( 9 décembre, 2010 )

L’opposition est prête à « mettre le ballon à terre pour créer les conditions d’un dialogue », assure Ladji Traoré

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L’opposition est prête à « mettre le ballon à terre pour créer les conditions d’un dialogue » a assuré dimanche Ladji Traoré, secrétaire général de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), un parti membre de
la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD).

 

« Le grand achoppement, ce n’est pas que nous, nous reconnaissions une quelconque légitimité dans l’élection de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il est là, c’est un fait. Le temps passe. Nous, ce pourquoi, nous nous élevions radicalement, c’est qu’il refusait de discuter des autres questions qui sont restées en suspens dans les accords de Dakar. Tant qu’on ne discutera pas de cela, nous n’avancerons pas. Non seulement il a été élu dans des conditions frauduleuses mais aussi il a trahi ses engagements internationaux qu’il a signés avec nous », déclare Ladji Traoré.

 

Pour cette raison, Ladji Traoré a exigé de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il fasse un appel officiel appelant l’opposition au dialogue non sans prévenir que celle-ci « ne viendra pas dans un dialogue fourre-tout » qui occulterait les points qu’ils avaient arrêtés et signés à Dakar.

 

Le secrétaire général de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) a également indiqué que la présence de Messaoud Ould Boulkheir, depuis un certain temps, aux cérémonies officielles, ce qu’il ne faisait pas, ne signifie pas qu’il aurait tempéré sa position d’intransigeance qu’on lui a jusqu’ici connu envers Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

« Nous ne sommes pas des marchands d’illusion. Nous sommes des hommes qui connaissent que la politique, c’est aussi de la morale et de la crédibilité. La parole d’un dirigeant doit peser très lourd et il faut s’y tenir. Messaoud Ould Boulkheir est un homme de principe qui dirige une institution extrêmement importante au sein de laquelle il se bat pour son idéal. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il a des rapports institutionnels avec Mohamed Ould Abdel Aziz », explique Ladji Traoré.

 

En d’autres termes, on ne peut pas faire de reproches à Messaoud Ould Boulkheir de participer aux cérémonies officielles à côté de Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 9 décembre, 2010 )

Nous n’avons pas encore réalisé l’unité nationale, dit Kane Hamidou Baba

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Il ne suffit pas de dire que nous sommes tous musulmans pour croire que nous avons réalisé l’unité nationale, a déclaré mardi Kane Hamidou Baba.

 

Pour lui,
la Mauritanie a encore des pas à accomplir en ce qui concerne son unité. « On a vu que l’Ethiopie est devenue l’Ethiopie et l’Erythrée. On a vu que le Soudan est en passe de devenir deux Etats peut-être trois Etats même. On a vu des fractures sur cet arc de crise qui passe du Niger, du Mali et même quelque part du Tchad et de l’Algérie », avait dit Kane Hamidou Baba lors du colloque sur les cinquante ans de la construction de la nation mauritanienne organisée par le Fonadh et Open Society Foundations.

 

Le président du Mouvement pour
la Refondation (M.p.r.) avait alors proposé qu’on dégage de nouvelles pistes de réflexion pour renforcer l’unité nationale, estimant que le problème majeur de
la Mauritanie reste encore l’absence de communication intercommunautaire.

 

De même, Kane Hamidou Baba avait appelé les mauritaniens à « faire extrêmement attention par rapport à des réalités que nous avons déjà observées et qui se traduisent par le fait religieux » soulignant la nécessité d’un « nouveau pacte de confiance » entre l’Etat et le citoyen.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 9 décembre, 2010 )

Lalla Aicha Sy déplore qu’ »un nombre important de nos concitoyens demeure apatrides »

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Samedi, la présidente du Comité de Solidarité avec les Victimes et Violations des Droits Humains en Mauritanie Lalla Aicha Sy a déploré qu’ »un nombre important de nos concitoyens demeure apatrides », lors d’un colloque sur les cinquante ans de la construction nation mauritanienne organisée par le Fonadh et Open Society Foundations.

