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( 9 décembre, 2007 )

Journée de formation sur les OMD

 

 

Plaidoyer pour une structure de volontariat en Mauritanie 

 

Ce 7 décembre dernier, en partenariat avec l’AFVP et quelques clubs universitaires tels que «le Club de l’Excellence de l’Etudiant » présidé par Ousseynou Cissé et «Eco-Plus » dirigé par Mahmoud Ly, le PNUD a organisé une session de formation à l’attention d’une vingtaine d’étudiants de l’Université de Nouakchott sur «le volontariat et les Objectifs du Millénaire pour le Développement ». Pendant, cette journée de formation, trois communications sur «l’implication des volontaires dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement », «le renforcement des structures de volontariat, l’exemple du Corps de la Paix »et«le Volontariat et le système des Nations Unies » furent développées successivement par Hama Ould Souvi, Président du Réseau National de la Jeunesse, Dame Ba, chargé de formation au Corps de la Paix et enfin Frances Bellaobo, chargé de programme aux Volontaires des Nations Unies(VNU). 

 

«Le volontariat, c’est du social, c’est de la solidarité » faisait remarquer Hama Ould Souvi. En d’autres termes, comment les volontaires peuvent-ils participer à la réalisation des OMD, identifiés en 2000 par les experts des Nations Unies pour permettre aux pays en voie de développement notamment d’améliorer leurs conditions de vie progressivement. Tous les 8 points contenus dans la Déclaration des Objectifs du Millénaire pour le Développement ont été passés en revue pour essayer de faire comprendre aux étudiants l’importance de la réalisation des OMD. Durant les échanges et les interventions des participants, il a été souligné l’urgence d’agir, car, en Mauritanie, tout n’est pas rose. Par exemple dans les domaines de la santé maternelle et infantile où notre pays a beaucoup encore à faire. «Il est inacceptable que cette situation continue » a lancé en cri d’amertume le Président du Réseau National de la Jeunesse. Les OMD nous concernent tous. L’exemple le plus illustrant concerne le domaine de la protection de l’environnement où les changements climatiques n’épargnent personne et par conséquent, toute l’humanité doit agir de concert pour essayer de trouver des solutions et des alternatives à ces problèmes sans précédents. 

L’autre Objectif qui doit nous mobiliser concerne le VIH/Sida. En 2006, il y a eu 39 millions de séropositifs à travers le monde. Ces chiffres sont tombés de 33 à 34 millions. Dans certains pays africains, il y a eu des progrès mais par contre, dans d’autres pays, le taux a considérablement augmenté. Qu’en est-il de la Mauritanie ? Est-ce que le taux a augmenté ou baissé ? Ces interrogations sont aussi valables dans le domaine de l’éducation primaire pour tous. En effet, l’objectif 2 qui est un élément important pourrait permettre à la Mauritanie de sortir des canevas de l’ignorance. 

Quant à l’objectif 3 qui concerne l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, il a suscité au cours des échanges beaucoup de débats, d’interprétation, de passion et de contradiction. Il a été relevé en Europe que les hommes et les femmes ont les mêmes chances. En Afrique et plus particulièrement en Mauritanie, tel n’est pas le cas pour des raisons essentiellement religieuses et sociales voire même politiques. Ceci a créé un déséquilibre notoire en défaveur de la femme qui ne participe guère au développement du pays et aux prises de décision. 

Sur le premier Objectif(Réduire l’extrême pauvreté et la faim), la Mauritanie a fait d’importants progrès malgré un contexte économique parfois peu favorable. Autre Objectif réussi par la Mauritanie et salué par les Nations Unies concerne la scolarisation des filles. 

Sur chaque Objectif, des solutions et des contributions ont été apportées. Maintenant, reste à savoir quelle stratégie pouvons-nous(les volontaires, ndlr) adopter pour réaliser les OMD ? Ceci demande incontestablement de la volonté, des ressources humaines et des moyens car «on est obligé de faire des progrès ». Les OMD sont réalisables donc vu les propositions qui ont été faites par les différents participants. Par exemple, par rapport à l’objectif 1 relatif à la réduction de l’extrême pauvreté et la faim, il a été préconisé d’aménager des terres cultivables pour pouvoir assurer notre autosuffisance alimentaire puisque presque tous nos produits alimentaires sont importés de même qu’aussi réduire le salaire des autorités au profit des pauvres car plus de 80% de la population mauritanienne vivent sous le seuil de la pauvreté. 

En Mauritanie, le volontariat n’est pas officiellement reconnu par l’Etat contrairement à d’autres pays comme les Etats Unis d’Amérique où un volontaire du Corps de la Paix peut bénéficier de quelques avantages qui peuvent lui permettre de se préparer à une vie professionnelle, de continuer ses études et surtout d’être reconnu par l’Etat. Pourquoi donc, aux yeux de Dame Ba, on ne s’inspirerait pas du Corps de la Paix pour créer une structure semblable en Mauritanie avec un programme bien défini et ficelé dans divers secteurs d’activités comme la Santé, l’Education, l’Agro/Environnement, la promotion de l’éducation des filles et la promotion des nouvelles technologies et des PME. Ainsi donc, le rôle du volontaire est incontournable dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cette journée de formation en réalité est une ébauche pour la mise en place prochaine d’une structure de volontariat en Mauritanie d’ici 3 ans. Comme l’a rappelé Frances Bellaobo, la récompense financière n’est pas le principal motif de l’engagement du volontaire. Le volontariat contribue à renforcer la cohésion sociale grâce aux liens de confiance et de réciprocité entre les gens. Il est également prévu de construire un Centre de Volontariat et de Coopération à l’Université de Nouakchott pour initier les étudiants au cours de développement. 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

  

( 14 octobre, 2007 )

Khadijetou Mint Ismail:Une découverte à la mesure de son talent!

