( 11 juin, 2008 )

Pratiques esclavagistes: L’AFCF et S.O.S. Esclaves dénoncent des blocages dans l’évolution du dossier de l’esclavage

Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme, en particulier SOS. Esclaves et l’Association des Femmes Chefs de Famille, n’en peuvent plus de voir tout le temps leurs plaintes renvoyées aux calendes grecques.   Parce que, tout simplement, toutes les plaintes qu’elles déposent, dans le cadre des violations des droits de l’Homme relatives à l’esclavage, sont classées sans suite par les autorités judiciaires.

Au cours d’une conférence de presse, organisée conjointement ce 10 juin, elles ont encore fustigé la faible implication des hautes autorités de l’Etat dans le traitement du dossier de l’esclavage.  La seule alternative qui leur reste, c’est la dénonciation et elles comptent l’utiliser comme moyen de pression.  

La Mauritanie a ratifié et voté un ensemble d’instruments juridiques contre l’esclavage : la convention de Genève de 1926, l’ordonnance n° 81.234 abolissant l’esclavage, la loi n° 2003-05 du 17 juillet portant répression de la traite des personnes, la loi n° 2005-015 portant code du travail et la convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage de 1956.   Récemment, la loi n° 048-2007 a été votée pour criminaliser l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Mais, aux yeux de Aminétou Mint Ely Moctar, cette loi est inutile parce qu’ «elle n’a pas abouti à grande chose » dans l’éradication de l’esclavage et des pratiques esclavagistes.  Les cas de pratiques esclavagistes avérées continuent de faire scandale. A en croire, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, il y a un lobby hyper structuré au sein de l’administration, de la justice, qui empêche toute évolution du dossier.

«Dans n’importe quelle Moughata ou wilaya du pays, a-t-elle remarqué, dès qu’il y a un cas d’esclavage, toute l’autorité se dresse contre. » Cela démontre en toute évidence selon elle, qu’il y a «une volonté de nier l’existence de l’esclavage dans ce pays ».  S’y ajoute encore une médiocre campagne de vulgarisation de la loi n° 048-2007 criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Cette loi est ‘handicapée’ aussi du fait de l’absence de mesures d’accompagnement qui auraient pu permettre aux victimes d’esclavage d’en bénéficier.  

L’ampleur du phénomène de l’esclavage n’est plus un secret. «Même à Nouakchott, il y a des maisons d’esclaves.

Ces derniers demeurent exploités et serviles ; sans aucun moyen de se libérer parce qu’ils sont enfermés. Ils font du travail manuel sans être rémunérés», a renseigné Aminétou Mint Ely Moctar, qui estime que le gouvernement doit prendre ses dispositions sur ce nouveau phénomène des «maisons d’esclaves ».  

Elle a aussi estimé, que les autorités doivent cesser de leurrer les populations en continuant à tenir des discours démagogiques sans proposer de solutions fiables au problème de l’esclavage.  

Elle a tancé les médias publics qui ne jouent pas véritablement leur rôle dans la sensibilisation des populations au sujet de la loi n° 048-2007. 

De même que l’attitude passive de certaines personnalités de l’Etat. «Ce n’est pas parce qu’un ministre s’est rendu dans une région que c’est une sensibilisation. C’est pour tout simplement, faire du marketing pour le gouvernement.

Ce que font les ministres, ce n’est pas dans l’esprit de vulgariser cette loi », ironise-t-elle tout en recommandant au gouvernement de prendre des sanctions contre ceux qui enfreignent la loi en refusant de l’appliquer. «Il faut adapter la justice à nos réalités si nous voulons changer les choses et instaurer l’équité entre les citoyens », exige-t-elle.  Quant à Birame O. Dah O. Abeid, il s’est dit révolté et surpris de voir les cas d’esclavage, d’expropriation et de maltraitance à caractère esclavagiste persister. Surtout dans un pays qui se dit démocratique.

«Ce paradoxe qui dure et se développe en mal structurel et moyen de gestion officielle de contradictions sociales dans notre pays, nous impose de tirer l’alarme et de mettre en garde contre cette dérive dont les conséquences sur la paix civile et la concorde nationale sont potentiellement lourdes de dangers », prévient-il tout en relevant que «les cas avérés de pratiques esclavagistes qui ont été constatés dans toutes les moughataas du pays ont été ignorés, niés et dénaturés d’une manière active par les appareils administratifs, judiciaires et sécuritaires ». 

Devant le mépris de l’administration son hésitation à traiter convenablement le dossier de l’esclavage, Birame O. Dah O. Abeid a appelé les victimes et les défenseurs de la dignité humaine à imaginer des méthodes et chemins nouveaux capables de leur assurer une place au soleil dans l’honneur, la dignité et la justice.

Babacar Baye NDiaye

( 9 juin, 2008 )

Violations des droits de l’Homme: N’ayant plus confiance en la justice, les victimes se tournent vers les Organisations de défense des droits de l’Homme

Le Président de la République avait promis de rétablir la justice et de faire de la Mauritanie un Etat de droit. Doit-on continuer à rêver ? En tout cas, avec les cas d’esclavage, d’expropriation de terres que la presse relate tous les jours, ce n’est pas demain la veille. En effet, des blocages continuent à être régulièrement constatés par les Organisations de Défense des Droits de l’Homme. Ce constat est aussi valable en ce qui concerne le retour des déportés et du passif humanitaire.  

A Bouldem, des familles réclament toujours leurs terres 

Encore des victimes d’expropriation de terres cultivables ! A Bouldem dans l’arrondissement de Lexeiba 2, des familles ont été dépossédées de leurs terres. Ceci remonte au moment des événements de 1989. Profitant de ces événements, des personnes malveillantes ont récupéré ces terres de culture d’une superficie de 150 ha dûment acquis.   

A leur retour du Sénégal, ces familles sont allées voir le gouverneur de la wilaya du Trarza. Mais, en vain, elles n’ont pas obtenu gain de cause.  Par la suite, un chef d’arrondissement (Mohamedou O. Wagui ) est nommé à Lexeiba 2. Ce dernier est un proche parent de ceux qui ont récupéré les terres de culture pendant les événements de 89. Ces personnes qui ont, illégalement occupé ces terres, sont Khalil O. Habibou Rahmane, Mohamedin O. Habibou Rahmane( ancien directeur des Impôts à Nouadhibou). Ces terres n’ont jamais été mises en valeur. Il a fallu qu’il y ait l’appel du Président de la République pour assurer l’autosuffisance alimentaire et combattre la faim pour que ces derniers se ruent vers ces terres.  Pire encore, l’octroi de ces terres se fait souvent de gré à gré. Par exemple, un citoyen simple n’a droit qu’à 20 ha et un homme d’affaires plus de 100 ha Où se situe la vérité ? Ces populations victimes d’expropriation de terre n’ont cessé de faire une ‘rotation’ entre le chef d’arrondissement de Lexeiba, le préfet de R’Kiz et le Wali du Trarza.  

