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( 27 février, 2009 )

Salene Fishing Limited:Le MPEM tente de rassurer les armateurs nationaux

Suite à la déclaration du Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime (MPEM) à l’issue de sa mission en Afrique du sud, qui avait été sanctionnée par la signature d’une convention pour la mise en œuvre d’un important programme d’investissement dans les domaines des pêches des captures et de l’aquaculture entre la Mauritanie et la société sud africaine « Salene Fishing Limited », certains armateurs, à travers quelques organes de presse, ont qualifié cette société de fictive, et la mission d’échec. 

Le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière au Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye, a déclaré que le « Projet Salene Fishing Limited » aidera à surmonter les contraintes du secteur des Pêches, pour démentir certaines allégations qualifiant cette mission de « voyage touristique ».

Plus de 120 millions US$ seront investis dans le projet « Salene Fishing Limited »

Cette mission est consécutive à la signature, le 24 septembre 2008, d’un « Mémorandum pour l’instauration d’un partenariat en matière d’investissement dans la pêche et l’aquaculture entre notre pays et le groupe sud africain : Salene Technology ». Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a rappelé que ce groupe Sud africain est disposé à entreprendre, aussitôt que possible, les travaux de réalisation du projet d’investissement dans la pêche et l’aquaculture en Mauritanie, dès l’attribution par les autorités portuaires du Port Autonome de Nouakchott de la parcelle de terrain devant arbitrer la composante de base de ce projet.

Pour matérialiser le « projet de programme d’investissement dans la pêche en Mauritanie », le Ministre des Pêches a effectué en Afrique du Sud une visite officielle du 18 au 22 janvier 2009. Le montant de ce projet avoisine les 120 millions d’US$. Ce programme d’investissement sera exécuté, selon le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière, par une société privée de droit mauritanien dénommée « Salene Fishing Limited ».

Cette société va générer plus de 1.500 emplois directs et une production annuelle de 45.000 tonnes d’espèces pélagiques. Il est prévu, dans ce programme d’investissement, la construction, à Nouakchott, d’un complexe industriel d’infrastructures de débarquement, de transformation et de stockage des produits de la mer, d’une superficie de 50 hectares.

Ce programme va inclure aussi l’activité de production d’environ une quarantaine d’unités de navires de pêches artisanale, côtière et pélagique industrielle pour alimenter la composante de base et en plus, en cas de besoin, l’activité de production des navires de pêche pourra être complétée par l’achat des espèces de fonds et/ou par la production des projets d’élevage de fruits de mer notamment les crustacés et les céphalopodes.

La création de « Salene Fishing Limited » suscite beaucoup d’appréhensions du côté des armateurs mauritaniens qui ont laissé entendre que cette société est « fictive ». Ce qui a été balayé d’un revers de la main par le directeur adjoint de la Pêche Artisanale et Côtière qui a réfuté toutes les accusations portées contre « Salene Fishing Limited ».

Cette société est une filiale du groupe sud-africain « Salene Technology ». « Elle a été créée exclusivement pour gérer le projet d’investissement des pêches en Mauritanie », renseigne Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye.

« Salene Technology » possède parallèlement plusieurs groupes spécialisés dans divers domaines : exploitations minières, énergies, industries, bâtiments, pêche…présents dans plus d’une douzaine de pays notamment en Europe et en Afrique- y compris en Mauritanie où il compte à travers sa filiale « TransAfrika » investir plus de 2 milliards de dollars dans l’exploitation du fer.

Une aubaine pour la Mauritanie en termes de création d’emplois

Les opportunités que vont engendrer la création de « Salene Fishing Limited » ne semblent pas épater les armateurs mauritaniens déjà éprouvés par les flottilles européenne et sénégalaise. Mais, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a tenu à les rassurer.

« En plus des centaines d’emplois qui seront générés, d’importants avantages sont attendus de ce projet. Outre la formation de la main d’œuvre, le paiement des impôts, taxes et redevances de droit d’accès d’une quarantaine de navires ainsi que le loyer annuel du domaine public où sera construite la composante de base (complexe industriel et infrastructures de débarquement), il y a aussi le pourcentage annuel de bénéfices hors impôts (à hauteur de 10% du bénéfice pour financer des activités à caractère social », explique-t-il.