Incontestable dans son domaine, elle l’est. Appréciée pour ce qu’elle fait, elle l’est aussi. Et depuis quelques années, Khadijetou Mint Ismail est devenue l’une des rares femmes mauritaniennes fière d’exposer ses tableaux d’art au Centre Culturel Français de Nouakchott.

Ce n’est pas une exagération ou un péché de le dire : entre elle et la peinture, c’est une véritable histoire d’amour et de passion.

« Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est le plus difficile, voir ce que l’on voit » notait Péguy.

Son exposition qui dévoile beaucoup de choses de la vie, révèle aussi son univers intérieur et son attachement au rêve : rêve de nuits de folie, rêve de liberté, rêve de savoir, rêve de progrès, rêve de tendresse…

Pour le profane, difficile à comprendre. Mais, pour cette femme née en 1967, c’est pour rendre visible ses pensées, ses soucis qui l’accablent. Grâce donc à la peinture, elle s’extériorise.

Ses expositions offrent toujours quelque chose à regarder, à apprécier, à déguster et met en avant le désert et la société. Mais comment une enseignante comme elle qui n’a jamais fréquenté une école des Beaux Arts a pu entrer dans la peinture.

« J’ai toujours aimé la peinture depuis mon jeune âge. Quand je me mets à peindre, je me sens vraiment à l’aise » répond t-elle.

On a souvent tendance à nous faire croire que nos femmes sont dénuées d’imagination et de pifomètre dans les domaines de l’art. Loin s’en faut.

La peinture représente beaucoup pour elle et comme elle le dit, c’est une véritable « amie ». Un moyen d’expression qui lui permet intérieurement d’oublier les tracasseries de la vie.

Khadijetou Mint Ismail est une surréaliste quoique ce mot peut paraître surprenant. Une artiste peintre qui est viscéralement abstraite et baignant dans un univers de rêves et de découvertes. « Quand je suis esseulée, désœuvrée, ou que j’aie des soucis, dès que  je commence à peindre, j’oublie tout aussitôt. C’est une amie intime », lâche t-elle à travers un sourire qui en dit long.

Derrière un homme,  il y a une femme dit-on, mais aussi derrière une femme, il y a un homme. Tout dépend du cadre dans lequel où on se situe,  se trouve.
Grâce donc à son mari qui lui est d’un soutien professionnel très fort, elle a pu acquérir du matériel pour faire ses œuvres d’art, exprimer son être et se faire découvrir à la mesure de son talent.

Parce qu’elle est femme et mère, la majorité de ses peintures représentent les rêves que peut ou pourrait avoir n’importe quelle fille en âge d’aller à l’école.

Ni Picasso, encore moins Joseph Bernard ne l’ont influencé pour éveiller le talent qui roupillait en elle. D’ailleurs, ça ne lui dit rien ces noms-là : « je n’ai pas subi d’influence. C’est venu de manière naturelle. Au début, il faut dire que c’est plutôt grâce à ma fille qui faisait souvent des dessins parce qu’on lui avait acheté du matériel de peinture. Un jour, je me suis dit que je vais essayer de faire des tableaux, de reproduire des œuvres »  précise t-elle.

Ce coup d’essai allait devenir le début de l’aventure et depuis lors, Khadijetou Mint Ismail continue dans ce qui est devenu pour elle une véritable passion. En attendant de conquérir un jour les grandes expositions internationales, elle nous fait rêver des nuits illuminées. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 7 octobre, 2007 )

Promotion de la femme mauritanienne:Les prémices d’un renouveau

Notre Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, serait-il devenu le Président des femmes mauritaniennes, leur avocat, leur Ami ?

Car, depuis quelques temps, depuis qu’il est devenu Président de la République, il ne cesse de surprendre les hommes, tous les jours, sa pugnacité de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, de montrer qu’il n’est pas fesse-mathieu en terme de progrès, de promotion et d’émancipation féminine.

Après leurs nominations aux postes d’ambassadrices, les voilà maintenant promues aux postes de walis. Des précédents dans l’histoire politique et sociale de notre pays qui vient de sortir d’une époque d’obscurantisme et de fanatisme qui a toujours entravé la bonne marche de la République, de notre état et de notre peuple.

La promotion des femmes de plus en plus accentuée sonnerait-elle le glas d’une époque? Nos femmes, longtemps marginalisées et enchaînées dans des clichés infondés, seraient-elles en train de vivre dans le meilleur des mondes ?

La seule fausse note- incompréhensible et impardonnable !-c’est qu’il n y a pas eu parmi toutes ces nominations officielles esquissées ces derniers temps modernes, des femmes issues de la communauté négro-mauritanienne.

Sans aucun esprit de sectarisme ni aucune idée revendicatrice, c’est pour signifier simplement que la Mauritanie n’appartient pas uniquement à une seule communauté. C’est pour dire aussi, qu’au moment où la problématique sur la réconciliation nationale suscite beaucoup de débats, d’engouement et d’inquiétudes simultanément, il faut pratiquer et promouvoir une politique non discriminatoire et égalitaire qui constitue des gages d’intégration et de justice.