 Ce qui est désarmant dans ces affaires, c’est que des personnalités y sont mêlées jusqu’au cou. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités par rapport à la question des terres pour éviter le pire. Car, la colère des populations ne cesse de se gonfler comme une mayonnaise. Comme en témoignent les cas de plainte  soumis aux Organisations de Défense des Droits de l’homme et à la Commission Nationale des Droits de l’Homme! 

Un vieux de 58 ans « fugue » de la maison de ses maîtres 

Ahmed O. Mohamed est père de 8 enfants. Il est presque vieux (58 ans). Déjà, il marche avec l’aide d’une canne. Il est esclave c’est à dire toujours dépendant de son maître, sans biens et sans droit. Il était exploité comme une bête de somme. Toutes ces années de misère et de souffrance, il l’a vécu avec beaucoup de résignation. Mais un jour, il a décidé de ne plus être esclave de personne. C’est ainsi qu’il a quitté son village Achram 2 dans la Moughata de Moudjéria. 

Cette ‘fugue’ lui a valu d’être banni par ses maîtres : Abdallahi O. Souleymane Mohamédine O. Hadrami.  Ceux-ci font partie de l’ex-PRDS à Tijikja. Les comparant à de véritables tortionnaires, ce vieux de 58 ans a subi toutes sortes de supplice et de châtiment de la part de ses maîtres. Pire encore, ils l’ont dépossédé de ses oasis que lui ont léguées ses aïeux. Il a accusé ‘ses’ maîtres de prendre en otage ses enfants en les réduisant à l’esclavage. De même son épouse.  Il a appelé l’Etat mauritanien à le rétablir dans son droit tout en condamnant ces maîtres esclaves qu’il qualifie de ‘féodaux’.  En outre, il a dénoncé les agissements de Arbi O. Mohamed Mahmoud, ancien président du tribunal départemental de Kiffa, dans cette affaire. De même que ceux de l’ancien ministre de la justice Mahfouh O. Bettah. Les dossiers qu’il avait introduit au niveau du tribunal départemental de Tijikja, pour récupérer ses terrains, ont disparu dans les tiroirs.  Tout ce qu’il demande aujourd’hui, c’est d’être rétabli dans ses droits.   

Parce qu’il est esclave, sa fille a été mariée sans son consentement 

Taleb O. Sidi est né en 1957 et père de 6 enfants. Il est originaire de Bousstaïla dans la Moughataa de Timbédra. Il est esclave lui aussi. Contre son gré, ses maîtres ont enlevé par la force sa fille pour la marier à un autre esclave.  En vain, il a essayé de reprendre sa fille âgée seulement de 15 ans. Pendant ce temps, il avait adressé deux lettres aux procureurs de la République de Timbédra et d’Amourj pour protester contre ce mariage décidé par ses maîtres sans son consentement.  Ces derniers, au lieu de régler ce problème, ils l’ont classé sans suite pour protéger ceux qui ont marié par la force sa fille. En l’occurrence ses maîtres qui n’ont cessé de lui proférer des paroles menaçantes.  Aujourd’hui, ce monsieur ne rêve que de revoir sa fille mariée sans son contentement. 

La légitimation d’un système fondé sur la politique de la main basse 

La Commission Nationale des Droits de l’Homme est présentement saisie de toutes ses affaires qui «sont la résultante de la mauvaise volonté des autorités et la détermination des groupes dominants à maintenir et préserver des privilèges basés sur la discrimination, l’exclusion et l’impunité », a relevé Biram Ould Dah Ould Abeid.  Et par rapport au retour des déportés, il a constaté que cela se passe dans des ‘conditions déplorables’  en remarquant que les autorités n’ont rien fait pour résoudre la question de l’expropriation des terres de la vallée.  

Entouré de victimes de violations des droits de l’homme, il a qualifié la volonté de certains dignitaires civils et militaires de faire main basse sur la seule source de revenus des gens de la vallée qu’est la terre de culture. «Le système judiciaire et administratif a légitimé par ses pratiques discriminatoires et de classe l’emprise des féodalités tribales et théocratiques qui imposent un régime d’exploitation et de servage moyenâgeux aux couches serviles vivant et travaillant sur les terres cultivables », regrette-t-il.   Il s’est aussi insurgé contre l’exclusion des haratines et des noirs dans le financement de la campagne agricole au profit de l’agro-business et de la féodalité de l’ethno-classe arabo-berbère. Enfin, Birame O. Dah O. Abeid a dénoncé la déviation systématique des programmes télévisés et radiodiffusés de l’esprit de la campagne de dénonciation de l’esclavage vers une campagne de négationnisme et du confortement du système idéologique et anachronique esclavagiste. Babacar Baye Ndiaye   

( 31 mai, 2008 )

Une étonnante love story à la mauritanienne!

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Mohamed Ould Ahmed Ould Alweynat et Mariem Mint Mohamed Mahmoud Ould Jily sont un couple originaire de Kiffa. Le premier est issu de la caste des Oulad Sidi El Wavi. La seconde de la caste des Oulad Sidi Boubacar. Leur tort, c’est de s’aimer. Leur malheur a commencé le jour où ils ont décidé de se marier. Cette union conjugale est mal vue par les parents de Mariem Mint Mahmoud Mohamed Ould Jily parce que tout simplement ils ne sont pas du même rang social.

Pour eux, Mohamed Ould Ahmed a franchi le Rubicon en osant se marier contre leur volonté avec leur fille qui est issue de sang supérieur au sien. Par une décision judiciaire en date du 9 janvier 2007 émanant du tribunal départemental de Kiffa, Mohamed Ould Ahmed Ould Alweynat et Mariem Mint Mohamed Mahmoud Ould Jily se sont mariés.

Cette décision a provoqué le courroux de Mohamed Mahmoud Ould Jily, père de la nouvelle mariée. Considérant cela comme une offense insoutenable, il porte plainte avec l’aide et la pression de Didi Ould Bounama, ex-ministre de la justice, ex-président de la cour suprême et du conseil constitutionnel.  C’est lui qui sera à l’origine de la convocation de Mohamed Ould Ahmed devant le procureur de la République de Kiffa. A son tour, comme un jeu de ping pong, il le renvoie devant le juge d’instruction. Celui-ci, après enquête, rend une décision de non-lieu le 17 janvier 2008. Ainsi déboutés par le tribunal départemental de Kiffa, les parents de la femme portent l’affaire devant le tribunal départemental de Guerrou qui rend un jugement ‘contradictoire’ en l’absence de l’accusé, Mohamed Ould Ahmed Ould Alweynat.

Par la force, les parents de la femme ont fait exécuter ce jugement de première instance susceptible d’appel. Pour enterrer ce mariage ‘illégal’ à leurs yeux, ils proposent à Mohamed Ould Ahmed Ould Alweynat un compromis au terme duquel il va abandonner son épouse qui est actuellement en état de grossesse.  Aux yeux de leur avocat, maître Ahmed Bezeid Ould Mohamed El Mamy, c’est attentatoire aux libertés humaines et à la bienséance. Quant à Aminétou Mint Ely Moctar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, s’est dit choquée de voir de telles pratiques perdurer encore dans une société qui se proclame démocratique et se voudrait respectueuse des droits de l’Homme.

