas épouser des femmes qui ne sont pas esclaves. Les Harratines ne peuvent pas épouser des femmes qui ne sont pas Harratines. Les forgerons ne peuvent pas se marier en dehors de leurs castes, de même que les griots. Par contre, certains peuvent épouser qui ils veulent », souligne Boubacar Messaoud. 

Aux dernières nouvelles, Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi serait en état de grossesse. Et du côté de sa famille, on tente, par tous les moyens, de la faire avorter. A ce sujet, la mère de Brahim Ould Nagi, Fatimétou Mint Hameydane, qui était présente à cette conférence de presse, a laissé entendre que si la famille de sa belle fille s’aventurait à le faire, son fils les poursuivrait en justice.

Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi qui est majeure a consenti à se lier librement à Brahim Ould Marco. Mais ses parents continuent de soutenir que son mariage est nul. Ce qui n’est pas de l’avis de Boubacar Messaoud qui a déclaré que la justice devait avoir la même attitude vis-à-vis de Brahim Ould Marco et de Fatimétou Mint Vadhili Ould Nagi.

Les détracteurs d’Ould Marco se fondent principalement, pour casser ce mariage, sur le fait qu’il aurait des origines chrétiennes. «C’est une manière de faire la pression sur lui afin qu’il cède », a expliqué Aminétou Mint El Moctar.

Babacar Baye Ndiaye 

( 27 février, 2009 )

Détenus présumés salafistes : Une grâce présidentielle est-elle possible ?

Mohamed Ould Abdel Aziz, après avoir consacré une avenue à feu Moctar Ould Daddah, puis gelé contre toute attente les relations diplomatiques avec l’Etat d’Israél, va-t-il franchir le Rubicon dans le dossier des détenus présumés salafistes qui sont toujours incarcérés sans jugement ?

Le désespoir ne cesse de grandir de jour en jour dans le cœur des proches des détenus présumés salafistes incriminés dans l’attaque d’Aleg ayant occasionné la mort de 4 touristes français à la veille de Noël de l’année 2007 et autres attaques terroristes.

A ce goût d’amertume s’ajoute celui de la déception et de la colère. Parmi les dossiers les plus brûlants hérités de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi par Mohamed Ould Abdel Aziz, le dossier des détenus présumés salafistes est le plus complexe et le plus sensible. Les familles avaient cru que l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz allait donner un coup d’accélérateur dans le traitement de ce dossier. Aujourd’hui, elles ne cachent pas leur déception. Elles ont très vite déchanté.

Tout ce qu’il leur reste aujourd’hui, c’est leurs chapelets pour prier. Ainsi, chaque lundi, les familles des détenus présumés salafistes investissent les abords immédiats de la prison centrale pour demander la libération des leurs, emprisonnés voilà presqu’un an. Au nombre d’une quarantaine, ces détenus présumés salafistes sont accusés par l’Etat d’appartenir à des réseaux terroristes liés à la branche d’Al-Qaeda au Maghreb Islamique (Baqmi) et d’être impliqués dans l’attaque d’Aleg, de la fusillade de Tévragh-Zéina ainsi que de l’attaque contre l’ambassade d’Israél à Nouakchott.

Ce dossier risque de prendre beaucoup de temps. Car, selon le gouvernement, ces détenus présumés salafistes constituent des menaces sérieuses et réelles pour la stabilité du pays. On s’en souvient encore, à cette époque, l’impressionnante cache d’armes et d’explosifs saisie par les forces de sécurité, après de nombreuses traques et fouilles des cellules terroristes à Nouakchott.

Pour toutes ces raisons, y a-t-il lieu de penser que les nouvelles autorités vont s’aventurer dans ce dossier explosif en procédant à la libération, comme le réclament les parents, les détenus présumés salafistes ? Même sous la pression, Mohamed Ould Abdel Aziz s’aventurerait-il à accorder une grâce présidentielle ? Difficile à croire, sachant que ces détenus seraient présumés avoir des liens avec Al-Qaeda.

En plus, ce serait aller en contradiction par rapport à sa démarche visant à traquer les terroristes en Mauritanie -d’ailleurs, la question de la sécurité est l’une de ses priorités. En outre, dans la conjoncture actuelle caractérisée par l’instabilité et la précarité, il ne se risquerait pas à prendre une telle décision. L’attaque de Tourine est encore fraîche dans nos esprits pour nous rappeler que la Mauritanie pourrait abriter des groupes terroristes toujours prêts à taper fort, à des moments inattendus.

Inculpés par la justice mauritanienne qui les accuse d’actes de violence ou de terrorisme, les détenus présumés salafistes attendent ainsi que leurs familles que leur sort soit fixé. Dans l’espoir que leur procès se tienne un jour, les familles continuent de s’accrocher fortement à la libération future des leurs. Car, affirment-elles, avec beaucoup de conviction en laissant entendre qu’ils sont innocents. « Jusqu’à preuve du contraire », soutient une mère des détenus présumés salafistes, venue apporter de quoi manger à son fils.

Parmi ces détenus présumés salafistes, il y a Khadim Ould Semman, chef présumé et auteur probable de l’attaque contre l’ambassade d’Israél à Nouakchott, le 1er février 2008, ainsi que Sidi Ould Sidna et Marouf Ould Haiba, deux des trois assassins présumés des quatre touristes français. Leur troisième complice demeure toujours en fuite.

Jusqu’à présent, la justice mauritanienne n’a pas prouvé encore la culpabilité des détenus présumés salafistes soupçonnés d’être à l’origine de plusieurs attaques et surtout d’appartenir à la Branche d’Al-Qaeda au Maghreb Islamique. Aujourd’hui, en cas d’inculpation avérée, ils risquent la peine de mort ou 15 ans d’emprisonnement. Cela explique en grande partie la lenteur de ce dossier.

En attendant, les familles espèrent de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il gracie les leurs. Va-t-il le faire, lui qui est si imprévisible ?

Babacar Baye Ndiaye 

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