( 20 novembre, 2008 )

Esclavage: L’IRA, un mouvement abolitionniste, exprime sa peur et ses craintes

Birame Ould Dah Ould Abeid nous a encore réservés une de ses surprises dont lui seul a le secret. Et, retenez bien cet acronyme : IRA à ne pas confondre avec l’IRA (Irish Republican Army ou Armée Républicaine Irlandaise).

L’IRA ou Initiative de Résistance du Mouvement Abolitionniste est une direction collégiale composée de Birame Ould Dah Abeid Ould Abeid, Issa Ould Alioune, Abdallahi Ould Mbareck, Ramdane Ould M’Boyrik, Brahim Ould Malik, Hamadi Ould Lihbouss et Alioune Ould Youssouf.

Cette initiative a tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle a fait part de son outrance de « l’action des putschistes » qui continuent, selon elle, à exhiber leur « inimité viscérale à l’égard du mouvement abolitionniste ».

Dans une déclaration lue en marge de cette conférence de presse, l’Initiative de Résistance du Mouvement Abolitionniste a tiré à boulets rouges sur l’ancien Premier ministre de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qu’elle accuse de « connivence avec les groupes mafieux et extrémistes qui le soutenaient (forces du changement et nationalistes) et la hiérarchie ethniciste de l’armée » dans le but de « remettre en cause tous les acquis que le mouvement abolitionniste a pu réaliser pendant et avant la transition démocratique ».

En outre, l’IRA a révélé que l’argent destiné aux esclaves et anciens esclaves dans le cadre de la prise en charge de leur affranchissement économique octroyé par les partenaires européens a été détourné par le gouvernement de Zéine Ould Zéidane.

L’initiative voit l’arrivée des militaires au pouvoir comme « l’entame d’une véritable campagne de conditionnement psychologique et idéologique général qui a pour arrière-plan la préparation d’une répression ciblant le mouvement abolitionniste et, au-delà, l’existence politique de la communauté haratine ».

Cette initiative inscrit les récentes interpellations de certains compagnons de lutte de Messaoud Ould Boulkhéir dans une perspective, selon elle, d’étouffer le mouvement abolitionniste.

« Le retour des officiers putschistes et de leurs acolytes à la rhétorique de négationnisme systématique de l’esclavage en Mauritanie et le déni, dans le fond comme dans la forme de ce crime odieux contre l’humanité est un signe de confrontation au mouvement abolitionniste que le régime a choisi », lit-on dans leur communiqué.

Comparant la Mauritanie à Israël et au Soudan qui ont érigé la discrimination, le génocide et l’esclavage en système de gouvernement, l’IRA n’a pas épargné les médias publics de l’Etat qui mènent une campagne de diabolisation du mouvement abolitionniste et de légitimation de l’idéologie esclavagiste.

L’Initiative de Résistance du Mouvement Abolitionniste a du pain sur la planche car elle ambitionne de déconstruire le socle idéologique et mental de la société mauritanienne fondé sur la suprématie, l’écrasement et l’inégalité des chances. En marge de cette conférence de presse, l’IRA a donné la parole à des victimes ayant subi l’injustice.

Babacar Baye Ndiaye

( 20 novembre, 2008 )

Ould Marcou : Le parquet refuse de lui accorder la liberté provisoire

L’avocat de l’Association des Femmes Chefs de Famille Me Ahmed Bezeid Ould El Mamy, commis pour défendre le couple Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji et Brahim Ould Mohamed Ould Marcou a dénoncé au cours d’un point de presse certaines « irrégularités » notées dans la procédure de détention de Ould Marcou.  

La situation se complique davantage pour Brahim Ould Mohamed Ould Marcou qui croupit toujours en prison alors que sa conjointe a été libérée depuis belle lurette, grâce à l’intervention de son oncle Ould Naji, Commissaire de la Police de l’aéroport. 

Ce « deux poids deux mesures » n’a pas été du goût de la Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Aminétou Mint Ely Moctar, qui accuse le Procureur de la République de Nouakchott, le Régisseur de la prison centrale, le juge d’instruction dans cette affaire ainsi que le Commissaire de l’Aéroport d’avoir été à l’origine du refus d’accorder à Brahim Ould Marcou la liberté provisoire. 

Ce refus a fait sortir Aminétou Mint Ely Moctar de ses gongs. L’appareil judiciaire, administratif et policier, fait-elle remarquer, est détenu par « une classe féodale qui empêche toute évolution de la société mauritanienne » connue surtout par sa propension à « violer les lois » de la République qu’elle est pourtant censée protéger. 

La cheville ouvrière dans cette affaire demeure le commissaire Ould Naji, accusé par Aminétou Mint Ely Moctar de vouloir « incriminer » sans fondement Brahim Ould Marcou. 

Boubakar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, venu témoigner sa solidarité à Ould Marcou, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Pour lui, Ould Marcou est victime d’une « injustice flagrante » et d’un « traitement discriminatoire ». 

Et, au niveau de l’Association des Femmes Chefs de Famille, on s’interroge toujours sur le refus de la part du Parquet d’accorder à Ould Marcou la liberté provisoire. Pire encore, le Procureur de la République semble, lui aussi, vouloir enfoncer Ould Marcou puisque, lorsque le dossier lui a été transmis, il l’a incriminé d’atteinte aux lois de Dieu.

Non seulement, il a déclaré le mariage de Ould Marcou et Vatimétou Ould Naji d’illégal, il a ordonné aussi le dépôt en prison de Ould Marcou. Une telle attitude a été jugée par Me Ahmed Bezeid Ould El Mamy comme un acte discriminatoire. 

Par ailleurs, le commissaire Ould Naji aurait torturé, selon les dires de l’avocat, sa nièce, Vatimétou Mint Boubacar Ould Naji afin de la forcer à se constituer en partie civile contre Ould Marcou, son mari. 

Par ses manœuvres et ses relations, le commissaire Ould Naji aurait réussi à obtenir la liberté provisoire pour sa nièce sans l’objection du Parquet alors que le dossier était en appel devant le procureur de la République. 

Quant aux avocats de Ould Marcou, leur demande de liberté provisoire pour leur client a été refusée malgré l’accord du juge d’instruction. Cette affaire est toujours en appel devant la chambre d’accusation, qui n’est pas habilitée à se saisir de ce genre de dossier. 

Dès l’instant qu’il y a des documents authentifiant le mariage de Brahim Ould Marcou et Vatimétou Mint Naji, estime Me Ahmed Bezeid Ould El Mamy, la procédure pénale ne doit pas avoir lieu puisque le juge civil ne s’est pas encore déclaré.  

Cette procédure pénale, pour lui, est une manière, pour le commissaire Ould Naji, de se venger de Ould Marcou dont le mariage avec sa nièce a été jugé contraire aux « lois de Dieu ».

Par Babacar Baye Ndiaye

( 17 octobre, 2008 )

Prolifération des marchés noirs: L’exemple du marché «Thieub-thieub » de 5ième

 

Les transformations sociales et économiques qui sévissent ailleurs frappent aussi de plein fouet notre pays. La rareté de la main-d’œuvre exacerbée par des crises financières sporadiques et le sous-emploi a contraint des milliers de jeunes personnes à se transformer en vendeurs à la sauvette, en manœuvres occasionnels… 

Les raisons d’un tel phénomène social sont à rechercher essentiellement dans l’exiguïté du marché de l’emploi qui n’offre pas une certaine perméabilité et possibilités de recrutement aux demandeurs d’emplois. Et, à certaine tranche d’âge, sans qualification professionnelle et sans emploi, le premier boulot est le bienvenu. L’essentiel que cela rapporte et puisse permettre de joindre les deux bouts.  