Elle a fait savoir que cette volonté des parents de Mariem Mint Mohamed Mahmoud Ould Jily de la séparer de Mohamed Ould Ahmed est une violation de la Constitution et un mépris du Code du Statut Personnel.

Elle a, par ailleurs, dénoncé les pressions exercées sur la personne de Mohamed Ould Ahmed Ould Alweynat par la gendarmerie et le procureur de la République de Guerrou.

Tout en appelant les autorités à prendre leur responsabilité sur cette affaire qui pourrait avoir un impact négatif sur la santé de la femme qui est en état de grossesse avancé (8 mois), la présidente de l’Afcf a exprimé  son inquiétude sur la tournure que cette affaire est en train de prendre. Cette affaire pourrait être une possibilité pour d’autres personnes à tenter la même chose. 

Mohamed Ould Ahmed Ould Alweynat pris en charge par la Commission Nationale des Droits de l’Homme est actuellement recherché par la gendarmerie et risque la prison.  Babacar baye Ndiaye

( 26 mai, 2008 )

Passif humanitaire et unité nationale: Les journalistes à l’école de la sensibilisation

Le Pnud en collaboration avec la Commission Nationale des Droits de l’Homme en Mauritanie et le National Democratic Institute a organisé une rencontre à l’hôtel Marhaba ce dimanche 25 mai avec les médias dans le cadre de la semaine de sensibilisation pour le règlement du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie en présence de Savage Tyrone, expert du Centre International pour la justice transitionnelle, qui a fait une brève présentation sur l’importance d’un processus de réconciliation respectant les standards internationaux  et le rôle des médias.

L’objectif premier de cette rencontre est de sensibiliser les journalistes sur le règlement du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale. Chacun, au cours de cette rencontre, y est allé de sa propre vision des choses.

«L’unité nationale passe d’abord par la réconciliation nationale. Réconciliation nationale ne veut pas dire réconciliation ethnique entre les populations. Mais, il s’agit plutôt de réconciliation avec un grand ‘S’. Réconciliation des populations avec l’Etat, des populations avec les politiques, de réconciliation des hommes politiques entre eux, de réconciliation entre les communautés, de réconciliation de l’armée entre eux…(…). C’est tout un ensemble de réconciliation qui va nous ouvrir la convergence de l’unité nationale », pense Mohamed Vall O. Oumeire, directeur de publication de la Tribune.

Depuis l’accession de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête de l’Etat, d’importants jalons allant dans le sens du renforcement de l’unité nationale ont été posés. C’est ainsi que des journées nationales de concertation sur le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire furent organisées.

«Nous avons tiré une grande leçon des événements de 1989. Tous les mauritaniens confondus ne vont plus accepter cela », prédit Isselmou, directeur de publication de Tahalil Hebdo, qui a refusé toute comparaison avec ce qui s’est déroulé en Afrique du Sud, en Cote d’Ivoire, en Sierra Leone… «Mais quand même il y a eu des remords, reconnaît-il. Les gens ont tiré de ces douloureuses expériences la volonté de ne plus recommencer. »

Le processus de diabolisation(entretenu par un régime et non par une communauté)  atteignit son paroxysme lorsqu’on a fait croire, en 1986 à la suite d’un putsch tenté et manqué par des noirs, à la communauté maure(victime de manipulation) qu’on voulait les exterminer un par un. S’ensuivit une chasse à l’homme dans les rangs de l’armée qui dura des années. Ceci a engendré ce qu’on appelle aujourd’hui le passif humanitaire qui reste encore un sujet tabou même si on en discute.

«Il ne faut pas confondre amnistie nationale et amnésie nationale. Dans ce dossier-là, l’essentiel c’est de rétablir la vérité, de redonner aux victimes leur dignité. L’essentiel, c’est de réparer les torts », souligne Isselmou en refusant l’idée que la Mauritanie est divisée en deux camps antagonistes qui se regardent en chiens de faïence. «Dire non plus qu’il n’y a pas de rancœur ou de frustration, c’est faire preuve de cécité », dit-il en préconisant la création d’une commission autonome mais limitée dans le temps pour régler le problème du passif humanitaire dans le consensus.

Il faudrait que les mauritaniens, pense Moussa Ba journaliste à Biladi,  traient la question du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie avec un certain détachement pourqu’on puisse s’acheminer vers l’essentiel.

«Au-delà du règlement du passif humanitaire, c’est d’abord un problème d’Etat. Il y a eu un régime à un certain moment qui a commis des crimes. Ce n’est pas vraiment une affaire qui doit entraîner ou être discutée au niveau de la base des différentes communautés », a laissé entendre Khattat, rédacteur en chef de Nouakchott-Info.

«On a besoin aujourd’hui de renforcer l’unité nationale. Au niveau des partis politiques, il y en a certains qui véhiculent des messages politiques très dangereux comme le partage du pouvoir entre les Noirs et les Maures », conclut-il.

«En 1989-91, ce qu’il y a eu, enchaîne Khalilou Diagana, journaliste au Quotidien de Nouakchott, ce n’est pas deux communautés comme au Rwanda qui se sont charcutées à coup de hache. Il arrive parfois que des journalistes écrivent sur ça en parlant d’ affrontements interethniques. »

Et par rapport au passif humanitaire, il poursuit en rappelant que c’est un Etat qui, à travers son armée, son administration, sa police, a réprimé une partie de la population. «Je ne crois pas au rappel historique ou à une histoire commune comme facteur d’unité nationale. L’unité nationale se fera avec moins de discrimination, avec moins d’hégémonie. Pour moi, rappeler qu’une mauresse s’est mariée à un soninké, ça ne rapporte rien à l’unité nationale. En Mauritanie, dire qu’il n’y a pas un problème entre noirs et maures, ce n’est pas exact », dit-il en s’appuyant sur l’exemple du système éducatif.

«De 1979 à 1999, pendant 20 ans, dans ce pays-là, il y a eu deux écoles. L’école des arabes et l’école des négro-africains. Cette fracture scolaire a créé deux générations de mauritaniens qui ne peuvent pas communiquer. »

Cependant, avec la dernière réforme qui a été initiée par le ministère de l’Education Nationale, les choses commencent à redevenir normales. L’unité nationale passera aussi et nécessairement à travers les programmes éducatifs, socio-économiques.

Cela est d’autant plus urgent que la Mauritanie connaisse un taux de pauvreté très élevé. Par conséquent, la lutte contre la pauvreté peut constituer un moyen de renforcer l’unité nationale. Les questions économiques et les changements des conditions matérielles sont essentielles dans la vie des gens. Les récentes violences xénophobes en Afrique du Sud sont là pour nous rappeler la triste réalité.

A l’issue de cette rencontre, tout le monde a compris qu’il y avait une nécessité de se réconcilier pour avoir l’unité nationale en transcendant les divisions. Mais cela passera par la normalisation de la société et la réparation des préjudices causés aux victimes. Cela est de la responsabilité de l’Etat mauritanien.