Ceci dit, non «avec cœur », Monsieur le Président de la République, continuez sur cette lancée de gloire pour faire rêver nos femmes, surtout celles qui se battent inlassablement et de manière convaincue pour leur reconnaissance et leur acceptation dans les sphères de décision de l’administration !

En tout cas, ce ne sont pas les associations de défense des droits de la femme mauritanienne qui ne vont pas ovationner des deux mains et des deux pieds. La femme mauritanienne est aussi capable d’accomplir de bonnes choses contrairement à ce que pensent certains esprits malveillants.

D’ailleurs, la compétence n’est pas l’apanage exclusif de l’un ou l’autre des deux sexes. C’est une question de jugement du reste relatif.

Aujourd’hui, personne ne pourra reprocher au Président de la République l’attention particulière qu’il porte ou qu’il est en train de porter sur la femme mauritanienne. Ce qu’elle n’a jamais osé rêver. On est tenté de brailler «Enfin ! Les femmes ont-elle trouvé leur véritable avocat ?» en la personne du Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi himself qui est en train de bouleverser -c’est une impression- les mœurs et les traditions et les coutumes séculaires.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi serait-il un Président iconoclaste ? Les historiens sans doute nous apporteront des éclaircissements à cette question ?

 

Babacar baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Quelle est cette force qui se dissimule derrière toute action de changement ?

Plus que jamais, la Mauritanie a besoin des hommes et des femmes capables de relever les défis qui ont pour nom : réconciliation nationale, justice sociale, développement économique et social, démocratie, bonne gouvernance,…pour cela, il faudra s’armer d’impétuosité et de ténacité.

Car, apparemment, à chaque fois qu’une bonne action est annoncée ou entamée, il y a une force obscure, une force sans âme et sans état d’âme qui se présente pour barrer ou empêcher toute initiative allant dans le bon sens du changement des mentalités et des comportements.

Passif humanitaire, retour des déportés, la question de l’esclavage, sur l’émancipation des femmes mauritaniennes, des personnes d’une nature pas catholique et suspecte qui se dérobent toujours derrière leur visage de pierre créent le désordre et sèment la frousse dans l’esprit des citoyens en brandissant des menaces ou des propos de tout acabit.

Certainement qu’ils sont malades et c’est un danger de laisser ces gens le monopole de l’action et de l’intimidation qu’ils assènent à longueur de journée dans les médias ou autres supports de communication. Avec tout ce qu’elle a connu, la Mauritanie actuellement a besoin de s’apaiser, de rejoindre le ban des nations civilisées et démocratiques.

De montrer qu’elle est peut bien s’en sortir ! Sauf si elle ne le veut. Que ce qu’elle a traversé ne fait partie désormais que de l’histoire ancienne, une histoire qui était irréversible !

On doit pouvoir maintenant sortir de ce canevas pour avancer. Il faut presser le pas déjà que nous avons perdu presque un quart de siècle dû à la folie d’une poignée de personnes sans préoccupation morale et sans vergogne et surtout racoler les mille tessons de la bouteille.

D’ailleurs où est-ce qu’elle nous a mené sinon à la décadence et au déchirement du tissu social, des stigmates non encore cicatrisés ? Fort heureusement hélas, qu’il y a des personnes de bonne foi et épris de paix et de justice qui s’attèlent à cette tache gigantesque et noble. Comme quoi, les temps ne sont pas loin. Il ne servira pas à grand-chose de mettre des bâtons dans les roues.

Ces grands fanatiques risquent de nous obstruer la voie si l’on n’y prend pas garde ! Pour qui se prennent-ils ? Ne parvenant pas toujours à accepter l’histoire et le cours de l’histoire, cette force rétrograde continue de se replier sur elle-même en oubliant qu’il ne sert à rien de courir en tous azimuts en braillant «non, jamais !».

Pourquoi ont-ils toujours peur ? Peut être qu’elle a perdu son flegme. Qu’elle éprouve elle aussi une peur instinctive. Qu’elle sait qu’elle a le couteau sous la gorge. Qu’à tout moment, les choses peuvent basculer. Les exemples sont légion.

S’il y a des personnes qui doivent nécessiter une cure spirituelle c’est bien celles là. Et comme c’est de leurs mœurs, de leur mode de pensée, de leur stratégie, conséquence de leur étroitesse d’esprit, elles sont certainement en train de bourdonner dans l’oreille des populations pour empêcher sans doute que le Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ne crée lui aussi son propre parti politique.

Car, et d’ailleurs, ne l’ont-elles pas fait avec le retour des déportés, la loi criminalisant l’esclavage ou l’égalité des sexes. Ce ne serait pas alors surprenant de leur part qu’elles prennent leur gourdin et leur tambour !

Babacar Baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Administration : Lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite

Qu’une nouvelle ère s’ouvre, quelle attitude les nouvelles autorités opteront envers les vampires de l’économie ? Mais surtout comment réorganiser l’administration après tant d’années de laxisme, de favoritisme, d’immobilisme, de politisation, d’interventionnisme et de dilapidation des biens publics ?

Verra-t-on appliquer le principe de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques ? Autant d’actes courageux que devra effectuer le Président Sidi Mohamed et son gouvernement pour sortir l’administration de sa léthargie et la mettre sur les bons rails.
Si aucun effort n’est pas véritablement fait, le ver de la corruption continuera de poursuivre son travail de pourrissement de l’administration et aucun secteur ne sera épargné. De plus en plus, l’administration mauritanienne est plongée depuis quelques années dans un profond malaise auquel elle n’arrive pas à s’en départir. Cette situation qui n’a que trop duré a affecté considérablement l’économie nationale. Aucun secteur public n’est véritablement épargné par ce malaise « congénital » qui a encore de beaux jours devant lui.