Disposant de peu de moyens pour loyer une boutique dans un marché ou dans un coin du quartier, refusant de tomber dans la marmite de la misère et de l’assistanat, ces personnes se ruent vers les marchés noirs tels que «Thieub-thieub » pour y trouver leur pitance.  En dehors de l’anarchie et de l’insécurité qui règnent dans de pareils marchés, les clients y trouvent leur compte. Ici, tout est proposé à bon marché et à des prix accessibles à la bourse du citoyen lamnda toujours porté vers la facilité. 

Thieub-thieub, c’est un marché de Nouakchott, un marché bien connu des populations. Un marché célèbre, un marché où le bon côtoie le moins bon. Ce marché qui s’étend sur une vaste zone, est un lieu où se rencontrent toutes les couches sociales de Nouakchott. 

A quelques minutes du centre ville, en plein cœur du 5ième  arrondissement qui jouxte le 6ième arrondissement, Thieub-thieub passe aussi pour l’un des plus grands centres d’approvisionnement pour les populations de Nouakchott. Le «Grand Magasin » en quelque sorte de ces populations. Ici, les tables, les cantines, les dépôts de bois, de ferraille, les boutiques, les étales, les machines à coudre ont pignon sur rue.  

Pour reprendre un slogan de publicité fort légendaire, on pourrait alléguer qu’ «on trouve tout à Thieub-thieub » : de la friperie pour les faibles et moyennes bourses, du poisson fraîchement amené du port artisanal de Nouakchott, et d’autres marchandises de consommation ou de décors intérieurs comme les moquettes ou les bols paraboliques entre autres à de moindres coûts. Sans parler des condiments, des fruits et légumes, des boucheries, des gargotes démesurées. Et bien sûr, de l’abus de confiance.  Car dans ce marché, il semblerait, comme partout d’ailleurs, qu’il y a des gens tricheurs, vicieux, fourbes et incroyablement retors.  

Thieub-thieub est avant tout un lieu où les populations peuvent trouver ce dont ils ont besoin à moindre prix avec l’assurance de n’avoir que l’embarras du choix. A vrai dire, Thieub-thieub est un marché exclusivement «destiné » aux pauvres qui n’ont que la misère, la détresse et la débine dans leurs sacs à main. Les clients comme les vendeurs viennent de partout : des zones périphériques, de Ksar mais aussi de Teyarett. Ce qui se vend dans ce marché à des prix bas, ailleurs, ça se vend à des prix élevés. D’où la raison qui explique la ruée des populations vers ce marché «noir » et «pas comme les autres ». 

Dans le périmètre du marché Thieub-thieub se sont installé plusieurs grossistes, fournisseurs et détaillants. Dans ce marché, les affaires fonctionnement merveilleusement à la grande joie de tout le monde. Malgré le commissariat qui se trouve à côté, n’empêche que ce marché est souvent considéré, à tort ou à raison, comme le «marché aux voleurs » voire «le bordel ». Il n y a pas de contrôle permanent dans cette zone. L’hygiène et les normes de sécurité, n’en parlons même pas. Ça empeste partout notamment dans la surface où sont installées de petites tables sur lesquelles sont disposés les poissons à vendre et au bord desquelles pullulent des bosses d’écaille. Des eaux usées déversées partout ! Un sol qui écœure !  

Ce marché, à l’image des autres marchés de Nouakchott, souffre d’un environnement impropre. Des tas d’immondices et d’ordures gisant par-ci et par-là dans cette zone oubliée des autorités locales et centrales qui laissent en sus cette situation pourrir sans s’engager dans la prise de décisions adéquates. Cette halle déjà, avec celles de 5ème et 6ème, s’étouffe et étouffe les riverains qui n’ont la paix que lorsqu’il se fait tard et que les vendeurs et acheteurs commencent à vider les lieux qui deviennent denses dans la journée, rendant ainsi les deux principales artères de cette zone impraticables. 

Les marchés eux aussi ont besoin  d’études prospectives afin que
la Mauritanie ait des marchés ultramodernes dignes de ce nom et non pas des marchés construits dans des conditions ne respectant pas souvent les normes de construction en matière de bâtiment et de travaux publics. Ces marchés noirs ne sont pas souvent à l’abri d’incendie. L’année dernière, c’est le marché des planchers qui en était victime. Et, ce sont des millions d’ouguiyas qui sont engloutis causant une perte sèche à notre économie nationale. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 octobre, 2008 )

Mécontent de l’union de sa nièce avec Brahim Ould Mohamed Ould Marcou:Le comissaire Vadili Ould Naji s’y mêle en décidant de casser leur mariage!!!

Certains couples mauritaniens, notamment jeunes, continuent à souffrir de certains obstacles les empêchant de vivre pleinement leur amour du fait de leur appartenance à différentes castes ou communautés. C’est le cas du couple Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji et Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. La première (24 ans) est issue d’une famille chérifienne et le second (28 ans) du côté de sa mère d’une tribu guerrière du nom de Oulad Agchar. Son père n’est autre que le riche homme d’affaires mauritanien, Mohamed Ould Marcou.

—————————-Par Babacar Baye Ndiaye 

Voilà à peine 5 ans qu’ils se connaissent, qu’ils sont ensemble et qu’ils s’aiment à la folie. Leur amour était connu de tout le monde excepté que les parents de la jeune fille n’ont jamais dit qu’ils étaient contre cette union. Mais, lorsque Brahim Ould Mohamed Ould Marcou est parti voir la famille de sa dulcinée pour la demander en mariage, la famille de cette dernière a catégoriquement refusé. A chaque fois qu’il réitérait sa demande de mariage, la famille parvenait toujours et pendant cinq bonnes années à trouver un alibi pour empêcher le mariage qu’elle ne voulait pas. 

Dépitée par sa situation de célibataire et vu que sa sœur venait d’être mariée, Vatimetou décide de se marier contre la volonté de ses parents. Malgré les pressantes demandes en mariage de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou, le tuteur de la fille (Ould Naji) montre toujours sa réticence envers tout projet de mariage dont il ne veut pas entendre. 

Décidés à vivre leur amour et leur passion contre vents et marées, Brahim Ould Mohamed Marcou et Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji s’envolent à l’insu de tout le monde au Maroc pour y consommer leur mariage qu’ils attendent depuis 5 ans devant des autorités religieuses et des témoins. 

Montrant qu’elle ne veut lier son sort qu’avec celui de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou, Vatimetou fait une procuration témoignant de sa détermination et de son engagement à vivre avec celui qu’elle aime. Après ce mariage scellé en terre marocaine où ils firent leur lune de miel, ils y vécurent pendant 4 mois. Par l’intermédiaire de proches, ils sont mis au parfum qu’ils seront appréhendés une fois de retour à Nouakchott. Cette information ne tarda pas à se confirmer. 

Car, au 5ième jour de leur arrivée à Nouakchott, les deux tourtereaux délectant leur union sont cueillis par des éléments de la force de sécurité de l’aéroport de Nouakchott sur les ordres de Vadili Ould Naji, tuteur et oncle de Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji. Vadili Ould Naji fut impliqué dans l’affaire de la drogue. C’est lui actuellement qui chapeaute la sécurité au niveau de l’aéroport de Nouakchott. Ce dernier, pour des raisons d’appartenance de castes, s’est toujours opposé au mariage de sa nièce. 