C’est vrai parler de violations des droits humains en Mauritanie, c’est parfois choquant et dérangeant. Mais il faut faire avec pour rétablir la vérité. C’est aux mauritaniens de voir les stratégies qui peuvent marcher en engageant  le dialogue et de voir ce qu’il faut dans le règlement du passif humanitaire.

Sans la vérité, nous n’avons rien, nous ne pouvons pas connaître l’ampleur des torts et les victimes n’oublient jamais. On ne peut plus ressusciter ces morts mais la République peut les honorer en leur bâtissant des mémorials, des édifices ou des monuments en guise de souvenirs.

Babacar Baye Ndiaye    

( 26 mai, 2008 )

12 ans après s’être dépossédées de leurs terres

Les populations de Garalol et Diawaldi Mango attendent que justice soit faite

 

Combien sont-elles ces populations qui ont été dépossédées, avec la complicité de certains colonels de l’armée ou de la gendarmerie, de leurs terres de culture ? Cette triste et inoubliable ‘époque’ bâtie sur et par la force ne cesse de nous estomaquer en révélant ses vérités et ses mensonges chaque jour que Dieu fait.

En 1996, en plein régime du président Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, 19 terres de culture furent l’objet de spoliation dans les localités de Garalol et de Diawaldi Mango dans la Moughataa de Mbagne qui regorge d’importantes potentialités agro-pastorales. Ces terres spoliées depuis 1996 sont placées sous la propriété privée de Mohamed Ould Jouly. A la surprise générale des populations dont la plupart sont des éleveurs, des engins de l’armée nationale vinrent nettoyer de fond en comble ces terres de culture. Sy Moussa Harouna, suppléant du sénateur de Mbagne et simultanément conseiller municipal de Niabina se rappelle encore de ce jour de deuil. «C’était le 19 avril 1996. Il y a eu un déploiement de gros engins dont certains appartenaient à l’armée nationale sur ces terres de culture du Walo qui ont été reprises des mains des populations(…). Quand les populations ont réagi, il y a eu des militaires qui les ont menacé.» 

Depuis ce 19 avril 1996, la situation est restée toujours la même. En vain, à la suite d’une riposte contre cette occupation illégale de l’armée nationale, les populations des localités de Garalol et de Diawaldi Mango ont adressé plusieurs correspondances au wali du Brakna pour obtenir gain de cause. C’était le 3 juin 1996. En 1997 aussi, d’autres lettres de protestation furent adressées aux autorités régionales et départementales. Plus grave encore, les propriétaires de terre dépossédés ne savaient pas qui se  dérobait derrière cette spoliation. «Ce n’est qu’en 2003, rappelle Sy Moussa Harouna au cours d’une conférence de presse organisée dans les locaux du Fonadh ce dimanche 25 mai, que le ministre de l’intérieur de l’époque, sous la pression des populations, a demandé au gouverneur du Brakna d’appeler l’occupant des terres(Mohamed Ould Jouly). Le gouverneur lui a demandé de présenter aux populations les documents justificatifs par lesquels il occupait les terres. » 

Pendant ce temps-là, de 1996 à 2003, les populations auraient entendu toutes sortes de menaces et d’intimidations de la part de Mohamed Ould Jouly hyper protégé par des bras puissants tapis dans l’ombre. 

Les documents dont disposait Mohamed Ould Jouly étaient signés par le gouverneur Ould Maouloud qui donna l’autorisation d’exploiter ces terres de culture tant convoitées et s’étendant sur une superficie de 300 hectares. «A l’époque, le gouverneur n’était pas habilité à donner 300 ha. Pour ce faire, il les morcela en 10 lots de 30 ha chacun. Ces dix lots de 30 ha, il les distribua à 10 personnes. Il s’est trouvé dans les documents que les 9 autres personnes sont fictives. Il n’y a qu’une seule personne qu’on pourrait identifier », s’indigne Sy Moussa Harouna en accusant Mohamed Ould Jouly et Ould Vayda d’être derrière ces actes de vente. 

Pour votre complément d’information, Ould Vayda fut à cette époque colonel et commandant de la base militaire de Bababé. On comprend mieux donc pourquoi, il y a eu la présence des engins de l’armée nationale pour détruire les terres de culture dont dépendent des milliers de famille. C’est ce colonel qui a fait signer ce contrat de vente à Mohamed Ould Jouly, lui aussi, proche parent du colonel Boukhréiss! Leurs signatures figurent dans les contrats de vente de ces terres de culture. 

Ce contrat de vente portait sur 30 ha vendu à 40.000 UM. L’autorisation d’exploitation n’est pas un titre de propriété. Par conséquent, ces terres devaient être retirées d’office. «Mais cela n’a pas été fait », constate Sy Samba Harouna. «Sur la base de ces contrats de vente, un 2ième wali vient et fait des autorisations d’exploitation en se référant au contrat de vente. Alors que ces terres vendues ne sont pas propriété de l’Etat. Ensuite, des terres même appartenant à l’Etat doivent faire l’objet de publication », explique-t-il en notant que ces terres qui sont aujourd’hui au cœur d’un litige appartient à des mauritaniens qui ont été déguerpis durant les événements de 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie. 

Désespérés, les propriétaires de ces terres de culture ont adressé ces derniers jours des missives au hakem de Mbagne, au wali du Brakna et même au Président de la République. Mais jusqu’à présent, ils n’ont reçu aucune suite favorable. Pour rappel, le 5 mai 1991, les populations de ces localités avaient signé avec la Sonader un contrat pour l’aménagement de ces terres de culture. Cela s’inscrivait dans le cadre du projet IDA. 

En Mauritanie, les titres fonciers sont régis par l’ordonnance n° 83-127 qui reconnaît 3 types de régimes fonciers : il s’agit du régime foncier issu de l’Afrique Occidentale Française, du régime foncier sur les droits de propriété relevant des pratiques traditionnelles du droit musulman et enfin le régime foncier sur la propriété individuelle des terres propriétés de l’Etat. 

Ces terres qui font aujourd’hui l’objet de litige sont réglementées par le régime foncier issu de l’AOF. Ce régime est maintenu et toujours reconnu par la loi sur le régime foncier. Elles sont immatriculées au registre foncier n° 4 de la subdivision de Boghé. «Nous tenons à ce que l’Etat qui est le premier responsable de l’application des textes fasse respecter et faire respecter par son administration le contenu des textes. Malheureusement, nous constatons que les premiers à violer les textes, ce sont les autorités administratives régionales. Lorsqu’une autorité se permet d’agir de la sorte et que son acte reste impuni, les populations continuent à supporter ces genres d’injustice, c’est vraiment malheureux », regrette Sy Samba Harouna. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

 

 

 

( 22 mai, 2008 )

Le Lionisme en Mauritanie

Les chevaliers des non-voyants ouvrent leurs portes au public !

 

«Faire connaître Le Lions Club International (en Mauritanie) et arriver à trouver dans les ressources humaines mauritaniennes les meilleures ressources (…) qui intègrent cette association (Le Lions Club International, Ndlr) pour rendre le service le plus noble possible à nos concitoyens les plus démunis ». C’est l’un des objectifs prioritaires du Lions Club International en Mauritanie qui a organisé au Centre Culturel Français du 14 au 15 mai dernier deux journées ‘Portes Ouvertes’ sur le lionisme destinées à faire connaître davantage cette association humanitaire internationale fondée en 1917 par Melvin Jones, un citoyen américain.