Les différents régimes qui se sont succédanés n’ont jamais pu remporter le combat à chaque fois qu’il s’est agi d’assainir cette administration. D’ailleurs, toute tentative visant à éradiquer les maux qui gangrènent notre administration est vouée au fiasco. Tant qu’un changement de mentalités n’aura pas été opéré, il sera difficile de vaincre ce mal. Pour ce faire, il urge de prendre des mesures incitatives en vue de restreindre la dépendance du personnel administratif aux pots de vin et autres dessous de tables.

La corruption est un mal qui n’épargne aucun secteur de l’administration. L’acquisition des marchés publics souffre royalement d’une absence de transparence. Le récent rapport de l’Inspection Générale d’Etat nous édifie sur le degré de corruption de la plupart de nos administrateurs et du niveau de mauvaise gestion de l’administration. La manière dont la plupart de ces marchés sont acquis nous identifie encore sur le caractère du non respect des règles de compétitivité.

Aucune mesure n’a jamais été prise pour témoigner d’une véritable volonté de changer les choses dans bien des secteurs de l’administration allant dans le sens du renforcement de la lutte contre l’enrichissement illicite et la corruption. L’argent, qui provient des fonds de développement et de l’aide publique internationale, qui devait servir où être utilisé dans des projets de lutte contre la pauvreté est soustrait et les bénéficiaires laissés en rade.

Conséquence : la pauvreté s’accentue de plus en plus. Au lieu d’investir cet argent quelque part dans l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité, les infrastructures, les vampires de l’économie préfèrent l’épargner dans des banques pour s’assurer une bien paisible vie ou bien s’acheter de belles voitures, construire de superbes villas, passer tout leur temps à snober les belles femmes.

On note aussi qu’il n’y a aucune loi qui astreint les hauts fonctionnaires à faire la déclaration de leurs biens y compris le Président de la République, ses ministres, ses sénateurs, ses députés, ses maires, ses gouverneurs, ses directeurs… Ainsi donc de hauts cadres sont devenus malhonnêtement riches. Des millions d’ouguiyas sont détournés sans que personne n’ait pipé mot. Et pourtant la question du détournement des fonds publics est une question tranchée par le code de procédure pénale mauritanien. Mais au fond l’applique-t-on ?

De nombreux responsables sont en fonction depuis des décennies. Ils ont bénéficié des avantages et des privilèges du Parti-Etat. D’autres même ont continué à conserver leur position sociale après le coup d’état du 3 août 2005. Jusque là, aucun haut responsable de l’administration, fut-il descendant d’un saint ou d’un marabout vénéré, n’a jamais pensé faire sa déclaration. D’ailleurs, comment y penserait-il faute de disposition légale et réglementaire.

En dehors de leurs revenus légitimement perçus certains responsables font augmenter significativement leur patrimoine ou celui de leurs proches parents créant ainsi des charges supplémentaires pour le budget de l’état. Il y a des fonctionnaires qui pensent qu’ils sont nés pour être d’éternels ministres ou directeurs. Des anciens caciques du régime de Taaya continuent de faire la ronde. Maintenant, ils réclament encore leur part du partage du gâteau quitte à retarder la nomination des postes de ministères. Pourtant, chaque jour on voit de jeunes personnes cadenassées parce qu’elles ont cambriolé une maison. Mais jamais on a emprisonné un haut responsable ou dignitaire du parti au pouvoir ou quelqu’un ayant bénéficié des largesses du pouvoir.

Face à une telle situation moribonde et exaspérante, des mesures rigoureuses doivent être prises pour redorer le blason de l’administration. A cet égard, la revalorisation substantielle des salaires des fonctionnaires pour les mettre à l’abri de la corruption et pour qu’ils puissent conserver leur probité ne ferait qu’atténuer la gravité de la situation. La promotion dans le travail devra se faire dans l’égalité et surtout mettre la personne à la place qu’il faut loin des appartenances politiques ou raciales. Sans oublier parfois de sanctionner et d’imposer la rigueur dans le pointage du personnel.

Les défis pour une bonne administration sont énormes. Les nouvelles autorités vont-elles se lancer dans cette démarche ou vont-elles faire empirer la situation ? Certes, combattre la corruption et assainir l’administration ne sont pas choses aisées. Mais il est du devoir moral des nouvelles autorités, en premier lieu le Chef de l’Etat, de combattre certaines pratiques compromettantes qui ont toujours entravé la bonne marche de l’administration.

Babacar Baye NDiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Sœur Carmen

Une Sœur au chevet des femmes mauritaniennes. Depuis 14 ans, cette sœur espagnole de Notre Dame d’Afrique, travaille comme volontaire au croissant rouge mauritanien et dirige le centre de formation de Péka 10 où des centaines de femmes apprennent trois ans durant les techniques de couture et de teinture ainsi des cours d’alphabétisation.