La présidente de l’Afcf, Aminétou Mint Ely Moctar, n’y est pas allée par quatre chemins pour stigmatiser l’attitude de certains de nos hommes de loi, à l’image du commissaire Ould Naji, qui ignorent tout des conventions internationales ratifiées par
la Mauritanie dans le cadre du respect et de la défense des droits de l’Homme à travers le monde. 
 

Mamadou Sarr, le secrétaire exécutif du Fonadh, venu apporter sa contribution, lui aussi, dans cette affaire, a condamné cet acte du commissaire Ould Naji visant à désunir un couple qui s’aime par l’usage de la force au grand mépris des procédures judiciaires prévues dans ce sens. «En Mauritanie, on favorise malheureusement l’impunité », regrette Mamadou Sarr. «Nous allons continuer à nous mener le combat pour que jamais de telles pratiques ne se renouvellent dans l’intérêt de notre jeunesse et de notre pays », a-t-il promis. 

Le comble dans tout cela, c’est souvent de hauts fonctionnaires (en activité ou en retraite) de l’Etat qui sont mêlés à ce genre d’histoires, les premiers qui devaient faire observer scrupuleusement l’application de la loi.  

Sarr a appelé les autorités à se ressaisir et à combattre sur tous les plans l’impunité et la corruption. Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est la liberté des femmes souvent objet de marchandage et de chantage. 

Cette affaire vient d’être portée entre les mains du Procureur de
la République de Nouakchott qui est un ami même du commissaire Vadili Ould Naji. Aux dernières nouvelles, le dossier est en instruction. Actuellement, le couple est toujours gardé au commissariat de Police de Tévragh-Zéina I. Cela fait 3 jours qu’il y croupisse. Et, pourtant, la loi n’autorise que 24 heures de détention dans un commissariat. 
 

En plus, les parents de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou sont privés d’accéder au commissariat. Face à cette situation, la famille de Brahim Ould Mohamed Ould Marcou et l’Afcf ont commis d’office deux avocats pour défendre Ould Marcou qui risque d’être transféré au parquet. Ces avocats sont Yarba Ould Saleh et Ahmed Bezéid Ould Mamy.  

La présidente de l’Afcf a dénoncé le trafic d’influence qu’exerce Ould Naji dans cette affaire  en tant que commissaire et ami du Procureur de

la République. Elle a aussi demandé la libération immédiate et sans condition du couple détenu depuis 3 jours au commissariat de Tévragh-Zéina I. Et, surtout, elle a exigé que le commissaire Vadili Ould Naji soit poursuivi en justice et puni pour abus de pouvoir, trafic d’influence et d’utilisation de biens publics… 

Le Procureur de
la République de Nouakchott a été mobilisé dans cette affaire par le commissaire Ould Naji pour enfoncer Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. Aminétou Mint Ely Moctar a demandé au commissaire Ould Naji de respecter la constitution et la loi criminalisant l’esclavage et toutes les formes de discrimination. «Ce problème est un problème de justice », a-t-elle laissé entendre. 
 

«Si, aujourd’hui, le commissaire (Ould Naji, Ndlr) veut casser ce mariage (entre Brahim Ould Mohamed Ould Marcou et Vatimétou Mint Boubakar Ould Naji, Ndlr), c’est qu’il veut encourager la prostitution et la dépravation », soutient-elle tout en condamnant cette attitude de Ould Naji qu’elle juge immorale d’autant plus que sa nièce est consentante pour se marier avec Brahim Ould Mohamed Ould Marcou. «L’essentiel dans un mariage, c’est d’avoir le consentement de deux êtres humains », a rappelé la présidente de l’Afcf, Aminétou Mint Ely Moctar. 

( 11 octobre, 2008 )

Lutte contre le paludisme:Une quarantaine de journalistes mise à contribution

Le Syndicat des Journalistes Indépendants de Mauritanie dirigé par Ahmed Ould Yali a organisé ce mercredi 8 dans un hôtel de la place, en partenariat avec l’Unesco, une journée de sensibilisation de 40 journalistes sur le rôle des médias dans la prévention du paludisme. 

La lutte contre le paludisme est inscrite dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement auxquels la Mauritanie a souscrit en 2000. L’objectif visé est de réduire à 50% le nombre de décès et de cas d’ici 2015. En Mauritanie, on enregistre en moyenne 250.000 cas par an dans les consultations médicales. Il constitue la troisième cause de consultation au niveau de la wilaya de Nouakchott.  

En 1996, on avait enregistré 214.478 cas de paludisme. En 2005, au dernier recensement, plus de 224.040 cas. En 2000, le paludisme a atteint son paroxysme avec 330.185 cas de paludisme enregistrés. Trarza, les 2 Hodhs, Brakna, Gorgol, Guidimakha, Assaba constituent les zones les plus touchées par le paludisme qui tue par an, en Afrique subsaharienne, plus de 500.000 personnes, soit un pourcentage de 10 du taux de morbidité.  

Au cours de cette journée, des spécialistes ont apporté des éclaircissements sur les mesures préventives à adopter dans le cadre de la lutte contre le paludisme en Mauritanie. De nos jours, les chercheurs n’ont pas encore trouvé un vaccin contre cette endémie. Le seul remède de s’en protéger demeure l’utilisation de moustiquaires imprégnées et l’assainissement des zones insalubres qui peuvent constituer des gîtes pour les moustiques. L’imprégnation des moustiquaires se fait généralement dans les centres de santé. 

Ce n’est pas un secret de polichinelle : le paludisme tue plus que le sida. Et, en Mauritanie, cette endémie qui était jusque là inconnue des mauritaniens ne cesse de faire des ravages notamment à l’intérieur du pays. C’est dans ce cadre qu’une quarantaine de journalistes a été mise à contribution afin de sensibiliser les populations dans la prévention du paludisme, de ses signes et de ses conséquences. 

Il a été relevé que le paludisme se développe essentiellement dans les zones à forte pluviométrie. Cependant, dans certaines wilayas du pays comme par exemple celle de l’Adrar, on a noté qu’il y avait une forte prévalence du taux de paludisme. Certains experts avancent la présence des oasis. En outre, d’ordinaire dans les autres wilayas du pays, ce sont les agriculteurs qui sont en majorité les plus touchés par le paludisme. Conséquence : la production diminue empêchant ainsi ces populations d’assurer leur propre autosuffisance alimentaire. 

Par an, plus de 12 milliards de dollars sont investis dans le cadre de la lutte contre le paludisme. En Mauritanie, les autorités ont très tôt pris à bras-le-corps cette endémie. La lutte contre le paludisme pour qu’elle soit efficace nécessite la levée de certains paramètres comme la diminution du coût des médicaments, l’implication des élus locaux dans le domaine de l’assainissement et la mise en place d’un système d’informations performant et efficace. Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, beaucoup d’argent a été investi et dépensé pour réduire le taux de morbidité. 

Faire connaître le paludisme aux populations et faire un plaidoyer au niveau des leaders afin qu’ils puissent prendre en charge cette endémie, tel a été l’objectif assigné aux 40 journalistes ayant participé à cette journée de sensibilisation dans la prévention du paludisme dont les plus exposés sont les femmes en état de grossesse et les enfants de –5 ans. Chez les premières, il peut occasionner l’avortement, l’accouchement prématuré, la mort. D’où la nécessité de mettre l’accent sur cette couche sociale.  