 

« Il est impératif, a-t-elle dit, de leur restituer leur citoyenneté mauritanienne remise en cause du fait d’une politique de privation de la nationalité mise en œuvre lors des fameux évènements de 1989″.

 

S’agissant de l’esclavage et de ses séquelles, elle a regretté qu’elles « subsistent malgré une législation nationale existante et la souscription de
la Mauritanie au droit international relatif à l’esclavage ».

 

« Les pratiques esclavagistes ont laissé de profondes stigmates aussi bien entre les différentes communautés mauritaniennes qu’entre les communautés victimes et les autorités gouvernementales et administratives locales », a-t-elle ajouté.

 

La présidente du Comité de Solidarité avec les Victimes et Violation des Droits Humains en Mauritanie s’est néanmoins félicitée de la loi criminalisation l’esclavage, du retour des déportés, de la réintégration des fonctionnaires injustement radiés de la fonction publique.

 

« Au-delà des relations entre communautés, la responsabilité d’assurer la sécurité matérielle et physique des populations demeure un impératif. Cela ne peut se faire qu’à la faveur de politiques et mesures juridiques, économiques, sociales aptes à garantir un accès égal aux biens et services publics », a indiqué Lalla Aicha Sy.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 9 décembre, 2010 )

Birame Ould Dah demande la dissolution du lycée militaire de Sebkha qui est à ses yeux « une école raciste et ethnique »

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Birame Ould Dah a exprimé mercredi dans une conférence de presse son inquiétude de voir « le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz augmenter lui aussi sa dose de dérive raciale et esclavagiste ».

 

Birame Ould Dah Ould Abeid a invité Mohamed Ould Abdel Aziz à dissoudre le lycée militaire de Sebkha qui est à ses yeux « une école raciste et ethnique à la manière des Afrikaners du temps de l’apartheid en Afrique du sud ».

 

« Cette école est une école exclusionniste dans la pire stratégie du racisme qu’on a connu en Afrique du Sud. Il faut qu’elle soit refaite sur des bases multinationales sinon nous promettons une lutte sans merci autour de cette gangrène qui, si, on la laisse s’épanouir, va gangrener le reste du corps de
la Mauritanie », a soutenu le président de l’IRA-Mauritanie.

 

Birame Ould Dah n’y est pas allé par quatre chemins pour condamner cette « dérive qui est encore consacrée davantage par le système de Mohamed Ould Abdel Aziz » en la qualifiant de « vertigineuse et dangereuse ».

 

« Cette dérive est aussi personnifiée par la création d’une ville appelée Ribat El Bahr qui est une ville digne de celle du Cap en Afrique du sud où les Noirs ont été interdits de séjour. Nous pensions que Mohamed Ould Abdel Aziz mettrait un terme au racisme, à l’exclusion et à l’esclavage », a déclaré Birame Ould Dah, l’air déçu.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 9 décembre, 2010 )

Passif humanitaire : Selon Mohamed Ould El Kowry, « Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas responsable ». « Mais, si ! », lui rétorque Isselmou Abdel Khadr

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Lorsqu’on parle du passif humanitaire, cela peut vite virer à la polémique, à la passion ou à des échanges aigres-doux. Vendredi, lors d’un colloque sur la citoyenneté organisée par le Fonadh et Open Society Foundations, Isselmou Abdel Khadr qui animait un thème sur la citoyenneté, effectivité et non-discrimination déclare :

 

« La surenchère politique, malheureusement, surtout, en ces moments, fait que certains s’accaparent de slogans, d’idées saugrenues pour s’en servir comme rampe de lancement.

Il n’est pas permis de jouer sur le sentiment des citoyens, leur naïveté et sur leur degré de manque de culture pour aboutir à des objectifs politiques personnels en compromettant l’unité d’un pays ».

 

Et Isselmou Abdel Khadr d’ajouter : « Il n’est pas permis de parler du passif humanitaire parce qu’on veut avoir des voix, des adhérents ou dépasser telle crise économique ou financière.

On a déjà tué les gens. Ce n’est pas la peine de les exhumer pour des raisons tout à fait personnelles, banales et politiciennes ».