« Je suis en Mauritanie depuis le 13 janvier 1993. Depuis mon enfance, j’ai toujours travaillé à la promotion de la femme. Je pense que la femme mauritanienne comme toute femme africaine c’est elles qui sauveront demain l’Afrique ».
Le croissant rouge mauritanien a ouvert trois centres de formation à Nouakchott, à Dar-Naim, à Dar-El-Barka et à Péka 10. Depuis 1993, Sœur Carmen dirige le centre de formation de Péka 10. Chaque année, ce centre accueille plus de cinquante femmes qui sont formées pour trois ans. Outre cela, ce centre accueille les enfants de ces femmes qui n’ont pas encore atteint l’age de la scolarisation.
Aujourd’hui, avec la coopération espagnole et une ONG qui s’appelait la MPDL (mouvement pour la justice et la paix) Sœur Carmen a réussi à construire et meubler une boutique située en face de l’ancien hôpital de Sebkha. « Le but de la boutique c’est de faire connaître les produits que les femmes mauritaniennes du croissant rouge font dans les trois centres de formation, raconte-t-elle. C’est pour créer une porte de sortie pour les femmes mauritaniennes. Les femmes peuvent avoir du travail mais où écouler leurs produits, d’où l’idée de mettre en place cette boutique. Malheureusement nos clients ce sont les toubabs et ces derniers préfèrent les robes à l’européenne faite avec des couleurs et des teintures africaines ».
Pourtant, les femmes de ces trois centres participent à toutes les expositions notamment la journée du 8 mars dédiée à la femme pour promouvoir et faire connaître leurs produits. Alors comment faire ? S’interroge Sœur Carmen. « Pas un centime d’aide de la part de l’état mauritanien. Les autorités ne savent même pas qu’on existe. Peut être qu’elles le savent maintenant puisqu’en 2005 il y a eu la reine d’Espagne qui est venue en visite officielle en Mauritanie. Elle est venue visiter notre centre à Péka 10. En ce moment-là, notre centre est sorti à travers les médias mauritaniens et espagnols. J’ai reçu des coups de fil de partout et les gens me disaient que Carmen nous sommes contents de vous on vous a vue à la télé ». Depuis lors, la situation n’a pas changé et les problèmes subsistent. Sœur Carmen reconnaît qu’elle ne peut pas tout faire à elle seule, qu’elle passe parfois des nuits entières sans fermer l’œil parce qu’elle n’a plus de quoi payer la nourriture, de quoi nourrir les enfants. Comme elle le dit, ce n’est pas le paradis. « Si ce n’était pas mon pays, il y a longtemps que ce centre n’aurait plus existé, lance-t-elle. Maintenant, nous allons vers une autonomie financière car les gens ne peuvent pas être assistées durant toute leur vie et ce n’est pas bon. La Mauritanie doit s’habituer à pouvoir trouver par elle-même ces propres fonds pour fonctionner. Ce n’est pas normal qu’un centre de formation qui délivre un diplôme aux femmes, que ce diplôme n’ait pas une valeur officielle. Les autorités mauritaniennes doivent se rendre à l’évidence que ce sont des centres de formation et qu’elles doivent prendre en considération ces diplômes ».
Babacar Baye Ndiaye.
Le Rénovateur Quotidien

( 4 octobre, 2007 )

Nicole Vignote: »Je me sens plus proche de la Mauritanie maintenant que de la France »

«Je suis très attachée à ce pays, j’aime bien le désert, les cultures mauritaniennes et je trouve que les gens sont chaleureuses, respectueuses et fidèles en amitié.» Ces paroles pleines de sincérité et dites avec beaucoup d’émotion sont de Nicole Vignote, une française à la fois peintre, sculpteur, poète et artiste nomade, installée en Mauritanie depuis octobre 1998.

Son dada : aller à la rencontre des autres, découvrir d’autres publics ! Tout comme Ulysse et le chevalier à la triste figure, elle part à la quête des autres, d’elle-même et de l’aventure.

Animée par «un désir culturel» insatiable, elle voyage au Maroc, au Burkina Faso, au Cap Vert, en Espagne, en Suisse, au Canada, en Tchéquie et au Sénégal. Pas étonnant donc quand elle écrit : «voyage, voyage et fertilise ton regard car le soleil n’éclaire pas que la beauté».

Elle laissera son instinct l’a guidé. Là voilà qui découvre la Mauritanie, cette «autre planète» où elle parviendra à tisser et avoir de bonnes relations amicales. Bourlingueuse dans l’âme, elle multiplie ses expériences et fait beaucoup d’échanges avec des «gens, des enfants, des publics en difficultés, des enfants psychotiques».

Car, estime-t-elle, l’art est au service de toutes les causes puisqu’elle s’inscrit dans le développement. Très dynamique mais peu loquace, caractéristique des artistes, dans le domaine artistique, elle a eu à travailler avec beaucoup d’autres artistes comme elle.

D’ailleurs, son CV, très éblouissant et bien fourni témoigne d’un parcours assez singulier et truffé de moments exceptionnels.

En Mauritanie, elle sera à l’origine des premiers «ateliers pour enfants», de la première «maison des artistes». Elle co-fondera la première «association des artistes mauritaniens». Elle est aussi à l’origine du «cercle des poètes». Bref, une femme impliquée et qui a beaucoup joué dans la mutation de l’espace artistique mauritanien.

Parce qu’un artiste, a-t-elle laissé entendre, doit être impliqué dans la société. Et elle est encore plus optimiste qu’auparavant, elle qui a presque participer à l’éclosion de certains mauritaniens aujourd’hui.

«Je crois, dit-elle, que les choses vont bouger. J’ai déjà vu les choses bouger depuis que je suis là puisqu’il n y avait pratiquement rien quand je suis arrivée. Je pense que ça évolue mais les artistes mauritaniens doivent savoir qu’ils ont encore beaucoup à apprendre».