Au sujet de la concurrence avec les armateurs nationaux, Sidi El Moctar Ould Mohamed Abdellahi Ould Iyaye a affirmé que « la nouvelle société va aider à surmonter les contraintes de l’armement actuel en termes de débarquement des captures (approvisionnement des usines et du marché), de renouvellement de la flotte devenue vétuste, d’écoulement des produits de pêche qui connaissent une mévente en raison de l’unicité de leur acheteur (japonais) et d’accroissement des capacités nationales de stockage ».

Toutefois, a-t-il précisé,  » Salene Fishing Limited » ne sera pas autorisée à exploiter les espèces de fond, mais seulement à les acheter, car ces ressources restent exclusivement destinées à la flotte nationale.

Ce projet, à l’en croire, il y aura une forte capacité d’absorption de main d’œuvre. Sur les 40 navires environ, il y aura en moyenne 12 mauritaniens par navire. Il y aura aussi une mauritanisation graduelle des équipages. L’usine de conserve qui sera créée pourra fournir entre 600 et 700 opportunités d’emplois sans compter qu’il y aura d’autres unités ainsi que le personnel administratif qui sera mauritanien, dans son ensemble, à l’exception des postes de directeurs.

Le démarrage du projet n’attend que l’attribution par les autorités compétentes de la parcelle devant abriter la composante de base du projet. Le processus de disponibilisation de cette parcelle est en cours ainsi que l’examen des autres composantes de ce programme d’investissement.

Babacar Baye Ndiaye 

( 26 mai, 2008 )

Passif humanitaire et unité nationale: Les journalistes à l’école de la sensibilisation

Le Pnud en collaboration avec la Commission Nationale des Droits de l’Homme en Mauritanie et le National Democratic Institute a organisé une rencontre à l’hôtel Marhaba ce dimanche 25 mai avec les médias dans le cadre de la semaine de sensibilisation pour le règlement du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie en présence de Savage Tyrone, expert du Centre International pour la justice transitionnelle, qui a fait une brève présentation sur l’importance d’un processus de réconciliation respectant les standards internationaux  et le rôle des médias.

L’objectif premier de cette rencontre est de sensibiliser les journalistes sur le règlement du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale. Chacun, au cours de cette rencontre, y est allé de sa propre vision des choses.

«L’unité nationale passe d’abord par la réconciliation nationale. Réconciliation nationale ne veut pas dire réconciliation ethnique entre les populations. Mais, il s’agit plutôt de réconciliation avec un grand ‘S’. Réconciliation des populations avec l’Etat, des populations avec les politiques, de réconciliation des hommes politiques entre eux, de réconciliation entre les communautés, de réconciliation de l’armée entre eux…(…). C’est tout un ensemble de réconciliation qui va nous ouvrir la convergence de l’unité nationale », pense Mohamed Vall O. Oumeire, directeur de publication de la Tribune.

Depuis l’accession de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête de l’Etat, d’importants jalons allant dans le sens du renforcement de l’unité nationale ont été posés. C’est ainsi que des journées nationales de concertation sur le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire furent organisées.

«Nous avons tiré une grande leçon des événements de 1989. Tous les mauritaniens confondus ne vont plus accepter cela », prédit Isselmou, directeur de publication de Tahalil Hebdo, qui a refusé toute comparaison avec ce qui s’est déroulé en Afrique du Sud, en Cote d’Ivoire, en Sierra Leone… «Mais quand même il y a eu des remords, reconnaît-il. Les gens ont tiré de ces douloureuses expériences la volonté de ne plus recommencer. »

Le processus de diabolisation(entretenu par un régime et non par une communauté)  atteignit son paroxysme lorsqu’on a fait croire, en 1986 à la suite d’un putsch tenté et manqué par des noirs, à la communauté maure(victime de manipulation) qu’on voulait les exterminer un par un. S’ensuivit une chasse à l’homme dans les rangs de l’armée qui dura des années. Ceci a engendré ce qu’on appelle aujourd’hui le passif humanitaire qui reste encore un sujet tabou même si on en discute.