Concernant les femmes en état de grossesse et les enfants de –5, il a été préconisé leur prise en charge à 100%. Cela a été expérimenté au Mali et porte actuellement ses fruits. Le gouvernement mauritanien pourrait s’en inspirer comme l’ont recommandé certains spécialistes. 

Aux termes de cette journée de sensibilisation, les journalistes participants ont recommandé une coordination accrue entre eux et le Ministère de la Santé (le Programme National de Lutte contre le Paludisme) dans le cadre d’une lutte réelle contre le paludisme, la création de journées de sensibilisation périodiques sur le danger du paludisme en période hivernale. Ils ont en outre incité les médias à faire des enquêtes sur la lutte contre le paludisme, demandé au Ministère de la Santé une plus grande collaboration avec les journalistes désireux de s’intéresser au fléau en offrant l’appui nécessaire à cet effet et enfin la création d’un prix de la meilleure production journalistique dans le domaine de la lutte contre le paludisme. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

( 7 octobre, 2008 )

Tensions au marché Lihmoum:Les ouvriers mauritaniens s’en prennent aux ouvriers étrangers

La xénophobie serait-elle en train de gagner le cœur de certains mauritaniens ? Au matin du 7 octobre, une bagarre entre un malien et un mauritanien a failli dégénérer en affrontement général entre les étrangers et les mauritaniens. Finalement, tout est revenu à l’ordre.  

Au marché Lihmoum (charbon en hassanya), on y retrouve des étrangers de nationalité malienne, sénégalaise et guinéenne. Ils sont venus en Mauritanie pour monnayer leur force de travail. Pas moins d’une centaine de personnes afflue tous les jours vers ce marché à la recherche d’un emploi. On y retrouve aussi des mauritaniens. Ils sont, pour la plupart du temps, des plombiers, des maçons, des carreleurs, des menuisiers, des manœuvres… 

Aboubakar Sidik Farro, 23 ans, est de ceux-là. Voilà à peine 3 mois qu’il est en Mauritanie. Originaire de la Guinée Conakry, il a d’abord séjourné en Gambie où il est resté 7 mois avant de venir en Mauritanie pour gagner de l’argent afin de survivre. Sac au dos et visage émacié, il nous explique les raisons qui ont poussé les ouvriers mauritaniens à agir de la sorte. «Nous sommes des étrangers, des aventuriers. Si, nous sommes là, c’est pour chercher de l’argent. Nous n’avons pas de parents ici. Cela fait 3 jours que les ouvriers mauritaniens nous mettent les bâtons dans les roues. Ils n’arrêtent pas de penser que les ouvriers étrangers se sont accaparés de toutes les manœuvres » 

Depuis deux jours, les ouvriers étrangers sont empêchés de traîner aux alentours du marché Lihmoum. Les mauritaniens leur reprochent de casser les prix de la main d’œuvre. Là où les ouvriers étrangers proposent 1000 UM, les ouvriers mauritaniens demandent 3000 UM. En plus, la main d’œuvre étrangère est plus sollicitée que la main d’œuvre locale, créant ainsi une jalousie dans l’esprit des ouvriers mauritaniens. 

Ce n’est pas la première fois, que cette situation est survenue. Face à une main d’œuvre étrangère de plus en plus sollicitée par les patrons de la place, les ouvriers mauritaniens ont fini par péter les plombs. Pour certains, comme Boubacar Coulibaly de nationalité mauritanienne, ce qui s’est passé hier, au marché Lihmoum de la capitale, entre ces travailleurs de l’informel est à classer dans le registre des actes récurrents. 

Pour lui, il n’y a pas lieu d’envenimer les choses et d’ébranler les liens existant entre la Mauritanie et les pays de la sous-région comme le Sénégal, le Mali, la Guinée Conakry d’où sont issus la plupart des ouvriers étrangers. «C’est des choses qui ne sont pas importantes, juge-t-il. Ça arrive souvent entre les ouvriers étrangers et les ouvriers mauritaniens. C’est des petits problèmes entre ouvriers. » 

Au fil des ans, le marché de Lihmoum, devenu un marché noir, engendre de plus en plus de convoitise et de jalousie entre la main-d’œuvre étrangère et celle mauritanienne. Ils sont nombreux ceux qui pensent comme Boubacar Coulibaly que l’incident qui a eu lieu entre un ouvrier malien et un autre mauritanien est «un petit problème ».  

Toutefois, du côté des ouvriers étrangers, c’est la peur et l’inquiétude. Ils commencent déjà à s’interroger sur leur sécurité. Avant-hier, par exemple, un ouvrier étranger a été tabassé par des ouvriers mauritaniens. Actuellement, il est admis à l’Hôpital National où il a été interné depuis 3 jours. La police, mise au parfum, est intervenue pour disperser la foule qui s’était formée autour de la dispute. Aucun blessé n’a été constaté.  

Pendant quelques heures, les esprits se sont échauffés. On ne sait pas qui, du malien ou du mauritanien, a provoqué le premier la bagarre. Non plus les raisons. Chacun y est allé de sa propre interprétation et de sa propre version des faits.  

Aussitôt alertée, l’ambassade du Mali a réagi en apaisant l’esprit de ses ressortissants. Ces «petits problèmes » peuvent être tout de même sources d’incidents diplomatiques.

Babacar Baye Ndiaye

( 25 septembre, 2008 )

Violences à l’égard des femmes

Un phénomène de plus en plus grandissant en Mauritanie ! 

 

C’est un secret de polichinelle : la Mauritanie, en matière de violences exercées à l’égard des femmes, fait partie des mauvais élèves. Un jour ne passe sans que la presse n’en fasse ses choux gras. D’où l’inquiétude grandissante des organisations de défense des droits de la femme. «La violence s’accentue dans ce pays de jour en jour. Personne n’est à l’abri de la violence et particulièrement les femmes parce qu’elles constituent la couche la plus vulnérable (de la société) », s’inquiète Aminétou Mint El Moctar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF). 

 

Les violences à l’égard des femmes constituent à nos jours un sujet tabou dans la société mauritanienne. C’est pour vaincre ce signe indien que l’Association des Femmes Chefs de Famille en partenariat avec le FLM a organisé le week-end dernier une journée de formation sur les violences contre les femmes au profit des juges, des avocats et des hommes de sécurité. «Parler des violences faites à l’égard des femmes, c’est parler de nos réalités, pense madame Aïssata Salgui Sy, coordinatrice de l’Initiative pour la Promotion de l’Education Citoyenne et du Dialogue Politique(IPCD). Nous devons réfléchir à cette situation qui prévaut actuellement. Nous devons nous interroger pourquoi y’a-t-il de plus en plus de violences faites à l’égard des femmes. » 

 

Un détour sur les statistiques montre combien le phénomène est devenu sérieux et inquiétant. En effet, en 2000, plus d’un million de personnes en partie des femmes, à travers le monde, sont décédées suite à un acte de violences. Et, nul n’ignore l’impact de ces violences sur la santé, l’environnement, le développement, la qualité de la vie et le bien-être social. En Mauritanie, faute de statistiques, il est impossible de dire avec exactitude le nombre de cas de violences faites à l’égard des femmes. Cependant, la situation semble alarmante. «Les femmes battues se présentent par dizaine chez nous. C’est des victimes qui viennent nous voir pour chercher secours et l’encadrement. Elles cherchent à être orientées et à être accompagnées dans les violences qu’elles subissent », renseigne Aminétou Mint El Moctar. 