 

Ces phrases ont semblé déplaire à Mohamed Ould El Kowry, chargé de la communication à l’Agence Nationale d’Appui et d’Insertion aux Réfugiés. « Il y’a une véritable volonté politique de la part de Mohamed Ould Abdel Aziz de régler le problème du passif humanitaire », dit-il comme pour balayer d’un revers de la main les affirmations d’Isselmou Abdel Khadr.

 

D’ailleurs, celui-ci va revenir à la charge et lancer à l’endroit de Mohamed Ould El Kowry : « Je n’ai pas parlé de Mohamed Ould Abdel Aziz. J’ai dit qu’il ne faut pas traiter le problème du passif humanitaire de manière politique et politicienne. C’est un passif dont nous sommes tous responsables. Vous, Mohamed Ould Abdel Aziz et Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya sont autant responsables que moi ».

 

Mohamed Ould El Kowry l’interrompt : « Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas responsable. Par contre, vous et Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, vous êtes responsable ». « Mais, si. Mohamed Ould Abdel Aziz est responsable. Je peux vous dire comment et pourquoi. Je soutiens Mohamed Ould Abdel Aziz à faire la lumière et à résoudre le problème du passif humanitaire », lui répond Isselmou Abdel Khadr.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 9 décembre, 2010 )

La Mauritanie « est en train de devenir une société xénophobe », révèle Amadou Mbow

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Le secrétaire général de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme Amadou Mbow a  mis en garde mardi les pouvoirs publics contre une « tendance xénophobe » que pourrait adopter la société mauritanienne. Pour lui, les clignotants sont jaunes et ce serait une erreur si les autorités ne prenaient pas leurs responsabilités face aux mauvais traitements des migrants en Mauritanie.

 

« La société mauritanienne est en train de devenir une société xénophobe. Elle est en train d’intégrer ce message parce qu’il y’a justement une situation de crise qui favorise la perception d’un tel message », a indiqué Amadou Mbow, lors d’une conférence sur la situation des droits de l’Homme en Mauritanie au Centre Culturel Français de Nouakchott.

 

« De population d’accueil, la population mauritanienne est en train de glisser à une société qui rejette l’autre. Autrement dit, qu’elle est en train de devenir une société xénophobe alors que par le passé,
la Mauritanie n’a jamais connu cela », ajoute-t-il, expliquant que cette xénophobie se manifeste par le rejet de la différence notamment au niveau culturel et religieux.

 

Le 18 décembre prochain, l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (A.m.d.h.) compte publier un rapport d’observations sur les frontières et les mauvais traitements dont les migrants font souvent l’objet en entrant en Mauritanie, a annoncé Amadou Mbow.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 9 décembre, 2010 )

Me Brahim Ould Ebetty estime qu’il est dans « l’intérêt des militaires que la question du passif humanitaire soit éclaircie »

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Me Brahim Ould Ebetty a invité vendredi lors d’un colloque sur les cinquante ans de construction nationale organisée par le Fonadh et Open Society Foundations le gouvernement mauritanien à régler définitivement la question du passif humanitaire, soulignant que « l’amnistie de 1993 ne règle pas » ce dossier et ne met pas un terme à la frustration et à la rancune des victimes.

« Depuis 2007, on parle beaucoup du passif humanitaire sans qu’il y’ait véritablement une approche discutée avec les victimes et les organisations de droits de l’Homme. On continue jusqu’à présent à traîner parce qu’il y’a un certain nombre de questions qui ont été négligées », indique Me Brahim Ould Ebetty. « Si nous affrontons ce problème, nous pouvons le régler », a-t-il poursuivi.

Me Brahim Ould Ebetty a indiqué en outre que le passif humanitaire n’est pas un problème politique ni un processus à gérer sur le plan politique. Mais, un problème humain que tous les mauritaniens doivent tous gérer tout en exigeant une solution définitive et consensuelle qui prend en compte le droit de mémoire, de justice et de réparation.