 

Ces portes ouvertes, selon les organisateurs, seront désormais inscrites dans l’agenda des activités du Lions Club International. Exposition, projections, conférence,…Les Chevaliers des non-voyants n’ont pas manqué d’imagination pour faire de ces ‘portes ouvertes’ sur le lionisme une réussite. Le lionisme existe en Mauritanie depuis 1963. Mais, «nous sommes méconnus par la plupart des Mauritaniens », a reconnu monsieur Bâ Amadou Béchir, président de la zone 111 au cours de la conférence de presse organisée à l’occasion des portes ouvertes sur le lionisme en Mauritanie. «Les gens ne savent pas ce que nous faisons. On nous voit dans (ces) vestons bleus et (ces) pantalons blancs. On se rencontre dans les soirées ; les gens pensent que nous sommes là pour faire la fête. Alors que dans ces soirées, tous les fonds qui seront récoltés, c’est des fonds qui iront dans des comptes-œuvres. Nous, nous servons mais nous ne nous servons pas. Notre devise, c’est de servir et non de se servir », a tenu à rappeler dans la foulée le président de la zone 111, Bâ Amadou Béchir. 

Au-delà de cette particularité, Le Lions Club International vise à attirer de plus en plus de personnes à rejoindre cette association humanitaire et à travailler dans le lionisme pour le développement de l’être humain.  

De 1963 à nos jours, Le Lions Club International en Mauritanie a investi plus de 180 millions d’ouguiyas en termes de financements. Ce qui fait de lui, le premier contributeur de la Mauritanie en matière de préservation de la vue. Dans ce domaine, le Centre Priorité à la Vue est à mettre à leurs réalisations. Aussi, chaque année, ils organisent une campagne de vaccination contre le trachome à travers toutes les régions de la Mauritanie.

Malgré tout cela, Le Lions Club International souffre d’une mauvaise image dont elle a du mal à se départir. «Souvent, on est taxés d’être des francs-maçons, une organisation sectaire, des juifs », remarque le président de la zone 111. «Quand les gens nous traitent d’un certain nombre d’étiquettes, enchaîne Kodié Diagana président du Club Caravane, il nous (les membres du lions club en Mauritanie, Ndlr) appartient de faire comprendre à ces mêmes personnes que ce vous croyez être Le Lions Club ce n’est pas ça mais le lions club c’est un service. Et c’est l’objectif de ces portes ouvertes. »

Le Lions Club en Mauritanie intervient également dans le social et son apport dans ce domaine se chiffre à des millions d’ouguiyas. A titre d’exemples dans leurs réalisations, on peut citer la création du Centre diabétique de Sebkha qui ne fonctionne plus malheureusement pour des raisons administratives. «On n’est pas connu mais ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire quelque chose. J’espère qu’à la sortie de ces journées, on pourra avoir une meilleure couverture médiatique », a plaidé Sow Mohamed, président du Club La Rose des Sables, après un aggiornamento sur les réalisations majeures du Lions Club en Mauritanie.

Le but du Lions Club n’est pas de fournir des budgets de fonctionnement mais de fournir des équipements et de l’aide sociale aux plus démunis. En plus de 40 ans, Le Lions Club en Mauritanie a financé plus de 270 millions d’ouguiyas dans diverses œuvres sociales sans parler des 180 millions d’ouguiyas financés par Sightfirst pour lutter contre la cécité qui est une maladie très répandue dans notre pays.

La structure de base du Lions club en Mauritanie c’est les clubs (club doyen, club caravane, club Rose des Sables) qui sont des entités juridiques et des associations de droit privé mauritanien. Ces dernières sont affiliées à l’association internationale du Lions club. «Si nous voulons un lionisme saint, c’est nos léos qu’il faut encadrer pour que demain ils deviennent des lions parce que durant leur cursus et leur séjour au niveau des clubs léos, ils ont eu à côtoyer des lions », a préconisé le président de la zone 111 qui estime qu’il faut les faire participer à toutes les activités. «Ils peuvent apporter des solutions par rapport à des problèmes auxquels nous n’avons pas de solutions », conclut-il.

45 ans après son existence, le Lionisme en Mauritanie n’a pas véritablement réussi à se faire connaître. C’est dans ce cadre que ces journées portes ouvertes ont été organisées. Certainement pour sortir du creux de la vague. Car, la grande majorité des mauritaniens ont une idée très sommaire du lionisme. Certains ne le connaissent pratiquement pas. D’autres l’ignorent jusqu’au trognon. En plus de cela, il souffre d’une faible médiatisation. «On est restés 45 ans sans organiser des portes ouvertes, ce n’est pas parce qu’on n’a pas fait de communication. Ces portes ouvertes sont une forme de communication pour faire connaître le lionisme en Mauritanie. Nous avions l’habitude de dire à travers cette phrase : ‘On ne se fera connaître qu’à travers nos œuvres’. Durant toutes ces périodes qui sont passées, on a réalisé beaucoup de choses pendant ces 45 ans, à travers des activités, des manifestations de collecte, des œuvres d’envergure que le lions club a fait en partenariat avec la société civile mauritanienne et le gouvernement mauritanien notamment le Ministère de la Santé(leur ministère de tutelle, Ndlr). Mais la médiatisation attendue de ces œuvres n’a pas été faite », constate Kodié Diagana président du Club Caravane. «C’est ce qui explique, poursuit-il, qu’on a organisé ces portes ouvertes pour faire comprendre à tout le monde que le lions club est une association comme toutes les associations de bienfaisance et que le lions club a un but et que les lions sont imbus d’un idéal commun qui est tout simplement le service : servir et sans rien attendre en retour. »

La Mauritanie n’est pas prête pour le moment à pouvoir organiser une convention internationale sur le lionisme qui réunit plus d’une vingtaine de pays africains. D’abord, parce que notre pays ne dispose pas assez d’infrastructures notamment hôtelières. Ensuite, l’organisation d’une telle manifestation demande beaucoup d’expérience. «Tant qu’on ne fera pas cette communication jusqu’à ce qu’on nous connaisse, ce sera prématuré de vouloir organiser une convention », affirme le président de la zone 111. «Ça ferait un grand plaisir que la Mauritanie puisse organiser une telle manifestation. On sait que de par le monde l’organisation d’une telle manifestation a des retombées économiques énormes. Notre vœu le plus cher c’est de voir très prochainement la Mauritanie pouvoir organiser une convention internationale. Certains pays commencent à nous taquiner en disant : ‘A quand la convention en Mauritanie’ ? Les pays qui reçoivent la convention internationale, ce sont des pays où le lionisme est connu au plus haut sommet de l’Etat jusqu’à la population qui se trouve à la base », déclare Kodié Diagana président du Club Caravane qui pense que cette ignorance sur le lionisme en Mauritanie constitue un handicap majeur. Pour lui, il faudrait que l’information circule par le biais des mass-médias pour permettre à la population de connaître ce que Le Lions Club International fait en Mauritanie et comment il intervient. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

  

 

   

( 5 mai, 2008 )

Université de Nouakchott:Nebghouha Mint Mohamed Vall ‘affronte’ les étudiants

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Le Front Uni des Syndicats Estudiantins a organisé, ce samedi 3 mai, à l’amphithéâtre de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques de l’Université de Nouakchott un face-à-face public, premier du genre, avec Nebghouha Mint Mohamed Vall ministre de l’Education Nationale. Au cours de ce débat, elle a étalé les grandes réformes qu’elle compte mettre en branle pour donner une nouvelle image au système éducatif mauritanien. Elle a aussi expliqué les grands défis qui attendent son département ministériel notamment dans le domaine de la qualité. 