«Il ne faut pas confondre amnistie nationale et amnésie nationale. Dans ce dossier-là, l’essentiel c’est de rétablir la vérité, de redonner aux victimes leur dignité. L’essentiel, c’est de réparer les torts », souligne Isselmou en refusant l’idée que la Mauritanie est divisée en deux camps antagonistes qui se regardent en chiens de faïence. «Dire non plus qu’il n’y a pas de rancœur ou de frustration, c’est faire preuve de cécité », dit-il en préconisant la création d’une commission autonome mais limitée dans le temps pour régler le problème du passif humanitaire dans le consensus.

Il faudrait que les mauritaniens, pense Moussa Ba journaliste à Biladi,  traient la question du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie avec un certain détachement pourqu’on puisse s’acheminer vers l’essentiel.

«Au-delà du règlement du passif humanitaire, c’est d’abord un problème d’Etat. Il y a eu un régime à un certain moment qui a commis des crimes. Ce n’est pas vraiment une affaire qui doit entraîner ou être discutée au niveau de la base des différentes communautés », a laissé entendre Khattat, rédacteur en chef de Nouakchott-Info.

«On a besoin aujourd’hui de renforcer l’unité nationale. Au niveau des partis politiques, il y en a certains qui véhiculent des messages politiques très dangereux comme le partage du pouvoir entre les Noirs et les Maures », conclut-il.

«En 1989-91, ce qu’il y a eu, enchaîne Khalilou Diagana, journaliste au Quotidien de Nouakchott, ce n’est pas deux communautés comme au Rwanda qui se sont charcutées à coup de hache. Il arrive parfois que des journalistes écrivent sur ça en parlant d’ affrontements interethniques. »

Et par rapport au passif humanitaire, il poursuit en rappelant que c’est un Etat qui, à travers son armée, son administration, sa police, a réprimé une partie de la population. «Je ne crois pas au rappel historique ou à une histoire commune comme facteur d’unité nationale. L’unité nationale se fera avec moins de discrimination, avec moins d’hégémonie. Pour moi, rappeler qu’une mauresse s’est mariée à un soninké, ça ne rapporte rien à l’unité nationale. En Mauritanie, dire qu’il n’y a pas un problème entre noirs et maures, ce n’est pas exact », dit-il en s’appuyant sur l’exemple du système éducatif.

«De 1979 à 1999, pendant 20 ans, dans ce pays-là, il y a eu deux écoles. L’école des arabes et l’école des négro-africains. Cette fracture scolaire a créé deux générations de mauritaniens qui ne peuvent pas communiquer. »

Cependant, avec la dernière réforme qui a été initiée par le ministère de l’Education Nationale, les choses commencent à redevenir normales. L’unité nationale passera aussi et nécessairement à travers les programmes éducatifs, socio-économiques.

Cela est d’autant plus urgent que la Mauritanie connaisse un taux de pauvreté très élevé. Par conséquent, la lutte contre la pauvreté peut constituer un moyen de renforcer l’unité nationale. Les questions économiques et les changements des conditions matérielles sont essentielles dans la vie des gens. Les récentes violences xénophobes en Afrique du Sud sont là pour nous rappeler la triste réalité.

A l’issue de cette rencontre, tout le monde a compris qu’il y avait une nécessité de se réconcilier pour avoir l’unité nationale en transcendant les divisions. Mais cela passera par la normalisation de la société et la réparation des préjudices causés aux victimes. Cela est de la responsabilité de l’Etat mauritanien.

C’est vrai parler de violations des droits humains en Mauritanie, c’est parfois choquant et dérangeant. Mais il faut faire avec pour rétablir la vérité. C’est aux mauritaniens de voir les stratégies qui peuvent marcher en engageant  le dialogue et de voir ce qu’il faut dans le règlement du passif humanitaire.

Sans la vérité, nous n’avons rien, nous ne pouvons pas connaître l’ampleur des torts et les victimes n’oublient jamais. On ne peut plus ressusciter ces morts mais la République peut les honorer en leur bâtissant des mémorials, des édifices ou des monuments en guise de souvenirs.

Babacar Baye Ndiaye    

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