« C’est très grave que des personnes qui avaient tué continuent à travailler, à se promener comme si de rien n’était. C’est dans l’intérêt des militaires que la question du passif humanitaire soit éclaircie. Certes, cette question n’est plus taboue mais il n’y a pas de perspectives claires et précises de règlement », a déclaré Me Brahim Ould Ebetty.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 3 novembre, 2010 )

Les étudiants reprennent leur sit-in devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott

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Un sit-in a réuni mardi matin des dizaines d’étudiants mauritaniens de l’Université de Nouakchott devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott au cri de « Nous voulons juste continuer nos études », « Nos recours ne doivent pas rester sans suite », « Nous ne sommes pas des mendiants », « Pourquoi eux et pas nous », « Nos places nous attendent »…

« Ce sit-in est une réponse à l’ambassade de France par rapport aux rejets massifs et arbitraires de nos demandes de visa pour aller étudier en France. Si l’ambassade de France ne réagit pas, on prendra à témoin l’opinion publique nationale et internationale. Nous sommes là pour rencontrer le Consul », explique Al Housseynou Camara.

Au même moment, la porte d’accès au service des visas s’ouvre. Au lieu du Consul, c’est un visage anonyme qui apparaît. « Il faut faire monter la pression », lance un étudiant pour rallumer l’ardeur de ses camarades.

Quelques minutes plus tard, cinq policiers débarquent sur les lieux. Certainement alertés par le service de sécurité de l’ambassade de France. Puis, dans la foulée, une altercation verbale s’installe entre l’un d’entre eux et les étudiants. Ils les assomment de quitter les lieux en indiquant qu’ils encombrent la voie publique. « Il n’y a pas de trouble à l’ordre public », affirme un étudiant. Mais, tout finit par rentrer dans l’ordre et les étudiants s’exécutèrent contre leur volonté.

Pour autant, ils n’ont pas abdiqué à leur objectif et ne comptent pas s’en arrêter là. Ils ont promis de persister dans leur démarche en accentuant les sit-in devant le service des visas de l’ambassade de France à Nouakchott jusqu’à satisfaction entière de leur revendication qui est d’obtenir le précieux visa français. D’ailleurs, dans la manifestation, il y’avait des étudiants membres du Syndicat National des Etudiants de Mauritanie (S.n.e.m.) venus soutenir leurs camarades d’Université dont les demandes de visa ont été rejetées par le consulat de l’ambassade de France à Nouakchott.

Babacar Baye Ndiaye

( 3 novembre, 2010 )

Inefficacité de la lutte contre les viols : La présidente de l’A.f.c.f. met en cause l’absence d’une préoccupation très forte de la part des pouvoirs publics

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.), Aminétou Mint El Moctar, juge inefficace la lutte contre les viols. Elle met en cause l’absence d’une préoccupation très forte de la part des pouvoirs publics au sujet de ce phénomène qui a atteint un pic sans précédent ces deux dernières années avec à l’appui des statistiques inquiétantes et troublantes.

« Le viol n’est pas stigmatisé chez nos populations. C’est dans les us et coutumes. Il est extrêmement difficile pour la victime de prononcer qu’elle a été violée. Il est extrêmement difficile pour les parents d’accepter porter plainte. La fille est aussi accusée, devant la justice et la police, d’avoir commis un crime d’adultère. Et, c’est toujours la victime qui paie les pots cassés », explique Aminétou Mint El Moctar.

Puis, elle se plaigne que l’opinion publique ne soit suffisamment pas mobilisée au sujet du viol qui est aujourd’hui un véritable phénomène de société tout en appelant de ses vœux à l’Etat de criminaliser le viol.

Il faut souligner, dans le même ordre d’idées, que, depuis, quelques années, des associations féminines dont notamment l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f) mènent un combat pour la mise en œuvre d’un cadre juridique de protection spécifique contre les violences à l’égard des femmes mauritaniennes.

Face à l’urgence et à l’ampleur de ce phénomène, ces associations de femmes attendent plus d’engagement de la part des pouvoirs publics dans le domaine de la lutte contre les viols. Mais, aussi, dans un autre registre, elles demandent également la compression de certaines dispositions juridiques qu’on retrouve ça et là, éparpillées, dans le Code Pénal, la Convention sur les droits de l’Enfant, l’Ordonnance 2005-015 sur les mineurs et le Code du Statut Personnel. Et, pour ce faire, elles comptent sur l’appui des parlementaires.