  

La venue de Nebghouha Mint Mohamed Vall à l’Université de Nouakchott était attendue avec beaucoup d’impatience par les étudiants. C’était la première fois, en effet, qu’un ministre de l’Education Nationale y mettait les pieds pour débattre avec les étudiants. Tenez-vous devant tout le monde dans un amphithéâtre plein à craquer pour discuter de l’Université et de ses problèmes. La ministre de l’Education Nationale a passé en revue tous les problèmes qui gangrènent le système éducatif mauritanien de manière générale. De l’enseignement fondamental à l’enseignement supérieur en passant par l’enseignement secondaire, elle a fait un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle que traverse notre système éducatif. En Mauritanie, «sur 2 enfants qui rentrent en première année fondamentale, 1 seul arrive en 6ième année », renseigne madame la ministre de l’Education Nationale qui compte remédier le plus rapidement possible cette situation préjudiciable. «Des études ont démontré, poursuit-elle, que des enfants qui ne font pas six années complètes ne sont pas entièrement alphabétisés. Par ailleurs, elles ont démontré que la qualité de l’apprentissage se dégrade à ce niveau(école fondamentale, NDLR) d’une année à une autre ». 

Au niveau aussi de l’enseignement secondaire, le constat est le même : la qualité de l’enseignement s’est dégradée aussi. Les premières victimes, ce sont les élèves qui en paient les conséquences. Nous avons encore en mémoire les catastrophiques résultats du bac 2007 qui sont une parfaite illustration du niveau de dégradation de notre système éducatif qui ne parvient plus à assurer un enseignement de qualité. Seulement 11% du taux de réussite. Ç’aurait pu être plus ridicule si on n’avait pas procéder au repêchage des candidats. «C’est très grave », juge la ministre de l’Education Nationale. 

L’Université de Nouakchott n’est pas épargnée, elle aussi,  par la faiblesse de la qualité. Les répercussions de cette baisse de qualité s’y font ressentir dramatiquement.  Avec un effectif avoisinant plus de 12.000 étudiants, l’Université de Nouakchott a largement dépassé aujourd’hui sa capacité d’accueil qui était prévu entre 3500 et 5000 étudiants. «L’Université de Nouakchott n’a pas malheureusement réussi à combler tous les gaps et à construire toutes les compétences qu’elle était supposée construire pendant les 4 ans que vous(les étudiants) passez à l’Université », a reconnu la ministre de l’Education Nationale. 

Au cours de ce face-à-face avec les étudiants de l’Université de Nouakchott, Nebghouha Mint Mohamed Vall a révélé que l’Etat mauritanien a beaucoup investi de l’argent dans l’expansion du système éducatif mauritanien. L’Etat mauritanien, selon elle, a investi moins d’argent dans les ressources humaines pour construire des compétences solides au niveau de l’offre du système éducatif. Item aussi à tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité(livres, laboratoires…). 

C’est pour inverser cette tendance que l’actuel ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall a entamé des réflexions pour mettre en place des plans d’action pour avoir une idée de ce qu’il faut faire. «Ce n’est pas toujours suffisant, dit-elle. Nous ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle mais nous essayerons de l’améliorer. Nous souhaitons aussi que vous nous aidiez(les étudiants) en analysant à chaque fois les progrès réalisés non en comparaison de ce qu’on voudrait avoir mais en comparaison de la situation où on était. Il faut avoir à l’esprit qu’on ne peut pas tout résoudre d’une baguette magique. Comparons pour améliorer de manière substantielle aussi bien les services qui vous sont dispensés au niveau de l’Université que la qualité des apprentissages que vous obtenez pour vous professionnaliser davantage et vous permettre de pouvoir accéder à la fin de votre scolarité au marché de l’emploi ». 

La Mauritanie compte aujourd’hui plus de 15 mille étudiants dont 2.500 sont à l’étranger et 20 % du budget du ministère de l’Education Nationale leur est consacré. L’enseignement secondaire qui compte plus de 90 mille élèves occupe 30 % du budget du ministère de l’Education Nationale. Quant à l’enseignement fondamental qui représente plus de 500 mille élèves bénéficie de 50 % du budget alloué au ministère de l’Education Nationale. 

L’enveloppe budgétaire de l’enseignement supérieur avoisine les 5 milliards : les 2 milliards sont destinés aux étudiants mauritaniens vivant à l’extérieur et les 3 milliards à l’Université de Nouakchott. «Notre compréhension c’est qu’à chaque fois que le budget du ministère de l’Education Nationale augmente et par conséquent celui de l’enseignement augmente que l’augmentation aille à l’Université de Nouakchott, à l’amélioration des services, au renforcement des capacités des professeurs, à la documentation… », précise la ministre. 

L’attribution des bourses à l’étranger, selon elle, sera désormais gérée de manière transparente. «C’est fini les dessous de table », a-t-elle promis aux étudiants. «Les bourses à l’étranger continueront à être limitées parce que la priorité des priorités c’est d’abord l’université de Nouakchott. Il faudrait qu’elle devienne une université moderne et qu’elle réponde aux besoins de développement économique et social du pays », a-t-elle laissé entendre. 

Par rapport au futur campus universitaire dont la capacité sera de 2.500 places, les études architecturales, selon la ministre de l’Education Nationale, sont dans une phase très avancée. Quant à la Faculté des Sciences et Techniques, l’appel d’offres est en instance d’approbation du principal bailleur de fonds.   

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

( 5 mai, 2008 )

Fête du 1er mai 2008:Les travailleurs appellent l’Etat à sécuriser leur pouvoir d’achat

La célébration de la fête du 1er mai de l’année 2008 s’est déroulée dans un contexte social et économique assez difficile pour les populations en général et aussi pour les travailleurs en particulier. C’est ainsi qu’à l’occasion de cette traditionnelle fête du travail du 1er mai, ils ont appelé les autorités de la République à renforcer davantage leur pouvoir d’achat afin de les mettre à l’abri des aléas des hausses vertigineuses des denrées de premières nécessités qui proviennent en grande partie de l’extérieur. 