 

Lorsqu’il s’agit de ratifier ou de signer des conventions internationales, la Mauritanie est championne dans ce domaine. Mais quand il s’agit de les appliquer, bonjour les obstacles. Parallèlement à cela, la police et la justice ne facilitent pas la tâche aux associations de défense des droits de la femme. Les plaintes qu’elles déposent souvent à la brigade mixte n’aboutissent pas. Ce sont les victimes qui en pâtissent en premier lieu. «Toutes les portes sont closes devant elles, s’indigne la présidente de l’AFCF. A la police comme à la justice. Elles sont découragées même de poser leur problème. Maintenant, elles se taisent sur les plus grandes violences dont elles sont victimes. Elles ne savent pas à qui se confier. Elles sont abandonnées à leur sort. Elles ne sont pas écoutées. Plus grave encore, elles sont menacées par la police. » 

 

C’est pour améliorer cette image que cette journée de formation a été organisée dans le but de sensibiliser les personnes concernées par ce phénomène. La négligence des autorités notamment celles de la police qui ferment les yeux sur cette plaie ouverte qu’est le phénomène des femmes violentées a été rudement dénoncée. En outre, jusqu’à ce jour, il n’y a pas de structures d’insertion pour les femmes victimes de violences. Non plus, il n’y a pas de juridictions ou de lois spécifiques, comme au Maroc par exemple, qui permettent de traiter le phénomène des violences faites à l’égard des femmes convenablement et lui apporter des solutions adéquates. Pour autant, on peut assister ces femmes-là juridiquement. «Il y a quand même, malgré tout, dans le code Pénal et la constitution, des règles qui permettent de traiter le problème judiciairement dans le cadre de la répression de la violence en général et des agressions contre les individus de droit commun », précise Ahmed Bezeid O. El Mamy. 

 

Aux yeux de maître Bilal O. Dick, avocat à la cour, on peut améliorer voire changer la situation des femmes victimes de violences notamment sur le plan juridique d’abord en révisant les textes. «Tous les textes qui régissent le domaine des violences sont des textes qui ne sont pas précis. Les jugements qui sont souvent rendus ne sont pas tout à fait concordants avec la réalité. Ce n’est pas dû à l’incompétence du juge. C’est peut être dû à l’interprétation qu’il fait du texte dans la mesure où les textes ne donnent pas une position précise de ce phénomène », fait-il remarquer. 

 

Souvent, les auteurs de ces violences ne sont pas inquiétés ou les peines sont légères. «La grande partie des jugements que nous avons, c’est des jugements qui sont de 2 à 3 ans avec une réparation de la victime de 100.000 UM. Nous estimons que c’est très insignifiant », soutient maître Bilal O. Dick. «Les policiers et les magistrats sont de mentalités d’antan. Ils ont des considérations sur la femme qui relèvent de la mentalité médiévale. Pour eux, la femme est parfois elle-même la source des problèmes. Malheureusement, pour ce qui concerne les violences à l’égard des femmes, les autorités policières et judiciaires sont toujours méfiantes », confie maître Ahmed Bezeid O. El Mamy. «Il faut que les juges et les policiers mesurent l’impact de ces violences pour aider les victimes à les surmonter », a lancé Aminétou Mint El Moctar. 

 

La prise en charge des femmes victimes, la lutte contre l’impunité, l’assouplissement des procédures juridiques, l’application de la loi et surtout son harmonisation avec les conventions internationales ratifiées par la Mauritanie peuvent constituer des étapes importantes dans l’éradication du phénomène des violences exercées à l’égard des femmes. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

 

 

( 21 septembre, 2008 )

Violences à l’égard des femmes

Un phénomène de plus en plus grandissant en Mauritanie ! 

 

C’est un secret de polichinelle : la Mauritanie, en matière de violences exercées à l’égard des femmes, fait partie des mauvais élèves. Un jour ne passe sans que la presse n’en fasse ses choux gras. D’où l’inquiétude grandissante des organisations de défense des droits de la femme. «La violence s’accentue dans ce pays de jour en jour. Personne n’est à l’abri de la violence et particulièrement les femmes parce qu’elles constituent la couche la plus vulnérable (de la société) », s’inquiète Aminétou Mint El Moctar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF). 

 

Les violences à l’égard des femmes constituent à nos jours un sujet tabou dans la société mauritanienne. C’est pour vaincre ce signe indien que l’Association des Femmes Chefs de Famille en partenariat avec le FLM a organisé le week-end dernier une journée de formation sur les violences contre les femmes au profit des juges, des avocats et des hommes de sécurité. «Parler des violences faites à l’égard des femmes, c’est parler de nos réalités, pense madame Aïssata Salgui Sy, coordinatrice de l’Initiative pour la Promotion de l’Education Citoyenne et du Dialogue Politique(IPCD). Nous devons réfléchir à cette situation qui prévaut actuellement. Nous devons nous interroger pourquoi y’a-t-il de plus en plus de violences faites à l’égard des femmes. » 

 

Un détour sur les statistiques montre combien le phénomène est devenu sérieux et inquiétant. En effet, en 2000, plus d’un million de personnes en partie des femmes, à travers le monde, sont décédées suite à un acte de violences. Et, nul n’ignore l’impact de ces violences sur la santé, l’environnement, le développement, la qualité de la vie et le bien-être social. En Mauritanie, faute de statistiques, il est impossible de dire avec exactitude le nombre de cas de violences faites à l’égard des femmes. Cependant, la situation semble alarmante. «Les femmes battues se présentent par dizaine chez nous. C’est des victimes qui viennent nous voir pour chercher secours et l’encadrement. Elles cherchent à être orientées et à être accompagnées dans les violences qu’elles subissent », renseigne Aminétou Mint El Moctar. 

 

Lorsqu’il s’agit de ratifier ou de signer des conventions internationales, la Mauritanie est championne dans ce domaine. Mais quand il s’agit de les appliquer, bonjour les obstacles. Parallèlement à cela, la police et la justice ne facilitent pas la tâche aux associations de défense des droits de la femme. Les plaintes qu’elles déposent souvent à la brigade mixte n’aboutissent pas. Ce sont les victimes qui en pâtissent en premier lieu. «Toutes les portes sont closes devant elles, s’indigne la présidente de l’AFCF. A la police comme à la justice. Elles sont découragées même de poser leur problème. Maintenant, elles se taisent sur les plus grandes violences dont elles sont victimes. Elles ne savent pas à qui se confier. Elles sont abandonnées à leur sort. Elles ne sont pas écoutées. Plus grave encore, elles sont menacées par la police. » 

 

C’est pour améliorer cette image que cette journée de formation a été organisée dans le but de sensibiliser les personnes concernées par ce phénomène. La négligence des autorités notamment celles de la police qui ferment les yeux sur cette plaie ouverte qu’est le phénomène des femmes violentées a été rudement dénoncée. En outre, jusqu’à ce jour, il n’y a pas de structures d’insertion pour les femmes victimes de violences. Non plus, il n’y a pas de juridictions ou de lois spécifiques, comme au Maroc par exemple, qui permettent de traiter le phénomène des violences faites à l’égard des femmes convenablement et lui apporter des solutions adéquates. Pour autant, on peut assister ces femmes-là juridiquement. «Il y a quand même, malgré tout, dans le code Pénal et la constitution, des règles qui permettent de traiter le problème judiciairement dans le cadre de la répression de la violence en général et des agressions contre les individus de droit commun », précise Ahmed Bezeid O. El Mamy. 