Autodidacte, elle abandonnera cette voie pour dit-elle «se concentrer à son travail d’artiste» qui avait pris place dans son cœur. Ce qui préoccupe Nicole Vignote ? Les enfants, leurs droits. La preuve : au mois de juin dernier, elle a été commissaire d’une manifestation sur «les droits des enfants» organisé par «Terre des hommes» en collaboration avec les élèves de l’école Diam-Ly.

Cette exposition s’est déroulée au musée national où un débat sur les droits des enfants a été organisé. D’ailleurs, un autre sur les droits des enfants sera organisé dans ce mois de septembre au CCF de Nouakchott. Une vraie artiste !

Depuis 1981, Nicole Vignote a vraiment vécu dans le milieu des artistes, des peintres, des sculpteurs et des musiciens dans le quartier de la Bastille à Paris où ses aptitudes artistiques qui dormaient en elle se sont véritablement réveillées.

L’art, pour elle, c’est une manière de s’ouvrir au monde, une façon de restaurer mais surtout d’aller vers les autres, d’appartenir «au regard des autres et à tous».

Cette «envie de se confronter à d’autres cultures» reflète parfaitement sa personnalité, sa nature. Elle s’intéresse à tout : à la poésie, au théâtre, au patrimoine. En un mot, tout ce qui est culturel.

«La culture, dit-elle, c’est un facteur de développement. Un pays ne peut pas se développer sans culture. C’est impossible ! Il faut préserver d’une part son patrimoine car la création d’aujourd’hui est le patrimoine de demain. C’est aussi l’image d’un pays à l’extérieur.»

Voilà presque 10 ans qu’elle est en Mauritanie ! Et c’est avec beaucoup de connaissance qu’elle parle de ce pays qui l’a adoptée, de la société mauritanienne dans laquelle elle se sent bien et à l’aise.

 «La Mauritanie, affirme-t-elle, est en train de bouger. Et c’est bien parce qu’on assiste depuis août 2005 à l’émergence de beaucoup d’initiatives. Il y a vraiment beaucoup de gens qui veulent faire beaucoup de choses et c’est bien de les encourager.»

Cependant, a-t-elle avoué, «j’ai beaucoup de choses à apprendre encore en Mauritanie. J’en apprends tous les jours». Très édifiante non !

La France son pays, sa famille et ses amis lui manquent beaucoup. Et ce n’est pas l’argent sans doute qui l’a retenue en Mauritanie. «Il y a très peu d’artistes qui gagnent beaucoup d’argent précise-t-elle. Même en Europe, il y a beaucoup d’artistes en difficultés.

Malgré certaines contraintes, des moments «de petits découragements», elle ne pense pas qu’elle va abandonner ce noble métier au profit d’un autre. La raison ? L’amour de la peinture et la création sont plus forts que tout !

 Pour elle, la liberté est fondamentale dans la création, dans l’art et dans l’œuvre. «Un artiste doit être quelqu’un de libre, quelqu’un qui doit pouvoir exprimer tout ce qu’il pense».

Même si elle est en Afrique, elle garde pour autant «sa manière de s’exprimer» dans le domaine artistique. Et là aussi, il n y a pas d’ordre précis. Tout est fait dans un engrenage. Les choses s’enchaînent les unes dans les autres.

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

L’UFP face aux questions de l’heure.

Le bureau national de l’Union des Forces de Progrès s’est réuni ce jeudi 10 mai en session extraordinaire pour procéder à de larges informations, définir la politique du parti pour la période actuelle et se pencher sur sa situation organisationnelle. L’ensemble de ses questions ont été abordées au cours d’un point de presse tenu au siège du parti hier matin.

A l’issue d’un point de presse consacré à l’évaluation de la présidentielle de2007, le BN de l’UFP a estimé que les résultats du premier tour ont été en deçà de l’influence du parti, du fait des difficultés rencontrées dans la disposition des ressources humaines et en matière de communication, dans un contexte identitaire dominant.
Lors de cette réunion, le BN de l’UFP a évoqué la situation actuelle du pays, l’unité nationale, le retour des déportés, l’éradication de l’esclavage, la lutte contre la corruption ainsi que le rôle et la place des forces armées dans les instituions républicaines .
Et par rapport aux forces armées et aux forces publiques, le BN a suggéré que les mesures indispensables soient prises pour améliorer les conditions d’existence des officiers et des soldats, leur assurer un système de promotion équitable et transparent.
Dans ce chapitre, le BN a dénoncé « la volonté de certains officiers de l’ex-CMJD d’exercer leur hégémonie sur la direction des affaires du pays » et s’est inquiété « des supputations relatives à une institution chargée de la sécurité, non conforme aux lois et règles de la République ».
La prévalence du gouvernement technocratique actuel, les dangers de récupération par le Mithaq, l’éventualité d’un coup d’état en cas de crise institutionnelle grave et enfin, la possibilité d’un gouvernement de large consensus, lit-on dans le communiqué de presse, sont les scénarios qui découlent de l’évaluation de la situation par le BN.
La prise en charge des populations démunies et de leurs préoccupations quotidiennes a été au centre des discussions. Le BN « a décidé d’accorder une attention prioritaire à ces questions en particulier dans les secteurs spécifiques comme ceux des jeunes, des femmes, des travailleurs, des paysans et des opérateurs économiques ».
Le BN est revenu sur la découverte de quantités de stupéfiants qui indique, selon lui, que les maffias internationales agissent dans notre pays en complicité avec des réseaux mauritaniens, révélant ainsi la criminalisation de l’économie mauritanienne. Enfin, les membres du BN de l’UFP a appelé les partis représentés au parlement, l’ensemble des forces patriotiques et tous les mauritaniens qui se soucient de la salubrité de notre économie, à une compétition honnête et transparente entre les opérateurs ainsi que de la préservation de l’éthique et des valeurs morales.


Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Réconciliation Nationale

Les femmes plaident pour leur implication

Comment impliquer les femmes mauritaniennes dans le processus de réconciliation nationale déclenchée par les autorités de la République ? Cette question a fait l’objet d’une journée de réflexion organisée par l’Initiative Femmes pour la Paix-l’Unité et la Concorde Nationale sous le thème : «Le rôle de la femme dans le processus de la Réconciliation nationale ». Cette journée de réflexion a permis d’aborder tous les contours relatifs au rôle que doit avoir la femme mauritanienne laquelle doit participer aux efforts de réconciliation nationale en proposant des voies et moyens pouvant déboucher sur des résultats efficaces et palpables.
Cette journée de réflexion, comme l’a rappelé la coordonnatrice de l’IFPUCN, madame Lô Khadijétou Cheikh dans son discours d’introduction, est un apport pour soutenir la recherche et la mise en œuvre de solutions viables et acceptables de nature à rétablir la paix et la concorde nationale. « Ce regroupement, a-t-elle clarifié, est apolitique et se fixe comme objectif la prévention des problèmes nés des violations des droits humains en se fondant sur le droit de vérité et l’exigence de la paix sociale ».
Quel rôle la femme doit-elle jouer dans le cadre du retour des déportés et exilés mauritaniens et le règlement juste et équitable du passif humanitaire ? Comment la femme peut-elle contrecarrer les actions qui peuvent nuire à l’unité nationale et à la stabilité du pays ? Quel rôle la femme doit-elle jouer dans les stratégies de rapprochement entre les différentes composantes de peuple ? Comment peut-on ignorer le rôle que la femme a toujours jouer dans la réconciliation nationale dans l’histoire de notre pays ? Autant d’interrogations sur lesquelles se sont inclinées les femmes pour réaffirmer leur rôle dans le processus de réconciliation nationale et offrir des cadres d’actions pour faire converger leur engagement dans ce processus.
Les femmes se sont-elles senties marginalisées dans les problèmes actuels qui préoccupe la Mauritanie ? En tout cas, dans leur plaidoyer, elles ont fait remarquer qu’elles doivent occuper une place centrale dans la réconciliation nationale. Car, estiment-elles et compte tenu de leur rôle social spécifique, elles doivent être mises en avant au niveau de toutes les actions, aussi bien dans la conception que dans l’exécution de certains dossiers comme l’esclavage, le retour des déportés et leur insertion dans la vie active de même que dans celui du passif humanitaire.
Cette initiative des femmes mauritaniennes, selon Moussa Gandiga Secrétaire Général du ministère de la promotion féminine, de la famille et de l’enfance, s’inscrit en droite ligne dans les orientations du Président de la République qui a tenu ses nombreuses promesses relatives à l’épineux dossier du retour des mauritaniens déportés au Sénégal et au Mali.
Certaines femmes, à l’égard de madame Norma vice-présidente de l’IFPUCN, ont formulé des appels de dépassement par rapport aux incidents malheureux dont les conséquences sont aujourd’hui connues de tous tout en mettant en garde certaines personnes obnubilées par ces événements dramatiques . En engageant des réflexions et des démarches pour parvenir à des solutions consensuelles, les femmes apportent leur tribut à la paix, à la sécurité et à la réalisation de la réconciliation nationale qui passera nécessairement par un règlement concerté sur certains problèmes. Les religieux dont l’impact dans la réconciliation nationale est incontournable ont été associés à cette journée de réflexion sur le rôle de la femme dans le processus de la réconciliation nationale.

Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Malouma Mint Meidah: »que l’unité nationale soit une chose ancrée dans nos esprits »

Ce vendredi 4 Mai, au centre culturel français de Nouakchott, Malouma a présenté en spectacle son nouvel album « Nour » à son public. Le Rénovateur en a profité pour lui poser certaines questions relatives à sa vie professionnelle, à l’unité nationale, à sa nouvelle fonction de sénatrice, à l’émancipation des femmes mauritaniennes mais également à ses préoccupations pour la Mauritanie.

Le Rénovateur : Pourquoi avez-vous choisi « Nour » comme titre de votre nouvel album ?

Malouma : D’abord, c’est une prière faite à Allah Le Tout Puissant. C’est pour cela que j’ai pris « Nour » comme titre de mon nouvel album. C’est la première chose qui m’est arrivée à l’esprit lorsque j’ai commencé l’album. J’ai senti vraiment la nécessité de rendre à travers cet album grâce à Allah et aussi parce que cette période, tout le monde s’en souvient, a coïncidé avec les caricatures sur le prophète Mohamed (PSL). « Nour », on peut dire que c’est une réponse à tout cela.

Le Rénovateur : Qu’est-ce qui différencie, à votre avis, l’album « Nour » à vos précédents albums ?

Malouma : Dans l’album « Nour », il y a la participation de beaucoup de musiciens étrangers surtout français connus à travers le monde. Hormis cela, il y a l’arrangement qui est très différent de celui des précédents albums. C’est un album plus rythmique, plus moderne et plus électronique. Sur le choix des thématiques, il y a aussi une très grande différence par rapport aux albums précédents.

Le Rénovateur : Quelques mois après la sortie de votre album, êtes- vous satisfaite des ventes au niveau international et national ?