 

Le pouvoir d’achat, la généralisation de logement pour l’ensemble des fonctionnaires, la cherté de la vie, l’augmentation des salaires entre autres furent au cœur des revendications, jeudi 1er mai en Mauritanie, dans les défilés de la fête du Travail qui ont rassemblé des milliers de manifestants dans les grandes artères du centre-ville de Nouakchott. L’occasion pour les centrales syndicales de faire un bilan de leurs doléances. «Notre plate-forme de revendication n’a pas pousser d’un pas. Il n’y a aucun pas qui a été réalisé à ce jour. Les travailleurs sont dans une situation des plus difficiles. Les droits ne se donnent pas. Ils s’arrachent. Mais il manque malheureusement à la société syndicale cet éveil qui va obliger le patronat à lâcher du lest et à donner aux travailleurs leurs droits », souligne Abderrahmane Ould Boubou, Secrétaire Général de l’UTM. 

Les centrales syndicales n’ont pas dérogé à la règle. Pour marquer la célébration de cette année, elles ont mobilisé toute leur force et leur énergie pour mettre en exergue leur capacité de mobilisation. Pour parer à toute infiltration ou débordement, la police a été fortement mobilisée, elle aussi. Elle a fidèlement encadré les manifestants. Pas de heurts ni d’incidents enregistrés durant tout le défilé de la fête du 1er mai. A part quelques bousculades ! Dans l’ensemble, la mobilisation a été bien réussie au niveau de chaque centrale syndicale comme l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) ou la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM). Cependant, contrairement à l’année précédente, les différentes centrales syndicales du pays ont marché seules. La célébration de la fête du 1er mai de cette année s’est fait dans une dispersion totale. Chaque centrale syndicale a fait cortège seule. Et certaines centrales syndicales comme l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) y voient une forme d’affaiblissement du monde du travail caractérisé par la multiplicité des centrales syndicales « C’est un handicap pour l’effort des centrales, pense Abderrahmane Ould Boubou, Secrétaire Général de l’UTM. Il doit y avoir  union dans l’action. Le pouvoir n’a qu’à cesser de nous verser une multitude de centrales qui n’ont de centrale que leur nom (…) ». 

Les travailleurs ont déploré aussi le manque de considération dont ils font l’objet. Car, estiment-ils, ils n’ont pas été associés aux mesures récemment prises par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix et la cherté du coût de la vie. Ils ont plaidé pour leur implication dans le programme d’urgence concocté par l’Etat mauritanien. Toutefois, ils n’ont pas manqué de saluer dans leur grande majorité  les récentes mesures prises par le gouvernement. Ils ont jugé ces mesures ‘salvatrices’. «C’est des mesures intéressantes attendu qu’elles soient encadrées et parviennent aux destinataires c’est à dire les pauvres et les couches défavorisées », signale le Secrétaire Général de l’UTM. 

Fer de lance du mouvement social, les centrales syndicales ont appelé à la promotion du dialogue social. Dans ce cadre, la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie, en vue de promouvoir le dialogue social dans notre pays, a demandé la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les partenaires sociaux, cadre déjà préconisé par les partenaires sociaux dont le principe et la mise en œuvre sont déjà inclus dans les accords de 2004. 

Le chômage, l’esclavage, la faiblesse du pouvoir d’achat, la réduction du coût de transport, du tarif de l’eau, de l’électricité, des produits pharmaceutiques, des coûts d’hospitalisation, la couverture sociale et médicale, la sous-traitance, la protection des travailleurs, logements sociaux…Les centrales syndicales ont passé en revue la situation économique et sociale du pays fortement dominée par la hausse des prix. Dans ce domaine, elles ont appelé les autorités à mettre en place des structures de contrôle efficace des prix où elles seront impliquées. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

( 21 avril, 2008 )

Squatters ‘légaux’

Quand un lieu de culte alimente des querelles !

 

Un bras de fer oppose les commerçants louant les magasins juxtaposant le centre culturel marocain et le lieu cultuel qu’on appelle communément ‘Mosquée Maroc’ qui ont été sommés par les autorités d’El Mina de déguerpir les lieux. Ces boutiques ont été scellées par la police. Pour quelles raisons ? «Pour que les choses reviennent à l’ordre », souligne-t-on au niveau de la mairie d’EL Mina. Mais aussi pour des raisons urbanistiques !mais les occupants ne l’entendent pas de cette oreille.

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Comment en est-on arrivé jusque là ? Du côté des autorités de la commune d’El Mina, on affirme que plusieurs séances de réunions ont été tenues avec les commerçants pour les mettre au parfum de leur décision de les faire déguerpir des magasins. Mais ces derniers ont semblé ne pas accorder du crédit, comme on le sait souvent, aux injonctions des autorités. Ces magasins qui sont aujourd’hui au cœur d’un litige problématique constitue un domaine privé appartenant à l’ambassade du royaume du Maroc. 

Tout a commencé le 7 février 2008, lorsque ces commerçants furent appelés par le directeur des awghav  qui les informa de la décision de l’état mauritanien de casser ces boutiques. Ces derniers, pris de court, vont faire savoir qu’ils ne sont pas contre cette décision du gouvernement. C’est ainsi, pour essayer de trouver un terrain d’entente, qu’ils écrivirent au ministre des affaires religieuses, au wali de Nouakchott, au préfet de Nouakchott et au président de la communauté urbaine de Nouakchott. 

Reçus en audience par Mohamed Vall, ministre des affaires religieuses, ce dernier les fera savoir que cette décision est irrévocable. 

Dans une réunion regroupant la CUN, la Socogim, la wilaya de Nouakchott et les délégués des commerçants, un terrain d’entente n’a pas pu être trouvé. D’ailleurs, les commerçants ont accusé le président de la CUN, Ould Hamza de goujat et d’excès d’autorité.

Les commerçants, pour leur part, avaient proposé la place de la fourrière près du marché d’El Matlah et le terrain vide situé à coté de la Sonimex dans la commune d’El Mina. Quant au gouvernement, il avait proposé le marché du bois. Mais pour des motifs stratégiques, les commerçants ont décliné cette proposition gouvernementale. «On a vécu ici pendant une vingtaine d’années. Nous faisons nos affaires ici qui est un point très connu par tous les mauritaniens. Nous avons des créances tout comme nous sommes débiteurs à d’autres commerçants. De nature, le commerçant, son chiffre d’affaire, c’est sa place », rencarde le délégué des commerçants retrouvés sur les lieux en train de s’expliquer avec les autorités de la commune d’El Mina. 

S’expliquant de leur refus d’être recasés au marché du bois, les commerçants se fondent sur trois arguments. Premièrement, qu’il y a une loi qui a été votée à l’assemblée nationale stipulant que les places publiques ne doivent pas être occupées mais qu’ils détiennent leurs permis d’occuper dûment signés par l’autorité. Deuxièmement, ils affirment que le marché du bois n’est pas une place commerciale et qu’aussi elle est trop exiguë. Troisièmement, que l’Etat mauritanien veut les évacuer sur-le- champs sans contrepartie financière alors qu’ils sont là depuis plus de 20 ans. 