 

Aux yeux de maître Bilal O. Dick, avocat à la cour, on peut améliorer voire changer la situation des femmes victimes de violences notamment sur le plan juridique d’abord en révisant les textes. «Tous les textes qui régissent le domaine des violences sont des textes qui ne sont pas précis. Les jugements qui sont souvent rendus ne sont pas tout à fait concordants avec la réalité. Ce n’est pas dû à l’incompétence du juge. C’est peut être dû à l’interprétation qu’il fait du texte dans la mesure où les textes ne donnent pas une position précise de ce phénomène », fait-il remarquer. 

 

Souvent, les auteurs de ces violences ne sont pas inquiétés ou les peines sont légères. «La grande partie des jugements que nous avons, c’est des jugements qui sont de 2 à 3 ans avec une réparation de la victime de 100.000 UM. Nous estimons que c’est très insignifiant », soutient maître Bilal O. Dick. «Les policiers et les magistrats sont de mentalités d’antan. Ils ont des considérations sur la femme qui relèvent de la mentalité médiévale. Pour eux, la femme est parfois elle-même la source des problèmes. Malheureusement, pour ce qui concerne les violences à l’égard des femmes, les autorités policières et judiciaires sont toujours méfiantes », confie maître Ahmed Bezeid O. El Mamy. «Il faut que les juges et les policiers mesurent l’impact de ces violences pour aider les victimes à les surmonter », a lancé Aminétou Mint El Moctar. 

 

La prise en charge des femmes victimes, la lutte contre l’impunité, l’assouplissement des procédures juridiques, l’application de la loi et surtout son harmonisation avec les conventions internationales ratifiées par la Mauritanie peuvent constituer des étapes importantes dans l’éradication du phénomène des violences exercées à l’égard des femmes. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

 

 

( 21 septembre, 2008 )

Birame Ould Dah Ould Abéid

«Les autorités font tout pour nier l’existence de l’esclavage en Mauritanie et mettre les bâtons dans les roues du mouvement abolitionniste et des militants anti-esclavagistes »

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Dans la présente interview, que nous a accordée Birame Ould Dah Ould Abéid, membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de S.O.S. Esclaves, dans le cadre de la sortie du film «Chasseurs d’esclaves » produit par la télévision franco-allemande Arte, l’intéressé fait des révélations et brosse le tableau de la situation sociale du pays avec un focus sur la question centrale – celle de l’esclavage – phénomène que la société mauritanienne continue à appréhender comme étant normal et contre lequel personne ne doit s’insurger, ou se révolter.

Quand à vouloir en sanctionner les auteurs, c’est du domaine de l’utopie. Comme vous allez le constater, il ne sera pas du tout tendre avec les magistrats, les officiers de police judiciaire, les administrateurs civils, les médias officiels qu’il considère comme les pires propagandistes de l’idéologie esclavagiste.

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez participé, avec Aminétou Mint Ely Moctar, à la réalisation d’un film d’Arte, intitulé «Chasseurs d’esclaves ». Comment est née l’idée de réaliser ce film?

Birame Ould Dah Ould Abéid : J’ai été sollicité par Sophie Jeannot, qui est une journaliste-réalisatrice à Arte. Au cours d’une discussion que j’ai eue avec elle, elle m’a fait part de son intention de se déplacer jusqu’en Mauritanie pour nous accompagner dans l’une de nos actions pour libérer des esclaves en cas de plainte des leurs.

Son arrivée a coïncidé avec une mission que je devais accomplir au nom de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). J’étais accompagné d’Aminétou Mint Ely Moctar. L’avocat Ishaq Ould Ahmed Hadi, qui devait être de la mission, s’est désisté à la dernière minute pour des raisons personnelles. Aminétou et moi sommes finalement partis seuls avec l’équipe d’Arte pour libérer Haby Mint Rabah, esclave depuis la naissance chez ses maîtres (Abdoulaye Ould Moctar et sa sœur Aminétou Mint Moctar).

L’origine de cette mission, c’est la plainte introduite par Bilal Ould Rabah, frère de Haby Mint Rabah, auprès de S.O.S. Esclaves d’abord, puis auprès de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH).

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez été mandaté, comme vous dites, par la Commission Nationale des Droits de l’Homme. Mais, concrètement, avez-vous rencontré des difficultés, des réticences sur le terrain de la part des autorités pour libérer Haby Mint Rabah ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Effectivement ! Premièrement, nous avons dû faire face à l’hostilité manifeste des autorités administratives et judiciaires. Dès notre arrivée à Tiguint, nous avons été interceptés par un peloton de gendarmerie qui nous a cernés et conduits devant le chef d’arrondissement de cette bourgade.

Nous nous sommes même engueulés avec lui puisqu’il voulait, lui et la gendarmerie, mettre en doute l’objet de notre mission en voulant nous empêcher d’y aller. Ils nous ont même empêchés de prononcer le mot «esclavage ».  Ils ont voulu nous culpabiliser d’office en percevant notre mission comme une action subversive contre la société et l’Etat mauritanien.

Le Rénovateur Quotidien : Et comment expliquez-vous ce refus de leur part ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Ce refus s’explique par le fait que la société et l’Etat mauritanien restent dominés par l’idéologie esclavagiste. La pensée sociale continue à appréhender l’esclavage comme un phénomène normal et contre lequel on ne doit pas s’insurger, se révolter et qui ne doit pas attirer de sanctions, ni d’investigations.

D’autre part, l’Etat mauritanien reste dominé par une communauté esclavagiste en l’occurrence la communauté arabo-berbère qui détient tous les leviers de commande du pouvoir.

L’Etat aussi dans ses différents corps (administrateurs civils, magistrats, officiers de police judiciaire,…) est constitué en majorité d’esclavagistes. On ne peut compter sur de telles personnes, pratiquant l’esclavage pour le criminaliser, le combattre et l’éradiquer.

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez tenu beaucoup de conférences de presse sur la question de l’esclavage. Mais, visiblement, cela n’a pas servi à grande chose. Est-ce que c’est dans ce cadre que ce film a été réalisé, pour servir de moyen de pression sur les autorités pour qu’elles reconsidèrent davantage le problème de l’esclavage en Mauritanie ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Je pense que ce film va constituer un jalon de plus dans la somme des documents visuels et sonores qui, sans aucune équivoque, mettent en lumière sur la question de l’esclavage en Mauritanie et mettent en accusation, devant l’opinion publique nationale et internationale, l’Etat mauritanien, ses fonctionnaires et ses oulémas qui essaient de cacher vaille que vaille la question de l’esclavage qui est un crime.

Le Rénovateur Quotidien : On a vu dans ce film, un imam balayer du revers de la main l’existence de l’esclavage en Mauritanie. Cela vous écœure-t-il d’entendre de tels propos alors que tout le monde sait que l’esclavage existe en Mauritanie, sauf aux yeux de ceux qui le nient ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Cet imam, c’est Mohamed El Hafedh Ould Enahoui, qui est un imam esclavagiste à plus d’un titre. Il est l’un des actionnaires dominants de la filière orientale de l’esclavage. Il fait passer des filles esclaves mauritaniennes vers le Golfe. Il est impliqué dans la tentative de faire passer une de ses esclaves, Zéina.

C’est un imam qui pratique jusqu’à présent l’esclavage. Il a plusieurs femmes esclaves et sur lesquelles il exerce un esclavage sexuel.