« Il ne s’agit pas de faire des lois qui ne seront pas appliquées ni de les multiplier pour ne pas les appliquer. Cela ne servira à rien », a-t-elle souligné.

Aminétou Mint El Moctar en a aussi appelé le gouvernement à se préoccuper davantage du sort des femmes mauritaniennes. « Elles constituent 51,6% de la population. C’est elles qui sont victimes de la pauvreté, de l’ignorance, du manque de formation spécifique pour répondre aux besoins du marché de l’emploi. C’est elles qui sont discriminées, victimes de violences, de maltraitances. On a besoin d’une politique de prise en charge de la question de la promotion des droits de la femme », a-t-elle rappelé.

Babacar Baye Ndiaye 

( 29 septembre, 2010 )

La BM appelle la Mauritanie qui traîne les pieds à ratifier la Décision de Yamoussoukro

Ils sont au nombre de dix pays africains dont la Mauritanie à ne pas avoir signé ou formellement ratifié la Décision de Yamoussoukro. Celle-ci réclamait la libéralisation complète du transport aérien intra-africain en matière d’accès, de capacités, de fréquences et de tarifs, le libre exercice par les compagnies aériennes qualifiées des première, seconde, troisième, quatrième et cinquième libertés pour le transport aérien de passagers et de fret (ces libertés, reconnues par la plupart des accords de droit aérien international, permettent entre autres à une compagnie atterrissant dans un État étranger d’y embarquer des passagers ou du fret en provenance ou à destination d’un État tiers), la libéralisation des tarifs et la concurrence loyale, le respect des normes de sécurité établies et des pratiques recommandées par l’OACI…

A ce propos, la Banque Mondiale vient de recommander, dans une étude, aux pays africains la libéralisation du transport aérien. L’objectif étant de promouvoir leur sécurité et leur développement. D’ailleurs, dans un communiqué de presse publié à cette occasion, le 27 septembre, à Montréal, la Banque Mondiale a indiqué que « les pays africains peuvent stimuler leur propre croissance économique et leurs perspectives de développement en mettant en pratique les engagements qu’ils ont pris d’ouvrir les marchés locaux du transport aérien aux opérateurs extérieurs ».

Lors de la présentation de cette nouvelle étude de
la Banque mondiale dans la capitale québécoise, devant des experts du transport aérien qui assistaient à la conférence organisée conjointement par l’université Mc Gill (Institute of Air and Space Law) et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), Charles Schlumberger, spécialiste principal du transport aérien à
la Banque Mondiale, a regretté l’absence d’un régime adéquat de supervision de la sécurité et de la sûreté en Afrique.

Son constat est sans appel. « À l’heure actuelle, les normes de sécurité sont médiocres dans 31 pays d’Afrique, ce qui cause davantage d’accidents d’avion que dans toute autre région du monde », a-t-il indiqué.

 Aujourd’hui, force est de constater que la plupart des pays africains n’ont pas mis en œuvre tous les engagements auxquels ils avaient souscrit dans la déclaration de Yamoussoukro adoptée en 1999. A cette époque, les 44 pays signataires s’étaient engagés à déréglementer leurs liaisons aériennes et à promouvoir des marchés régionaux du transport aérien ouverts à la concurrence transnationale. 

Dix ans, après son adoption, rien n’indique que la Décision de Yamoussoukro soit en cours d’application à l’échelle du continent. L’étude de la Banque Mondiale sur l’état du transport aérien en Afrique a révélé dans ce sens qu’un tiers des Etats africains rebutent à libéraliser leur transport aérien du fait que cela pourrait exposer les compagnies aériennes non compétitives à des normes de fonctionnement qu’elles seraient incapables de respecter.

Mais, selon l’étude de la Banque Mondiale, outre l’amélioration de la qualité et des prix du transport aérien, la libéralisation du transport aérien permettrait aux pays africains de redéployer les ressources publiques ainsi économisées vers des investissements plus favorables au développement économique.

Babacar Baye NDIAYE

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