A la suite de plusieurs réunions stériles avec le gouvernement qui est déterminé à aller jusqu’où bout de sa logique, les commerçants s’orientent maintenant vers ‘une solution adéquate’. Cette partie qui est au cœur aujourd’hui du tiraillement entre le gouvernement et les commerçants fait partie – ce qui est reconnu par les commerçants- du domaine de la mosquée marocaine placée sous la tutelle de la direction des awghav qui a signé dûment le contrat avec Daha. Un permis de construction lui fut délivré par les pouvoirs publics de l’époque. Les magasins, aujourd’hui objets d’un litige, furent construits par lui. 

Cette occupation est légale, selon le délégué des commerçants, Mohamed Lemine O. Bow qui déclare qu’il y a bel et bien un permis de construction et d’occupation qui a été délivré au commerçant Daha. 

Des milliers de magasins comme ceux-là sont innombrables. Et ces magasins ne sont que la partie visible de l’iceberg. Mais qui a décidé de déguerpir ces commerçants ? Voilà une question qui décoiffe et qui est esquivée comme une peste. Pour le moment, en attendant de trouver la réponse, se basant sur le fait que la Mauritanie est un pays démocratique, les commerçants semblent opter pour un règlement pacifique de ce problème. «S’il n’y pas cela, nous allons continuer notre lutte », a prédit le délégué des commerçants, Mohamed Lemine O. Bow. 

Une chose est sûre. Les conséquences de la fermeture de ces boutiques auront des répercussions incalculables, à moyen terme, sur les populations. En effet, c’est elles qui approvisionnent le marché national en terme de céréales. Dans ces magasins, des réserves importantes de céréales y sont stockées et leur fermeture pourrait engendrer une pénurie céréalière. C’est les propriétaires de ces magasins là aussi qui importent certains matériaux de construction et de bâtiments sur lesquels l’Etat mauritanien tire des taxes en les dédouanant. Au nombre de 42, ces magasins font vivre entre 4000 et 5000 personnes sans compter les taxes communales (2000 UM/mois/boutique) que ces commerçants paient à la CUN. «Nous payons notre argent. Nous travaillons jour et nuit pour contribuer au développement économique de notre pays. Comment peut-on nous maltraiter de cette manière », s’interroge le délégué des commerçants qui ne manqueront certainement pas de traîner l’Etat mauritanien devant la justice pour non-respect du contrat d’occupation de ces magasins qui doit expirer en principe dans deux ans et demi. Autrement dit en 2010 ! Alors pourquoi vouloir précipiter les choses en déguerpissant ces commerçants qui sont dans la légalité ? 

 

Babacar Baye Ndiaye 

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( 30 mars, 2008 )

Détournement de mineures

 

 Oumoul Khairy : mariée à 6 ans, divorcée à 8 ans 

 

L’Association des Femmes Chefs de Famille (l’AFCF) a organisé, ce samedi 29 mars, à son siège sis Tévragh-Zéina, une conférence de presse. A l’ordre du jour, deux points : le premier concernait l’arrestation du rédacteur en chef du quotidien arabophone  Essirage, Mohamed Salem O. Mohameddou par la police mauritanienne la semaine dernière et le second point était relatif au détournement de mineures. Le cas de Oumoul Khairy mariée à 6 ans et divorcée à 8 ans constitue un exemple bouleversant d’une atrocité bien avérée digne d’un autre âge. 

L’AFCF se solidarise avec Mohamed Salem O. Mohameddou rédacteur en chef d’Essirage 

Aminétou Mint Ely Moctar a condamné, au cours de ‘sa’ conférence de presse, la manière dont le journaliste d’Essirage Mohamed Salem O. Mohameddou a été appréhendé par les forces de l’ordre. (Il fut cueilli sans mandat d’arrêt dans son lieu de travail, NDLR). Cela, à ses yeux, est inadmissible surtout dans un pays démocratique. «Dans un pays qui veut avancer, dit-elle, la moindre des choses, c’est d’accorder la liberté d’expression et la liberté d’opinion à sa presse et à ses journalistes. » 

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a mis en exergue le rôle de la presse dans l’information des populations mauritaniennes, l’ancrage de la démocratie et le développement  de notre pays. Selon elle, les pouvoirs publics ne doivent pas s’immiscer encore moins fouiner dans le travail de la presse et des journalistes. L’arrestation de ce journaliste démontre, s’exclame-t-elle, que les autorités veulent museler la presse et tuer dans l’œuf la liberté d’expression et d’opinion dans notre pays. En outre, elle a demandé la libération immédiate et sans condition de Mohamed Salem O. Mohameddou rédacteur en chef du quotidien arabophone  Essirage. «Nous lançons un appel à l’Etat mauritanien de libérer ce journaliste qui reste encore détenu. Nous ne voulons pas qu’il y ait une tache qui va salir l’image de notre pays», note-t-elle. 

Tout en réitérant son soutien et sa solidarité à Mohamed Salem O. Mohameddou, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Aminétou Mint Ely Moctar a réaffirmé son engagement en faveur de la justice et de la liberté d’expression, seuls gages d’un Etat de droit. 

 

Cas de mariage précoce  

Une fillette mariée à 6 ans et divorcée à 8 ans ? Cela est arrivé en République Islamique de Mauritanie. Son nom : Oumoul Khairy.  Agée aujourd’hui de 8 ans, elle a été amenée en Arabie Saoudite, à l’âge de 6 ans par sa tante El Moumina Mint Tijani qui l’a marié à un certain Abdelatif O. Adel. Ce dernier, après avoir violé la petite, a été expulsé d’Arabie Saoudite. Ce cas de mariage précoce, à la limite répugnant, est un véritable cas de conscience. Durant deux années, elle a été torturée et maltraitée par sa propre tante et la famille de cette dernière. Sans que ces parents ne soient véritablement pas au courant ! 

Ecœurée par ce mariage précoce qu’elle qualifie de détournement de mineure et de viol, Aminétou Mint Ely Moctar a appelé les autorités à être plus vigilantes sur ce genre de trafic qui sont devenues monnaie courante dans notre pays. Souvent l’œuvre de réseaux hyperstructurés avec parfois la complicité de certains policiers, les trafics d’enfants et de petites filles se développent de jour en jour au su de tout le monde sans que cela ne fasse rechigner personne. Estimant que de telles pratiques sont contraires aux principes de l’islam, Aminétou Mint Ely Moctar a demandé l’appui et la solidarité de tout le monde pour freiner de telles pratiques. Par rapport à ce cas, l’AFCF, a révélé sa présidente, va porter plainte au niveau de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de saisir aussi le ministère de la promotion féminine, de la femme et de l’enfance. Oumoul Khairy, a promis Aminétou, sera encadrée et alphabétisée. 

Sur le plan juridique, le cas de Oumoul Khairy est un cas très grave qui viole le Code du Statut Personnel qui stipule que le mariage doit se faire à l’âge de 18 ans au moins. Que dire de cette fillette âgée seulement de 8 ans ? 

Cet énième cas de détournement mineure pose aussi le problème des trafics d’enfants souvent utilisés pour servir de prostituée dans certains pays arabes. Aminétou a demandé à la presse de faire des investigations sur ces pratiques qui avilissent l’être humain dont la majorité des victimes demeurent des mineures souvent livrées à elles-mêmes. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

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