Le Rénovateur Quotidien : Pourquoi, ce monsieur n’est-il pas inquiété alors qu’il existe une loi criminalisant l’esclavage ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et son pouvoir n’ont pas fait la loi pour qu’elle soit appliquée. Ils ont fait la loi pour essayer de redorer le blason de la Mauritanie, en faisant de l’agitation et de la propagande sur cette loi. C’est pour faire le change devant la communauté internationale.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi nie lui-même l’existence de l’esclavage. Il ne parle que de séquelles. Les ministres, les officiers de police judiciaire, les administrateurs civils ont classé tous les cas d’esclavage avérés qui ont été portés devant la justice et l’administration mauritanienne.

Au jour d’aujourd’hui, depuis la promulgation de la loi (n°2007-048, Ndlr), il n’y a que 43 esclaves au total qui ont été libérés. Aucun des criminels soupçonnés d’esclavage n’a été poursuivi ni interpellé. Il n’y a aucune enquête en bonne et due forme.

Le Rénovateur Quotidien : Quelle a été la réaction des autorités lorsque «Chasseurs d’esclaves » est sorti ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Je ne sais pas, mais je sais que, lorsque nous avons amené Haby Mint Rabah, le Premier ministre de l’époque, Zéine Ould Zéidane, a joué des têtes et des pieds.

Lui et sa directrice adjointe de cabinet, Mint Bourdid, ont inondé nos responsables supérieurs (la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Ndlr) de plaintes et de messages pour dire que Haby Mint Rabah n’est pas une esclave, que c’était un kidnapping, que c’était femme libre qui vit avec ses parents.

Le Premier ministre à l’époque (Zéine Ould Zéidane) était très solidaire des esclavagistes.  Il avait même demandé qu’on reprenne Haby Mint Rabah pour la rendre aux gens présentés comme ses parents alors qu’ils ne sont que ses maîtres.

Il n’y a pas un démenti plus grand que ces allégations tenues par le Premier ministre et sa directrice adjointe de cabinet.

Le Rénovateur Quotidien : Au vu de tout cela, peut-on espérer la disparition imminente de l’esclavage en Mauritanie ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Non ! On ne peut pas espérer une disparition proche de l’esclavage en Mauritanie. Loin s’en faut ! Les autorités, à travers l’action des magistrats, des officiers de police judiciaire, des administrateurs civils, à travers le discours des ministres, du Premier ministre et du président de la république, font tout pour nier l’existence de l’esclavage en Mauritanie et mettent les bâtons dans les roues du mouvement abolitionniste et des militants anti-esclavagistes.

La destitution de l’ancien wali du Brakna, Sidi Maouloud Ould Brahim, qui a coopéré avec la mission de la CNDH qui a libéré la petite esclave Messouda Mint Hova des griffes de ses maîtres à Boghé en est une preuve évidente.

Il est encore clair que les médias officiels (la radio et la télévision mauritaniennes) continuent à rebattre les oreilles des mauritaniens de discours négationnistes. Ces médias officiels subliment l’esclavage mauritanien en le rendant social, acceptable et sacré à travers plusieurs programmes comme El Beddaa qui met en relief toute l’arrogance ethnique et de classe de la communauté (arabo-berbère) qui détient tous les leviers de commande du pays.

Cela dénote d’un grand mépris que ces autorités ont pour toutes les victimes, les militants des droits de l’homme en Mauritanie.

Le Rénovateur Quotidien : Votre dépit et déception se comprennent parfaitement. Pensez-vous que le fait de porter la question de l’esclavage sur le plan international, comme en témoigne le film d’Arte (Chasseurs d’esclaves), reste l’unique solution de se faire entendre ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Je pense que la seule solution, c’est de consolider le mouvement abolitionniste (mauritanien), le raffermir au niveau national, l’encadrer et surtout essayer d’explorer toutes les voies de lutte possibles.

Mais encore, il faut s’inscrire dans le registre d’une dénonciation systématique de ce qui se passe en Mauritanie afin de porter la complicité des autorités mauritaniennes (politiques, judiciaires, religieuses…) devant la communauté internationale.

Le Rénovateur Quotidien : Ne faudrait-il pas, toujours dans le cadre des voies de lutte contre l’esclavage, essayer d’initier une journée contre l’esclavage comme on l’avait fait au moment où la Mauritanie était confrontée au problème terroriste ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Nous sommes sur un plan d’actions qui va englober tout cela. Il y aura bientôt une série de manifestations pour dire non à l’esclavage, mais aussi à certains anachronismes et phénomènes graves qu’on fait subir à des êtres humains en Mauritanie.

Le Rénovateur Quotidien : La classe politique, dans son ensemble, est évasive sur la question de l’esclavage en dépit de son opposition de principe à ce phénomène. Pensez-vous que certains hommes politiques ont des privilèges à sauvegarder ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Les partis politiques en général, ce sont des partis qui s’arriment à l’idéologie de la société. Je pense que, en dehors du parti APP (Alliance Progressiste Populaire, Ndlr) dont le chef Messaoud Ould Boulkhéir est le chantre incontesté de la lutte anti-esclavagiste en Mauritanie, le REJ (Rassemblement pour l’Egalité et la Justice, Ndlr) de Cheikh Sid’Ahmed Dieng et Tawassoul de Jémil Mansour, il n’y a pas d’autres partis qui essaient de s’inscrire dans une optique abolitionniste.

Je remarque que les autres partis n’accordent pas une importance à cela parce qu’ils ont une position de classe vis-à-vis de la question de l’esclavage.

Le Rénovateur Quotidien : Je reviens de nouveau au film «Chasseurs d’esclaves ». Pensez-vous qu’il aura un impact au niveau des autorités ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Je ne le pense pas. Aussi bien que les groupes dominants dont elles sont issues, les autorités sont imbues d’une forte arrogance et se caractérisent par une myopie qui va les perdre à la longue et je le regrette hélas. Ce film a eu un écho à l’étranger.

A travers ce film, j’ai été invité par les députés verts au sein du parlement autrichien. J’ai été invité par des universitaires autrichiens et des personnalités françaises pour des contributions sur l’esclavage en Mauritanie, à la lumière de ce film.

Le Rénovateur Quotidien : Récemment, notre pays, par la voix du Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, s’est solidarisé avec Oumar El Béchir, le Président soudanais, accusé par le procureur de la Cour Pénale Internationale, de crimes commis au Darfour. En tant que défenseur des droits de l’homme, qu’en pensez-vous ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Je soutiens sans réserve l’action de la Cour Pénale Internationale contre tous les criminels de droit commun, les coupables de crimes contre l’humanité, de crime de génocide ou de crimes de guerre.

Omar Hassan El Béchir et ses collaborateurs doivent répondre des actes de génocide qu’ils ont commis au Darfour. La position de certains partis politiques et certaines personnalités notamment le Président de la République dénote que la Mauritanie et ses dirigeants reste encore un Etat réfractaire aux Droits de l’Homme.

Contrairement à ce que disent certains détracteurs, la CPI n’est pas un tribunal américain ni un tribunal européen. La CPI est un tribunal international à laquelle les Etats de la communauté internationale, dans leur large majorité, hormis les Etats voyous comme le nôtre et le Soudan, ont déjà souscrit et ratifié la charte.

En Mauritanie, il y a des criminels, notamment d’anciens chefs d’Etat ou hauts fonctionnaires de l’administration, qui doivent comparaître devant ce tribunal et nous ne ménagerons aucun effort pour qu’ils comparaissent.