Malouma : Bien sur que oui ! Mais au dernier moment parait-il qu’il y a eu beaucoup de piratages au niveau international. L’album a été téléchargé sur la toile. C’est une chose qui est très difficile pour tous les artistes qui continuent encore à souffrir de ce commerce illicite et malhonnête. L’album, après sa sortie internationale, a eu des échos favorables au niveau des ventes. En Mauritanie, je n’ai pas sorti l’album parce que d’abord le marché musical est très mal organisé et il y a trop de magouilles.

Le Rénovateur : Justement, en tant qu’artiste, que ressentez- vous lorsque vous voyez qu’en Mauritanie, il manque énormément de structures musicales dignes de ce nom ?

Malouma : C’est une situation que tous les artistes du pays déplorent du fonds du cœur. Comparez à d’autres pays, il y a beaucoup de choses qui manquent et qui restent à accomplir notamment sur le plan musical. C’est dommage qu’il n y ait pas assez de structures pour promouvoir notre musique. Tout ce qui est culturel fait défaut dans notre pays ou n’est pas bien pris en charge par les pouvoirs publics.

Le Rénovateur : Depuis janvier 2007, vous êtes devenue sénatrice, est-ce que ce sera une manière pour vous de faire entendre la voix des artistes et de défendre leurs droits ?

Malouma : Être sénatrice, c’est une chose qui va me permettre d’être plus responsable, de participer dans les décisions politiques et à mener des projets importants. C’est une fonction qui pourra me permettre d’être aussi plus présente sur la scène politique. Je pense que c’est une occasion pour moi d’autre part de défendre le droit des artistes et de faire connaître toutes les difficultés que rencontrent les artistes de manière générale.

Le Rénovateur : Comment feriez-vous pour concilier votre vie professionnelle et votre activité politique ?

Malouma : Pour moi, c’est facile de concilier les deux parce que tout simplement, ça ne demande qu’une organisation de temps. Au sénat, je n’occupe pas de poste. Je ne suis là bas que durant les périodes de session et celles-ci sont connues de même que les périodes de tournées. C’est vrai que tout mon travail, je le fais à l’extérieur mais cela ne m’empêchera pas d’être une bonne sénatrice.

Le Rénovateur : On dit de vous que vous êtes une femme engagée et une combattante. Qu’est ce qui a expliqué cela ?

Malouma : C’est une longue histoire. Peut être c’est dû au fait que j’ai très tôt vu des choses injustes. Des choses que je trouvais anormales et que j’ai voulues toujours dénoncer comme par exemple le problème des castes qui est un véritable problème en Mauritanie ou bien les idées racistes ou ségrégationnistes. Et puis, j’ai eu la chance d’avoir un père qui m’a très tôt montré la voie à suivre. J’ai vécu dans un univers plein de clichés. Cela se ressente aussi à travers ma musique. Je suis devenue une artiste qui a chanté pour ses sentiments et ce que vivent notamment les pauvres. C’est vrai que je suis une référence dans le milieu musical en Mauritanie.

Le Rénovateur : A votre avis, que faut-il faire pour que la musique mauritanienne s’exporte ou plutôt se développe d’abord ?

Malouma : J’estime que la première chose dont la musique a besoin c’est d’abord une restructuration en profondeur. Le ministère de la culture, les médias officiels doivent y participer. Il faut créer des lieux d’expression artistique pour promouvoir l’art de manière générale comme par exemple la création d’une Ecole Nationale des Arts ou un conservatoire national. Pour cela, il faut mener des études sérieuses pour ce genre de projet. Cela étant, on ne doit pas pour autant négliger la musique traditionnelle et il faut donner des possibilités et des moyens aux artistes qui la promeuvent. Je fais partie de la dernière génération qui a appris la musique traditionnelle et je suis sûre que si cette génération disparaissait, la musique traditionnelle va disparaître aussi. Cependant, nous sommes dans un monde universalisé, il faut penser à l’ouverture de notre musique pour la rendre plus moderne si on veut qu’elle s’exporte. Nous avons des imaginations et des choses modernes qu’on peut partager avec le reste du monde.

Le Rénovateur : Qu’est -ce qui vous parait le plus difficile dans votre vie d’artiste ?

Malouma : Je trouve que tout est difficile dans la vie. Si la musique n’était pas ma passion, je l’aurai abandonnée depuis belles lurettes. Il faut reconnaître que les manques de moyens ou l’environnement n’encouragent pas souvent à être artiste. Le public, les amis et autres nous poussent toujours à persévérer dans le milieu artistique. On leur doit tout cela je pense.

Le Rénovateur : Vous qui avez bourlingué à travers le monde et aussi en tant que femme moderne, pensez vous que la femme mauritanienne est indépendante ?

Malouma : La femme mauritanienne, elle est plutôt active notamment dans le commerce et l’entreprenariat. Elle est très engagée dans ces secteurs-là. Il y a la femme négro-africaine et la femme maure et chacune d’elle à sa façon de vivre et je trouve que la femme négro africaine ressemble beaucoup à la femme maghrébine.

Le Rénovateur : Et vos préoccupations pour la Mauritanie ?


Malouma : Je souhaite véritablement que notre pays devienne un pays moderne et démocratique où les libertés individuelles s’exerceront librement. Je rêve que la Mauritanie soit une référence en Afrique et dans le monde arabo-musulman parce qu’il y a un métissage culturel qui est très beau. Il y a encore beaucoup de secrets qui sont des trésors qu’on n’a pas encore trouvé. Je souhaite enfin que l’unité nationale soit une chose ancrée dans nos esprits.

Interview réalisée
par Babacar Baye Ndiaye

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