Le Rénovateur Quotidien : Vous venez d’évoquer d’anciens chefs d’Etat mauritaniens considérés par certaines organisations de défense des droits de l’Homme comme étant des criminels et des génocidaires. On cite souvent le nom de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, qu’on accuse d’avoir commis des crimes contre les populations négro mauritaniennes. Actuellement, il vit, sans être inquiété, au Qatar. Etes-vous pour son extradition en Mauritanie pour qu’il réponde des accusations portées contre lui ?

Birame Ould Dah Ould Abéid : Quand on l’extrade ici, il va trouver l’impunité ! Ici, c’est le pays de l’impunité. Il y a des gens qui ont commis des crimes de droits humains très graves, des crimes économiques, des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité. Ces gens-là sont ici, sans pour autant être inquiétés.

Pire encore, ils sont promus de jour en jour. Ils continuent de bénéficier des honneurs de la République. L’extrader ici (Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya), non ! Je veux qu’il soit, comme tous les autres, jugé par la Cour Pénale Internationale.

Mais le ramener en Mauritanie, c’est lui garantir une impunité totale. Ce n’est pas une justice de classe, une justice ethniciste, corrompue et prise en otage par des réseaux mafieux et esclavagistes qui peut juger ce genre de crimes et de criminels.

Propos recueillis par

Babacar Baye Ndiaye

( 26 août, 2008 )

Affaire Vatimétou Mint Vékou

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   L’arbre qui cache la forêt ou comble de l’aberration ?

 

Tout semblait aller dans le meilleur des mondes possibles entre Vatimétou Mint Vékou et Mohamdi Ould Messaoud. C’était vraiment le temps de l’amour. Mais, un jour, une dispute éclate entre eux.  N’en pouvant plus, Mohamed Ould Messaoud répudie Vatimétou Mint Vékou pour la quatrième fois. Au moment de cette répudiation, Vatimétou Mint Vékou était en état de grossesse de 8 mois.

 

Dans ce cas de figure, le mari, comme il est prévu dans le Code du Statut Personnel, doit assurer l’entretien et le logement de la femme. A l’alinéa 2 de l’article 91 du CSP, on peut lire : «La répudiation prononcée pour la 3ème fois de suite met fin au mariage et interdit un nouveau contrat avec la femme répudiée à moins que celle-ci n’ait accompli un délai de viduité légale suite à la dissolution d’un mariage avec un autre époux effectivement et légalement consommé ».

 

Cette affaire, aux yeux d’Aminétou Mint Ely Moctar, illustre une défaillance flagrante des négligences autoritaires de ce pays. «On lui prend son bébé qu’elle a porté pendant 9 mois et allaité. Elle est répudiée à huit mois de grossesse sans aucune indemnisation et prise en charge sociale de la part de son mari. Elle accouche sans que ce soi-disant monsieur (son mari) ne fournisse le moindre effort pour l’aider ou au moins accomplir son devoir de père. Il se présente un jour pour « voler’ l’enfant », raconte la présidente de l’AFCF qui considère cet enlèvement comme étant un kidnapping. Cet enfant est actuellement entre les mains de son père qui est allé se réfugier, après avoir pris l’enfant, à son village du nom de Mbidane dans la wilaya du Gorgol.

 

A la suite de cela, Vatimétou Mint Vékou a porté l’affaire devant le procureur de la République. Mais jusqu’à présent, rapporte Aminétou Mint Ely Moctar, les mesures qu’il a prises sont extrêmement lentes. Cela fait plus d’une semaine en effet que ce dossier traîne au niveau du Palais de Justice.

 

Non seulement, Mohamed Ould Messaoud n’a pas respecté le Code du Statut Personnel en son article 84 qui stipule qu’en tout état de cause, l’épouse répudiée peut agir en justice, pour exiger les droits découlant de la répudiation dont, entre autres, la subvention à l’entretien et le don de consolation, mais il a pris l’enfant né de leur union. Et, pourtant, dans son article 123, le CSP reconnaît, en cas de dissolution du mariage, la garde de l’enfant est confiée en priorité à la mère. Ce que ne respecte pas Mohamed Ould Messaoud par simple négligence de la loi.

 

Qualifiant cette affaire de cas très grave, Aminétou Mint Ely Moctar a dénoncé les lenteurs constatées dans le traitement de cette affaire qui a été portée devant le Procureur de la République. «C’est un laisser-aller », estime-t-elle. Cette affaire démontre, selon elle, que la Mauritanie est loin de connaître la fin de l’impunité. «Nous ne sommes pas dans un Etat de droit », confirme-t-elle en remarquant que les populations défavorisées et vulnérables sont le plus exposées et victimes de cette impunité.

 

 

Tout cela est dû, selon la présidente de l’association des femmes chefs de famille, aux insuffisances, au manque d’application et de sensibilisation du code du statut personnel. Cela dessert, à son avis, l’intérêt des femmes mauritaniennes. Comme par exemple, en cas de divorce, la femme n’est pas associée. Cela pose un problème crucial : celui de l’implication de la femme au divorce. La loi n° 2001-052 portant Code du Statut Personnel n’a pas prévu ce genre de disposition. «Nous faisons face à une justice qui date du 1er siècle, s’indigne-t-elle, une justice qui puise dans la préhistoire. Les procédures utilisées par les cadis sont archaïques et coutumières. Ces soi-disant justiciers sont issus de la féodalité. Ils sont contre l’émancipation et l’égalité des femmes et surtout pensent que la femme doit rester au foyer ».

 

L’affaire Vatimétou Mint Vékou  n’a pas manqué de dépiter Aminétou Mint Ely Moctar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille. «La femme (mauritanienne) est victime de beaucoup de discriminations et d’injustices. » Cet état de fait, explique-t-elle, n’a pas sa raison d’être dans un pays revendiquant les valeurs de démocratie, de justice et d’égalité. «Malheureusement, tel n’est pas le cas », regrette-t-elle amèrement.

 

Elle n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les injustices dont sont victimes les femmes mauritaniennes. Pour preuve, elle cite les interminables files indiennes qu’elles font devant le bureau des cadis pour obtenir leurs droits. La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a du mal à comprendre l’attitude des autorités qui continuent à fermer les yeux sur une telle situation.

 

Tout en s’insurgeant contre la vision qu’ont certains détracteurs sur la femme mauritanienne, Aminétou Mint Ely Moctar a soutenu que la  femme mauritanienne a son mot à dire en cette ère de démocratie que vit la Mauritanie. « La justice, c’est le pilier du pays. S’il n’y  a pas de justice, il n’y a pas d’Etat de droit. Si la justice boîte, l’Etat boite. »

 

 

Cette affaire Vatimétou Mint Vékou n’est que l’arbre qui cache la forêt en réalité. Car, nombreuses sont les femmes qui continuent à être victimes de viols, de violences sexuelles, de divorce abusif, de maltraitances physiques, de kidnapping… C’est dans ce cadre que la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a demandé la création d’une chambre des conflits, la révision du code du statut personnel et le droit à la femme mauritanienne d’accéder à la pension «La vérité finira par triompher un jour », lance-t-elle avec défi.

 

Aminétou Mint Ely Moctar n’a pas manqué de mots durs pour dénoncer l’attitude de certaines personnes qui utilisent la femme comme un instrument de collecte d’argent. «On est en train de cacher la vérité et de mystifier l’Occident en disant que c’est la pluie et le beau temps alors que ce n’est pas vrai. Il n’en est rien. Bien au contraire ! », lâche-t-elle, écœurée.

 

Babacar Baye Ndiaye

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